Manoir de l’indigent

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image de l’auteur

Lui qui vit dans le manque, il se prétend frugal ;
Il eut pourtant, jadis, un bon coup de fourchette,
Mais, ne possédant pas un talent qu’on achète,
Néglige désormais ce qui fut son régal.

Et puis quoi ! se priver, ce n’est rien d’illégal,
Même la mie de pain fait de bonnes brochettes ;
Je ne veux pas sortir mes sous de leur cachette,
Appelez-moi radin, cela m’est bien égal.

Ce seigneur misérable est un homme de coeur,
Loin de la vanité, loin des propos moqueurs,
Chaque soir il relit les mots de La Fontaine,

Car ce livre est un monde, et l’on y peut bien voir
Combien le savetier, citoyen sans avoir,
Se satisfait de toi, providence incertaine !

Cochonfucius

Aérien palefroi

pegase

Pégase prend son vol avec un air joyeux,
Il suit le droit chemin, sans qu’on ne l’admoneste,
Fier palefroi qui va par les routes célestes.
Je ne sais plus si c’est un cheval, ou un dieu.

L’éclat de l’Univers, reflété dans ses yeux,
En toute majesté se montre et manifeste ;
Rencontrant Jupiter, il incline, modeste,
Sa crinière aux reflets éclatants et soyeux.

Les chemins du  cosmos n’ont point de crépuscule ;
La foule des vivants jamais ne s’y bouscule,
Car ils sont réservés aux êtres immortels.

Loin, sur une planète aux lunes de topaze,
Des chevaux à Pégase ont dressé un autel
Où l’attend son avoine, en un immense vase.

Cochonfucius

Antisphinx d’azur

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image de l’auteur

C’est l’antisphinx d’azur, un monstre qui m’inspire.
Il transforme en sonnets ce que nous lui disons,
Il répond au courrier, il garde la maison,
Il accueille en son coeur le meilleur et le pire.

Il fut divinisé dans les anciens empires,
Mais cette adoration lui parut un poison ;
Il lui a préféré la tendre floraison
Des jardins où, jadis, les muses s’assoupirent.

Il n’est pas alarmiste, il n’est pas tourmenté,
Cet animal jamais ne se va lamenter :
Il sait que toute vie inflige des blessures

Et que, bien durement, on en souffre parfois,
Mais il peut, quant à lui, porter ces meurtrissures
Sans même avoir l’idée de s’en mordre les doigts.

Cochonfucius

Précepteur du goupil

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image de l’auteur

Je t’emmène à l’école, une ou deux fois par jour,
Le maître me dira si tu suis bien les cours,
Ou si, de temps en temps, ton esprit vagabonde
Ainsi qu’un carpillon se divertit dans l’onde.

Car tu es un goupil, non un enfant de porc,
Un goupil qui jamais ne doit perdre le nord ;
Tu ne deviendras pas un pêcheur de sirènes,
Peut-être, encore moins, le bouffon d’une reine.

Le goupil ne dit rien, admirant la couleur
Du firmament bien lourd des premières chaleurs,
Et rêvant qu’il se change en errante licorne
Qui traverse les airs, arborant un bicorne.

Cochonfucius

Ambilicorne

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image de l’auteur

Ambilicorne allant sur la route mouillée
Très modeste animal sortant sans ornements,
Loin de ton lieu natal, tu te meus sagement
Par la longue chaussée austère et dépouillée.

Aux coins des carrefours sont des plaques rouillées,
Chargées de graffitis par de vils garnements ;
Quand ils sont amusants, tu souris largement
Tu sais qu’il n’est par l’art nulle chose souillée.

Quand la forêt jaunit comme un fruit altéré,
L’esprit de la licorne en est fort apaisé,
Ce changement convient à ce monstre indomptable.

De sa crinière on voit danser le flot épais,
Dans son regard on trouve une source de paix.
Mainte chose l’enchante et nulle ne l’accable.

Cochonfucius

Loup de Carreau

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image de l’auteur

Or, cette carte est le Loup de Carreau,
Mais j’ai perdu la Licorne de Pique ;
Trop dur, ce jeu, sauf si tu me l’expliques,
Dame du Sort, Maîtresse de Tarot.

