Le lézard vert de Piaf-Tonnerre

lizard.jpg

Oeuvre de Escher

Le Capitaine Piaf-Tonnerre,
Étant presque sexagénaire
Capture un jour un lézard vert
À la lisière du désert.

Le lézard vert de Piaf-Tonnerre
Pondit un oeuf dans l’aube claire ;
Il en sortit un lézard vert
Qui lui ressemblait comme un frère,

Et ce deuxième lézard vert
Pond, à son tour, un oeuf tout vert
D’où sort, sans aucun commentaire,

Un autre, au geste similaire.
Cela peut durer tout l’hiver
Ou même, autant que l’univers.

Cochonfucius

igxz.png

image de l’auteur

Voici l’antigriffon, l’éteigneur de flambeaux,
Le rôdeur souterrain, le mangeur de cannelle ;
On dirait qu’il invente une danse nouvelle,
Lui dont un inframonde abrita le berceau.

Il aime contempler l’intérieur des tombeaux
Car il trouve du charme aux dépouilles mortelles ;
Puis, il connaît la Mort, sa compagne éternelle,
Aussi bien, semble-t-il, que son frère corbeau.

En inframonde il vit sa paisible vieillesse,
Ce fut également le lieu de sa jeunesse,
Un monde très obscur et plutôt rigoureux.

Il boit les eaux du Styx, il se nourrit de cendres,
En a-t-il du plaisir ? Il n’est pas malheureux :
À devenir griffon, pourrait-il condescendre ?

Cochonfucius

Valves de mules

351.jpg

Joyau de Salvador Dali

Mules, vous qui offrez une valve au Saint-Père,
Vous lui donnez ainsi un joli coeur tout neuf ;
Si dans ces conditions le pape devient veuf,
Il sera consolé par de vaillants compères.

A la fin de la vie, des constructions s’opèrent
Et notre corps parfois devient fort comme un boeuf ;
Mais si le coeur se sent fragile comme un oeuf,
Point ne faut qu’en la mort ce frêle organe espère.

Car la loi est ainsi : nous devons aimer vivre,
Aller par les chemins, nous plonger dans un livre
Et songer au bonheur qu’apporte le savoir.

De ceux qui vont rester, nous respectons les larmes,
Mais il ne faudrait pas que cela nous désarme :
Les soleils du Ponant sont les plus beaux à voir.

Cochonfucius

Ambicalice

igfj.png

image de l’auteur

Voici l’ambicalice, un ingénieux système :
Si l’on y prend du vin, on n’en verse qu’un doigt,
Ce qui déjà pourrait inspirer des poèmes,
Quand ce sont de grands crus, comme en boivent les rois.

Ces vins sont excellents pour les hommes de foi,
Ce poète lui trouve un goût de chrysanthème ;
Le fils du charpentier, avant qu’il fût en croix.
En a bien profité, les disciples de même !

Cela réconcilie les démons et les saints ;
Les premiers, bien souvent, oublient leurs noirs desseins,
Les seconds font par là mûrir leur fantaisie.

Compère ambicalice, à toi cette oraison,
Tu as mis du soleil dans mon humble maison,
Ce modeste logis meublé de poésie.

Cochonfucius

Manoir girondin

igeh

image de l’auteur

Au manoir girondin sont des scribes qui lisent,
Passant en ce plaisir l’hivernale saison ;
Buvant un peu de vin, se chauffant aux tisons,
Faisant fort peu de cas de leur matière grise.

Ils écrivent un peu, ils disent des bêtises,
De blasons éclatants ils ornent la maison ;
En la cuisine sont des gâteaux à foison,
Ce que, me semble-t-il, aucun d’eux ne méprise.

Ils ne sont certes pas successeurs de Platon
Ni ne nul grand penseur, mais des bardes qu’ils aiment,
Et pleins de bienveillance envers les marmitons.

Jamais il ne voudront d’une sagesse extrême :
Largement leur suffit l’amour de Margoton
Et aussi, certains jours, du petit chat lui-même.

