Monseigneur le Chat

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image de l’auteur

Il ne s’agite point, je crois qu’il a raison ;
Jadis il s’amusait avec un fil de laine,
Il parcourait la rue, il explorait la plaine
Où paissent les brebis à la fine toison.

Mais ce fut autrefois, en sa jeune saison ;
Il ne pratique plus ces activités vaines,
Préférant cultiver sa réserve hautaine,
Dormir autant qu’il veut, régner sur ma maison.

Tant mieux pour vous, souris ! Heureuses d’être au monde,
Vous menez votre vie périlleuse et féconde
Sans craindre désormais le félin désarmé.

Au-dessus du jardin, j’entends gronder l’orage
Et les petits oiseaux ont quitté ces parages ;
Le chat fuit cet endroit qu’il avait tant aimé.

Cochonfucius

Dans les parages de l’inframonde

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image de l’auteur

Pour entrer au souterrain,
Pas de clé ni de serrure ;
Mais faut savoir l’écriture
Du grimoire souverain.

Le trident garde la porte
Sans que le tienne un gardien,
Il vous frappe pour un rien,
Ne parlez pas à voix forte.

Le chien, le lion, le cheval
Poseront des devinettes
Aux réponses pas bien nettes :
Ils tricheront, c’est normal.

Pour visiter les tréfonds
De ce jardin des supplices,
Mieux vaut être le complice
Des dragons et des griffons.

Cochonfucius

Corvusromulus et Remuscorvus

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image de l’auteur

Chacun des deux voudrait gouverner l’étendue
Qui va depuis la mer jusqu’aux vastes plateaux ;
Les voici s’affrontant, par temps froid, par temps chaud,
En des imprécations par le peuple entendues ;

Chacun des deux voudrait des armes inconnues,
Afin de l’emporter, sur la terre ou sur l’eau ;
Les peintres en feraient de merveilleux tableaux
Avec leurs gros pinceaux et leurs brosses menues.

Aucun des deux, pourtant, n’est pour l’autre un danger,
Ne sachant point combattre, ils ne font que songer
Et la paix se maintient, sans gloire, sans surprise.

Leurs courageux soldats, on les trouve au comptoir,
Qui boivent lentement dans la fraîcheur du soir,
C’est la spécialité qu’ils ont vraiment apprise.

Cochonfucius

Jacques sur un trottoir

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Photographie de Robert Doisneau

Jacques, se promenant, jette à terre un papier :
Il vous évoque alors, femme du charpentier,
Ah ! que de dévotion chez ce gentil poète,
Un jour à ses côtés, c’est comme un jour de fête.

C’est un jour de magie, sans trop qu’il n’y paraisse :
Le bitume soudain voit surgir des ogresses
Et pourquoi pas le diable ou le sphinx du désert,
Il faut s’attendre à tout, avec ce vieux Prévert.

Et puis voici quelqu’un qui ce papier ramasse ;
La rue va retrouver bientôt toute sa classe,
Jacques poursuit sa route, armé de ses désirs,
Le voilà reparti pour un jour de plaisirs.

Cochonfucius

Oiseau du Précurseur

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image de l’auteur

« Dans le désert sont les mystères »
Se disait le diable ébahi ;
Il n’est pas maître en ce pays,
Ce magicien rudimentaire.

Compagne du prophète austère,
Colombe à l’esprit dégourdi,
Ouvriras-tu le paradis
Aux habitants de cette Terre ?

Celui qui te tient sur sa main
Peut nous en montrer le chemin,
L’ermite Jean, l’homme sans haine.

Avec ton ami le corbeau,
Tu nous délivres du tombeau,
Colombe à la voix de sirène.

Cochonfucius

Marquis picrocholin

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image de l’auteur

Il se dit grand seigneur, mais je crois qu’il se vante ;
C’est juste une apparence, un air qu’il se donna.
Ce titre de marquis qu’on lui abandonna
Est d’un pauvre terroir que le mistral évente.

Son coeur est timoré, son âme est peu savante ;
Son précepteur, dit-on, souvent le sermonna
Et d’un grand bonnet d’âne aussi le couronna,
Son attention toujours est un peu dérivante.

Ses vêtements non plus ne sont pas d’un grand prix,
De nombreux chroniqueurs ont sur la chose écrit
Qui connurent cet homme et qui nous informèrent.

Il est très éloigné de la faveur du roi,
Mais il en tire orgueil, grand seigneur qu’il se croit,
En dépit des leçons de son aimable mère.

Cochonfucius

Pichets de gueules

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image de l’auteur

Douze joyeux buveurs attablés dans la salle,
Savourant des boissons qui semblent à leur goût,
Admirant la serveuse et ses longs cheveux roux,
La douce tavernière, admirable vestale.

Les pichets semblent dire «Allons, buvons un coup,
Mais n’allons pas jusqu’à l’ivresse générale.»
Les beaux tire-bouchons présentent leur spirale,
L’après-midi s’avance et le vin se fait doux.

Des poèmes sans suite ont traversé nos lèvres,
Composés sans clameur, sans recherche et sans fièvre,
Ils demandent de l’encre, et non de la sueur.

Les pichets rafraîchis se vident en cadence,
Le soleil vespéral n’est plus qu’une lueur,
La fumée du tabac se fait un peu plus dense.

Cochonfucius

Ni dieu ni muse

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Peinture anonyme

Je vais dans la forêt pour choisir un mentor.
Aucun mentor n’est là. Tous sont à la taverne.
Leurs voix n’animent plus cette forêt arverne,
Mais celle des oiseaux, qui ont rarement tort.

L’oiseau a-t-il un maître en prenant son essor ?
Je sais qu’il n’en a point. Seul, le ciel le gouverne.
Le phoque est-il perdu quand le vieil ours hiverne ?
L’absence du grand ours ne le rend pas moins fort.

Je rencontre une errante au hasard des chemins…
Or, je n’ai nul trésor à placer dans sa main,
Rien de ce qui plairait à cette pastourelle.

Mais la rencontre, en moi, produit un changement.
Cette luronne, ainsi, devient, étrangement,
Ma muse… et je lui souhaite autant de bien pour elle.

Cochonfucius

Quatrains du grand Saint Rémi

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Image d’Herald Dick

Il a fait un roi, le grand Saint Rémi,
Du guerrier Clovis, du seigneur barbare ;
Les péchés du roi sont à Dieu remis,
Aux pages du livre, un ange les barre.

Il fut baptisé, le grand roi Clovis,
Aux acclamations d’une foule immense ;
Ainsi que, plus tard, le seront son fils,
Le fils de son fils et les rois de France.

Le grand Saint Rémi boit le sombre vin,
Sang du charpentier qui bénit le monde ;
Je le vois trinquer avec Saint Martin
Grâce à qui l’automne en trésors abonde.

Cochonfucius

Mouche ermite

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image de l’auteur

Que de sagesse elle eut, la mouche solitaire !
Je la vois immobile et priant saintement
Par céleste vertu, car le Ciel justement
En a, dit-on, pourvu cette âme débonnaire.

Nul arôme gourmand ne la viendra distraire,
Sa timide oraison lui prend un long moment ;
Je ne vais pourtant pas vous en faire un roman,
Je sais d’autres sujets qui pourraient mieux vous plaire.

Je sais aussi parler de châteaux, de vaisseaux,
Du zèbre galopant, des poissons du ruisseau,
De Roncevaux où tant de preux se rassemblèrent…

Mais je veux te chanter, mouche sans cruauté
Qui du vaste Univers exaltes la beauté,
Et le pouvoir des dieux qui tes désirs comblèrent.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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