Dame-ermite

alqx-1.png

image de l’auteur

Je vis au coin d’un bois, loin de la vie mondaine ;
C’est à la Trinité que va tout mon amour
Qui de jour et de nuit visite ce séjour
Afin de partager mon bonheur et ma peine.

Or, je m’abreuve au Livre, éternelle fontaine :
Des prophètes d’antan je retiens le discours,
Et la Bonne Nouvelle accompagne mes jours
Qui garde mon esprit de toute notion vaine.

C’est Dieu qui m’a donné ma vie et ma beauté,
Le goût de la prière, et peu de vanité,
Toutefois, j’aime bien ma chevelure blonde.

Si ce jeune berger vers moi tournait ses yeux,
Mon âme finirait par renoncer aux cieux,
Ayant perdu l’orgueil de renoncer au monde.

Cochonfucius

Sagesse des lyres

des-lyres.jpg

image de l’auteur

C’est la lyre d’azur dans les mains de la fée
Qui tresse des mots bleus lorsque le soir descend ;
C’est la lyre d’argent aux airs retentissants
Qui le matin te fait abandonner Morphée.

De gueules crie la lyre aux mouvements puissants,
L’art de la faire vivre est imité d’Orphée ;
De sinople la lyre a la voix étouffée
Du nain vert Obéron qui s’adresse aux passants.

La lyre d’or évoque une époque splendide,
Emplissant de héros la maison presque vide
Où le barde paisible aligne quelques vers ;

Le son des instruments est devenu moins fort,
Le ciel nocturne au monde apporte un réconfort
Et la lyre de sable apaise l’univers.

Cochonfucius

Quatre paires de chaussures

4-pr-cs1.png

image de l’auteur

En haut de la colline et sous le noir nuage,
L’homme, n’ayant commis ni crime ni délit,
Est crucifié avec deux autres personnages,
Et le bourreau, patient, son office remplit.

Ces quatre hommes, pieds nus, qu’ils ont un regard sombre !
Chacun d’eux accomplit la volonté de Dieu ;
Le traître est loin d’ici, n’étant pas de leur nombre,
Qui lui aussi, pourtant, a le deuil dans ses yeux.

Ils se sont déchaussés sur le chemin de terre ;
Par leurs souliers, là bas, ils semblent attendus
Auprès d’un monument aux obscurs caractères,
Hiéroglyphes d’antan, dont le sens s’est perdu.

Cochonfucius

De gueules à la vigne d’or

autre-vigne

image de l’auteur

Le vigneron comprend la poésie des feuilles,
Celle des fleurs aussi, et celle des fruits lourds ;
Et la chanson des mois, des semaines, des jours
Et des ans révolus que la mémoire accueille.

L’arbre du charpentier, nous dit-il, c’est la vigne,
Arbre qui n’est point là pour nous donner du bois,
Mais le nectar subtil qu’entre copains l’on boit,
Avec modération, bien sûr ; en restant dignes.

Le vigneron comprend les rimes de la terre,
La fleur dans le jardin, l’insecte sous le ciel,
Le vin qui, certains jours, peut prendre un goût de miel,
Et la discrète voix du barde solitaire.

Cochonfucius

Nolens Volens

3759094519_a2e86611ff.jpg

Toile de Keith Vaughan

Adam aurait voulu rester singe docile,
Mangeant sa nourriture au moment d’avoir faim,
Ne perdant pas son temps à des discours sans fin,
Ne cachant pas son sexe en un bout de textile.

Mais il est surchargé d’un cerveau trop habile
Qui de trop de détails veut le mettre au parfum.
Dieu qui jamais n’admet que l’on soit son dauphin
Le condamne aussitôt à des efforts stériles.

Adam jette son dieu dans une inexistence
Dont il avait sans doute une intime prescience,
Car l’intéressé n’a pas beaucoup protesté;

Le monde cependant, géré par le primate,
Ne plaît plus désormais qu’à quelques psychopathes,
Que nous sommes, serons, que nous avons été.

Cochonfucius

Goupil transcendant

almv

image de l’auteur

Le goupil transcendant, c’est un être indocile,
Un Tartuffe, un prêcheur mangeant plus qu’à sa faim ;
Les dindons, éblouis pas ses discours sans fin,
Pensent qu’il s’agit là d’un moderne Virgile.

