Approximation ornithologique

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image de l’auteur

De gueules, ce corbeau montre un esprit tordu ;
Il invite un renard à boire du champagne,
Il dessine un blason pour Anne de Bretagne,
À sa branche il se tient comme un cochon pendu.

C’est un corbeau rustique, un corbeau de montagne,
Il avait des trésors, mais il les a perdus
Au début du printemps, quand la neige a fondu ;
Alors il se console en mangeant des lasagnes.

Il ne sait pas pétrir le pain de sarrasin,
Il ne sait pas non plus vendanger le raisin,
Mais au jardin, il peut arracher des carottes ;

Potager qu’il humecte avec son arrosoir,
Chaque fois qu’il le fait, d’ailleurs, ça fait pleuvoir,
Pour protéger ses pieds, il doit porter des bottes.

Cochonfucius

 

Soleil vert

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L’arbre aime le soleil, le soleil le ressent.
Ces amours, chaque jour, se retrouvent plus fortes,
Chaque matin leur ouvre un passage sans porte.
Ce n’est pas Cupidon, avec ses traits perçants,

Mais c’est le charpentier dont le vin est le sang,
Parlant à ses amis lorsque sa chair est morte,
Leur faisant accepter la lourde croix qu’il porte,
Et si le démon vient, gentiment le chassant.

Il faut peu de soleil pour qu’un tel arbre croisse ;
Qu’importe qu’en automne une feuille se froisse !
L’arbre meurt et renaît, mais lentement grandit.

Acceptant de bon coeur ce qu’un soleil promet,
Sa verte et bonne humeur ne s’épuise jamais ;
Ainsi, chaque printemps, cet arbre reverdit.

Cochonfucius

Avec la dame de carreau

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image de l’auteur

En rêve, il voit la dame de carreau,
Lui qui se prend pour le valet de pique ;
Qui sait comment l’analyste l’explique ?
Fait-il quérir un Maître de Tarot ?

En rêve, il voit la cage sans barreaux,
Et, pour sortir, rédige une supplique
Sur un papier plutôt microscopique
Qui, semble-t-il, provient du Figaro.

Le valet change et devient cavalier,
Ou capitaine, ou moine hospitalier,
Renonçant à toutes ses exigences.

Ah ! que penser de ce sort inhumain ?
Comment sortir de ce mauvais chemin ?
De rien ne sert sa pauvre intelligence.

Cochonfucius

Prêtre-veau

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Image du blog Herald Dick Magazine

Un veau mélancolique a reçu la prêtrise,
Il regarde le monde avec sévérité,
Entretient chaque jour la fleur de sainteté
Et se montre, pensif, au seuil de son église.

La prière est exacte en sa tête, et précise ;
Le taux de pénitence est fort bien arrêté,
Le fruit du séminaire, il ne l’a point gâté,
C’est un vaillant curé, Messieurs, qu’on se le dise.

Au bord d’un petit pré, sa mère est attachée,
De se rendre à la messe, elle est bien empêchée,
Les bestiaux n’y vont point, cela n’est pas nouveau.

Quand du prêtre sera la carrière finie,
Tous les anges viendront, dans leur douce harmonie,
Pour emporter son âme au paradis des veaux.

Cochonfucius

Refuge

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Toile de Charlotte Lachapelle

Dans le foyer rougit la braise,
Les jours se passent, sans douleur.
L’aube au jardin verse ses pleurs,
Le ciel n’est point une fournaise.

Les escargots rampent à l’aise,
Les bourdons vont de fleur en fleur ;
Les roses sont de rouges coeurs
Bienheureux quand le vent s’apaise.

Le jour s’étire et traîne un peu,
Un plat mijote sur le feu ;
Au jardin, les ombres s’allongent.

Le crépuscule est embrasé,
Le ciel est un décor de songe ;
Ce jour, pas besoin d’arroser.