Loin d’être fort comme Aurélien Barrau,
Je suis largué quand cela se complique ;
Gravitation, trous noirs microscopiques,
Et mots croisés aussi, du Figaro …

Il va trottant sans aucun cavalier,
N’occupe pas un gîte hospitalier,
Ne nous soumet pas la moindre exigence.

Envers le loup, ne sois pas inhumain,
Lui qui saurait te montrer le chemin,
Si tu croyais à son intelligence.

Cochonfucius

Conversation décousue

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Photographie de Robert Doisneau

Nos vies seraient un jeu de piste.
Le soir au long des boulevards
Nous attendraient les bouquinistes
Et les habitués du bar.

Merci, mais dis-moi si ton coeur
Est libre ou non, cela m’importe :
Car si tu étais un tricheur,
Je devrais refermer ma porte.

Dame tu es de mes pensées,
Je pourrais être ton mentor.
Je dis cette chose insensée,
De s’aimer on n’a jamais tort.

Tu dis cette chose subtile,
Alors, mon étrange amoureux,
Réponds à ma question facile :
Ton savoir te rend-il heureux ?

J’ai la jouissance du savoir,
Même un peu auto-érotique.
Je n’ai point regret de l’avoir,
Ma délectation sémantique.

Je m’en vais, j’ai peur de la neige
Qui rend trop glissants les chemins,
Et j’ai peur de notre manège
De caresses sans lendemain.

Je ne sais ce qui nous arrive.
C’est difficile, c’est trop fort,
Et ça s’en va à la dérive,
Et je tremble de tout mon corps.

Alors, reprenons nos distances,
Nous avons déliré assez.
Nous partagions cette souffrance.
Mieux vaut en parler au passé.

* * * * *

Cochonfucius

Le seigneur de Proxima Centauri

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image de l’auteur

Ce maître sans pouvoir ne gouverne qu’en songe ;
Il règne sur un monde où ne vient pas l’humain,
Ou s’il le fait un jour, ce n’est pas pour demain.
N’ayant pas d’électeurs, il s’abstient du mensonge.

Les comètes perdues qui vers l’étoile plongent
Ne savent nullement maîtriser leur chemin,
Car aucun horloger n’y mit jamais la main,
Selon d’aveugles lois l’orbite se prolonge.

Rêve donc, bon seigneur, à ton simple horizon,
Ta rêverie jamais n’engage ta raison :
L’univers reste stable en ton âme placide.

Toi, tu n’auras jamais besoin d’un médecin,
Tu t’épargnes la crainte et les tourments malsains,
Noble patron d’un monde où rien ne se décide.

Cochonfucius

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(Ce seigneur est cousin du grand Saint Nicolas).

Triple résurrection

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C’étaient trois écoliers qui glanaient sur la lande ;
Chez le maître boucher quand ils se sont logés,
Ce méchant artisan, les ayant égorgés,
En façon de terrine a préparé leur viande.

Jamais il n’a vendu de cette chair friande ;
Au bout de sept années, nul n’y avait touché.
Le grand Saint Nicolas s’en vient voir le boucher :
Refusant le jambon, c’est ce plat qu’il demande.

Il verse sur la chair trois gouttes d’eau bénite
Et trois grains de sel pur. Trois coeurs alors palpitent,
Trois corps reprennent forme et sortent du saloir.

J’ai soif, dit le premier, donnez-nous de la bière ;
Le deuxième ajouta : Remplissez bien nos verres,
Le troisième observa : J’ai dormi comme un loir.

Cochonfucius

Trois petits minotaures

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image de l’auteur

Ces trois minotaures sauvages,
Les enfants d’un dieu souverain
Et d’une génisse d’airain,
Jamais ne seront en servage.

Jamais ils ne font de victimes
Ni ne sèment le désespoir ;
Mais ils chantonnent, vers le soir,
Quelques polyphonies sublimes.

Or, s’ils mangeaient un jour des roses,
Ils deviendraient dragons fumants
Ou bien, carnivores juments,
Deux funestes métamorphoses.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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