Cochonfucius

Zef et Antizef

ign.png

image de l’auteur

C’est d’Éole que Zef aux jours d’antan naquit,
Ce fut auprès d’un pont qui franchit un grand fleuve ;
Ce petit dieu soufflant passa par des épreuves
Et son peu de savoir fut rudement acquis.

Antizef, quant à lui, est fils d’on ne sait qui,
Peut-être de Chronos et d’une sombre veuve.
Il fut presque charmant quand son âme était neuve,
Transportant des chansons et quelques mots exquis.

Ils se sont rencontrés, leurs deux fureurs déferlent,
C’est le combat des airs, c’est la guerre des vents,
C’est un affrontement qu’on ne voit pas souvent.

L’arène est une plaine et l’arbitre est un merle,
De nuages obscurs ils se vont ombrageant,
Poussant d’horribles cris pour effrayer les gens.

Cochonfucius

Perchoir

mdr.png

image de l’auteur

C’est un moine cherchant comment à Dieu complaire ;
Aussi, de « Théophile », il reçut le surnom.
Mais il voudrait, de plus, être homme de renom,
Ce sont deux ambitions l’une à l’autre contraires.

Le dragon se tient seul, il ne sait pas quoi faire,
Il voudrait dévorer ce qui n’a pas de nom;
Il va bientôt trouver ce trésor, ou sinon,
Avec l’argile verte, il va le contrefaire.

Cet arbre souterrain ne sait pas ce qu’il veut ;
Il désire émerger, voir le jour, s’il le peut,
Se demandant, pourtant, quel prix Satan va prendre.

Le lapin blanc travaille à faire une oeuvre d’art,
Regrettant que jamais ne le chante un Ronsard ;
À me donner la plume, il veut bien condescendre.

Cochonfucius

 

Voyage cosmique de l’oiseleur

igxxt.png

image de l’auteur

Il quitte son logis dont le plafond est bas,
Il se sépare aussi des disciples qu’il aime,
Il doit s’en aller loin du solaire système
Pour rejoindre un endroit que tu ne connais pas.

C’est un être d’errance et non pas de combat,
S’éloignant de la Terre et de la Lune blême.
Au long de cette route il compose un poème
Qui parle de la vie et surtout du trépas.

Il n’a pas pris pour but une vaste planète
Mais plus modestement, la Lune des Fauvettes :
Sa rutilante nef en connaît le chemin.

S’il gagne cet endroit, ce n’est point par caprice,
C’est parce qu’un grand scribe écrivit de sa main
Qu’il devait rencontrer l’Oiselle Impératrice.

Cochonfucius

 

Ambimatrone

igtu-1

image de l’auteur

La grande ambimatrone a des regards pensifs,
Surtout quand elle écoute une chanson bretonne
Dont le langage simple et le son monotone
Sont portés dans les airs par un barde poussif.

Tu ne lui verras pas de gestes compulsifs,
La paix règne en son âme, et la brise d’automne ;
Elle vit sans émoi, presque rien ne l’étonne,
Elle qui ne craint pas les discours corrosifs.

La grande ambimatrone est grave, mais pas triste ;
La noirceur en son coeur jamais on ne dépiste
Ou bien, à la rigueur, à titre de de loisir.

J’aime bien rencontrer cet être insaisissable ;
Dans les jours où ma vie coule comme du sable,
Sa présence apaisante est comme un frais zéphir.

Cochonfucius

Demi-tour

demi-tour.png

image de l’auteur

Le long serpent de mer s’hydrate sous la lune ;
Comme beaucoup de gens, c’est un demi qu’il boit,
Mais son verre est géant, comme une tour sans toit,
Quand il vient consommer, ce n’est pas pour des prunes.

Le reptile, absorbant tout ce liquide froid,
Pense qu’aux vrais soiffards la tour est opportune ;
Et jamais la boisson ne coûte une fortune,
On ne surtaxe point sa dignité de roi.

Engourdi par le goût de la bière qu’il lampe,
Il devient un poète, un rêveur au coeur pur,
Ou cet ermite fou qu’on voit sur les estampes.

La maître de la tour, un tavernier obscur,
Laissera méditer ce monarque qui rampe,
Jusqu’à ce que la nuit se perde dans l’azur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.