Montagne est inframonde

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Montagne, on dit que tu es dangereuse,
Qu’au charpentier, tu as tourné le dos ;
Mais je l’ai vu qui allait en rando,
Marchant vers toi par une voie ombreuse.

Ceux qui te font visites peu nombreuses
Sont satisfaits de tes petits cours d’eau ;
Ils sont sportifs, et non simples badauds,
Tu les connais, montagne chaleureuse.

Quelques errants, du monde abandonnés,
Comme inframonde ont pu te condamner ;
Or, toi, sans être un enfer ordinaire,

Tu fus nommée un lieu de triste sort,
Où brusquement la vie peut se défaire ;
Mais par ailleurs, est-il plus belle mort ?

Cochonfucius

Fruits d’antan

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C’est un peu grâce aux fruits que la nature est belle
Et savoureuse aussi, car ils sont odorants;
Ils plaisaient au vieillard quand il était enfant,
Qui à de tels plaisirs est volontiers fidèle.

Au profond du verger, deux oiseaux se querellent,
Mais le litige entre eux ne doit pas être grand,
Car on les voit bientôt, ces beaux fruits savourant,
Animer cet endroit, tels des oiseaux modèles.

Plutôt modestes sont les dieux de ce terroir,
Peut-être même atteints d’un certain nonchaloir ;
La flore pour cela leur est obéissante.

Au début de l’hiver, quand le vent souffle fort,
Nous aimons la chanson des ramures géantes ;
Aussi, les craquements de quelques arbres morts.

Cochonfucius

 

Nef sans destination

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Je suis la nef sans but qui vainement serpente ;
Que l’océan soit calme, ou qu’il soit agité,
Que le ciel soit obscur ou rempli de clarté,
Me conduit au hasard ma gouvernance absente.

Je ne suis pas de ceux qui du trouble ressentent
Ou qui d’un juste cap craignent de s’écarter,
Je ne me souviens plus des lieux que j’ai quittés ;
Un beau rayon de lune, et mon âme est contente.

Au coeur des vastes flots, nul ne m’a secouru
Et j’ai, seul et sans voix, ce chemin parcouru
Qui après l’horizon, sans doute, se termine.

Je ne suis qu’un vaisseau, je supporte l’ennui
En traçant calmement la route d’aujourd’hui :
Je ne suis qu’un errant qui lentement chemine.

Cochonfucius

 

Cheval de gueules

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De gueules, ce cheval vit en terre inconnue ;
Il est assez ardu d’en faire le portrait,
Car cette bête-là, qu’on dirait ingénue,
Souvent cache son corps dans des endroits secrets.

Lorsqu’un dragon volant surgit du fond des nues,
Il porte un cavalier qui le perce d’un trait ;
Et le monstre subit une déconvenue,
Qui à son triste sort jamais ne se soustrait.

Cheval, tu vas, au gré de ta course légère,
Combien vis-tu mourir de dragons éphémères
Qui n’accomplirent point leurs funestes désirs ?

Dans la lueur du soir, je crois parfois entendre
Des redoutables arcs la corde se détendre,
Et la flèche voler dans le bruit d’un soupir.

Cochonfucius

Arbres des jardins

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Je vous ai traversés, jardins inégalés,
Des feuilles j’entendais les muettes paroles ;
Assez simple est leur style, elles n’ont pas d’école,
On ne les voit jamais leur culture étaler,

Ni dans les Facultés en thèse s’enrôler.
Ni, pour passer le temps, forger d’obscurs symboles.
Ces feuilles sans lourdeur qui dans le vent s’envolent
Sentent venir l’hiver, sans pourtant s’affoler.

Dans ces jardins, j’appris mille charmantes choses
En observant les fleurs qui s’y trouvent encloses,
Y compris la pensée, y compris le souci.

Cet endroit qu’en hiver le vent trouble et dérange,
Mon esprit l’aime tel que les saisons le changent,
Mesurant le bonheur que j’ai de vivre ici.