Goupil, tu es pourvu d’un cerveau trop habile
(Serait-ce un souvenir de ton père défunt ?),
Tu as trompé le rat, le porc et le dauphin,
Te voici le gourou de ces dindons serviles.

Plus d’un coq endeuillé maudit ton existence,
Toi qui de sa moitié te fis une pitance,
Ce sur quoi vainement je l’entends protester.

Pire que ce goupil est un certain primate,
Un glabre individu qu’on dirait psychopathe,
Se croyant du cosmos le maître incontesté.

Cochonfucius

Piaf d’Azur

aldh.png

image de l’auteur

Piaf d’Azur a chanté, ce n’est que pour le vent,
Ce n’est que pour le chêne à la rugueuse écorce ;
Ce n’est pas un héros, c’est un oiseau sans force
Qui n’est pas vraiment fait pour ce monde éprouvant.

Son talent, cependant, mûrit au fil des ans,
Captant de mieux en mieux les idées qui s’amorcent ;
Comme certains chanteurs de Sardaigne ou de Corse,
Comme la dame au luth, Christine de Pisan.

Son délicat plumage est un joli manteau
Qui peut le protéger de la bise brutale,
Laquelle, au grand jamais, ne le met en lambeaux.

Le grand chêne en avril a rénové sa sève,
Offrant un bel ombrage à sa terre natale :
Avec l’oiseau d’azur il partage son rêve.

Cochonfucius

Quatre martyrs

saint-denis-2.jpg

C’étaient quatre grands saints, de leur tête porteurs :
Saint Denis qui demeure au-delà d’une plaine,
Saint Gohard, qui filait une très pure laine,
Saint Frajou, maîtrisant l’art des apiculteurs

Et Saint Clair de Beauvais, merveilleux orateur.
Nul des quatre ne fit de tentative vaine
Pour recoudre son cou, ce n’en fut point la peine ;
D’ailleurs, ça leur eût fait perdre des spectateurs.

Robert les a décrits comme deux Anatoles,
Avec un Croquignole ainsi qu’un Barbemolle,
Qui, collectivement, sont les Quatre Sans Cou.

Je demande à Denis : « Pauvre céphalophore,
Comment vis-tu l’état que chez toi l’on déplore ? »
« Bien, dit-il, du moment que je peux boire un coup .»

Cochonfucius

Dame d’Antarès

alx.png

image de l’auteur

S’approcher d’Antarès n’est pas chose facile,
Où vit dans son château la Dame en mal d’amour ;
Mais c’est un corps plus chaud que notre astre du jour,
Fort périlleux serait cet amoureux concile.

La dame d’Antarès règne sur quatre villes
Et dans chaque cité fit bâtir quatre tours
Dont chacune lui sert à ranger ses atours ;
Les frais en sont payés sur sa liste civile.

Or, ce n’est point cela qu’elle trouve important,
Mais que les animaux des bois soient bien portants,
C’est justement par là que cette dame est grande,

Pour elle, que son corps soit bien ou mal vêtu,
Cela n’est certes pas affaire de vertu ;
Mais ce sont des habits dont on lui fit offrande.

Cochonfucius

Méditation du vendredi

jesus-bread-and-fish

Dessin de Henry Martin

Le fils du charpentier multipliait les pains ;
Il ne le fera plus, le monde est moins magique,
Le prêtre sert l’hostie avec sa rhétorique
Qui ne peut pas vraiment rassasier les copains.

Le fils du charpentier changeait de l’eau en vin ;
Il ne le fera plus. La boisson bénéfique
Qui nous aide à porter notre destin tragique,
L’attendre des curés serait un espoir vain.

Mais il est toujours vrai que notre coeur pardonne
À tous nos offenseurs, comme Dieu nous l’ordonne,
Et que cela permet d’éteindre la douleur.

Honneur au charpentier qui nous fit hommes libres !
Quand reviendra sur terre un gars de ce calibre,
Écoutons sa parole, ouvrons-lui notre coeur.

hmk1.png

Homme de bonne volonté
——————–

L’âme du fils du charpentier
Ne peut sauver le monde entier ;
Car quelques-uns sont réfractaires
Et puis c’est un trop long chantier.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.