Vision de janvier

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Dessin de Victor Hugo

Un ondin, passant sous les saules argentés,
Suit, sans faire aucun bruit, les sentiers enchantés.
La lune est toute ronde et ne porte aucun voile ;
Son éclat fantastique efface les étoiles.

L’ondin se fait léger, il faufile son corps
Entre les arbres noirs, dans les creux du décor.
Une branche parfois le frôle ou le caresse,
Un crapaud, du chemin, s’écarte avec paresse.

D’un hibou, par endroits, les vastes yeux dorés
Ont les mêmes reflets que les vases sacrés
Que recèle le temple aux murs de pierres sèches,
Temple où nul desservant, depuis longtemps, ne prêche.

L’ondin parcourt la nuit, qui sait dans quel dessein,
Peut-être simplement pour écouter l’essaim
Des chants dont son esprit en tout temps se colore ;
Des chants silencieux, du couchant à l’aurore.

Cochonfucius

Cloches de jadis et de naguère

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image de l’auteur

Sonnez pour moi, cloches de mon enfance ;
Car votre son, comme dans le passé,
Peut rétablir les liens qui sont cassés…
Vous l’avez fait, dans plusieurs coins de France.

Sonnez pour moi, cloches de mon errance,
De mes écrits, des livres entassés ;
Un jour d’école, il n’est pas effacé,
De nos leçons nous avons souvenance.

J’entends sonner une cloche bretonne,
C’est élégant, c’est un son qui m’étonne,
J’entends sonner la cloche de l’oubli.

En traversant la place des Quinconces,
Je me souviens des chemins pleins de ronces
Qui, pour toujours, de douceur sont emplis.

Cochonfucius

Bannière du royaume

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image de l’auteur

En ce pays sont les meilleurs des hommes,
Fort braves gens, chercheurs de vérité ;
De leur lignage ils n’ont rien hérité,
N’ont jamais vu la plus modeste somme.

Ils sont heureux de cueillir une pomme,
De savourer la chaleur des étés ;
Dans leur labeur, ils savent s’arrêter ;
Quant à leur dieu, c’est Bacchus qu’ils le nomment.

Ils ont la pêche, ils sont toujours farauds
Grâce au pinard des grandes vinothèques ;
Et leur bannière est celle des héros.

Les taverniers sont pour eux des évêques,
Les charcutiers servent de généraux :
Ah, s’ils pouvaient m’accepter pour métèque !

Cochonfucius

Vierge de métal

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Composition de l’auteur

Jeanne d’Arc est ici, de beau métal vêtue,
N’ayant, ce jour, mangé qu’un déjeuner frugal.
D’une cloche parvient le timbre musical,
L’Anglais, à se défendre, âprement s’évertue.

Femme du charpentier, ce matin, ta statue
A parlé à la vierge, au grand jardin ducal ;
Tu lui as commandé, sur un ton amical,
De ne point craindre l’homme, avec son bras qui tue.

Donc, ce grand guerrier noble, à l’assaut engouffré,
Malgré son effrayant visage balafré,
Ne triomphera point de la fille rustique.

Tout au plus, il aura d’elle un sourire humain,
Une pointe d’humour, peut-être un peu gothique,
Quand elle le fera prisonnier, de sa main.

Cochonfucius

Chat qui rêve

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image de l’auteur

Il rêve qu’on l’invite à manger des poussins ;
Mais un coq menaçant soudain vers lui se penche,
Alors il n’a plus qu’à sauter sur une branche
Et s’y tenir perché comme un sphinx abyssin.

Puis il rêve qu’il dort, blotti sur un coussin
Qui par magie devient un champ de neige blanche,
Mais il s’en va plus loin, craignant les avalanches,
Puis il croit s’éveiller près de mon traversin.

Une gaîté féline emplit son âme sombre,
Ses deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre,
C’est le lever du chat, c’est le moment des jeux ;

D’autres songes viendront, dans un autre registre,
De jardins assombris, de matins orageux ;
Le chat reste serein, dans son rêve sinistre.

