Nef sans destination

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image de l’auteur

Je suis la nef sans but qui vainement serpente ;
Que l’océan soit calme, ou qu’il soit agité,
Que le ciel soit obscur ou rempli de clarté,
Me conduit au hasard ma gouvernance absente.

Je ne suis pas de ceux qui du trouble ressentent
Ou qui d’un juste cap craignent de s’écarter,
Je ne me souviens plus des lieux que j’ai quittés ;
Un beau rayon de lune, et mon âme est contente.

Au coeur des vastes flots, nul ne m’a secouru
Et j’ai, seul et sans voix, ce chemin parcouru
Qui après l’horizon, sans doute, se termine.

Je ne suis qu’un vaisseau, je supporte l’ennui
En traçant calmement la route d’aujourd’hui :
Je ne suis qu’un errant qui lentement chemine.

Cochonfucius

 

Cheval de gueules

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image de l’auteur

De gueules, ce cheval vit en terre inconnue ;
Il est assez ardu d’en faire le portrait,
Car cette bête-là, qu’on dirait ingénue,
Souvent cache son corps dans des endroits secrets.

Lorsqu’un dragon volant surgit du fond des nues,
Il porte un cavalier qui le perce d’un trait ;
Et le monstre subit une déconvenue,
Qui à son triste sort jamais ne se soustrait.

Cheval, tu vas, au gré de ta course légère,
Combien vis-tu mourir de dragons éphémères
Qui n’accomplirent point leurs funestes désirs ?

Dans la lueur du soir, je crois parfois entendre
Des redoutables arcs la corde se détendre,
Et la flèche voler dans le bruit d’un soupir.

Cochonfucius

Arbres des jardins

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Image de l’auteur

Je vous ai traversés, jardins inégalés,
Des feuilles j’entendais les muettes paroles ;
Assez simple est leur style, elles n’ont pas d’école,
On ne les voit jamais leur culture étaler,

Ni dans les Facultés en thèse s’enrôler.
Ni, pour passer le temps, forger d’obscurs symboles.
Ces feuilles sans lourdeur qui dans le vent s’envolent
Sentent venir l’hiver, sans pourtant s’affoler.

Dans ces jardins, j’appris mille charmantes choses
En observant les fleurs qui s’y trouvent encloses,
Y compris la pensée, y compris le souci.

Cet endroit qu’en hiver le vent trouble et dérange,
Mon esprit l’aime tel que les saisons le changent,
Mesurant le bonheur que j’ai de vivre ici.

Cochonfucius

Fantôme d’un écureuil

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Un écureuil jadis dansait parmi les fleurs ;
De le revoir ici ton espérance est vaine,
Il a quitté ce lieu de plaisir et de peine,
De veille et de sommeil, d’amour et de douleur.

Or, tu peux, toi aussi, échapper au malheur,
À tout ce qui t’abîme, à tout ce qui te gêne ;
Les morts dans leurs cercueils ne portent pas de chaînes
Et de leurs descendants n’entendent pas les pleurs.

Si tu crois qu’un défunt en un spectre se change,
Je ne te suivrai point : ce phénomène étrange,
Quel que soit son statut, n’est pas de mon ressort.

Le fantôme, pourtant, cette ombre vagabonde,
Se plaît à visiter les jardins de ce monde,
Qui, dans sa distraction, ne sait pas qu’il est mort.

Cochonfucius

 

Les fous

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Gravure Bruegel l’Ancien

Le fou jaune me parle, et veut que je lui dise
Comment valoriser ses quelques inventions.
Je lui dis de passer par leur divulgation,
Mais il semble douter d’une telle analyse.

Le fou mauve survient et veut que je précise
Comment éliminer fantasmes et pulsions.
Je lui dis de surtout relâcher la pression,
Puisque « Tout va très bien, Madame la Marquise ».

Au fou orange, un mot sur son métabolisme,
Au fou rose un avis concernant les sophismes,
Frappés, dans les deux cas, de la note « Zéro ».

