四书 == Quatre Livres

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Quatre traités de modeste apparence :
Livre d’azur pour évoquer l’hiver,
Puis, le printemps dans un volume vert,
Ces deux saisons sont chargées d’espérance.

Le livre d’or, c’est pour l’automne, où danse
La feuille morte en son bel univers ;
Quant à l’été, avec ses matins clairs,
Tu trouveras ce qu’un poète en pense,

Bien raconté dans un livre d’argent.
Tous ces écrits, si tu t’y vas plongeant,
Te transmettront le savoir des grands sages.

— Pourquoi, toujours, ce recours aux bouquins,
Quelle sagesse, en tout ce saint-frusquin ?
Je ne veux plus m’encombrer d’emballages.

Cochonfucius

Encore un art poétique

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Que faut-il pour faire un poème ?
Ce n’est pas comme un théorème,
Il faut surtout n’importe quoi,
C’est un jeu qui n’a pas de loi.

Il faut les mots d’une hirondelle,
Ou l’écho d’une ritournelle,
La psalmodie d’un vert crapaud
Ou bien la rumeur d’un tripot.

Il faut le livre du dieu triple
Ou les ajouts de ses disciples,
Il faut les harmonies du soir
Et ce que tu sauras y voir.

Cochonfucius

Vestale à plumes

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Elle parcourt le ciel, l’été comme l’hiver ;
Supérieure à Vénus dans sa splendeur nacrée ;
Auprès du littoral noyé par la marée,
Elle va s’installer au creux d’un arbre vert.

Son âme est sans secret, son coeur n’est pas amer,
En rêve elle revoit son enfance dorée ;
Elle, par ses amours jamais désespérée,
Partage les chansons des filles de la mer.

Un oiseau la salue en sa langue sonore,
L’écho reprend la phrase et la répète encore ;
De la noire cigale on entend la clameur.

Les faunes du verger ont le coeur trop plein d’elle,
N’osant point aborder la vestale éternelle ;
Et de leurs mots d’amour résonne la rumeur.

Cochonfucius

Sagesse du lys

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Du lys la blanche âme s’élève,
Âme qui surmonte la peur.
Ce lys, dit-on, n’a pas de coeur,
Car il existe dans un rêve.

Il sait que sa vie sera brève,
N’a cure des reflets trompeurs ;
Car il sera le lys vainqueur
Défilant au long de la grève.

Or, ses fleurs tombent une à une
Sur le reflet du firmament,
Et tombent éternellement ;

Leur songe étant fils du soleil
Jamais ne trouve son éveil
Dans l’eau du rêve ou dans la lune.

Cochonfucius

Blé de sinople

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Un carré de sinople est une douce chose :
D’amateurs de blé mûr l’univers est peuplé,
Mais moi, c’est le blé vert que j’aime contempler,
J’ai toujours aimé ça, j’en ignore la cause.

J’aime la marguerite, et j’aime aussi la rose ;
Par-dessus tout, j’admire un champ de jeune blé ;
Quelques coquelicots, dans ce champ rassemblés,
En rehaussent le ton de leur splendeur éclose.

Le blé jeune, entouré d’un paisible horizon,
Ne craint pas du soleil la flamme ou le tison ;
Les oiseaux du bosquet l’éveillent à l’aurore.

J’aime ce qui est vert, ce n’est pas un hasard,
Même si cela tient à des lois que j’ignore :
Ce sinople éclatant semble un effet de l’art.

Cochonfucius

Manuscrit d’une vestale

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Sur le cahier de la vestale
Ne figure aucun ornement ;
Ni les astres du firmament,
Ni les tours de la capitale.

Pas de prose sentimentale,
Pas de discours pour les amants ;
Car elle y inscrit seulement
Des sentences fondamentales.

Or, son encre n’est pas de sable
Ni de sinople impérissable,
Mais de gueules, comme un fruit mûr.

Je vois courir sa plume vive :
Un vieux poème se ravive !
J’aime la vestale d’azur.

Cochonfucius

Château perdu

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Un escargot son château doit laisser,
Je ne sais pas si c’est ce qu’il désire ;
Il a prévu de parcourir l’Empire,
Ce sera long, mais il n’est pas pressé.

Il combattra ceux qui l’ont offensé,
C’est sa promesse, il ne peut s’en dédire :
Noir est l’exil, le déshonneur est pire.
Il dit adieu à tout son cher passé.

Cet escargot ne craint pas les épreuves,
De la potion des Gaulois il s’abreuve,
Donnant l’assaut et poussant des clameurs.

Un dieu vaillant conduit sa destinée ;
Nous admirons cette bête obstinée
Dont le courage au grand jamais ne meurt.

Cochonfucius

Amazone matinale

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L’amazone, ayant bu un grand bol de thé vert,
Nous chante une chanson par elle composée
Dont les paroles sont légèrement osées,
Mais sans inconvénient pour un esprit ouvert.

La mélodie en est tendre comme rosée ;
Le rythme, par instants, est vif comme l’éclair.
Amazone, ma soeur, que tes accents sont clairs
Et que ton ironie est savamment dosée !

Tu chantes pour les rois et pour les braves gens,
Pour ceux que divertit ton style dérangeant :
«Élégance», chez toi, rime avec «insolence».

Envers toi, je le crois, nul ne sera méchant,
Car nobles et valets ont besoin de ton chant :
Mais je les vois aussi écouter ton silence.

Cochonfucius

Sagesse du tournesol

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Le tournesol le sait, le soleil va partir
Et, pour toute une nuit, rejoindre une autre rive ;
Puis l’horizon de l’Est le verra revenir
Et caresser la fleur de sa lumière vive.

Moi-même, je ressemble à cette fleur pensive
Qui songe calmement à son proche avenir ;
Recevant avec joie le soleil qui arrive
Et ne craignant jamais le temps de s’endormir.

Du tournesol, la lune est une autre maîtresse,
Un astre bienveillant qui prouva sa noblesse
Par l’accueil qu’elle fit aux hommes désarmés.

De lune et de soleil tournesol est aimé,
Même s’il a perdu sa première jeunesse,
Et s’il sait qu’il devra bientôt se refermer.

Cochonfucius

Oiseau de Sarlat

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Il eut pour protégé l’évêque Saint Germain
Auquel il a donné plusieurs leçons bourrues ;
Son nom au grand jamais ne devint nom de rue,
Oiseau des temps lointains, oiseau sans lendemain.

L’évêque lui donna des sonnets de sa main,
Saintes compositions aujourd’hui disparues ;
Mais il les a montrés à la Baronne Grue,
Pleine d’admiration pour ces beaux parchemins.

Quant à ce que valait cette littérature,
Un tel questionnement n’est pas dans ma nature,
Je ne me place pas dans de tels embarras.

L’homme d’Église avait fine plume, sans doute,
Mais son texte est perdu, donc nul ne le saura ;
Il a guidé parfois cet oiseau sur sa route.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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