Sept Bouddhas

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Peinture bouddhiste goryeo

Le Bouddha vert parmi les bêtes prend naissance ;
Le Bouddha rouge, auprès des malfaisants esprits.
Le Bouddha jaune en nous montre son coeur épris,
Le Bouddha bleu parmi les demis-dieux s’élance.

Le Bouddha blanc aux dieux apporte l’espérance,
Le Bouddha violet va chez les fantômes gris.
Ce que le Bouddha noir en dernier lieu m’apprit,
C’est que je dois marcher jusqu’à ma délivrance.

Il convient à chacun d’être vaillant et sage,
De pratiquer toujours un vertueux langage,
De garder loin de soi la discorde et l’ennui.

Les sept Bouddhas, parlant comme d’heureux poètes,
Ont apporté la paix à cent mille planètes
Et ne cessent d’oeuvrer, ni le jour, ni la nuit.

Cochonfucius

Saint Fonnik

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image de l’auteur

Honneur à Saint Fonnik, il compose pour Dieu
Un cantique nouveau sur un air que j’ignore;
J’adore ce qu’il fait, lui qui Dieu seul adore,
La musique, d’ailleurs, ça repose les yeux.

La voix des instruments s’élève jusqu’aux cieux,
Dans d’autres univers elle résonne encore ;
Les anges sont pensifs, ils ne chantent pas mieux
Que ce magique orchestre entendu dès l’aurore.

Saint Fonnik, chantes-tu tes anciennes amours ?
Nous dis-tu simplement la joie de chaque jour
Dans ces nobles accords que transportent les ondes?

Si ton art musical t’a fait devenir saint,
C’est que le Créateur en avait le dessein,
Désirant illustrer la beauté de ce monde.

Cochonfucius

Sirène de sinople

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image de l’auteur

Sirène du lac, es-tu véritable ?
Ou te formes-tu des vapeurs du vin ?
Quand j’étais jeunot, vers moi tu t’en vins,
Un tel souvenir est inimitable.

Sur le bord du lac, je m’avance en vain,
La fin d’un beau songe est inévitable ;
Tu n’existais pas, c’est indubitable,
Ou tu disparus par décret divin.

Ainsi parlait un vieillard dans le vide,
Ne sachant pas si le temps est perfide ;
Un peu fatigué, digne cependant.

Or, ce vieux penseur, n’étant pas prospère,
Se sent dispensé (du moins, il l’espère)
Des jeux de hasard où l’on est perdant.

Cochonfucius

Oiseau normal

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image de l’auteur

Je ne suis même pas un oiseau d’Amérique,
Car je suis Piaf-Tonnerre en son modeste habit
Que complète en hiver la laine des brebis ;
Et nul auteur sur moi n’a fait de chant lyrique.

Ma grand-mère a vécu longtemps en Armorique,
Au pays d’Astérix qui Romains estourbit,
Dont le sombre esclavage il n’a jamais subi,
Nonobstant de César les projets chimériques.

Mes vieux oncles étaient quelques Bretons moqueurs,
Qui avaient en commun la poésie au coeur,
Ainsi que nous l’avions aux époques lointaines.

Ces années révolues sont un rêve à mes yeux,
Qui me vit consommer l’eau des claires fontaines,
Qui me vit contempler tant d’oiseaux dans les cieux!

Cochonfucius

 

Le boulevard

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Toile de Lajos Tihanyi

Le vent du boulevard évapore mes larmes.
En suivant ses trottoirs, en assemblant des mots,
Je songe à cette vie qui parfois me désarme,
Je vais à petits pas, marmonnant comme un sot.

Vaut-il mieux dans la foule errer en solitude
Ou loin, se recueillir ? Le boulevard répond :
Suis-moi, je te conduis vers un lieu de quiétude.
Au bout du boulevard l’eau passe sous un pont.

Au bout du boulevard, c’est la rive de Seine,
C’est le flot qui dissout en lui toutes les peines.
L’eau du fleuve adoucit ma vie au goût de sel.

Je flâne dans Paris comme font les touristes.
Mon coeur ne parvient pas à rester longtemps triste
Quand je passe la Seine au vieux pont Saint-Michel.

