Un lutin dans mon domaine

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Toile d’Anne Stokes

Il est vêtu d’anciens feuillages
Et vit dans un creux de rocher :
Son père est Pan, vieux Dieu sauvage,
Sa mère un être au nom caché.

La vie ne lui est point pesante,
Son rire n’a pas de lourdeur ;
Il ne connaît pas l’épouvante,
Ni ne le trompe aucun trompeur.

Pendant que ma tisane infuse,
Je le cherche dans le décor ;
Mais il a beaucoup trop de ruse,
Même encore plus quand il dort.

Cochonfucius

Pie d’azur

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image de l’auteur

La pie d’azur est du monde maîtresse,
Du noble four ainsi que du moulin ;
Et de trésors son nid toujours est plein
Elle qu’on prie ainsi qu’une déesse.

— Barde rêveur, qui sa louange tresses,
Sais-tu que c’est un oiseau du Malin ?
Elle connaît les secrets de Merlin,
Elle survit si ta flèche la blesse.

— Bon ou mauvais, cet oiseau du matin
Peut ranimer un vieux soleil éteint,
Ne me dis pas que cela t’indispose.

Elle qu’on voit triompher au combat
Après lequel son grand corps se repose,
Est-il plus beau volatile ici-bas ?

Cochonfucius

Chêne impérial

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image de l’auteur

L’invisible démon sur le chêne est perché ;
Il a dans sa musette une âme qu’il emporte
(Âme, en ce grand malheur, nul ne te réconforte)
Et qu’il prit au matin, dit-il, dans l’évêché.

Branche, sous un tel poids, tu ne peux que pencher
Et rudement fléchir, bien que tu sois très forte ;
S’il avait atterri sur une branche morte,
Sa lourdeur aurait pu du tronc la détacher.

Des lutins malfaisants vivent sous les racines
Qui sur de grands carnets de noirs signes dessinent
Et que dans l’inframonde on entend conspirer ;

Or, le diable est pensif, il se repose encore,
Sur cet arbre magique il attendra l’aurore
Pour saisir sa victime et pour la déchirer.

Cochonfucius

Astre hexaplanétaire

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image de l’auteur

L’étoile a pour vassaux six planètes fugaces
Que l’on voit graviter dans le ciel obscurci,
Elles dont fréquemment l’atmosphère noircit ;
Et leurs trajets toujours suivent le temps qui passe.

Une comète au loin semble partir en chasse,
Mais nous, sages, savons qu’il n’en est pas ainsi :
Il ne rejoindra rien, ce bolide indécis,
Esclave du chemin que suit son corps de glace.

Or, le système entier s’en va vers le néant,
Les six planètes soeurs et leur astre géant :
Cela est programmé, que veux-tu qu’il advienne ?

Ah, mais pour le moment, est-il plus beau soleil
Que l’étoile bénie qui nous tient en éveil,
Qu’un poète parfois voudrait avoir pour sienne !

Cochonfucius

Joli taureau de gueules

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Ton corps ne donne pas d’ombre triste au tableau,
Ton âme est sans défaut, ton coeur n’est pas de glace ;
Une vraie joie de vivre emplit ta rouge face,
Joli Seigneur Taureau, c’est bien toi le plus beau.

Tu te sers de ta queue ainsi que d’un pinceau,
Les vieux signes chinois tu écris avec grâce ;
Hiéroglyphes sacrés, que nul trait ne remplace,
Ni ce que nous propose un alphabet nouveau.

Or, ton nom fut jadis tracé par la déesse
Dont les ardents désirs nullement ne te blessent,
Qui de ton noble chef voudrait faire une lyre.

Je recopie ce nom, ainsi le voilà peint
Sur le mur du clapier où j’élève un lapin,
Un modeste animal qui ne peut pas le lire.

Cochonfucius

 

Dragons des points cardinaux

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Ces quatre dragons-là font un commerce louche,
Nul ne voit clairement quels sont leurs intérêts ;
Car ceux qui ont voulu savoir ce qu’il en est
Furent intimidés par ces êtres farouches.

Un invisible feu sort de leur vaste bouche,
Qui nous peut aveugler, paraît-il, quand il naît ;
Détenteurs de cette arme, ils font ce qui leur plaît,
N’en déplaise aux prêcheurs et aux saintes-nitouches.

Sur ces différents points, je ne les juge pas ;
Ils ne feront jamais d’un barde leur repas,
Nobles monstres qu’ils sont, ils savent se conduire.

Ce n’est pas leur propos de devenir des saints,
Mais qui donc le voudrait, dans ce monde malsain ?
On peut se contenter, d’abord, de ne pas nuire.

Cochonfucius

Fleurs d’un monde invraisemblable

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Notre monde est-il étrange ?
Notre herbage, il est mouillé,
Nos chemins sont de la fange,
Nos ruisseaux sont bien souillés.

Les corps en terre se changent,
De leur âme dépouillés ;
Car il n’en sort pas des anges,
Ni des saints agenouillés.

Vraiment, ce monde ressemble
Aux dortoirs où se rassemblent
Des oiseaux pleins d’amitié ;

Pourvu que leur nuit soit calme,
Ils s’aimeront sous les palmes ;
La Nature en a pitié.

Cochonfucius

Cadeaux des trois rois mages

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— Mon seigneur Balthazar, vous, le monarque sage,
Qu’apportez-vous ici, qu’apportent les rois mages?
— J’apporte un petit chat dont le regard est d’or,
Il n’éveillera point le charpentier qui dort.

— Ô Gaspard, ô grand roi, quelle est donc votre offrande?
— J’apporte une gidouille, elle n’est pas bien grande,
Mais mûre, elle délivre un arôme puissant,
C’est ce parfum divin qu’on appelle l’encens.

— Sire Melchior, quel est ici votre cadeau ?
— Si je viens en ces lieux, ce n’est pas en badaud,
Mais pour offrir la flamme où le trépas se mire :
L’ange qui la produit me dit que c’est la myrrhe.

Cochonfucius

Montagne est inframonde

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image de l’auteur

Montagne, on dit que tu es dangereuse,
Qu’au charpentier, tu as tourné le dos ;
Mais je l’ai vu qui allait en rando,
Marchant vers toi par une voie ombreuse.

Ceux qui te font visites peu nombreuses
Sont satisfaits de tes petits cours d’eau ;
Ils sont sportifs, et non simples badauds,
Tu les connais, montagne chaleureuse.

Quelques errants, du monde abandonnés,
Comme inframonde ont pu te condamner ;
Or, toi, sans être un enfer ordinaire,

Tu fus nommée un lieu de triste sort,
Où brusquement la vie peut se défaire ;
Mais par ailleurs, est-il plus belle mort ?

Cochonfucius

Fruits d’antan

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image de l’auteur

C’est un peu grâce aux fruits que la nature est belle
Et savoureuse aussi, car ils sont odorants;
Ils plaisaient au vieillard quand il était enfant,
Qui à de tels plaisirs est volontiers fidèle.

Au profond du verger, deux oiseaux se querellent,
Mais le litige entre eux ne doit pas être grand,
Car on les voit bientôt, ces beaux fruits savourant,
Animer cet endroit, tels des oiseaux modèles.

Plutôt modestes sont les dieux de ce terroir,
Peut-être même atteints d’un certain nonchaloir ;
La flore pour cela leur est obéissante.

Au début de l’hiver, quand le vent souffle fort,
Nous aimons la chanson des ramures géantes ;
Aussi, les craquements de quelques arbres morts.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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