D’une rive à l’autre

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Par le pont Saint-Michel, franchi dans ma jeunesse,
Combien de mes amours s’en allèrent mourir ?
Sur un pareil sujet je ne veux discourir,
D’autres en parleront, qui plus ont de noblesse.

Passant le Pont de Pierre au seuil de ma vieillesse,
Je vois auprès de l’eau d’autres printemps fleurir ;
Sous le ciel lumineux je regarde courir
En Garonne les nefs, qui jamais ne se pressent.

Or, je n’ai point regret de mes jours périssants,
Puisqu’en d’autres vergers sont des fruits mûrissants
Et qu’au ciel nous voyons la lune impérissable.

Je sais que le passé ne doit pas revenir,
Car je l’ai lu souvent dans mes livres de sable ;
Et le présent, dis-moi, qui le peut retenir ?

Cochonfucius

Sagesse d’un poète du temps jadis

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Ce rhapsode, d’abord, était heureux de vivre ;
Avec ses longs cheveux qui flottaient dans le vent,
Sur les fleuves de Chine il allait dérivant,
Ayant sur son radeau bouteilles et vieux livres.

Si la rive portait un sombre cimetière,
Il récitait tout bas les prières des morts,
Leur disant : Dormez bien, le monde oublie vos torts
Et la terre reprend votre auguste matière.

Si le fleuve passait auprès d’une terrasse,
Il trinquait d’assez loin avec tous les buveurs,
Et puis, il reprenait son parcours de rêveur
Limpide, comme l’est le grand fleuve qui passe.

Cochonfucius

El Desleñado

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image de l’auteur

Je suis un bûcheron réduit à bricoler
Le chaume d’Aquitaine et la ronce abolie.
Ma tronçonneuse est morte, et mes pieds constellés
Empruntent le sentier de la mélancolie.

Mon cousin charbonnier voudrait me consoler,
M’apportant un flacon de son vin d’Italie ;
Car ce joyeux luron n’est jamais désolé,
Lui qui l’humour subtil à la sagesse allie.

En taverne, on est mieux, mais je n’ai pas de ronds ;
J’ai peut être un crédit là-bas, vers Bourg-la-Reine
Où j’allais autrefois chez ma sage marraine.

Or, je pourrais aussi boire avec mon patron,
Ce sportif amateur aux multiples trophées,
Ce noble bienfaiteur de mon âme assoiffée.

Cochonfucius

Chaudron des sortilèges

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image de l’auteur

Les sorcières, venant des régions océanes,
Lisent une recette en un grand livre vert ;
De leur chaudron de cuivre, on les voit qui profanent
Le parvis de l’église, en ce début d’hiver.

Du siècle qui n’est plus, elles sont nostalgiques ;
Sur le lourd chaudron plane une blanche vapeur.
Vont-elles préparer de la potion magique ?
Un chat noir les regarde et frissonne de peur.

Travaillez lentement, sorcières surannées,
Ayant plus de pouvoir que les rois sur leur trône,
Vous pouvez évoquer les défuntes années,
Et les jours où Gotlib nous offrait ses icônes.

Cochonfucius

Le loup répond à la bergère

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Illustration de ChiNoMiko

Si tu me crois un loup,
Vois, je suis en peluche ;
Au lit, installons-nous ;
Mets dans l’âtre une bûche.

Si tu viens à l’étang,
Nageons comme des truites ;
La pudeur, entre-temps,
Soit quelque peu détruite.

Si tu aimes ma voix,
C’est qu’elle est grave et tendre ;
Surtout quand je te vois
Auprès de moi t’étendre.

Si nous allons au ciel,
Que ce soit le septième ;
Allons à l’essentiel,
Comme des gens qui s’aiment.

Si tu aimes mon verbe,
C’est qu’il est caressant ;
Comme le vent sur l’herbe,
Jamais il n’est blessant.

Si tu me crois un loup,
Vois, je suis en peluche ;
Au lit, installons-nous ;
Mets dans l’âtre une bûche.

Cochonfucius

Marquise de Carabas

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La belle en son palais n’y verse point de larmes ;
Le chat tient la maison, l’ogre s’en est allé,
La paix de cet endroit ne se peut égaler,
Les archers du rempart ont remisé leurs armes.

La prière du jour, que dit un moine carme,
Sur l’aile de la Foi peut au ciel s’envoler ;
J’entends les moinillons paisiblement parler,
Qui prennent leur ébats sans faire de vacarme.

Le temps va lentement, rythmé par le sonneur,
Les nobles courtisans au bon vin font honneur,
Qui de ce vieux terroir a fait la renommée.

Havre de bon repos, manoir du Chat Botté,
Je ne me lasse pas, vraiment, de te chanter,
Ainsi que la douceur de la marquise aimée.

Cochonfucius

Boissons mystiques

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Ne buvons pas les étoiles,
C’est un breuvage trop lourd,
Ni le grand soleil que voile
Une brume sans amour.
Buvons des trucs fantastiques,
Buvons du rire et des pleurs,
Du cidre mélancolique
Et du beaujolais en fleur,
Buvons des boissons mystiques.

Ne buvons pas notre extase
Ni nos rêves capiteux ;
Ne buvons ni les topazes,
Ni les rubis nébuleux :
Buvons des trucs magnétiques
Produisant de la lueur
Qui peut rendre magnifique
Notre ordinaire pâleur,
Buvons des boissons mystiques.

Ah ! Ne buvons point l’aurore
Les coteaux ni les vallons,
Ni la lune qui décore
Le rebord de l’horizon ;
Mais buvons, sous les portiques,
Une exotique liqueur,
Buvons des potions magiques,
Nous mettant la joie au coeur,
Buvons des boissons mystiques.

Cochonfucius

 

Le Seigneur Coquillard

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C’est un vieux pèlerin qui parcourt la planète,
Priant pour le salut des vivants et des morts ;
Rayonnante est son âme, ascétique est son corps,
Parfaitement heureux de sa vie imparfaite.

Sa mère, une vestale, et son père, un prophète,
Lui permirent de croître et d’être un homme fort ;
Car il se sent chez lui, passant sa vie dehors
Et donnant des leçons aux foules stupéfaites.

Mon grand-père, jadis, me montra son portrait,
Des poèmes aussi, d’un grand recueil extraits ;
J’en trouvais la saveur à nulle autre seconde.

De vivre en vagabond, ce bonhomme est ravi ;
Il a peu de besoins, qui sont vite assouvis,
Lui dont le seul amour est la beauté du monde.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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