Recrutement d’un jeune Ouroboros

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J’ai trouvé du travail en traversant la rue,
C’est d’être Ouroboros ; donc, rien de forcené,
Le cardinal Macron m’a ce poste donné,
Que je pourrai garder, sauf en cas de bévue.

J’accepte le piston, car, toute honte bue,
La faveur du tyran ne doit pas m’étonner ;
Même, si elle allait soudain se retourner,
La retraite j’aurais, qui me resterait due.

Merci à toi Manu, fournisseur d’espérance
Sachant à tout moment transcender l’apparence
Par quoi serait l’esprit soudain désespéré ;

Merci, par-dessus tout, à ton auguste femme
Qui point ne fut pour rien nommée Première Dame,
Dont le joli prénom a des reflets dorés.

Cochonfucius

 

Prince renonçant

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Il ne veut plus séduire aucune belle ;
Il ne veut plus des fastes de la Cour.
Il reste seul en une vieille tour
D’où l’on entend les cris des hirondelles.

Il ne veut plus charmer les pastourelles
Qui vont offrant leurs timides amours ;
Il ne tient plus les savoureux discours
Qu’ont retenus ses amantes fidèles.

Il ne veut plus admirer la beauté
Dont cette Cour vibrait de tous côtés ;
Il n’aime plus cette splendeur qui brille.

La solitude est une déité
Qui maintiendra son coeur loin des cités ;
Il n’ira plus aux tavernes gentilles.

Cochonfucius

Bar d’Émile

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Toile de Tsuguharu Foujita

À Verlaine versons la douce absinthe verte ;
Aux amants, du bordeaux qui renforce le coeur ;
Aux marmitons, de quoi se divertir en choeur,
Il viendra d’autres gens, laissez la porte ouverte !

Laissez se rafraîchir cet inconnu qui chante,
Donnez-lui ce vin frais qu’il réclame toujours ;
Donnez au charpentier son calice du jour,
Car il l’acceptera sans intention méchante.

Du vin ! Du pain grillé ! Des haricots ! Du lard !
Servez l’apéritif aux grands buveurs célèbres
Ainsi qu’aux vieux banquiers à la mine funèbre ;
Sur les trottoirs, déjà, se forme le brouillard.

Mais ici, la parole et le rire font rage,
Le malheur n’entre point, la honte, le mépris
Ni le regret frappant tous ces gens incompris ;
Il est doux d’être là quand retentit l’orage.

À boire dans un seau pour ces éléphants roses !
Pour venir jusqu’à nous, bien long fut leur chemin,
Acceptez ce pinard, chers amis des humains,
Et remplissez-vous-en, ne soyez pas moroses.

À boire pour le Maître à l’éclatante gloire !
Qu’il savoure au comptoir un hydromel doré
Car c’est le temps de rire, et non point de pleurer ;
N’écoutons des corbeaux la villanelle noire.

Chers buveurs, votre zèle en cet endroit m’honore :
Vous formez en ces lieux un merveilleux tableau.
Non content de verser les boissons à grands flots,
Je rouvrirai pour vous la boîte de Pandore.

Cochonfucius

Lardonfucius

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Il marche dans les bois, des poèmes disant ;
Mais il commet aussi de la prose acérée.
Le typographe en fait des pages aérées
Que lisent en hiver les sages paysans.

C’est un cochon massif, mais il n’est point pesant,
Il progresse parmi les phrases éthérées,
Ne dédaignant jamais les lectures sacrées,
Mais il est accablé de la charge des ans.

Il ne fut jamais pauvre, il ne fut jamais riche ;
Son jardin d’agrément n’est qu’une inculte friche,
Et dans ses souvenirs, ni regrets, ni remords.

Marchant avec lenteur, il explore la glèbe,
Elle qui vivifie le grain qui semblait mort
Et fournit l’aliment de la modeste plèbe.

Cochonfucius

 

Un clair-obscur

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Toile de Patrick Basset

Dans un monde envahi d’obscure transparence,
Que peut­-on discerner sous ces sombres éclats ?
Ici n’est point le lieu d’une remise à plat,
Ni d’un essai savant sur l’être et l’apparence.

Or, certains jours, ma vie n’est qu’une déshérence,
Mon métier me paraît un piètre apostolat,
Et mes chefs ont un peu l’aspect de cancrelats
(Si j’ose formuler pareille irrévérence).

N’importe, il faut agir, les autorités veillent,
Puis, il faut accueillir les projets qui s’éveillent
Aux mains des ingénieurs surchargés de talent.

