Juxtaposition onirique (de) Quatorze blasons

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Composition de l’auteur

Un ruisseau suit son cours en un matin de brume,
Les licornes d’azur font partir le tourment ;
L’ours avec la sirène échange tendrement,
Un ange se tient droit sur l’océan d’écume.

Un pluvian ne dit pas l’effroi qui le consume,
Un disque d’or produit son fier rayonnement ;
Un mur de briques vient séparer les amants,
Les buveurs attablés s’emplissent d’amertume.

Ce monde, un échiquier dont mainte pièce fuit,
Visité du corbeau une heure avant la nuit,
Quand prie le vieil ermite aux paupières mi-closes.

Pianiste, joue-nous donc un de nos airs d’enfants,
Donne un peu de douceur à ce monde étouffant :
Ne laisse point les boeufs manger toutes les roses.

Cochonfucius

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Composition de l’auteur

D’argent à un fouillis de végétaux de sable ;
D’or à deux régiments de licornes d’azur ;
De sinople à deux trolls assis au pied d’un mur ;
D’hermine à un archange à peu près vénérable.

D’azur à un pluvian au chant inimitable ;
De sable à un manchot roulant pour Balladur ;
De brique à deux savants dont l’un s’appelle Arthur ;
De plomb à deux seigneurs jouant cartes sur table.

De laine à un sonnet de facture incertaine ;
De neige à cent corbeaux qui parcourent la plaine ;
De cuivre à trois chercheurs qui traquent les bosons.

D’ivoire à un tercet qui scrute l’héraldique ;
De marbre à un seul vers dodécasyllabique ;
De papier, à un fou qui apprend le blason.

Cochonfucius

Oiseaux d’inframonde

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Image du blog Herald Dick Magazine

Ici, point de chaleur, ni d’extrême froidure ;
Pas un herbage au sol, pas un nuage aux cieux,
Nul arbre, nulle fleur ne se montre à nos yeux,
L’inframonde n’est pas un havre de verdure.

Des oiseaux, cependant, dans l’atmosphère obscure,
Animent de leur vol les ombres de ces lieux ;
Et moi, j’aime leur chant qui jamais, jusqu’à Dieu,
Ne peut faire monter ses quelques notes pures.

Souvent leurs douces voix s’élèvent tour à tour,
Pour parler de labeur et pour parler d’amour,
Plus douces que le son de deux flûtes jumelles ;

Ils sont les troubadours de ce sombre château,
Si je l’ose, j’irai leur demander, bientôt,
De bien vouloir m’apprendre une chanson nouvelle.

Cochonfucius

Cerf-girafe

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image de l’auteur

Sa mère fut girafe, on a lieu de le croire,
Ce dont le cervidé ne tire aucun orgueil,
Car cela ne lui fait gagner nulle victoire,
Sinon d’avoir besoin d’un plus vaste cercueil.

Être giraffidé, ce n’est pas une gloire
Et pour ses deux parents il mena même deuil,
De girafe et de cerf la commune mémoire
En son hybride esprit subsiste sans écueils.

Mais cet état de fait n’aurait-il aucun charme ?
Voit-on le cerf-girafe essuyer une larme ?
Non, il aime son sort, sa mère y a veillé.

Il contemple, au couchant, le ciel couleur de flamme,
Sachant que l’univers n’est nullement infâme
Et qu’à de beaux sonnets l’on y peut travailler.

Cochonfucius

Hackeurs de bidonville

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Toile de Hans Gude

Nos voix font un écho dans la vallée des morts,
Plus qu’un rouge canyon, muraille polychrome.
Hackeurs de bidonville et hackeurs du royaume,
On survient, on repart, on entre et puis on sort.

Si tu crois qu’on s’amuse ici, tu as bien tort.
On explore, on apprend, on visite, on se paume,
On écrit des sonnets ou bien des antipsaumes.
Le citoyen lambda est content de son sort,

Nous on voudrait stopper le temps qui nous balafre,
Ce n’est pas de l’ennui, tu vois, ce sont les affres
De la réalité, de ses interjections,

Du sens surabondant qui induit la frayeur,
De ces lendemains qui jamais ne sont meilleurs,
Du virtuel trop réel avec ses projections.

Cochonfucius

Petit temple

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Composition de l’auteur

— Notre temple est instable ; on dirait qu’il s’apprête
À dévaler la route, ainsi, tout d’une traite ;
Nul fidèle en un jour ne s’en est approché,
Ils s’en tiennent fort loin, tant leur angoisse est lourde,
Et j’éprouve, moi-même, une inquiétude sourde.
Nous aurions dû l’ancrer, plutôt, sur un rocher.

