Oiseau normal

obttp.png

image de l’auteur

Je ne suis même pas un oiseau d’Amérique,
Car je suis Piaf-Tonnerre en son modeste habit
Que complète en hiver la laine des brebis ;
Et nul auteur sur moi n’a fait de chant lyrique.

Ma grand-mère a vécu longtemps en Armorique,
Au pays d’Astérix qui Romains estourbit,
Dont le sombre esclavage il n’a jamais subi,
Nonobstant de César les projets chimériques.

Mes vieux oncles étaient quelques Bretons moqueurs,
Qui avaient en commun la poésie au coeur,
Ainsi que nous l’avions aux époques lointaines.

Ces années révolues sont un rêve à mes yeux,
Qui me vit consommer l’eau des claires fontaines,
Qui me vit contempler tant d’oiseaux dans les cieux!

Cochonfucius

 

Le boulevard

pont-st-michel.jpg

Toile de Lajos Tihanyi

Le vent du boulevard évapore mes larmes.
En suivant ses trottoirs, en assemblant des mots,
Je songe à cette vie qui parfois me désarme,
Je vais à petits pas, marmonnant comme un sot.

Vaut-il mieux dans la foule errer en solitude
Ou loin, se recueillir ? Le boulevard répond :
Suis-moi, je te conduis vers un lieu de quiétude.
Au bout du boulevard l’eau passe sous un pont.

Au bout du boulevard, c’est la rive de Seine,
C’est le flot qui dissout en lui toutes les peines.
L’eau du fleuve adoucit ma vie au goût de sel.

Je flâne dans Paris comme font les touristes.
Mon coeur ne parvient pas à rester longtemps triste
Quand je passe la Seine au vieux pont Saint-Michel.

Cochonfucius

Pont du fleuve Eridan

obpq.png

image de l’auteur

Le fleuve paresseux suivait ses habitudes ;
Je voulais sur ce thème écrire une chanson,
Mais mon âme flottait dans une incertitude,
Je restais près de l’eau, sans proférer un son.

Un héron promenait au loin sa solitude ;
Et l’eau du fleuve gris, qui jamais ne répond,
Écoutait mes questions avec sollicitude.
Auprès d’une forêt se dressait un vieux pont.

Ce n’est que l’Eridan, ce n’est donc pas la Seine,
En vain je chercherais à lui dire ma peine :
Nul ne se désaltère en avalant du sel.

Le fleuve n’est pas sombre et l’oiseau n’est pas triste,
Le ciel semble construit par un fier coloriste
Et le pont fut béni par le grand Saint Michel.

Cochonfucius

Rameaux d’or

abeilles.jpg

image de l’auteur

En un pays magique, un mûrier s’illumine
D’un feuillage éclairant, qui de l’or peut sembler ;
Abeilles visitant cet arbre inégalé,
Vous êtes des joyaux qui par les airs cheminent.

Or, quand survient le soir, sous la lune d’hermine,
On voit parfois danser un insecte esseulé,
Vêtu d’un dur métal que fait étinceler
L’astre qui, solitaire, en haut des cieux culmine.

— Qui es-tu, voyageur, toi dont l’armure luit
Auprès des rameaux d’or, en plein coeur de la nuit,
Ainsi qu’à ma fenêtre une petite flamme ?

— Je ne suis qu’un poète, un être sans raison.
Je produis des sonnets, je trace des blasons ;
La lueur de cet arbre enthousiasme mon âme.

Cochonfucius

Anomalie mégalithique

objq.png

image de l’auteur

Ce monument se tient près d’une ancienne mine ;
Il n’est pas très subtil, mais il m’étonne un peu ;
Car les blocs sont égaux, pièces d’un même jeu,
Un filet de couleur sur chacun d’eux chemine.

Sont-ce les korrigans, sous la lune d’hermine,
Qui l’ont ainsi posé pour un étrange dieu ?
Or, je n’y vois pourtant nulle trace de feu ;
Ce qu’est ce tumulus, rien ne le détermine.

Serait-ce le logis de la licorne folle,
A-t-il enregistré ses fantasques paroles ?
D’en entendre une ou deux, ça me ferait plaisir !