Que ne suis-­je un errant chanteur de villanelles,
Ou bien, pour composer des oeuvres plus formelles,
En une cour royale, un poète galant !

Cochonfucius

Le cochon et l’hirondelle

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Toile de Fragonard

L’hirondelle appela le cochon au parloir,
Pour qu’il eût l’occasion de déclarer sa flamme.
Le cochon n’osait pas (timide était son âme,
Il n’était pas du genre à se faire valoir).

Enfin, il accepta, dans l’ivresse d’un soir
Où le soleil couchant, dans des lueurs de drame,
Empourprait les abords des bistrots de Paname,
Faisant rougir la bière et saigner les miroirs.

Le cochon s’avança pour prendre la parole,
Et, devant ses amis (beaucoup de gens frivoles),
Fit sa déclaration, qu’il grava sur un mur.

Aux abords de son nid se tenait l’hirondelle.
Une douce émotion faisait frémir ses ailes.
Un silence survint, insondable, et très pur…

Cochonfucius

 

Saint Ophis === Ἅγιος Όφις

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Des menteurs comme moi me disent mensonger,
Moi qui détiens pourtant la sagesse immuable.
Les mensonges de Dieu sont aux miens comparables,
N’apportant aux humains qu’un doute passager.

Je dis de jolis mots, badinage léger,
Pas de quoi chambouler votre coeur, il est stable
Et par sa fermeté aux grands arbres semblable
Qui dispensent leur ombre en vos nobles vergers.

De toute vérité mon âme est assurée,
Qui de moi sortira comme elle y est entrée ;
Et comment devenir menteur, soudainement ?

Mon esprit n’entretient nulle ruse secrète,
Je ne suis qu’un serpent, que d’autres soient prophètes,
Car moi, je n’en veux pas, c’est trop d’entraînement.

Cochonfucius

Merlin et Morgane

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Toile de Edward Burne-Jones

De Morgane et Merlin la rupture écoutez.
Ils sont assis, bien seuls, au coeur de Brocéliande.
Quelques oiseaux des bois, peut-être, les entendent,
Et l’un d’eux vint me voir pour me le raconter.

Comment ont-ils vécu ce moment redouté ?
Il s’en fallut de peu que leur coeur ne se fende,
Fragile d’autant plus que leur sagesse est grande,
Souffrant à proportion de leur grande bonté.

Le mage, de longtemps, ne pourra revenir.
Ils disent, l’un et l’autre, un mot pour en finir ;

« Au fils du charpentier j’offre ce coeur diaphane :
Puisse le Créateur prendre soin de Merlin ».

« Je confie au Seigneur ton fantôme orphelin :
Puisse le Créateur prendre soin de Morgane ».

Cochonfucius

Pont de la Fauvette

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Jadis, auprès du pont, poussait un noisetier.
Le chantier d’une route a ravagé la plaine,
Les gens en ont besoin pour leurs courses lointaines;
Il n’est plus rien resté du timide sentier.

Le chêne de ces lieux en eut bien de la la peine,
Sur l’âme de l’arbuste on l’entendit prier ;
Les chênes sont souvent amis des coudriers,
Que le même zéphir baigne de son haleine.

Quand surgit le printemps, que chantent les avettes,
Qu’au ciel on voit briller la lune des fauvettes,
Revient ce noisetier au sentier disparu.

Cet arbre qui n’est plus peut oublier ses larmes
Avec ses compagnons, l’aubépine et le charme ;
L’eau passe près du lieu où l’arbuste mourut.

Cochonfucius

Va-t-il pleuvoir ?

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Toile de Waterhouse

Va-t-il pleuvoir, ciel de château d’Espagne ?
Beau ciel, s’il pleut, tu auras des radis,
S’il ne pleut pas, du colin refroidi.
Va-t-il pleuvoir, ciel du grand Charlemagne,

Beau ciel, s’il pleut, tu auras des montagnes,
S’il ne pleut pas, la mort, sans paradis.
Va-t-il pleuvoir, ciel de Roland roidi,
Beau ciel, s’il pleut, tu auras la Bretagne,

S’il ne pleut pas, flèche du Sarrazin.
Va-t-il pleuvoir, ciel de frère et cousin,
S’il ne pleut pas, nous serons en détresse ;

Va-t-il pleuvoir, ciel de sombre miroir,
Beau ciel, s’il pleut, nous irons au lavoir,
Beau ciel, s’il pleut, prend fin la sécheresse.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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