Moulin de maître Perutz

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Camarade meunier, où donc es-tu parti ?
Tu ne les aides plus dans cette mauvaise heure,
Ces amis qui jadis ont tous deux consenti
À provisoirement permuter leurs demeures.

As-tu quitté ces lieux pour une vie meilleure ?
Ton esprit vagabond s’est-il anéanti ?
Ou bien, reposes-tu dans la paix intérieure,
Comme bien la mérite un pécheur repenti ?

As-tu le souvenir de ta nature humaine ?
Peut-être n’es-tu plus qu’un feu qui se promène
Et que le Créateur tolère auprès de lui.

Or, que tu sois en peine ou en béatitude,
Tu peux bien profiter de la vraie solitude :
Un meunier sans moulin, c’est la fin des ennuis.

Cochonfucius

Empereur des canards

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Ce canard accomplit tout ce qu’on lui demande,
Aidé par son ministre, un écureuil d’azur.
Un dieu le favorise, et le druide en est sûr,
Ainsi que des devins la pittoresque bande.

Indulgente est la loi, légères les amendes ;
Le code en est subtil, mais il n’est pas obscur.
Le loyal empereur, le ministre au coeur pur
Prononcent rarement leurs sages réprimandes.

La terre de l’Empire est noire et généreuse,
Tout autour du palais sont des forêts ombreuses ;
Une cascade y tombe, et ne tarit jamais.

Nous n’avons pas assez de ces quatorze lignes
Pour tous les compliments dont ces maîtres sont dignes ;
Aussi nous préférons nous taire, désormais.

Cochonfucius

La tour

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Toile de Andreas Zielenkiewicz

Ils se sont assemblés, tous frères, fils d’Adam,
Pour bâtir une tour s’élevant de la terre
Jusqu’au plus haut des cieux, quittant notre atmosphère
Et dépassant la lune, et le soleil ardent.

Le créateur du monde a jugé, cependant,
Que cette initiative avait tout pour déplaire,
Et que d’y mettre un terme il serait nécessaire :
Projet mégalomane, abusif, imprudent.

Il s’en va consulter Lucifer le subtil.
« Que ferons-­nous, voisin, le sollicite-­t-­il,
Comment mettrons-­nous fin à cette oeuvre perverse ? »

Le démon dit alors : « Pour que, de ces gredins,
Le prodigieux chantier tourne en eau de boudin,
Tu les feras parler en des langues diverses. »

Cochonfucius

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Héros narcissique

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image de l’auteur

Le héros se contemple en un miroir d’airain ;
Un miroir où jadis se regarda la reine !
Au fil de l’aventure où son combat l’entraîne,
Il frôle des dangers terrestres et marins.

Il est rempli de foi, ce prince pèlerin,
Les Romains l’ont en vain jeté dans une arène,
Il entendit sans peur le chant de la sirène,
Car il est sans faiblesse, il est pur et serein.

Il peut bien affronter les brumes de novembre,
Effrayer le dragon pour lui prendre son ambre,
Séduire une servante en parlant doucement.

Sachez que sa parole est toujours bien choisie
Et qu’il a mérité votre attendrissement,
Un peu trop fier de lui, mais plein de courtoisie.

Cochonfucius

Monsieur le Duc devient un ours

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image de l’auteur

Maître Gaspard, duc de Clermont-Tonnerre,
Ayant longtemps pour le Roi combattu,
S’est à présent d’une peau d’ours vêtu
Pour s’exhiber dans un cirque ordinaire.

Renonçant à ses moeurs de milliardaire,
En ce spectacle il place sa vertu,
Et de danser, parfois, il est fourbu ;
Alors il boit un verre de madère.

D’être changeant, le duc est-il fautif ?
Comme toujours, nobles sont ses motifs,
Son âme fut par l’amour embrasée :

Il a donné son petit coeur simplet
À la Gitane, et c’est ce qu’il voulait ;
Sa belle allure est métamorphosée.

