La lutte

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Toile de Alexander Louis Leloir

Un jour deux judokas ont décidé de prendre
Des leçons d’aïkido, dans le but d’enrichir
Leur science du combat, et puis de l’assouplir,
Et les voici un soir, fort empressés d’apprendre…

Ils étaient en avance, il leur fallait attendre.
Ils se vautrent au sol, et, pour se divertir,
Luttent, roulant, poussant et jouant sans faiblir,
Car dans leur tradition on n’est pas toujours tendre.

Ils prennent du plaisir au familier combat ;
Mais le prof d’aïkido, dans son fier hakama
Trouve qu’en son dojo c’est une salissure.

Il pose la question, sur un ton dépité :
« Messieurs, où avez-vous mis votre dignité ? »
« Maître, dans le vestiaire, ainsi que nos chaussures. »

Cochonfucius

Le neveu de Poséidon

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image de l’auteur

Le neveu de Neptune, il a de beaux yeux bleus,
Il aime une sirène au joli teint de rose ;
Ensemble au fond des eaux ces deux-là se reposent
Et les courants marins caressent leurs cheveux.

La sirène, dit-on, narre sa vie en prose ;
Le neveu n’écrit point, elle le fait pour deux
Puis s’en va méditer sous le ciel nuageux,
Attirant un marin par ses charmantes poses.

Le marin rentre au port, amoureux d’elle ; il boit.
De la charmante ondine il fait une peinture
Qui nous dévoile un peu sa troublante nature.

Avec lui, le neveu s’abreuve, quelquefois,
Il plaisante à loisir et mange quelques frites :
Tous deux sont apaisés en pratiquant ce rite.

Cochonfucius

Le dimanche des rameaux

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Photographie de Doisneau

Vient le jour des rameaux, je me change en rimeur,
Ma muse, cependant, n’en fout pas une rame.
Elle dort, à l’écart des succès et des drames,
Et du monde agité n’entend pas les clameurs.

Je serais prêt, bien sûr, pour sauver mon honneur,
A prêter une main ou l’autre à vos programmes ;
Mais ce, du bout des doigts, et sans la moindre flamme,
Comme en ma vieille église un paresseux sonneur.

Car ce jour des rameaux est fait pour les ramiers,
Je l’ai toujours pensé ; et si vous m’en blâmiez,
Je resterais perché, tranquille, sur ma branche.

Demain je bosserai, c’est moi qui vous le dis,
Avec le bel entrain qui sied à un lundi ;
Aujourd’hui laissez-moi somnoler, c’est dimanche.

Cochonfucius

L’arbre au jardin médite

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image de l’auteur

Qui sait si le serpent du péché fut lavé ?
Quant à moi, j’aimais bien cet être bucolique
Qui racontait sa vie dans des mondes rêvés ;
Mais c’était un nuisible, ainsi qu’on nous l’explique.

Je laisse à son propos ma pensée dériver ;
Tu ne la connais pas, livre mélancolique,
Car il est des instants que j’ai seul observés :
Un arbre ne peut pas être un auteur biblique.

Je songe à mon passé, je porte des fruits mûrs,
Je lis ce qu’un archange écrivit sur un mur ;
J’aime les souvenirs, j’aime les découvertes.

La dame du jardin, qui venait me toucher,
Bien loin de cet endroit est partie se cacher :
Est-elle oiseau du ciel ou poisson dans l’eau verte ?

Cochonfucius

Aux tavernières

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image de l’auteur

Caroline et Leïla, derrière un vieux comptoir,
Incarnant la patience au fil de tous ces soirs,
J’ai voulu que vos noms figurent en ce livre
(Et vous me répondrez que ma plume est donc ivre).

Qu’elle le soit ou non, je vous célèbre ici :
Qui aime Valentin aime Bacchus, aussi,
Et même Gambrinus pour ce qui me concerne,
Ce dieu qui, chaque jour, louange vous décerne.

Leïla et Caroline, au nom des commensaux
Qui aux bonnes boissons chez vous donnent l’assaut,
Je déclare ceci, dans mes modestes rimes :
La taverne est pour nous le jardin de l’intime.

Cochonfucius

Poisson de turquoise

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Image d’Herald Dick

Le poisson plutonien est sacrément heureux,
Ce dont il remercie une obscure déesse :
L’océan lui paraît débordant de promesses,
De festins, de douceur, de plaisirs amoureux.

