Un canal

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Dans le monde d’Escher, une roue reçoit l’eau
Qui, sortant d’un canal, lui parvient en cascade.
Par la suite, cette eau reprend sa promenade,
Suivant sa pente ainsi que toujours font les flots.

Le canal qui descend la porte vers le haut.
Si vous prenez cela pour une galéjade,
Observez le canal avec ses colonnades
Et suivez-­le du doigt pour tester son niveau.

Le cours de nos pensées, comme l’eau du canal,
Peut fort bien s’élever en allant vers l’aval,
Et la cascade ainsi peut s’écouler encore.

En sera­-t-­il ainsi durant l’éternité ?
Sur ce sujet précis, j’ai souvent médité.
Voici ma conclusion : toute l’eau s’évapore.

Cochonfucius

Antitortue

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image de l’auteur

L’antitortue, un être lent
Mais qui survit sans assistance,
Se traîne dans le désert blanc
Tout en marmonnant des sentences.

Le désert n’est jamais brûlant ;
On y trouve un peu de pitance,
Il suffit d’avoir de bons plans
Et de franchir quelques distances.

Le désert est même un peu froid,
Ou tout au moins, il l’est pour moi ;
Si j’y vais, j’ai le corps qui tremble.

Or, cette antitortue s’en fout ;
Elle et ses copains se rassemblent
Pour bavarder, pour boire un coup.

Cochonfucius

Chat de pourpre

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image de l’auteur

Ce chat, quel animal discret !
Sa solitude, il la préfère,
Il aime surtout ne rien faire,
Jamais un jeu ne le distrait.

Est-il détenteur de secrets ?
Est-il le gardien d’un mystère ?
Comment ferai-je pour lui plaire,
Je l’ignore, à mon grand regret.

Mais sur lui je veux bien écrire,
Bien que ne sachant trop que dire ;
Il me réchauffe dans le froid.

Félin songeur, sa vie fut belle,
Autant que je me le rappelle,
J’aimerais être un chat, je crois.

Cochonfucius

Une paire de griffons

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image de l’auteur

Que feront les griffons pour nourrir leurs enfants ?
Du gibier des forêts, c’est rare qu’ils en prennent.
Vont-ils cueillir des fruits au jardin de la reine,
Ou vont-ils enlever le grand paon triomphant ?

Car jamais griffonneaux ne se vivent de vent,
Mais des parts de gibier de la friche prochaine,
À la rigueur, des glands que leur offre le chêne,
Des pendants de corail que l’on cueille en rêvant,

Ou des petits poissons que l’on pêche à la lampe,
Dont le peintre Keisai fit une belle estampe ;
Or, de repas, ce soir, devront-ils se passer ?

Mais non, car on tuait les cochons des villages,
Aussi, le maire offrit aux griffons de passage
Quelques morceaux choisis de ces chers trépassés.

Cochonfucius

Remembrance du pavot

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image de l’auteur

Voir le pavot de mai, quel plaisir pour les yeux !
C’est lui qui bien souvent a fleuri ces parages ;
Aux légers papillons il donne du courage
En faisant resplendir la lumière des cieux.

Je m’attends chaque année à le voir en ces lieux ;
Mais sait-on si c’est lui, ou peut-être un mirage,
Un songe du matin, le reflet d’un ombrage,
Un clin d’oeil de Satan, une farce de Dieu ?

Le pavot, de cela, ne se tourmente guère,
Sans recours aux humains il trouve ses repères,
Très heureux d’être ici, comme un prince charmant.

Pour maître je te prends, coquelicot fragile
Ornant de ton éclat l’austère sol d’argile ;
Et dans le plein hiver, je te vois en dormant.

Cochonfucius

Instrument de mesure

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image de l’auteur

De mes pupilles agrandies,
Je le lis, mais c’est inhumain ;
Son hyperprécision brandie
Pourrait brûler mes parchemins.

Il peut compter les lendemains,
Chiffrer le prix des maladies,
Dire la longueur du chemin,
Aider la mémoire étourdie.