— N’avons-nous point béni la brasseuse de miel
Le poisson de la mare et les astres du ciel ?
Ils nous protègeront dans ce temps difficile ;
Jamais ces protecteurs ne nous donneront tort,
Car nous n’avons rien fait qui mérite la mort.

— Sauf de bâtir maison sur un grand crocodile.

Cochonfucius

Chambre du fils du charpentier

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Toile de Giovanni Salvi

Fils du charpentier, dans les bras
De ta mère dont le coeur bat,
Assumant l’humaine faiblesse,
Tu t’endors avec allégresse.

Tu n’es pas fils d’un potentat,
Modeste sera ton état,
Mais de ta mère la noblesse
Vaut bien celle d’une princesse.

Ton esprit ne s’afflige pas,
Tu fais bientôt tes premiers pas
Et tu grandis pour la sagesse
Que tu as prise pour maîtresse.

Charpentier, quand tu grandiras,
Vers le supplice tu iras,
Te souvenant de ta jeunesse
Au pouvoir d’une enchanteresse.

Cochonfucius

Zoom and Unzoom

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image de l’auteur

C’est le changeur d’échelle, il est assez retors.
Il agrandit souvent les images dorées
Qui dans les lieux sacrés sont par nous honorées,
Tant les dilate-t-il qu’on n’en voit plus les bords.

Or, de mainte vignette, il exhume un trésor
Dont se trouve aussitôt la foule enamourée ;
D’autres fois, les beautés richement figurées
Dans le moindre détail nous dévoilent leur corps.

Il divertit les rois, il instruit les ascètes ;
Plus d’un marquis pour lui puise dans sa cassette,
Même, comme ministre on l’a voulu nommer.

Mais il s’amuse avec les reflets dans la glace
Dont, à sa volonté, les contours se déplacent ;
Pour faire un tel métier, sans doute, il faut l’aimer.

Cochonfucius

Sagesse du cochon

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Collage de l’auteur

Antoine élève un cochon
De compagnie : c’est son pote.
Et c’est un penseur profond,
Même s’il n’a point de bottes.

Il garde un silence épais,
Ne s’abusant point aux mythes ;
C’est ainsi qu’il vit en paix,
Connaisseur de ses limites.

Il n’est jamais pris de court
Par l’arrogance des Maîtres :
Il se rit de leurs discours,
Car il peut se le permettre.

Une mouette d’Orient
Lui rend visite, à l’aurore ;
Avec elle, il va riant
Par les chemins qui se dorent.

Il ne craint point son destin,
Se doutant que c’est un rêve ;
Il s’attable en un festin,
Se foutant qu’ensuite, on crève.

Antoine sourit, pensant
Qu’elle a raison, la Nature,
De faire un cochon dansant,
Exempt de cléricature.

Cochonfucius

Saint Bardamu

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image de l’auteur

Bardamu fut ascète, en tant qu’adolescent ;
Il avait pour amis les gens du monastère
Et plus que chacun d’eux il se montrait austère,
Ce que ces frères-là trouvaient intéressant.

Il n’a jamais choisi un protecteur puissant,
Il est toujours resté un ami de la Terre ;
Personne, de son fait, ne fut mis en galère,
Et je vois bien des gens qui le vont bénissant.

Jamais son bel esprit n’entretint de grands doutes,
Libre fut son allure et droite fut sa route ;
Du diable, il n’a jamais signé le parchemin.

Bardamu, je le crois, méritait ce poème,
Car c’est un personnage, un saint comme on les aime
Et dont on est heureux de croiser le chemin.

Cochonfucius

 

Sainte Bécassine

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image de l’auteur

C’est la chanson de Sainte Bécassine.
Tous ses amants fredonnent ce doux chant
Sur le chemin où je les vois marchant,
Qui vers le soir vont boire une chopine.

Bécassine est plus douce qu’une ondine,
Je suis séduit par son regard touchant ;
Et le soleil lui dit, en se couchant,
Qu’il l’aime autant que Dame Lune Fine.

Nous admirons le village où tu vis,
Qui au terroir ne sera point ravi,
Ni le clocher, ni la place où l’on danse.

Or, tout un jour, Bécassine a dansé,
Ce dont les saints ne furent offensés
Auxquels, toujours, notre Armorique pense.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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