Mallarmé voit un jardin

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Toile de Emmanuel Benner

La pécheresse qui vivait parmi les Douze
À tomber au péché ne les incitait pas,
Même allongeant son corps sur les fraîches pelouses,
Quand ils avaient marché plusieurs milliers de pas.

Le fils du charpentier n’en fit point son épouse,
Et quand il lui parla, juste après son trépas
Et sa résurrection, dit « Ne sois point jalouse,
Je ne voyais que toi, lors du dernier repas. »

Exilée désormais en fort lointaine terre,
Aux gens de ce pays elle dit le mystère,
Priant que soit fécond, sur leur sol, ce pollen ;

Un moine gyrovague a béni le calice
Où se forme à nouveau le sang noir du supplice
Et murmuré son nom (c’est pour lui « Magdalen »)

Cochonfucius

Sagesse de Piaf d’Azur

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image de l’auteur

Son ermitage à lui s’appelle une forêt,
Car ce n’est nullement un oiseau d’altitude;
Il songe, loin de peine et loin de servitude,
Sans jamais trop user de son charme discret.

Il vit dans le sous-bois que Merlin parcourait,
Il a des souvenirs de cette époque rude ;
En ce temps-là régnait un dieu de solitude
Lequel, de temps en temps, ses enfants dévorait.

Qui gouverne à présent? Est-ce un dieu de justice ?
Peut-être vivons-nous un temps de maléfices,
D’indétermination, de malaise diffus,

Or, Piaf d’Azur se tait, lui qui fut un rhapsode,
Car du monde réel il a perdu le code,
Il ne peut que grogner comme un cochon confus.

Cochonfucius

Dame-ermite

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image de l’auteur

Je vis au coin d’un bois, loin de la vie mondaine ;
C’est à la Trinité que va tout mon amour
Qui de jour et de nuit visite ce séjour
Afin de partager mon bonheur et ma peine.

Or, je m’abreuve au Livre, éternelle fontaine :
Des prophètes d’antan je retiens le discours,
Et la Bonne Nouvelle accompagne mes jours
Qui garde mon esprit de toute notion vaine.

C’est Dieu qui m’a donné ma vie et ma beauté,
Le goût de la prière, et peu de vanité,
Toutefois, j’aime bien ma chevelure blonde.

Si ce jeune berger vers moi tournait ses yeux,
Mon âme finirait par renoncer aux cieux,
Ayant perdu l’orgueil de renoncer au monde.

Cochonfucius

Sagesse des lyres

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image de l’auteur

C’est la lyre d’azur dans les mains de la fée
Qui tresse des mots bleus lorsque le soir descend ;
C’est la lyre d’argent aux airs retentissants
Qui le matin te fait abandonner Morphée.

De gueules crie la lyre aux mouvements puissants,
L’art de la faire vivre est imité d’Orphée ;
De sinople la lyre a la voix étouffée
Du nain vert Obéron qui s’adresse aux passants.

La lyre d’or évoque une époque splendide,
Emplissant de héros la maison presque vide
Où le barde paisible aligne quelques vers ;

Le son des instruments est devenu moins fort,
Le ciel nocturne au monde apporte un réconfort
Et la lyre de sable apaise l’univers.

Cochonfucius

Quatre paires de chaussures

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image de l’auteur

En haut de la colline et sous le noir nuage,
L’homme, n’ayant commis ni crime ni délit,
Est crucifié avec deux autres personnages,
Et le bourreau, patient, son office remplit.

Ces quatre hommes, pieds nus, qu’ils ont un regard sombre !
Chacun d’eux accomplit la volonté de Dieu ;
Le traître est loin d’ici, n’étant pas de leur nombre,
Qui lui aussi, pourtant, a le deuil dans ses yeux.

Ils se sont déchaussés sur le chemin de terre ;
Par leurs souliers, là bas, ils semblent attendus
Auprès d’un monument aux obscurs caractères,
Hiéroglyphes d’antan, dont le sens s’est perdu.

