Vagabondages

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Photographie de Robert Doisneau

Mes souvenirs d’été : souvenirs de voyages,
Lorsque j’étais bien jeune, étudiant et sportif.
La route et le soleil, et mon vélo rétif
Ont gravé dans mon coeur ces vieux vagabondages.

Pédalant, essoufflé, sous le ciel sans nuages,
Sans pouvoir espérer le moindre apéritif
Sinon l’eau d’un ruisseau, sous les arbres, furtif
Et apaisant, discret, assez loin des villages.

Les courtes nuits d’été à dormir sous la toile
Après avoir longtemps admiré les étoiles :
Quel merveilleux sommeil, aux rêves miroitants…

Du début de l’été à la fin, solitaire,
Je n’étais amoureux que de toute la Terre,
Des horizons lointains et puis de l’air du temps.

Cochonfucius

 

Planète Boltenhagen

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image de l’auteur

Ici l’on a des jardins sans épines,
C’est l’ornement de cet astre lointain ;
Nous y goûtons, quand le soleil s’éteint,
La longue nuit sous la lune opaline.

La connais-tu, cette lune divine ?
Elle inspira des milliers de quatrains
Que l’on savoure, en comité restreint ;
Ils sont inscrits sur une ardoise fine.

Des bâtiments, presque plus rien ne reste :
De l’Opéra et du Palais Céleste
Depuis longtemps le déclin fut vainqueur.

N’y va donc point, mais reste sur la Terre,
Aucun bonheur n’est interplanétaire ;
L’astre natal doit régner dans ton coeur.

Cochonfucius

 

Charles Best

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Toile Edvard Munch

Pâle reine des nuits où règne le silence,
Tu fais de l’océan sourdre un flot colossal,
Lui qui, aussi longtemps que dure ta présence,
De ses plus hautes eaux se fait ton fier vassal .

Quand le vaisseau lunaire a pris trop d’altitude,
Quand il s’est enfui loin des grands flots écumants,
L’océan à grands flots pleure sa solitude,
Et de ses basses eaux il marque son tourment.

Toi qui as dans mon coeur fait brûler la passion,
De te chérir, j’avais douce réjouissance,
Et dans les basses eaux de la séparation

De précédents retours m’aide la souvenance.
Retours, éloignements sont choses qui arrivent,
Hautes et basses eaux en mon coeur s’entresuivent.

Cochonfucius

Sagesse de l’ondine

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Toile de Jim Warren

Cette ondine sourit toujours
Au vent qui la dénude :
Il le fait avec tant d’amour,
Et sans se montrer rude.

Puis il lui propose un habit
De claire transparence ;
Sous la cascade au fier débit,
Tu peux la voir qui danse.

Rilke, pour faire son portrait,
Prend sa plus belle plume ;
Je viens ensuite et j’en extrais
La savoureuse écume.

Cochonfucius

Tribunal du château

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image de l’auteur

Le Maître du Château s’efforce à l’équité ;
Au riche il est sévère, au pauvre il est propice.
Au barde il fait savoir que le mot de « justice »
Doit à certains moments rimer avec « bonté ».

Ceux qui comme témoins en ce lieu sont cités
Savent qu’ils n’en auront jamais de préjudice ;
Car ce noble seigneur, dont les dieux sont complices,
Saura les respecter, dans sa simplicité.

Cela fonctionne ainsi, avec ou sans les dieux,
Des hommes, la sagesse est présente en ce lieu,
Cette Cour ne saurait être un Conseil de Guerre.

Un prince précéda le Maître aux cheveux gris
Par qui furent la charge et le flambeau repris ;
S’il était juste ou non, je ne m’en souviens guère.

Prenant deux fois la tangente

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Toile de Edmund Blair Leighton

Je suis de bel acier, je suis un fier emblème,
Epée de la noblesse, arme de la grandeur.
Je fus jadis remise à un grand pourfendeur
D’équations, de calculs, de courbes, de problèmes.

Il portait un beau nom, et il eut son baptême
De polytechnicien en sa jeune splendeur.
Plus d’un grade en sa vie dont il fut demandeur
Lui a été donné, même l’honneur suprême,

Puisque notre patrie en fit son président.
Il se croit écrivain, ça n’a rien d’évident,
Je suis, sur ses vieux jours, épée académique.

Plus qu’un pareil endroit me plairait un placard ;
Maître, avant de quitter ces lieux sur un brancard,
Rends-­moi au prochain qui entre à Polytechnique

Cochonfucius

Le renard finit par atteindre les raisins

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image de l’auteur

Le renard, s’éloignant du bocage normand,
Conclut : «Ces paysans font trop hautes leurs treilles.»
Il voit dans une vigne, au bord du lac Léman,
Des grappes qu’il admire, et dont il s’émerveille.

«Vous serez vin, dit-il, arrosant mon repas,
C’est le plus bel état que vous puissiez atteindre ;
Le don de Dionysos, je ne le mange pas,
En vertu d’une loi que je ne peux enfreindre.»

Oiseaux-Mages

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image de l’auteur

J’ai vu, dans le ciel gris, quatre grands oiseaux-mages :
L’oiseau Denis, porteur de métaux et d’émaux,
L’oiseau Frajou, chargé d’un verdoyant rameau
Que l’on m’avait montré sur de saintes images ;

Le sonore oiseau Clair, auquel je rends hommage,
Le bel oiseau Gohard, né pour guérir les maux.
Ils sont les protecteurs de tous les animaux
Qui viennent savourer les mots de leur ramage.

Ils ont un très grand nid, construit par Saint Joseph,
Ils sont disciplinés, mais ils n’ont pas de chef ;
L’inframonde les craint, le monde les approuve.

Leur histoire est inscrite au livre du Zohar ;
Même en Égypte ancienne un éloge se trouve
Des oiseaux Frajou, Clair, et Denis, et Gohard.

Cochonfucius

Au fil de la plume

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Toile de Salvador Dali

Nous aimons tracer des lignes
Pour amuser nos lecteurs :
Tant mieux si ça leur fait signe,
Tant pis s’ils ne sont preneurs.

Nous tirons de nos mémoires
(Le soir, quand il est bien tard)
De quoi faire des grimoires
Ou de jolis racontars.

Le plaisir de partager
Peut nos peines alléger ;
Ou d’oser des mots sauvages.

Le plaisir de s’envoler
Vaut bien celui de jongler
Avec la langue et l’usage.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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