Cochonfucius

Ours de pourpre

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image de l’auteur

Cet ours naquit dans le Connemara
Où s’affermit sa sauvage nature ;
Son âme est forte, et n’est pourtant pas dure,
Son coeur jamais n’eut rien de scélérat.

Or, dans son antre où nul ne pénétra,
Il a tracé de plaisantes figures,
Curieux reflets de la lumière obscure
Que, semble-t-il, nul homme ne verra.

Ce sont blasons de saphir et d’albâtre,
Étranges dieux, comme ont les idolâtres,
Dont sa demeure est peut-être le temple.

En ces couleurs n’est nulle vérité,
Mais l’ours de pourpre aime les abriter,
Qui de ses yeux leurs nuances contemple.

Cochonfucius

Doctor Jekyll and Mister Hyde

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Composition de l’auteur

Antoine Parmentier, célèbre botaniste,
Dans son laboratoire a fait une potion.
Il la boit, et devient, à sa grande émotion,
Un beau général corse, hélas, fort arriviste.

L’effet de la potion, c’est courant, ne persiste
Qu’une journée ou deux ; alors, sans transition,
Bonaparte devient Parmentier. La nation
S’en étonne au début, puis l’admet, fataliste…

Tantôt notre Empereur s’acharne à ses victoires,
Tantôt le jardinier soigne pommes et poires;
Cette double carrière induit l’épuisement.

Le corps trop partagé pourrait sucrer les fraises ;
Parmentier disparaît en l’an mil huit cent treize,
À Napo donnant tout, par secret testament.

Cochonfucius

Sept Bouddhas

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Peinture bouddhiste goryeo

Le Bouddha vert parmi les bêtes prend naissance ;
Le Bouddha rouge, auprès des malfaisants esprits.
Le Bouddha jaune en nous montre son coeur épris,
Le Bouddha bleu parmi les demis-dieux s’élance.

Le Bouddha blanc aux dieux apporte l’espérance,
Le Bouddha violet va chez les fantômes gris.
Ce que le Bouddha noir en dernier lieu m’apprit,
C’est que je dois marcher jusqu’à ma délivrance.

Il convient à chacun d’être vaillant et sage,
De pratiquer toujours un vertueux langage,
De garder loin de soi la discorde et l’ennui.

Les sept Bouddhas, parlant comme d’heureux poètes,
Ont apporté la paix à cent mille planètes
Et ne cessent d’oeuvrer, ni le jour, ni la nuit.

Cochonfucius

Saint Fonnik

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image de l’auteur

Honneur à Saint Fonnik, il compose pour Dieu
Un cantique nouveau sur un air que j’ignore;
J’adore ce qu’il fait, lui qui Dieu seul adore,
La musique, d’ailleurs, ça repose les yeux.

La voix des instruments s’élève jusqu’aux cieux,
Dans d’autres univers elle résonne encore ;
Les anges sont pensifs, ils ne chantent pas mieux
Que ce magique orchestre entendu dès l’aurore.

Saint Fonnik, chantes-tu tes anciennes amours ?
Nous dis-tu simplement la joie de chaque jour
Dans ces nobles accords que transportent les ondes?

Si ton art musical t’a fait devenir saint,
C’est que le Créateur en avait le dessein,
Désirant illustrer la beauté de ce monde.

Cochonfucius

Sirène de sinople

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image de l’auteur

Sirène du lac, es-tu véritable ?
Ou te formes-tu des vapeurs du vin ?
Quand j’étais jeunot, vers moi tu t’en vins,
Un tel souvenir est inimitable.

Sur le bord du lac, je m’avance en vain,
La fin d’un beau songe est inévitable ;
Tu n’existais pas, c’est indubitable,
Ou tu disparus par décret divin.

Ainsi parlait un vieillard dans le vide,
Ne sachant pas si le temps est perfide ;
Un peu fatigué, digne cependant.

Or, ce vieux penseur, n’étant pas prospère,
Se sent dispensé (du moins, il l’espère)
Des jeux de hasard où l’on est perdant.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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