Cochonfucius

De gueules à la vigne d’or

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Le vigneron comprend la poésie des feuilles,
Celle des fleurs aussi, et celle des fruits lourds ;
Et la chanson des mois, des semaines, des jours
Et des ans révolus que la mémoire accueille.

L’arbre du charpentier, nous dit-il, c’est la vigne,
Arbre qui n’est point là pour nous donner du bois,
Mais le nectar subtil qu’entre copains l’on boit,
Avec modération, bien sûr ; en restant dignes.

Le vigneron comprend les rimes de la terre,
La fleur dans le jardin, l’insecte sous le ciel,
Le vin qui, certains jours, peut prendre un goût de miel,
Et la discrète voix du barde solitaire.

Cochonfucius

Nolens Volens

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Toile de Keith Vaughan

Adam aurait voulu rester singe docile,
Mangeant sa nourriture au moment d’avoir faim,
Ne perdant pas son temps à des discours sans fin,
Ne cachant pas son sexe en un bout de textile.

Mais il est surchargé d’un cerveau trop habile
Qui de trop de détails veut le mettre au parfum.
Dieu qui jamais n’admet que l’on soit son dauphin
Le condamne aussitôt à des efforts stériles.

Adam jette son dieu dans une inexistence
Dont il avait sans doute une intime prescience,
Car l’intéressé n’a pas beaucoup protesté;

Le monde cependant, géré par le primate,
Ne plaît plus désormais qu’à quelques psychopathes,
Que nous sommes, serons, que nous avons été.

Cochonfucius

Goupil transcendant

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image de l’auteur

Le goupil transcendant, c’est un être indocile,
Un Tartuffe, un prêcheur mangeant plus qu’à sa faim ;
Les dindons, éblouis pas ses discours sans fin,
Pensent qu’il s’agit là d’un moderne Virgile.

Goupil, tu es pourvu d’un cerveau trop habile
(Serait-ce un souvenir de ton père défunt ?),
Tu as trompé le rat, le porc et le dauphin,
Te voici le gourou de ces dindons serviles.

Plus d’un coq endeuillé maudit ton existence,
Toi qui de sa moitié te fis une pitance,
Ce sur quoi vainement je l’entends protester.

Pire que ce goupil est un certain primate,
Un glabre individu qu’on dirait psychopathe,
Se croyant du cosmos le maître incontesté.

Cochonfucius

Piaf d’Azur

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image de l’auteur

Piaf d’Azur a chanté, ce n’est que pour le vent,
Ce n’est que pour le chêne à la rugueuse écorce ;
Ce n’est pas un héros, c’est un oiseau sans force
Qui n’est pas vraiment fait pour ce monde éprouvant.

Son talent, cependant, mûrit au fil des ans,
Captant de mieux en mieux les idées qui s’amorcent ;
Comme certains chanteurs de Sardaigne ou de Corse,
Comme la dame au luth, Christine de Pisan.

Son délicat plumage est un joli manteau
Qui peut le protéger de la bise brutale,
Laquelle, au grand jamais, ne le met en lambeaux.

Le grand chêne en avril a rénové sa sève,
Offrant un bel ombrage à sa terre natale :
Avec l’oiseau d’azur il partage son rêve.

Cochonfucius

Quatre martyrs

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C’étaient quatre grands saints, de leur tête porteurs :
Saint Denis qui demeure au-delà d’une plaine,
Saint Gohard, qui filait une très pure laine,
Saint Frajou, maîtrisant l’art des apiculteurs

Et Saint Clair de Beauvais, merveilleux orateur.
Nul des quatre ne fit de tentative vaine
Pour recoudre son cou, ce n’en fut point la peine ;
D’ailleurs, ça leur eût fait perdre des spectateurs.

Robert les a décrits comme deux Anatoles,
Avec un Croquignole ainsi qu’un Barbemolle,
Qui, collectivement, sont les Quatre Sans Cou.

Je demande à Denis : « Pauvre céphalophore,
Comment vis-tu l’état que chez toi l’on déplore ? »
« Bien, dit-il, du moment que je peux boire un coup .»

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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