Poisson Végétal

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Ce poisson végétal, il mûrit en avril,
Il se forme à partir d’une fleur de folie ;
Le soleil caressant sa surface polie
Éveille en ce printemps ses sentiments virils.

Sa tige le maintient à l’abri des périls
Ainsi que sa racine et sa feuille pâlie ;
Jamais du sol natal son coeur ne se délie,
Sol mouvant de la dune ou sol noir du terril.

Que devons-nous penser de cette plante frêle
Qui porte un pareil fruit parmi les herbes grêles ?
Je trouve, quant à moi, qu’elle est de bon aloi ;

Car c’est un végétal qui surgit, par surprise,
Sans penser à demain, sans suivre aucune loi :
Son parfum poissonnier s’envole dans la brise.

Cochonfucius

Monseigneur Goupil

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Cet évêque-renard dit la bonne aventure ;
Quand il était petit, la Bible l’attirait
Qui son âme assoiffée toujours désaltérait,
Mais il aimait aussi voler des confitures.

Jeune adulte, il apprit les lois de la nature ;
Et l’avenir pour lui n’ayant plus de secret,
Il dévoile au public les célestes décrets
Que prennent le Seigneur et sa magistrature.

Sa prière au matin s’envole dans les nues
Vers le ciel des renards, cette zone inconnue ;
Sa quotidienne faim est comblée, désormais,

Car il peut dévorer de la charcuterie
Avec son quart de rouge (il ne l’oublie jamais),
C’est le meilleur client de son épicerie.

Cochonfucius

Réponse à un sonnet du camarade Laroche

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Toile de Rembrandt

Marc nous offre un poème au seuil de la nuit blonde ;
« Le ciel est, en ce lieu, baudelairien », dit-il.
Il écoute le son d’un musicien subtil,
Évitant de glisser sur la face du monde.

Un terroir de campagne où la gadoue abonde,
On y entend des chants composés en l’an mil.
Le printemps sera là dans les débuts d’avril,
Jours où le pâturage aux averses s’inonde.

Le lointain est peuplé de ces moulins étranges
Qui pourraient saccager le plumage des anges ;
Quichotte aurait frappé ces vilains appareils.

Il en aurait brisé sa lame de Tolède,
Surpris que soit si forte une chose si laide
(Ce qui n’étonne plus, cependant, nos pareils).

Cochonfucius

Ange combattant

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La gloire et la grandeur brillent dans son regard ;
Il manipule un glaive, et non pas une lyre,
Envers tout adversaire il sera sans égards.
Cet ange, cependant, n’est pas un triste sire.

C’est un être subtil, ce n’est par un ringard,
Ce n’est pas un faiblard qui s’apprête au martyre,
Ce n’est pas un marin voguant vers Trafalgar.
Presque innombrables sont les vierges qu’il attire.

Flattant leur vanité, admirant leurs cheveux,
Il leur parle à voix basse, il en fait ce qu’il veut
Par l’immense vertu du charme qu’il possède.

Mais s’il perçoit alors l’approche de Satan,
Il pourra surmonter le trouble qui l’obsède :
Il sait qu’il est d’abord un ange combattant.

Cochonfucius

Miroir traversable

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Illustration de C. Poring

Le druide en son jardin possède une caverne
Dont l’entrée semble close au moyen d’un miroir ;
Mais ce n’est pas si simple. On peut, certes, s’y voir,
Mais aussi le franchir. Alors, il devient terne

Comme ternes parfois se font les yeux des muses.
L’outre-miroir n’a point de commodes chemins,
Il faut longer un mur, le frôlant d’une main ;
Et parfois contourner un obstacle, avec ruse.

Tu ne sais si, pour toi, ce serait chose sage
De faire quelques pas de cet autre côté ;
Peut-être que ce lieu possède sa beauté,
Ou bien alors… Pour rien, pour la joie du passage ?