Cochonfucius

Confrontation de deux allégresses

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Toile de Steven Douglas Chmilar

Au pays des pommadins, les nantis
ne dilapident pas toutes leurs minutes à être conduits à l’autel.
Outre l’affectation des trépieds, les palmes des anatidés réduisent
les apostrophes des épouses d’argent. Dans l’entournure du crincrin,
vous découvrirez les émissions sonores des orthoptères. Dans l’entournure
de l’ambidextre, vous découvrirez le produit pour se faire zigouiller.
Vous serez surpris de revoir la magnificence de vos psychés dans les
serres des rapaces. Observez ces minuscules amphisbènes inscrits
au calendrier qui, le jour d’avant leur première sauterie, projettent
de la semence avec leur poitrine. La prospérité a si bien perturbé leurs
aspirations qu’ils soumettent des devinettes immortelles aux brocanteurs
qui surviennent. Entendez les râles de ces filles d’Ève peignées en lépidoptère.

Planète Avril

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image de l’auteur

Sur la planète Avril sont des humains placides
Qui rêveraient pourtant d’être des chevaliers
Pour voir cet univers à leurs lois se plier ;
Mais ils sont abrutis par leur climat torride.

Il ne cultivent rien dans leurs steppes arides ;
Ils n’ont point de pommiers taillés en espalier,
N’élèvent pas non plus d’animaux familiers,
Leur vie est sans objet, leur existence est vide.

Ils maîtrisent pourtant la plume et le pinceau ;
De musique classique ils jouent quelques morceaux,
Cependant, tout cela les rend mélancoliques.

Je ne les juge pas, ni ne leur donne tort,
Car leurs jours ont aussi des côtés bucoliques,
Sans beaucoup de travail et sans la soif de l’or.

Cochonfucius

Arbre du capitaine

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image de l’auteur

À Moulinsart est un arbre de vie ;
Car Tournesol, par son entendement,
À le greffer réussit grandement,
Cher professeur ! Le monde nous l’envie.

Toute sagesse est par lui poursuivie ;
Il peut veiller sans craindre les tourments,
Ce grand chercheur, ce héros de roman,
Cet inventeur, ce maître en alchimie.

Vivant ainsi, le don que l’on acquiert
Pourra fleurir si la vie le requiert ;
Les découvreurs ne craignent point le blâme.

De longs traités furent par lui signés
Où sont de beaux résultats consignés,
Dedans lesquels est un peu de son âme.

Cochonfucius

Deux bouviers

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image de l’auteur

Les gardiens des taureaux, ce sont deux joyeux drilles ;
Du bel oiseau de sable, ils ont cette santé
Qui permet d’arborer, sans façon, des guenilles
Au milieu du terrain de sinople enchanté.

Leurs bestiaux, c’est leur vie, c’est un peu leur famille ;
Par les autres métiers, point ne seront tentés,
Ils ne rejoindront pas le peuple qui fourmillle
Matin, midi et soir, aux lieux trop fréquentés.

Animaux et gardiens, dont j’ai fait le portrait,
Par les beaux soirs d’été rivalisent d’attraits,
Créant une atmosphère à nulle autre seconde :

Car le taureau volant, ce prince de noirceur,
Est bien capable aussi de charmantes douceurs,
Et ses mots amusants font s’esclaffer le monde.

Cochonfucius

Rhapsode insatiable

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Composition de Cochonfucius

Le rhapsode a tant écrit
Qu’il ne connaît plus ses lettres :
Il confond le néant, l’être,
Et la musique et le cri.

Mais qu’importe son sort si nous aimons qu’il chante !
La nature avec lui ne fut point fort méchante.

Le rhapsode a tant parlé
Que seulette, en sa mémoire,
Lui revient la même histoire :
Le restant s’en est allé.

Mais qu’importent les mots, c’est une chose adverse ;
La chose favorable est le vin qu’on lui verse.

Le rhapsode a pour garant
Le souvenir nostalgique
D’un moine au regard tragique,
D’un théologien errant,

Fort en métaphysique et douteux en sagesse,
Mais qu’importe la foi, nous avons l’allégresse !

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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