Plumes de sable

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Mille sombres oiseaux portent le deuil des choses.
Tous ces plumages noirs sur le blanc des tombeaux,
De la splendeur du jour ternissant le flambeau,
Cela semble illustrer une obscure psychose.

Par moments, l’un d’entre eux fait sa métamorphose :
Il perd totalement son aspect de corbeau
Pour devenir un autre, un oiseau pas très beau,
Aigle-Taureau de sable, avec des pattes roses.

Il devient Homme-Lion, juste après, sans effort,
Reprenant sa faction dans le jardin des morts,
Son oeil noir animé d’une rieuse flamme.

Noir corbeau, pourquoi pas ? Tu fais ce qu’il te plaît ;
Avec ou sans tes jeux, le monde est ce qu’il est,
Il ne nous convient pas de tourmenter nos âmes.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre à Bordeaux

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Voici que Piaf-Tonnerre, un joyeux personnage,
Va prendre du bon temps avec ses compagnons ;
Ira-t-il, pour cela, au pays bourguignon
Où de bons cuisiniers préparent des rognons ?
Son destin l’a pourvu d’un tout autre apanage.

La poésie et lui font un heureux ménage,
Et l’omelette aussi, avec des champignons ;
Il n’est de grand lignage, il n’a pas de pognon,
Mais que vaut un trésor, que vaut un baronnage,

Que vaut ce qu’on acquiert par un maquignonnage ?
Mieux vaut un tavernier qui ne soit pas grognon,
Une maison de ville au modeste pignon,
Une accorte voisine aimant les badinages.

rue-poissonnier

Cochonfucius

Quatre scribes

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Matthieu voulut produire un texte court,
De la naissance à l’agonie dolente ;
Un texte vert comme une belle plante,
Près de nos coeurs et loin des vains discours.

Marc désira montrer le fil des jours
De longue errance en une marche lente ;
Puis la grandeur des paroles volantes,
Et le départ qu’on croirait sans retour.

Luc écrivit, me dit-on, comme en songe,
Un rêve pur que nul doute ne ronge,
Ce scribe-là ne fut point hésitant.

Jean s’inspira des dieux et des déesses
Pour composer un traité de sagesse
En langue grecque, et limpide, pourtant.

Cochonfucius

Arbre nostalgique

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Au paradis désert, il reste seul debout,
Méditant du serpent les phrases sibyllines ;
Cela fait dériver sa conscience opaline
Vers des bords inconnus, vers des rivages flous.

Des primates d’antan le langage était doux,
Plus d’une plante y songe au jardin qui décline ;
Et sans son jardinier, la nature orpheline
S’attend à des malheurs venus d’on ne sait où.

Cet arbre qui médite au profond de son âme,
Que ne donnerait-il pour revoir cette Dame !
Il pense que ce lieu fut par elle béni.

Ne t’afflige point tant, vieux pommier, prends courage,
Tu verras d’autres jours et puis d’autres orages,
Des oiseaux reviendront, tu porteras leurs nids.

Cochonfucius

Le Chien et les Raisins

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Moi, le Chien de Sinople, et Seigneur de la Vigne,
Je suis gardien des fruits dont fermente le sang :
Sur chaque abeille d’or luit, de sable, mon signe
Qui veut dire « impérial », en d’autres mots, « puissant ».

Le chemin de la vigne est une route en terre ;
Quand il y passe un homme, un boeuf ou un cheval,
Je lance un aboiement. Je ne peux pas me taire,
Homme, boeuf et cheval trouvent cela normal.

Plus loin, les paysans échangent des paroles,
Pour annoncer quel jour ils saigneront le porc
Ou mettront le grand coq dans une casserole ;
Ils auront soin de moi, tant que j’aboierai fort.

Cochonfucius

Hyperlion

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C’est l’hyperlion d’azur, un être au noble coeur,
Lui qui ne connaît point la peur ni la misère ;
Car il va volontiers trinquer dans les chaumières
Pour partager les jeux des paysans moqueurs.

