Moine-cerf

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J’écoute ce prêcheur au prodigieux visage,
De tout ce qu’il exprime, on ferait un roman
De trois cents, de cinq cents, même de mille pages ;
Il foisonne de mots, je ne sais pas comment.

Sa ramure imposante indique son grand âge ;
Depuis toujours, j’ai vu ce moine triomphant
Venir nous abreuver de sa parole sage,
Instruisant à la fois le vieillard et l’enfant.

Or, tous les villageois en oublient leur misère,
Ils comprennent enfin qu’il ne faut pas s’en faire,
Ni se décourager pour un oui, pour un non.

Si ce barde écrivait, nous aimerions le lire,
Conserver dans nos murs l’empreinte de sa lyre,
Les mots mirobolants qui firent son renom.

Cochonfucius

le coeur d’artichaut

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Toile de Max Ernst

Adeline est charmante et Béatrice est belle,
Caroline m’adore, ainsi que Djamila,
S’il n’y avait dans mon coeur que ces quatre noms-là…
Mais on y trouve encore Estelle, Flor, Gaëlle,

Hélène, Isa, Justine, Odile et Raphaëlle,
Une douzaine en tout. C’est bien trop, mais voilà,
Mon coeur sans hésiter chaque fois s’emballa,
Ignorant (honte à moi) le sens du mot “fidèle”.

En plus je suis distrait, je confonds leurs prénoms,
Au moment du plaisir, ne sais si oui ou non
J’ai dit celui qu’il faut en prononçant « je t’aime ».

J’ai envie de leur faire à toutes mes adieux
Et de vivre tout seul des instants délicieux.
(On n’est jamais si bien aimé que par soi-même).

Cochonfucius

L’oie travaille

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Sa besogne en hiver est de briser la glace,
Or, c’est ce qu’elle fait d’un puissant mouvement,
Et sa soeur migratrice, en son éloignement,
A reçu pour mission de traverser l’espace.

Aucune des deux oies de son métier n’est lasse,
Qui de toute existence est le vrai fondement ;
Aucune ne voudrait vivre des changements :
Chaque chose en son temps, chaque chose à sa place.

Leur règle me rassure et ne me surprend point,
J’aime qu’un élément se situe en un point
Où l’investigateur le trouve avec constance.

Mais sur cette leçon, pourquoi nous attarder ?
Si vous n’y croyez pas, vous pouvez regarder
Combien d’inconvénients produit l’inconsistance.

Cochonfucius

Sagesse du bouquetin

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Je vais sur les sommets, ça ne me coûte guère.
La montagne me plaît, j’aime chaque saison,
Tu ne me verras pas construire une maison
Ni récolter du blé parmi les basses terres.

Je vois des edelweiss et non des fleurs de serre ;
Le décor est plus beau, c’est sans comparaison,
La montagne est un lieu de sagesse et raison
Dont je suis le seigneur, bouquetin solitaire.

Si tu es courageux, tu peux la fréquenter ;
Tu verras des trésors qu’on ne peut inventer,
De lumineux cristaux que ne connaît point l’homme.

Attention au dragon, gardien de ces trésors,
Vaillant cerbère auquel je ne donne pas tort,
Je trouve sa posture écologique, en somme.

Cochonfucius

Baudelaire voit une sépulture

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Œuvre de James Gleeson

Baudelaire, es-tu un filou ?
(Ou peut-être, un vieillard lubrique).

–Non, je suis rimeur famélique.

–Aimes-tu donc le cri des loups
Glaçant les âmes condamnées
Pour les innombrables années ?

–J’ai du chagrin pour les petits
Cadavres cousus dans la toile,
Et mon coeur est appesanti
De nostalgie, sous les étoiles.

–Auprès de nous, tu es vanté
Pour tes sonnets pleins de décombres.

–Tu me dis ça par charité,
Ma douleur n’en est pas moins sombre.

Cochonfucius

Baudelaire voit des encensoirs

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Toile de Nadine Nicaise

L’amour est une fleur dont la vie est la tige,
Nos poèmes ne sont que vapeurs d’encensoirs ;
La fin est assombrie par la venue du soir,
Puis survient, dans la nuit, un semblant de vertige.

