Oiseau de la gadelle

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L’oiseau de la gadelle est un oiseau que j’aime ;
Il vit dans mon jardin, il sait ce qui est bon,
Il imite les voix tout en restant lui-même.
J’aimerais bien avoir la moitié de ses dons.

Il a construit son nid auprès d’un petit pont,
Pour lui, l’humidité, ce n’est pas un problème ;
Satisfait d’observer la danse des poissons,
Il en fait de son chant le prétexte et le thème.

S’il plonge dans les flots, il ne boit pas la tasse,
Car il est familier de ce courant qui passe
Depuis bien des années au-dessous de chez lui.

Jamais il n’est pressé comme un homme d’affaires ;
Il saisit les instants, il goûte l’éphémère,
Heureux quand vient le jour, heureux quand vient la nuit.

Cochonfucius

Balance d’azur

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Sage est ton jugement, balance inanimée !
Tu dis ce qui est vrai, sans haine et sans amour,
À la gravitation tu as été formée
Pour annoncer les poids, la nuit comme le jour.

Tu peux tout soupeser, sauf, bien sûr, la fumée,
Tu renseignes la dame en ses légers atours ;
Tu ne dépares pas nos salles de séjour,
Même si tu t’y vois rarement réclamée.

Balance, tu nous viens d’une divinité
Qui jadis t’instruisit avec solennité
Et dont l’autel sacré refuse la paresse.

Qui soigne sa santé se tient à ton abord
Car en toute saison ton verdict l’intéresse,
Toi qui vins pour juger les vivants et les morts.

Cochonfucius

Planète Nécropole

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L’écosystème a dit : «Que le trépas y soit !»
Et les voilà tous morts, les fous comme les sages ;
À nul dieu cependant ils ne firent outrage,
Car ils avaient toujours prié comme il se doit.

Les planètes se font nécropoles, parfois,
Où l’on peut déchiffrer, en de nombreux langages,
Tantôt une épitaphe et tantôt un hommage ;
Tombeau du pauvre bougre et sépulcre du roi.

Plus loin dans l’Univers, d’autres soleils s’allument,
D’autres littérateurs ont apprêté leur plume
Pour conjurer le temps qui file entre leurs doigts.

Là-bas dans l’inframonde, on entend quelques rires,
Mais ce n’est pas cela que je voulais décrire :
Le tableau est trop sombre, aussi, pardonne-moi.

Cochonfucius

Godet d’azur

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C’est lui qu’on doit vider aux jours de grande fête ;
L’échanson le remplit de son geste assuré.
Sur l’antique bouteille un scribe a figuré
«Hoc est sacramentum», parole d’un prophète.

Arrosant la victoire et noyant la défaite,
Mais conservant toujours un débit mesuré,
Les convives oublient les labeurs endurés
Ainsi que les tourments d’une vie imparfaite.

Ils songent au destin de Bacchus renaissant
Qui triomphe, entouré de silènes puissants,
Comme un bois vert renaît d’une forêt brûlée.

Presque sobre est resté l’ascète méditant,
Mais il profite mieux de la voûte étoilée
Quand il peut déguster ce nectar éclatant.

Cochonfucius

 

Colimaçon patient

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Je sais que mon chemin doit me conduire à Rome ;
Je ne sais pas si j’ai la vitesse qu’il faut,
Car je suis un peu lent, c’est mon moindre défaut,
Je ne suis certes pas dégourdi comme un homme.

Mais je suis plus têtu qu’une bête de somme,
Ma maison n’étant pas plus lourde qu’un chapeau.
Si je traîne mon ventre, ainsi font le crapaud
Et cet aimable ver, lequel lombric se nomme.

D’ailleurs, plus d’un déboire attend celui qui court
Et le trajet qu’il suit n’est pas toujours très court,
Puisque souvent la route en obstacles abonde.