Souvent nous l’ont décrit les anciens chroniqueurs,
Aussi la crocolionne au sombre cimetière ;
Tous nous sommes émus par sa noble prière,
Dont les mots sont plus chauds qu’une douce liqueur.

Il est l’ami d’Horus aux ailes de faucon
Qui vient assez souvent s’asseoir sur son balcon ;
Car il laissa toujours ouverte sa fenêtre.

Hathor lui sert de muse et reste auprès de lui
Pour commenter son rêve au milieu de la nuit ;
J’entends battre le coeur parfait de ce grand être.

Cochonfucius

Un conte

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Photographie Wikipedia

Le petit chaperon rouge en allant vers la forêt n’a pas vu l’herbe qui bouge, autrement s’en méfierait.

Ce n’est pas une herbe mince mais c’est le fameux serpent qui tua le petit prince et qui te tue maintenant.

Et voilà que ton fantôme se fait manger par le loup et lui provoque un syndrôme de l’estomac plein de clous.

Le loup file jusqu’en Chine consulter un fameux psy qui tourne les pages fines d’un répertoire moisi.

Vieux loup vous allez vous rendre chez un docteur du Japon car il pourra vous apprendre à vous ouvrir le bedon.

Le loup s’ouvre la bedaine et voilà qu’il meurt aussi, il s’en revient l’âme en peine dans le bureau du vieux psy.

Alors celui-ci explique à un grand druide gaulois : Faut de la potion magique mais pas beaucoup, juste un doigt.

Le druide a dans sa recette un ingrédient mal dosé et le loup la pauvre bête en est métamorphosé.

En obélisque il se change tout recouvert d’inscriptions, Dieu que son sort est étrange, lourde sa malédiction.

Les gens de la capitale sur une place l’ont mis, de son histoire brutale jamais rien ils n’ont admis.

Selon leur dire illusoire, d’Egypte il fut apporté, je réponds que mon histoire est la seule vérité.

Cochonfucius

Dieu-bélier

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Ce dieu qui sait son pouvoir déployer
Donne aux brebis tout ce qu’elles désirent ;
Et dans le pré, plus d’une veut l’élire
Pour compagnon, l’aimer et le choyer.

Quand à sa force, il sait bien l’employer,
Car son troupeau n’y voit rien à redire ;
Le vieux berger l’illustre sur sa lyre
Pendant sa sieste, à l’ombre d’un noyer.

J’admire aussi ce bélier que j’adore,
Et j’aime voir un dieu survivre encore,
Un être pur, sans honte et sans bassesse.

À ces moutons, du bonheur adviendra
Ce dont aucun d’entre eux ne se plaindra ;
Et je le sais, car ils chantent sans cesse.

Cochonfucius

Les éléphants trempent leur trompe

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image de l’auteur

Les éléphants trempent leur trompe
Au bord du grand fleuve africain ;
Et plongé dans un vieux bouquin,
J’admire le jour qui s’estompe.
*
Mille animaux viennent qui pompent
De quoi désaltérer chacun ;
Les éléphants trempent leur trompe
Au bord du grand fleuve africain.
*
C’est lundi, si je ne me trompe,
Au labeur s’en vont les péquins ;
Un pluvian gambade, taquin.
J’aime ces monstres psychopompes,
Les éléphants trempent leur trompe.

Cochonfucius

 

Après la mort du fils du charpentier

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Toile de Salvador Dali

— Maître, un caveau n’est point fait pour que l’on en sorte ;
L’intérieur n’en est pas éclairé de flambeaux.
Celui qui dort dedans n’ouvre jamais la porte,
Ni ne court au jardin se changer en corbeau.

— Apôtre, tu n’as vu que l’absence au tombeau.
Ton imagination vers un mythe t’emporte ;
Auprès des Égyptiens tu en prends des lambeaux,
Rêvant que la magie ranime la chair morte.

Mais que dire de plus ? C’est humain, d’espérer ;
D’afficher cet espoir où sont les enterrés,
D’en colorer le deuil, d’en adoucir nos larmes ;

De faire taire ainsi les plus noirs des remords,
De garder pour toujours notre coeur en alarme ;
Charpentier, ne dis rien sur cela : tu es mort.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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