Cochonfucius

Pont du fleuve Eridan

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image de l’auteur

Le fleuve paresseux suivait ses habitudes ;
Je voulais sur ce thème écrire une chanson,
Mais mon âme flottait dans une incertitude,
Je restais près de l’eau, sans proférer un son.

Un héron promenait au loin sa solitude ;
Et l’eau du fleuve gris, qui jamais ne répond,
Écoutait mes questions avec sollicitude.
Auprès d’une forêt se dressait un vieux pont.

Ce n’est que l’Eridan, ce n’est donc pas la Seine,
En vain je chercherais à lui dire ma peine :
Nul ne se désaltère en avalant du sel.

Le fleuve n’est pas sombre et l’oiseau n’est pas triste,
Le ciel semble construit par un fier coloriste
Et le pont fut béni par le grand Saint Michel.

Cochonfucius

Rameaux d’or

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image de l’auteur

En un pays magique, un mûrier s’illumine
D’un feuillage éclairant, qui de l’or peut sembler ;
Abeilles visitant cet arbre inégalé,
Vous êtes des joyaux qui par les airs cheminent.

Or, quand survient le soir, sous la lune d’hermine,
On voit parfois danser un insecte esseulé,
Vêtu d’un dur métal que fait étinceler
L’astre qui, solitaire, en haut des cieux culmine.

— Qui es-tu, voyageur, toi dont l’armure luit
Auprès des rameaux d’or, en plein coeur de la nuit,
Ainsi qu’à ma fenêtre une petite flamme ?

— Je ne suis qu’un poète, un être sans raison.
Je produis des sonnets, je trace des blasons ;
La lueur de cet arbre enthousiasme mon âme.

Cochonfucius

Anomalie mégalithique

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image de l’auteur

Ce monument se tient près d’une ancienne mine ;
Il n’est pas très subtil, mais il m’étonne un peu ;
Car les blocs sont égaux, pièces d’un même jeu,
Un filet de couleur sur chacun d’eux chemine.

Sont-ce les korrigans, sous la lune d’hermine,
Qui l’ont ainsi posé pour un étrange dieu ?
Or, je n’y vois pourtant nulle trace de feu ;
Ce qu’est ce tumulus, rien ne le détermine.

Serait-ce le logis de la licorne folle,
A-t-il enregistré ses fantasques paroles ?
D’en entendre une ou deux, ça me ferait plaisir !

Ah, qu’il reste inconnu, ce monument de France,
De tout savoir sur lui je n’ai pas le désir ;
Mais ne prenez pas ça pour de l’indifférence.

Cochonfucius

Un éléphant marchant sur l’eau

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’éléphant noir, on ne peut pas le prendre ;
Il est furtif en toutes les saisons,
Peut s’évader de toutes les prisons,
Marchant sur l’eau, ce qui vous doit surprendre.

Comment fait-il ? Je ne le puis comprendre,
C’est un défi pour ma pauvre raison ;
Aux dieux du ciel dois en faire oraison,
Qu’en leur sagesse, ils m’aident à l’apprendre.

J’en entrepris une enquête ordonnée,
La fis durer au moins toute une année,
Le résultat n’en fut pas du tout clair.

Mais, comme enfin le public m’y exhorte,
Mon point je vais conclure, en quelque sorte :
Cet éléphant est plus léger que l’air.

Cochonfucius

Vestale de la source limpide

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image de l’auteur

L’arme de la vestale est la langue sacrée
Qui purifie le coeur et rend l’esprit léger ;
Mais l’arme du démon c’est de toujours songer,
Songe qui tue le temps, songe qui rien ne crée.

L’arme de la vestale est la sagesse ancrée
Dans le goût familier des pommes du verger ;
Mais l’arme du démon c’est la saveur sucrée
Dont l’âcreté du vin aime à se corriger.

Ils combattent devant la foule enthousiasmée,
Par les cris du public la rixe est acclamée
Que la vestale entend dans son coeur de cristal.

L’arme de la vestale est la vie qui commence
Et l’arme du démon c’est le décès fatal ;
Incertaine est l’issue de cette lutte immense.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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