Un Terrien trouverait le climat rigoureux ;
Ce joli poisson vert n’en sent pas la rudesse,
Il boit son apéro, parle avec sa maîtresse,
Puis entend des oiseaux le babil langoureux.

N’ayant point de baron, ni de duc, ni de prince,
Cet endroit est pour lui la joyeuse province
Où l’on aime la vie, où l’on ne s’en fait pas.

Le Terrien, cependant, est toujours à la peine,
Victime, bien souvent, d’une espérance vaine ;
Pourquoi donc, vers Pluton, ne fait-il quelques pas ?

Cochonfucius

Lions océaniques

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image de l’auteur

Ils ont servi le roi Nabuchodonosor
Et reçu d’Antarès la lumière rougie ;
Nos deux compères sont devenus, par magie,
Les féroces gardiens d’un écu bordé d’or.

Plus que l’aigle qui prend au matin son essor
Et plus que les démons de la mythologie
Que Dionysos entraîne en d’étranges orgies,
Les lions brûlent leur âme et déchaînent leur corps.

Nous autres, redoutant leurs griffes effilées,
Prions le charpentier venu de Galilée
De protéger nos nefs, lorsque nous naviguons ;

Car ces lions sont marins, et leurs fanions en berne
Frémissent, menaçants, sous le vent de galerne,
Comme vole un phénix, comme danse un dragon.

Cochonfucius

Un long voyage

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Sculpture Mark Newman

Pégase m’a conduit partout ;
Du monde j’ai vu presque tout,
Montagnes à pic ou à vaches,
Prairie où rôdent les Apaches,
Plaines couvertes de soldats,
Seigneurs en milieu de mandat,

Rêves d’enfant, rêves de femme,
Divines constructions d’une âme,
Aussi des terres sans chemin
Et des moines sans parchemin,
J’ai vu ce dont j’avais envie
Et j’ai vu le cours de ma vie.

Et que m’importe ? Je suis vieux ;
Nulle ambition dessous les cieux
Ne vient troubler mes jours paisibles ;
J’écoute la voix inaudible
De la maîtresse des ondins,
Ou d’un oiseau de mon jardin.

Cochonfucius

Pantoum chargé d’hommages

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Toile de Svetlana Valueva

Tu me connais mal, une ardeur me brûle ;
Tout juste s’il ne me scie pas les os :
Le désir s’accroît, l’effet se recule,
Je vole très haut, loin de Palaiseau.

Le désir s’accroît, l’effet se recule,
La chouette en émoi danse sur les eaux.
Entre deux pavés, fleur de campanule,
La Russie s’étend sur douze fuseaux.

Je vole très haut, loin de Palaiseau ;
Tu me connais mal, une ardeur me brûle,
La chouette en émoi danse sur les eaux.
Entre deux pavés, fleur de campanule.

Tu me connais mal, une ardeur me brûle,
La Russie s’étend sur douze fuseaux ;
Un ondin nocturne est dans les roseaux,
Son coeur palpitant comme libellule.

Cochonfucius

Fragments d’un manuscrit perdu

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Photographie de JBB par Anne-Sophie Soudoplatoff

Cochonfucius écrivit sur lui-même,
Sur ce qu’il fit et sur ce qu’il vécut,
Sur les malheurs qui parfois l’ont vaincu,
Et sur ses lois et principes suprêmes.
Bien fréquemment, il a l’air d’un moqueur,
Mais sans jamais parler comme un truqueur.

D’autres rimeurs ont récolté l’ivraie
Au clair de lune, ou sous mille flambeaux.
Mais lui ne sait moissonner à la faux,
C’est un glaneur vêtu de larges braies
Qui de l’auberge attend le simple accueil
Sans se presser, sans un gramme d’orgueil.

Faire à chacun totale confiance,
Être obstiné, mais sans être entêté,
Et n’imposer jamais sa volonté :
Ce sont les trois formes de patience
Qui ont guidé esprit et sentiment
De ce chercheur, progressant sobrement.

S’imaginer dans le regard des autres,
Fort bien s’armer, fuyant tous les combats,
Tester le sol, surtout, à chaque pas :
Ce sont les trois prudences qui sont nôtres,
Ces six moyens sont sagesse de fou,
Si vous voulez, vous ferez comme nous.

Un érudit voulut livrer bataille
À ce vieux texte, et passer à l’assaut.

Notre cher Maître est parfois un peu sot.
Il est confus, il bafouille, il tressaille,
On sent qu’il est loin d’avoir découvert
La grande loi qui régit l’univers.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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