Dauphin de Langoiran

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Dauphin de Langoiran, nous te voyons goûter
À beaucoup de gibier dans ton liquide espace ;
Tu guettes les poissons, tu les suis à la trace,
Aussi, non sans raison, tu en es redouté.

Tu ne t’en prives point, car ils ne t’ont coûté
Qu’un peu de natation (qui n’est pas de la brasse) ;
Tu ne crains ni le froid, ni de boire la tasse,
Le rapide courant ne te peut dérouter.

Ainsi, pour les gardons, tu es comme une Parque
Qui sur leur courte vie pose sa froide marque ;
De moyens de défense, ils sont trop dépourvus.

Or, je t’envie parfois cette aquatique errance,
Moi qui terrestrement avec lenteur avance ;
Mais que je sois dauphin, cela n’est pas prévu.

Cochonfucius

Oiseau de Salomon

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L’oiseau de Salomon, pensif et solitaire,
Est presque indifférent à la clarté du jour ;
Car il ne souffre plus de la rigueur d’Amour
Et jamais ne pencha pour les plaisirs vulgaires.

Il voit de la magie dans les mots ordinaires.
Dans sa petite tête, ils font un beau séjour,
Il parle à l’Univers qui lui parle à son tour,
Mais on les voit aussi l’un et l’autre se taire.

Tu peux lui demander s’il converse avec Dieu ;
Mais c’est une notion secondaire, à ses yeux,
Et qui n’intervient pas bien souvent dans sa vie.

Jamais il n’envie l’aigle auprès de sa clarté,
De n’être presque rien, son âme en est ravie,
Il trouve sa lumière en cette obscurité.

Cochonfucius

Sagesse des tortues

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Image du blog Herald Dick Magazine

Les tortues sont remplies de sagesse muette,
De songer hautement, leur coeur n’est jamais las .
Sur la plage, elles vont, à minuscules pas,
Heureuses d’observer le vol vif d’une mouette.

La reine britannique en leur noblesse a cru,
Leur accordant une île en loyal apanage ;
Sur ce lointain domaine, elles font bon ménage
Avec les survivants des mondes disparus.

Cochonfucius

Cabane fraternelle

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Un vin plaisant dans de simples flacons
Puis un festin des produits de la terre ;
Dans la cabane, on se rit du tonnerre,
Léger logis qui n’a pas de balcon.

De poésie jamais nous n’abdiquons,
Mais sans aller jusqu’à partir en guerre ;
Dans ce chalet, chacun se verse un verre,
Nourris de gnose, en ce lieu nous trinquons.

L’ange, l’apôtre, ils sont sans dieu ni maître,
Aucun des deux ne voudrait être un prêtre ;
Et de leurs jours, ils sont les seuls acteurs.

Ces deux frangins forment un bel ensemble ;
Et leur destin est heureux, ce me semble,
En écrivant, ils trouvent des lecteurs.

Cochonfucius

Mouchoir de sinople

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Le roi la fit dame de ses pensées ;
La reine qui s’en aperçut un jour
A réclamé la fin de cet amour
Qu’elle trouvait une chose insensée.

Comment finir cette oeuvre commencée,
Maîtresse et roi, deux différents séjours,
Séparation sans espoir de retour,
Grande pitié, ces âmes offensées !

En quelle année reviendra leur saison ?
En quel été reviendront leurs moissons ?
Pas de saison, pas de jour, pas d’année,

Même couchant pour eux quand vient le soir,
En même rêve ils peuvent se revoir ;
Mais le bonheur n’est pas chose donnée.

Cochonfucius

Un primate, une lionne, une licorne, un chien

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Toile de Dali

Allons marcher, dit-il, au long de cette plage,
Sans nos enfants, sans rien de notre quotidien,
Sans rien que ces deux coeurs, moi le mien, toi le tien,
Au ciel nous accompagne un très petit nuage.

En rêve nous serons deux animaux sauvages,
Un primate, une lionne, une licorne, un chien,
Sans pouvoir distinguer ni le mal, ni le bien.
Seulement le désir, le plaisir, le naufrage.

Ah, mais je suis trop vieux, j’ai vécu dans le vague
Pour la plupart du temps, ces jours, et je divague.
Je ferais mieux d’aller dormir dans un grenier.

Pourtant ta voix m’attire, elle m’éveille au monde,
C’est la voix d’une muse à nulle autre seconde,
Je frémis à l’entendre, et je ne puis le nier.

Cochonfucius

Moineau-girafe des Amériques

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Le grand moineau-girafe, il vit aux Amériques :
De gueules, son plumage est un fort bel habit
Car on a l’impression qu’il est fait de rubis ;
Il parcourt les forêts, disant des chants lyriques.

Il pense à son cousin, le moineau d’Armorique
Qui dans son vaste nid range tout un fourbi
(Ça peut toujours servir, tel est son alibi)
Et qui caresse aussi des projets chimériques.

Ils s’entendent fort bien, ces deux moineaux moqueurs,
Car ils ont en commun la poésie au coeur,
Ainsi que la saveur des errances lointaines.

Or, qu’est-ce que ce monde, une farce, à leurs yeux,
Ainsi méditent-ils, buvant à des fontaines
Dont le sombre bassin reflète d’autres cieux.

Cochonfucius

 

La rose et l’hirondelle

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Photographie anonyme

La rose au long du jour contemple l’hirondelle
Et rêve de voler au soleil de l’été.
L’oiseau envie la fleur qui au sol peut rester,
Faisant l’objet des soins d’un jardinier fidèle.

Chacune croit que l’autre a une vie plus belle
Et sur son propre sort semble se lamenter,
La fleur qui ne peut pas du sol se déplanter,
L’oiseau car il lui faut voler à tire-d’aile.

Quiconque est solitaire aimerait des étreintes,
Celui qui vit en couple en subit les contraintes,
Et chacun d’envier d’un autre humain le sort.

Mais il vient à la fin le moment où s’apaisent
Ces désirs obsédants qui sur nos âmes pèsent :
Aucune fleur fanée n’envie un oiseau mort.

Cochonfucius

Dame de pourpre

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image de l’auteur

En rêve, je la vois, je ne m’en lasse pas,
Son regard pénétrant me donne du courage ;
Elle me fait subir un plaisant esclavage
Qui dissipe en mon coeur la crainte du trépas.

Elle chante mes vers et ne dit rien de bas,
Mais son corps est brûlant comme le vent d’orage ;
Le plus bel horizon, c’est de voir son visage
Dont les deux lèvres font un magique repas.

Songe d’amour est fait pour grandir, non pour nuire,
Pour enchanter le monde et non pour le détruire,
Il peut illuminer mon semblant de raison :

Ainsi va mon sommeil, sans fureur et sans crime,
Cette douce folie me semble légitime ;
Dame de pourpre, entrez toujours dans ma maison.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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