Saint Esthète

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Prenons-le par son bon côté,
Car il est gentil, Saint Esthète,
Il ne se prend jamais la tête,
Ce citoyen sans vanité.

Il parle avec les fleurs d’été,
Avec le Concombre-Poète,
Avec tous ceux qui sont en quête
De l’inexprimable Beauté.

Il trace des portraits de femmes
Dont le regard est une flamme ;
Il ne craint pas l’Ange du Mal.

Il goûte à la douceur des choses,
Comme fait un doux animal ;
Il prie en vers, il prie en prose.

Cochonfucius

Sagesse de l’alouette

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L’alouette entendit les matines sonner,
Rappelant leur devoir aux moines périssables.
Du tintement, elle eut un plaisir véritable
Auprès de ce clocher finement maçonné.

Car l’esprit d’un oiseau, lentement façonné
Jusqu’à connaître enfin des chants incomparables,
Apprend à respecter tout ce qui est durable,
Mais les herbes aussi, que l’on doit moissonner.

L’alouette a chanté, s’éloignant de la terre,
Maîtresse du ramage et de l’art de se taire ;
Choses que les oiseaux savent depuis toujours.

Or, j’entends aujourd’hui le chant de l’alouette :
C’est ce chant qui m’apprit mon métier de poète
Au temps où je goûtais la primeur de mes jours.

Cochonfucius

Vacanciers de jadis

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Image d’Herald Dick

La voie ferrée, entre deux toits de tuile,
Suit un parcours que je trouve charmant ;
Compartiments, vous fûtes mes asiles
Lorsque j’étais un bien timide amant.

Devers Bordeaux est la terre de vignes,
À Bègles sont les grands pommiers en fleurs ;

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Ce sont pays que mon coeur trouve dignes
D’être habités par de nobles buveurs.

Nous partirons aux vacances prochaines,
Mais le trajet ne sera pas bien grand ;
Juste de quoi détendre un peu nos chaînes,
Juste de quoi nous croire des errants.

Cochonfucius

Approximation ornithologique

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De gueules, ce corbeau montre un esprit tordu ;
Il invite un renard à boire du champagne,
Il dessine un blason pour Anne de Bretagne,
À sa branche il se tient comme un cochon pendu.

C’est un corbeau rustique, un corbeau de montagne,
Il avait des trésors, mais il les a perdus
Au début du printemps, quand la neige a fondu ;
Alors il se console en mangeant des lasagnes.

Il ne sait pas pétrir le pain de sarrasin,
Il ne sait pas non plus vendanger le raisin,
Mais au jardin, il peut arracher des carottes ;

Potager qu’il humecte avec son arrosoir,
Chaque fois qu’il le fait, d’ailleurs, ça fait pleuvoir,
Pour protéger ses pieds, il doit porter des bottes.

Cochonfucius

 

Soleil vert

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L’arbre aime le soleil, le soleil le ressent.
Ces amours, chaque jour, se retrouvent plus fortes,
Chaque matin leur ouvre un passage sans porte.
Ce n’est pas Cupidon, avec ses traits perçants,

Mais c’est le charpentier dont le vin est le sang,
Parlant à ses amis lorsque sa chair est morte,
Leur faisant accepter la lourde croix qu’il porte,
Et si le démon vient, gentiment le chassant.

Il faut peu de soleil pour qu’un tel arbre croisse ;
Qu’importe qu’en automne une feuille se froisse !
L’arbre meurt et renaît, mais lentement grandit.

Acceptant de bon coeur ce qu’un soleil promet,
Sa verte et bonne humeur ne s’épuise jamais ;
Ainsi, chaque printemps, cet arbre reverdit.

Cochonfucius

Avec la dame de carreau

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En rêve, il voit la dame de carreau,
Lui qui se prend pour le valet de pique ;
Qui sait comment l’analyste l’explique ?
Fait-il quérir un Maître de Tarot ?

En rêve, il voit la cage sans barreaux,
Et, pour sortir, rédige une supplique
Sur un papier plutôt microscopique
Qui, semble-t-il, provient du Figaro.

Le valet change et devient cavalier,
Ou capitaine, ou moine hospitalier,
Renonçant à toutes ses exigences.

Ah ! que penser de ce sort inhumain ?
Comment sortir de ce mauvais chemin ?
De rien ne sert sa pauvre intelligence.

Cochonfucius

Prêtre-veau

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Image du blog Herald Dick Magazine

Un veau mélancolique a reçu la prêtrise,
Il regarde le monde avec sévérité,
Entretient chaque jour la fleur de sainteté
Et se montre, pensif, au seuil de son église.

La prière est exacte en sa tête, et précise ;
Le taux de pénitence est fort bien arrêté,
Le fruit du séminaire, il ne l’a point gâté,
C’est un vaillant curé, Messieurs, qu’on se le dise.

Au bord d’un petit pré, sa mère est attachée,
De se rendre à la messe, elle est bien empêchée,
Les bestiaux n’y vont point, cela n’est pas nouveau.

Quand du prêtre sera la carrière finie,
Tous les anges viendront, dans leur douce harmonie,
Pour emporter son âme au paradis des veaux.

Cochonfucius

Refuge

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Toile de Charlotte Lachapelle

Dans le foyer rougit la braise,
Les jours se passent, sans douleur.
L’aube au jardin verse ses pleurs,
Le ciel n’est point une fournaise.

Les escargots rampent à l’aise,
Les bourdons vont de fleur en fleur ;
Les roses sont de rouges coeurs
Bienheureux quand le vent s’apaise.

Le jour s’étire et traîne un peu,
Un plat mijote sur le feu ;
Au jardin, les ombres s’allongent.

Le crépuscule est embrasé,
Le ciel est un décor de songe ;
Ce jour, pas besoin d’arroser.

Cochonfucius

Ours de pourpre

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image de l’auteur

Cet ours naquit dans le Connemara
Où s’affermit sa sauvage nature ;
Son âme est forte, et n’est pourtant pas dure,
Son coeur jamais n’eut rien de scélérat.

Or, dans son antre où nul ne pénétra,
Il a tracé de plaisantes figures,
Curieux reflets de la lumière obscure
Que, semble-t-il, nul homme ne verra.

Ce sont blasons de saphir et d’albâtre,
Étranges dieux, comme ont les idolâtres,
Dont sa demeure est peut-être le temple.

En ces couleurs n’est nulle vérité,
Mais l’ours de pourpre aime les abriter,
Qui de ses yeux leurs nuances contemple.

Cochonfucius

Doctor Jekyll and Mister Hyde

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Composition de l’auteur

Antoine Parmentier, célèbre botaniste,
Dans son laboratoire a fait une potion.
Il la boit, et devient, à sa grande émotion,
Un beau général corse, hélas, fort arriviste.

L’effet de la potion, c’est courant, ne persiste
Qu’une journée ou deux ; alors, sans transition,
Bonaparte devient Parmentier. La nation
S’en étonne au début, puis l’admet, fataliste…

Tantôt notre Empereur s’acharne à ses victoires,
Tantôt le jardinier soigne pommes et poires;
Cette double carrière induit l’épuisement.

Le corps trop partagé pourrait sucrer les fraises ;
Parmentier disparaît en l’an mil huit cent treize,
À Napo donnant tout, par secret testament.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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