Nos poèmes ne sont que vapeurs d’encensoirs ;
Au plus profond des bois le son du cor s’afflige,
Puis survient, dans la nuit, un semblant de vertige,
Pour l’âme solitaire éternel reposoir

Au plus profond des bois le son du cor s’afflige,
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Pour l’âme solitaire éternel reposoir ;
Le café refroidi au fond du bol se fige.

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
De ce soir envoûtant je n’ai pas de vestige.
Le café refroidi au fond du bol se fige,
Le fils du charpentier dort dans son ostensoir

Cochonfucius

Chantecler du bout de l’an

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C’est un an qui s’ajoute, un an qui se soustrait.
Maître Coq bat de l’aile et jamais ne s’envole ;
Les poules sont à lui, les sages et les folles,
Qu’il instruit sans tomber dans un discours abstrait.

Or, j’aime, au long du jour, écouter ses paroles,
Car tantôt ça m’instruit, tantôt ça me distrait ;
D’une poule ou de l’autre il brosse le portrait,
Ou nous fait découvrir le pouvoir des symboles.

Comme des oisillons au sortir de leur nid,
Les poussins, ses enfants, découvrent l’infini ;
Heureux gallinacés, il faut tenter de vivre !

Et j’admire ce coq, qui pour son devoir vit,
Qui chante le matin (nous en sommes ravis,
Puisque sa belle voix résonne comme un cuivre).

Cochonfucius

Louise voit une flûte

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Toile de Qiang Huang

Flûte de lune et de marraine,
Taureau de fer, fer et taureau,
Brume qui semble de la laine,
Rives de la Seine,
Moineaux.

Flûte aux humeurs trop passagères,
Secret que disent les roseaux,
Chansons qui parcourent la Terre,
Trame cellulaire,
Réseaux.

Flûte à la simple mise en scène,
Chanson que fredonne au boudoir,
Le page amoureux de la reine,
Trois paroles vaines,
Le soir.

Flûte aux mélodies chromatiques
Avec des saveurs de sorbet,
Flûte aux nostalgies folkloriques,
Beauté stylistique,
Sonnet.

Flûte alternant la nonchalance
Avec une extrême rigueur,
Flûte à la savante ordonnance,
Plateau de balance,
Danseur.

Cochonfucius

Anthropocène

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La Lune voit l’humain progressant d’un bon pas,
Au hasard de la paix, au hasard de la guerre ;
Il invente la roue, ce primate vulgaire,
Il connaît le cosmos, il ne le comprend pas.

Il trinque avec la Lune aux heures des repas ;
Quand il a fait son temps, il dort avec la Terre ;
Il respecte la loi civile ou militaire,
Il écrit de beaux vers à propos du trépas.

La Lune monte au ciel quand la nuit d’hiver tombe,
Baignant de ses rayons les logis et les tombes
Ainsi que la clairière où dansent les corbeaux.

La Lune marche au ciel, l’homme fourbit ses armes ;
Chacun de ces deux-là trouve à l’autre du charme,
Nous les voyons prier au-dessus des tombeaux.

Cochonfucius

Changement d’année

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Peinture chinoise

L’année qui va venir m’apparut, onirique,
Sous la forme alanguie d’une fée de minuit.
Moi, je me cramponnais à celle qui s’enfuit,
Sachant la chose vaine, et pas du tout pratique.

J’entends dès aujourd’hui l’horloge fatidique
Engloutir les instants comme au fond d’un grand puits.
Encore un soir qui tombe et un matin qui luit,
Et nous devrons franchir ce portail symbolique.

An deux mille dix-neuf, apportes-tu la joie ?
Tout au moins le foie gras d’une plantureuse oie,
Que peut accompagner un brave Entre Deux Mers.

Je ne sais que penser de l’an qui va s’éteindre,
Ni de quelles couleurs il convient de le peindre :
D’un ton qui serait gris, mais pourtant pas amer ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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