Concernant le fou rouge, il a un vrai problème,
Alors, je lui dédie ce modeste poème ;
Peut­-être vais-­je aussi lui offrir l’apéro.

Cochonfucius

L’inventeur de la roue

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image de  l’auteur

Aux très anciens temps de l’histoire,
N’en soyez pas effarouchés,
Nous laissions les monstres toucher
Aux objets de nos territoires.

Ces artisans aléatoires,
Nous ne pouvions les empêcher
De bricoler et de tricher
Pour une improbable victoire.

Parmi eux, le griffon joyeux,
Lissant son plumage soyeux,
Au coeur de l’atelier s’ébroue ;

Il prit quelques outils épars
Et par l’effet de son grand art
Il fut l’inventeur de la roue.

Cochonfucius

Les cavaliers

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Toile de Gyuri Lohmuller

C’est un cavalier jaune, il veut que je lui dise
Ce qu’est une émotion. Je lui dis : « La notion
N’est pas bien définie, oublie donc ta question,
Elle conduirait à de vaines analyses. »

C’est un cavalier mauve, il veut que je précise
Ma dernière allusion. Je lui dis : « La pulsion
Qui produit ta demande est le fruit d’illusions.
Répondre, de ma part, serait une sottise ».

Au cavalier orange un mot de balistique,
Puis au cavalier rose un cours de linguistique,
Sur le même refrain, la réponse est « Zéro ».

Pour le cavalier rouge, aimant les théorèmes,
Je compose aujourd’hui ce modeste poème ;
Jamais je n’eus de don pour les cours magistraux.

Cochonfucius

1969-2013

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Photo Nasa

Astronautes, jadis, ayant quitté la Terre
Pour aller sur la Lune où le sol paraît blanc,
Auriez-vous découvert là-bas une Cythère,
Un paysage empli de trésors rutilants ?

Fûtes-vous tentés d’être, en ces lieux, sédentaires
Dans la nuit prolongée et le jour un peu lent,
De peupler ce bel astre au séduisant mystère
D’où l’on voit notre monde avec un coeur tremblant ?

Où, si l’on n’y prend garde, assez vite, on étouffe,
Où l’on ne choisit point ce qu’on boit, ce qu’on bouffe,
Où le moindre cratère est un endroit hanté ;

Point ne sont devenus de lunaires ermites,
Mais ils salent parfois la soupe en leur marmite
D’un peu de sel très fin qu’ils en ont rapporté.

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Cochonfucius

La planète ignorée

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Toile de Gauguin

Derrière le soleil se cache une planète
Qui, par rapport à nous, tourne en opposition.
Elle abrite un état de civilisation
Marqué par la douceur et le sens de la fête.

Comparés à ceux-­là, nous sommes un peu bêtes.
Ils rient facilement, à notre évocation ;
S’ils débarquent chez nous pour une exploration,
C’est surtout l’occasion de se payer nos têtes.

Quand ils rentrent chez eux, leur fusée fait escale
Sur Vénus, une étape humide et tropicale ;
Des reptiles géants peuplent ce monde vert.

Une fois qu’ils ont fait le tour de nos problèmes,
Ces voisins ont choisi de laisser à eux­-mêmes
Les malheureux Terriens, honte de l’Univers.

Cochonfucius

Arbre d’inframonde

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image de l’auteur

C’est l’arbre d’inframonde, et sa ramure est belle,
Mais il ne voit jamais la lumière du jour ;
C’est un arbre sans fruit, sans fleur et sans amour
Qui de notre univers n’a jamais de nouvelles.

Un froid seigneur lui dit, de sa voix paternelle,
Que l’inframonde aura de la gloire, à son tour,
Que le serpent d’antan lui portera secours
Et le dieu du trou noir que le cosmos congèle.

Le seigneur a promis des fleurs et des troupeaux,
Un roi plein de douceur, une mignonne reine,
Il rehausse à plaisir les couleurs du tableau.

Or, ce n’est que mensonge, et l’arbre est dans la peine :
Pour lui ne coulera le sang d’aucun agneau,
Nulle vierge, non plus, ne sera sa marraine.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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