Ah, qu’il reste inconnu, ce monument de France,
De tout savoir sur lui je n’ai pas le désir ;
Mais ne prenez pas ça pour de l’indifférence.

Cochonfucius

Un éléphant marchant sur l’eau

moyen-ogoouc3a9-gab.jpg

Image du blog Herald Dick Magazine

L’éléphant noir, on ne peut pas le prendre ;
Il est furtif en toutes les saisons,
Peut s’évader de toutes les prisons,
Marchant sur l’eau, ce qui vous doit surprendre.

Comment fait-il ? Je ne le puis comprendre,
C’est un défi pour ma pauvre raison ;
Aux dieux du ciel dois en faire oraison,
Qu’en leur sagesse, ils m’aident à l’apprendre.

J’en entrepris une enquête ordonnée,
La fis durer au moins toute une année,
Le résultat n’en fut pas du tout clair.

Mais, comme enfin le public m’y exhorte,
Mon point je vais conclure, en quelque sorte :
Cet éléphant est plus léger que l’air.

Cochonfucius

Vestale de la source limpide

obfq2.png

image de l’auteur

L’arme de la vestale est la langue sacrée
Qui purifie le coeur et rend l’esprit léger ;
Mais l’arme du démon c’est de toujours songer,
Songe qui tue le temps, songe qui rien ne crée.

L’arme de la vestale est la sagesse ancrée
Dans le goût familier des pommes du verger ;
Mais l’arme du démon c’est la saveur sucrée
Dont l’âcreté du vin aime à se corriger.

Ils combattent devant la foule enthousiasmée,
Par les cris du public la rixe est acclamée
Que la vestale entend dans son coeur de cristal.

L’arme de la vestale est la vie qui commence
Et l’arme du démon c’est le décès fatal ;
Incertaine est l’issue de cette lutte immense.

Cochonfucius

Escargot sur une vitre

eab980ed998deb8f84-eba7a4ec9e91eb8f84.jpg

Peinture traditionnelle coréenne.

Escargot sur ma fenêtre,
Tu traverses le ciel gris,
Lent comme le sont les maîtres :
Les jardins te l’ont appris.

Quand je puis me le permettre,
J’aime paresser ainsi,
Tout au lendemain remettre,
Et cette écriture aussi ;

Or, que nul ne s’en offusque,
Je ne suis pas ce mollusque,
Mais un poète voulant

Traverser avec aisance
Un îlot de transparence,
Comme un escargot volant.

Cochonfucius

Colimaçons maçons

col-ma.png

image de l’auteur

Lorsque la nuit s’approche, ils travaillent encore !
Leur enthousiaste effort ne va pas décroissant,
Et la pierre du pont, calcaire blanchissant,
Semble éclairer le monde, ainsi que du phosphore.

Cette pierre, au matin, d’une lueur se dore.
L’escargot constructeur n’est jamais languissant,
Sous l’arche déjà haute à demi paraissant,
Chaque colimaçon se souvient de l’aurore.

L’architecture, ainsi, grandit des deux côtés
Le monstre minéral surgit dans la clarté,
Monument imposant, comme un vaisseau de guerre.

Ce spectacle étonnant se présente à mes yeux,
Je ne sais si le pont montera jusqu’aux cieux,
Comme ont jadis voulu les peuples de la terre.

Cochonfucius

Ambipont d’azur

obwd.png

image de l’auteur

Voici cet ambipont qui vient des anciens âges ;
Il fut érigé par de drôles de maçons ;
Il paraît que c’étaient quelques colimaçons
Qui tous ont disparu sans laisser d’héritage.

Le pont a vu passer de nobles personnages,
Amateurs d’eau de source, amateurs de boissons,
On dit qu’il inspira les mots d’une chanson
Quand Avignon n’était encore qu’un village.

Le pont est traversé par les fous et les sages
Pour s’en aller au loin, rentrer à la maison,
Pour des motifs d’amour ou toute autre raison.

J’y vis même trotter un troupeau de bisons,
Et plus tard, des Romains changeant de garnison ;
À vous, à moi, à tous il offre le passage.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.