Le neveu du charpentier

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Neveu du charpentier, pitoyable démon,
Tu voulais tourmenter les peuples de la Terre ;
Ton ombre volontiers se cache au fond d’un verre
Et vagabonde aussi par les bois et les monts.

Mais ton cousin n’est pas un juge trop sévère,
C’est un seigneur d’amour, un Maître de pardon ;
Nous trouvons la douceur en ses sages sermons,
Et c’est dans bien des cas, le pécheur qu’il préfère.

Ta force tentatrice a du pouvoir sur ceux
Qui par amour du gain deviennent tes complices ;
Mais ils sont en danger d’endurer des supplices.

Ainsi devront souffrir les hommes paresseux.
Et ceux qui trop souvent ont omis d’être braves ;
Mortels, songez-y bien, c’est une chose grave.

Cochonfucius

Maîtresse des hérissons

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Au fond d’un univers fané,
Dix-sept hérissons se bousculent ;
Leur président gît enchaîné
Au mitard, où l’air mal circule.

— Président d’illustre mémoire,
Ne craignez-vous point le bûcher ?
— Me sauvera la stryge noire
Qui sur le toit vient se jucher ;

Elle rongera maille à maille
Chaîne et boulet, de bout en bout,
Cette maîtresse qui se raille
Du tribunal à quatre sous.

Cochonfucius

Fou bleu, fou blanc, fou rouge

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Du fou bleu la doctrine est bien vite exprimée :
Il daigne tout au plus dans l’azur se mouvoir ;
Il n’est pas concerné par les autres devoirs,
Et son âme n’est point aux combats enflammée.

Le fou blanc apprécie la nature embaumée ;
Le culte du plaisir, voilà tout son avoir,
Il n’est pas attaché au culte du pouvoir,
Et d’aucune ambition sa vie n’est animée.

Le fou rouge est vaillant, il peut trancher les noeuds
Gordiens, affronter l’eau, la poussière et le feu,
Il n’a peur de personne, il n’a ni dieu ni maître.

Ces trois sur l’échiquier n’ont jamais de souci :
Bleu survole et Blanc rit ; Rouge frappe, précis,
Le joueur, quelquefois, peine à s’y reconnaître.

Cochonfucius

Fleur de la résignation

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C’est la fleur magenta qui soigne tous les maux,
Qui malheureusement est toujours hors d’atteinte ;
Nul n’a compris, d’ailleurs, d’où vient cette contrainte,
Pourquoi ne l’a-t-on pas dans les jardins normaux ?

Sa couleur est un peu celle des vieux émaux,
Elle pourrait orner la robe d’une sainte
Qu’en l’église des Trolls, jadis, j’avais vu peinte ;
Son nom, je ne sais plus, c’est un drôle de mot.

Au diable comme aux dieux elle a le don de plaire,
Elle qui, loin de tout, garde son âme claire ;
Même les ouragans ne la troubleront pas.

Sur le blason d’un duc on trouve son image
Choisie par son ancêtre au coeur du Moyen Âge,
Lui qui la préférait à la Fleur du Trépas.

Cochonfucius

 

Toile monochrome

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Composition inspirée par Alphonse Allais

Azur, tu sais, nous t’admirons de loin,
Par grand beau temps, sur la voûte éternelle ;
Mais bien aussi sous ta forme nouvelle,
Quand sur la toile on t’applique avec soin.

Les proportions, il faut les mettre au point,
Que le rectangle ait forme naturelle ;
Le cadre aussi, que l’artisan cisèle
Et qu’il ajuste à chacun de ses coins.

C’est pur, c’est bleu, c’est plus clair que de l’eau ;
C’est azur noble, et c’est azur nouveau,
C’est la couleur qui l’enthousiasme avive.

Grand honneur donc à celui qui l’a fait,
Impressionnant le peuple stupéfait :
Vous le savez, c’est Monseigneur Saint Yves.

Cochonfucius

Nous n’avions point souci du temps

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Gravure de Gustave Doré

Nous n’avions point souci du temps,
D’hiver nous faisions un printemps,
Le temps pourtant vite s’envole…
Hiver, printemps sont des symboles.

Nous avions atteint des sommets,
Tu brûlais quand je te nommais,
J’avais une voix grave et tendre
Et tu frémissais à l’entendre.

Et nous avons su mettre à mort
L’amour qui nous donnait remords.

* * * * *

Cochonfucius

Stéphane Cattaneo

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Toile, d’après Stéphane Cattaneo

Stéphane a terminé ce beau tableau qu’il signe
Cattaneo, car c’est, le saviez-vous, son nom.
Il s’interroge alors : le vendra-t-il, ou non ?
D’un musée, d’une expo, la toile est-elle digne ?

Choisissant un papier plus blanc que n’est un cygne,
Il traça mon portrait, au temps où son renom
Était confidentiel ; de tels artistes n’ont,
Quand ils sont débutants, qu’éloges en trois lignes.

Stéphane, si souvent nous avons ri ensemble,
Je peux te consacrer un sonnet, que t’en semble ?
En souvenir des mots du grand Gérard Mentor.

Or, tu as bien raison de jouir de ta peinture,
Même lorsque tu dois te serrer la ceinture ;
Elle est comme un printemps, n’en déplaise aux butors.

Cochonfucius

Dame de la lune verte

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— Maîtresse de la verte lune,
Impératrice des chagrins,
Qui voudras-tu pour souverain ?
Pour qui, cette bonne fortune ?

– J’ai choisi le vent de la dune
Qui d’herbe m’offrit quelques brins,
Et de blé, même, quelques grains ;
Nous vivrons auprès des lagunes.

— Mais si le chêne à rude écorce
Te fait hommage de sa force,
Ton coeur en sera-t-il ému ?

— Non, je me n’aime pas les ruptures
Que par son caprice on endure,
Ainsi qu’il advint, quand il m’eut.

Cochonfucius

 

Méduse volante

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La méduse volante, issue du firmament,
Visite le jardin où pousse un fruit magique ;
L’ange double, auprès d’elle, un peu mélancolique,
Étend ses ailes d’or, et plane lentement.

Vers le sommet de l’arbre est le serpent qui ment.
Il voudrait proposer la pomme maléfique
Grâce au charme infini d’un discours diabolique,
Mais la méduse écoute, et n’y croit nullement.

— Que viens-tu faire ici, toi, l’incrédule bête ?
— Je vais de-ci de-là, j’explore ta planète,
Mais pas pour bien longtemps, je m’en irai demain.

(Excusons la méduse, elle n’a pas très faim ;
Tant pis pour le reptile, il ment parfois en vain,
Conclut notre bel ange, en son âme parfaite.)

Cochonfucius

Cauchemar d’Émile

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Toile de Remedios Varo

Nelligan t’observa, monstre apocalyptique,
Au milieu d’une nuit envahie de tourments.
Il cherchait à te fuir par un escarpement ;
Tu dirigeais vers lui ta course fantastique.

Tu étais plus griffu que les ours de l’Arctique,
Tu avais dévasté de nombreux campements ;
Tel un démon lâché au jour du jugement,
Tu venais lui porter un décret fatidique.

Émile, cependant, suivait les chemins sombres,
Et son ange gardien le protégeait, dans l’ombre,
Surveillant de son mieux le démon affamé.

Mais le monstre sursaute et se métamorphose :
En chenille, soudain, le voilà transformé,
Venue pour admirer l’Aurore aux doigts de rose !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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