J’aime le paysage et j’aime chaque lieu,
Je dresse mon oreille et je darde mes yeux,
Moi, le colimaçon le plus patient du monde.

Cochonfucius

Ambicoq d’azur

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C’est l’ambicoq d’azur, sa prose est enivrante,
La fine poule blanche en tire volupté ;
Il a bon caractère et robuste santé,
Puis il sait raconter des histoires marrantes.

Ce monde est, semble-t-il, conforme à ses attentes ;
Il a de la prestance et de l’autorité,
Le poulailler lui laisse un peu de liberté,
La faisane, elle-même, est assez peu distante.

Il mange du maïs, il mange quelques vers,
Il ne se force pas pour les légumes verts,
Il use de son charme auprès des nobles dames ;

Il apprend des sonnets, mais plutôt rarement,
Avant de s’endormir, il les dit, doucement,
Ainsi qu’un musicien qui révise ses gammes.

Cochonfucius

Joseph voit un corbeau

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Bestiaire du Moyen-Âge

Un érudit rêva qu’il était un corbeau,
Et qu’il était, de plus, en présence d’un mage
Qui, changé en renard, réclamait du fromage.
« Que serait-ce, dit-il, si j’étais un agneau ! »

En insecte, soudain, se transforme l’oiseau,
Posé sur des raisins que, devenu très sage,
Le renard, lui laissant ce goûteux apanage,
S’abstient de dévorer, ne les trouvant pas beaux.

Mais l’insecte devient un  bouc bien encorné,
Ne voyant pas plus loin cependant que son nez,
Chose dont le goupil abuse sans vergogne.

Le rêve se poursuit, et le pauvre renard
Se retrouve, à la fin, pris dans un traquenard
Que lui tend le rêveur, transformé en cigogne.

Cochonfucius

Lapinot de chez Trondheim

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Quand il quitte ce monde, un tas de gens s’émeuvent ;
Il revient à la vie dans un album récent,
Ce qui rend son destin vraiment intéressant
Mais l’on ne nous dit pas ce que devient sa veuve.

D’un monde parallèle il semble être une preuve
Ou d’un embranchement dans le décours du temps ;
Un premier résultat, ses lecteurs sont contents
De lui voir étrenner une aventure neuve.

Messire Lapinot n’est point un mec banal,
Entre deux univers il découvre un canal ;
L’avant-dernier album n’est pas son chant du cygne.

De toutes les leçons que ce lapin m’apprit,
Laquelle m’a donc vu plus perplexe, et surpris ?
C’est de Patagonie les carottes insignes.

Cochonfucius

Monseigneur le Chat

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Il ne s’agite point, je crois qu’il a raison ;
Jadis il s’amusait avec un fil de laine,
Il parcourait la rue, il explorait la plaine
Où paissent les brebis à la fine toison.

Mais ce fut autrefois, en sa jeune saison ;
Il ne pratique plus ces activités vaines,
Préférant cultiver sa réserve hautaine,
Dormir autant qu’il veut, régner sur ma maison.

Tant mieux pour vous, souris ! Heureuses d’être au monde,
Vous menez votre vie périlleuse et féconde
Sans craindre désormais le félin désarmé.

Au-dessus du jardin, j’entends gronder l’orage
Et les petits oiseaux ont quitté ces parages ;
Le chat fuit cet endroit qu’il avait tant aimé.

Cochonfucius

Dans les parages de l’inframonde

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Pour entrer au souterrain,
Pas de clé ni de serrure ;
Mais faut savoir l’écriture
Du grimoire souverain.

Le trident garde la porte
Sans que le tienne un gardien,
Il vous frappe pour un rien,
Ne parlez pas à voix forte.

Le chien, le lion, le cheval
Poseront des devinettes
Aux réponses pas bien nettes :
Ils tricheront, c’est normal.

Pour visiter les tréfonds
De ce jardin des supplices,
Mieux vaut être le complice
Des dragons et des griffons.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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