Celui qui le fit, il est fort ;
Mais est-il vivant ? est-il mort ?
Voyage-t-il parmi les astres ?

Cet instrument ébouriffant
Amuse les petits enfants
Mais n’annonce pas les désastres.

Cochonfucius

Lampe à huile d’inframonde

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image de l’auteur

N’allumez surtout pas cette lampe infernale,
Car c’est le lumignon des grands démolisseurs.
Elle qui fut forgée par les affaiblisseurs,
Ils en ont éclairé des horreurs peu banales.

Ici n’est point le lieu des actions triomphales ;
Ici, c’est un terrain pour les pervertisseurs
Sur qui toujours Satan sera l’enchérisseur,
C’est ainsi que le veut sa vocation fatale.

Les anges jusqu’ici n’osent jamais voler,
Car de cruels démons pourraient les immoler,
Ou bien les pervertir, ou bien des choses pires.

La lampe, cependant, n’est pas vendue bien cher,
Elle est loin de coûter une livre de chair
(Comme certains trésors de l’infernal empire).

Cochonfucius

Voici venir le temps des légendes sacrées

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Toile de Savior Chircop

Voici venir le temps des légendes sacrées
Par les feuillets froissés les héros d’autrefois s’obstinent à exister
comme les personnages de bande dessinée
Sur la couverture cartonnée
la jolie femme du charpentier sourit.
Bonheur tu n’es que de l’eau transformée en pinard
et je passe tel un illusionniste
Un grand nombre de cloportes poursuivent
un inoffensif rhinocéros traversant la savane
Il devient sous mes mains couronne de César
au vrai goût de fenouil
ô mon rêve quand je trace ces lignes !
Demain on triplera les pensions de retraite
on n’aura plus peur de recevoir le ciel sur la tête
on parlera le langage des feuilles de saule
on s’éclairera de lucioles qui diront ce poème
Mais ce jour d’octobre est ce jour d’octobre
Je sens que néanmoins cela touche au sublime
pareil aux statues martiennes
Cloportes passez-moi les cartes à jouer
Les étoiles à neutrons se contractent sans obéir
Sur un menhir maudit le sphinx trace le nom
du cruel roi Hérode
Là-bas dans une étable
Entre le boeuf et l’âne gris
Le sourire de la femme du charpentier
Fait reculer les trois rois mages
Ils vont à la cuisine où l’on a ouvert du vin blanc
et n’osent pas vider ces trois bouteilles
Dont ils respirent le doux parfum

Cochonfucius

Oiseleur novice

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image de l’auteur

D’entendre un chant, ça le met en extase
Et ça le fixe en n’importe quel lieu ;
Il apprécie tous les oiseaux des cieux
Qui du Divin semblent des hypostases.

Il aime voir un merle du Caucase,
Il croit trouver des songes dans ses yeux ;
Les passereaux, ce sont pour lui des dieux,
Il est ravi de leurs petites phrases.

Il les observe, et c’est à bon escient ;
Un oiseleur se doit d’être patient.
D’un prédateur, il n’a pourtant pas l’âme,

Tous ces chanteurs par lui sont invités
À l’honorer de leur complicité :
L’homme et l’oiseau partageant une flamme.

Cochonfucius

Chaussures du gyrovague

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image de l’auteur

J’ai suivi des chemins discrets, loin des clameurs
Des agglomérations qui de banlieues se frangent.
Mes pieds ne craignent pas de marcher dans la fange
Auprès d’un vif torrent dont j’entends la rumeur.

J’aimais les cabarets envahis de fumeurs,
Jadis, mais à présent je fuis ces lieux étranges ;
Ce n’est pas surprenant, avec l’âge, on se range,
Et puis on se repose, et pour finir, on meurt.

Les fruits de la forêt sont tendres à ma bouche,
Je deviens familier des animaux farouches
Qui ont un coeur paisible et ne font rien de vil.

Gyrovague je suis, vagabond sans entraves,
Avec le sanglier j’échange un regard grave :
Sa présence me plaît, c’est un monstre subtil.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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