Cochonfucius

Fantôme d’un écureuil

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Un écureuil jadis dansait parmi les fleurs ;
De le revoir ici ton espérance est vaine,
Il a quitté ce lieu de plaisir et de peine,
De veille et de sommeil, d’amour et de douleur.

Or, tu peux, toi aussi, échapper au malheur,
À tout ce qui t’abîme, à tout ce qui te gêne ;
Les morts dans leurs cercueils ne portent pas de chaînes
Et de leurs descendants n’entendent pas les pleurs.

Si tu crois qu’un défunt en un spectre se change,
Je ne te suivrai point : ce phénomène étrange,
Quel que soit son statut, n’est pas de mon ressort.

Le fantôme, pourtant, cette ombre vagabonde,
Se plaît à visiter les jardins de ce monde,
Qui, dans sa distraction, ne sait pas qu’il est mort.

Cochonfucius

 

Les fous

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Gravure Bruegel l’Ancien

Le fou jaune me parle, et veut que je lui dise
Comment valoriser ses quelques inventions.
Je lui dis de passer par leur divulgation,
Mais il semble douter d’une telle analyse.

Le fou mauve survient et veut que je précise
Comment éliminer fantasmes et pulsions.
Je lui dis de surtout relâcher la pression,
Puisque « Tout va très bien, Madame la Marquise ».

Au fou orange, un mot sur son métabolisme,
Au fou rose un avis concernant les sophismes,
Frappés, dans les deux cas, de la note « Zéro ».

Concernant le fou rouge, il a un vrai problème,
Alors, je lui dédie ce modeste poème ;
Peut­-être vais-­je aussi lui offrir l’apéro.

Cochonfucius

L’inventeur de la roue

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image de  l’auteur

Aux très anciens temps de l’histoire,
N’en soyez pas effarouchés,
Nous laissions les monstres toucher
Aux objets de nos territoires.

Ces artisans aléatoires,
Nous ne pouvions les empêcher
De bricoler et de tricher
Pour une improbable victoire.

Parmi eux, le griffon joyeux,
Lissant son plumage soyeux,
Au coeur de l’atelier s’ébroue ;

Il prit quelques outils épars
Et par l’effet de son grand art
Il fut l’inventeur de la roue.

Cochonfucius

Les cavaliers

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Toile de Gyuri Lohmuller

C’est un cavalier jaune, il veut que je lui dise
Ce qu’est une émotion. Je lui dis : « La notion
N’est pas bien définie, oublie donc ta question,
Elle conduirait à de vaines analyses. »

C’est un cavalier mauve, il veut que je précise
Ma dernière allusion. Je lui dis : « La pulsion
Qui produit ta demande est le fruit d’illusions.
Répondre, de ma part, serait une sottise ».

Au cavalier orange un mot de balistique,
Puis au cavalier rose un cours de linguistique,
Sur le même refrain, la réponse est « Zéro ».

Pour le cavalier rouge, aimant les théorèmes,
Je compose aujourd’hui ce modeste poème ;
Jamais je n’eus de don pour les cours magistraux.

Cochonfucius

1969-2013

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Photo Nasa

Astronautes, jadis, ayant quitté la Terre
Pour aller sur la Lune où le sol paraît blanc,
Auriez-vous découvert là-bas une Cythère,
Un paysage empli de trésors rutilants ?

Fûtes-vous tentés d’être, en ces lieux, sédentaires
Dans la nuit prolongée et le jour un peu lent,
De peupler ce bel astre au séduisant mystère
D’où l’on voit notre monde avec un coeur tremblant ?

Où, si l’on n’y prend garde, assez vite, on étouffe,
Où l’on ne choisit point ce qu’on boit, ce qu’on bouffe,
Où le moindre cratère est un endroit hanté ;

Point ne sont devenus de lunaires ermites,
Mais ils salent parfois la soupe en leur marmite
D’un peu de sel très fin qu’ils en ont rapporté.

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Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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