Cochonfucius

Grand loup d’argent

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Image du blog Herald Dick Magazine

Le loup vêtu d’argent, un seigneur redouté,
D’innombrables combats porte le témoignage ;
Sa vie sur le terrain maintes fois fut en gage,
S’il veut gagner le point, rien ne peut l’arrêter.

Il eût pu de son fief, jadis, se contenter ;
Mais le désir le prit d’en avoir davantage,
Car d’une grande terre il faisait bon usage,
Et, dans l’affrontement, il aimait l’emporter.

C’est l’ardeur du combat, par-dessus tout, qu’il aime,
Car, face à d’autres loups, il est vraiment lui-même,
Trouvant son équilibre en ses débordements.

Or, pourtant, ces jours-ci, je l’ai trouvé tout autre,
Apaisé, reposé, diseur de patenôtres ;
Son âge l’a rejoint, inexorablement.

Cochonfucius

Cheval magique

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image de l’auteur

Cheval magique ! Il danse lentement
Comme un poisson dans de glissantes ondes ;
Dès le printemps, voilà qu’il vagabonde
Et tout le jour drague folâtrement.

On ne l’a point harnaché richement,
Il va, tout nu sur la planète ronde ;
S’il peut parler à quelques juments blondes,
Voilà pour lui bien du contentement.

C’est un cheval, et c’est une merveille
Qui vers ce chant tend une sage oreille ;
Cet animal a de nobles façons !

Ne dites pas que je l’idéalise ;
Ne dites pas qu’en roi je le déguise,
Mais en héros d’une simple chanson.

Cochonfucius

 

Forteresse ouverte

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image de l’auteur

La ville est très ancienne et s’ouvre sur le monde ;
Ses braves habitants sont fiers de leur cité
Dont le grand territoire est bien délimité
Et dont les hautes tours se reflètent dans l’onde.

Ainsi qu’une boutique en ressources féconde,
Elle offre à son bon peuple un bonheur mérité ;
Du maire on reconnaît la noble autorité
Reflétant un trésor de sagesse profonde.

Souvent, un érudit tenant un livre en main
Compare sa patrie à l’empire romain ;
Il le sait, cependant, c’est une république.

La commune voudrait trouver un bon auteur
Pour évoquer ce lieu avec des mots antiques ;
Un pactole viendrait enrichir ce flatteur.

Cochonfucius

Immanence

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Toile de Herb Greene

Comme si s’éveillait au miroir un silence,
Comme si d’une lampe un rayon abaissé
Sur la table posait un hasardeux tracé,
Le mystère régnait sur la poussière dense.

L’atmosphère du lieu se chargea d’immanence
Quand s’y mit à souffler un courant d’air glacé,
Que le long d’un mur jaune un rat vint à passer
Et qu’au-dehors, le ciel prit d’étranges nuances.

Le jardin, de longtemps, ne promet de récolte ;
Au coeur du solitaire a terni la révolte
Ainsi que d’un portrait s’estompent les contours.

Le vieillard, en ces lieux, d’un je ne sais quoi souffre,
Comme un passant qui doit marcher le long d’un gouffre,
Car il n’ose tenter l’aventureux détour.

Cochonfucius

Partition florale

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image de l’auteur

Une fleur de septembre a mis sa robe blanche ;
Elle fut désirée, entre toutes les fleurs,
Par les bardes errants et par les oiseleurs,
Plus que la rose noble ou la douce pervenche.

Un jour, un musicien sur cette fleur se penche
Pour composer un chant d’amour et de douleur,
De rire et de souci, d’allégresse et de pleurs.
Le vent, pendant ce temps, chantonne dans les branches

La fleur aime danser, le musicien aussi,
On ne sait pas pourquoi leur humeur est ainsi,
j’entends dire chez moi que rêveurs on les nomme.

D’autres préféreront les airs de basse-cour,
Qui ne penseront rien de ce roman d’amour
Et s’en trouveront bien : car ce sont de vrais hommes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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