Cochonfucius

Arbre d’un vieux royaume

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Cet arbre fut planté par un dauphin très doux,
Un jour où le soleil fit voler la poussière.
Au prince, un paysan vint offrir de la bière,
Un vieillard d’Armorique avec des cheveux roux.

Le royaume, pourtant, s’effondrait de partout,
Car il avait perdu sa puissance guerrière ;
Et l’archevêque en vain se mettait en prière,
Ce calice devait être bu jusqu’au bout.

Sur le parc du château planaient de noirs nuages
Et le chant des oiseaux cessait d’être joyeux ;
La reine languissait, le roi se faisait vieux.

Où sont dorénavant leur jeunesse sauvage,
La fougue de leurs corps et l’éclat de leurs yeux ?
Or, de ce nouvel arbre ils aiment le feuillage.

Cochonfucius

Duo de monstres

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C’est un monstre d’argent qui vadrouille en tous lieux,
Gigantesque est sa tête, et très fin, son derrière.
Il voudrait rencontrer une noble guerrière,
Car, s’il y parvenait, il croit qu’il vivrait mieux.

C’est un monstre de sable, errant dessous les cieux,
Que l’on peut voir souvent marcher dans la lumière
Du printemps, fredonnant les chansons coutumières
Qui viennent de son coeur, qu’il offre à de beaux yeux.

Les voici tous les deux, à leur grande surprise,
À confronter soudain leurs quêtes incomprises :
Chacun contemple l’autre, avec un air rêveur.

— Que fais-tu devant moi, monstre au pelage sombre ?
— J’ai bien soif. Connais-tu une terrasse à l’ombre ?
— Viens par là. Nous verrons si tu es fin buveur.

Cochonfucius

Sagesse du charpentier

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Le charpentier dans la joie, dans la peine
Voit un oiseau qui lentement descend,
Puis il entend que l’archange puissant
Parle à la vierge auprès d’une fontaine.

Elle est rêveuse, elle semble lointaine,
Mais que lui dit l’ange vêtu d’argent ?
Et la colombe, alentour voltigeant,
Qu’en pense-t-il ? Son âme est incertaine.

L’apparition danse devant ses yeux,
Lui qui sait bien qu’on ne peut pas voir Dieu :
Son âme doute, et se croit abusée.

Deux petits mots venus du ciel d’azur
L’ont rassuré, son coeur devient moins dur,
Il a souri, sa crainte est apaisée.

Cochonfucius

Mallarmé voit un jardin

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Toile de Emmanuel Benner

La pécheresse qui vivait parmi les Douze
À tomber au péché ne les incitait pas,
Même allongeant son corps sur les fraîches pelouses,
Quand ils avaient marché plusieurs milliers de pas.

Le fils du charpentier n’en fit point son épouse,
Et quand il lui parla, juste après son trépas
Et sa résurrection, dit « Ne sois point jalouse,
Je ne voyais que toi, lors du dernier repas. »

Exilée désormais en fort lointaine terre,
Aux gens de ce pays elle dit le mystère,
Priant que soit fécond, sur leur sol, ce pollen ;

Un moine gyrovague a béni le calice
Où se forme à nouveau le sang noir du supplice
Et murmuré son nom (c’est pour lui « Magdalen »)

Cochonfucius

Sagesse de Piaf d’Azur

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Son ermitage à lui s’appelle une forêt,
Car ce n’est nullement un oiseau d’altitude;
Il songe, loin de peine et loin de servitude,
Sans jamais trop user de son charme discret.

Il vit dans le sous-bois que Merlin parcourait,
Il a des souvenirs de cette époque rude ;
En ce temps-là régnait un dieu de solitude
Lequel, de temps en temps, ses enfants dévorait.

Qui gouverne à présent? Est-ce un dieu de justice ?
Peut-être vivons-nous un temps de maléfices,
D’indétermination, de malaise diffus,

Or, Piaf d’Azur se tait, lui qui fut un rhapsode,
Car du monde réel il a perdu le code,
Il ne peut que grogner comme un cochon confus.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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