Les chiens d’Héphaïstos

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Les chiens d’Héphaïstos, de pitance comblés,
Ont attisé le feu, car point ne faut qu’il meure ;
Plus clair est ce brasier que les grands champs de blé
Qui jamais ne croîtront auprès de leur demeure.

Ces deux fiers apprentis rêvent en regardant
Au coin de l’atelier monter la flamme haute,
Croyant voir transparaître, en ce feu si ardent,
La divine clarté, L’Esprit de Pentecôte.

Pour ces deux forgerons, la flamme est une fleur
Qui montre devant eux son âme inassouvie ;
Le fer entre leurs mains changera sans douleur,
Mourant pour entamer une nouvelle vie.

Cochonfucius

Le Maître me donne un marteau

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J’ai reçu cet outil, je me demande bien
Ce qu’un marteau et moi nous pourrions faire ensemble.
Je suis fort maladroit, et j’ai ma main qui tremble,
Puis je ne sais pas trop comment cela se tient.

Héphaïstos le fait actionner par ses chiens ;
Mais je suis loin d’avoir un chien qui leur ressemble.
Aussi, dans un carton, mes outils je rassemble,
Tant d’objets sous mon toit, desquels je ne sais rien.

Sans avoir de marteau, sans doute, je peux vivre,
Car mes instruments sont ma plume et mes vieux livres,
Et la bénédiction de quelques auteurs morts.

Le marteau me regarde, il est toujours le même,
C’est un marteau sans maître ainsi que je les aime ;
M’ayant bien contemplé, il s’allonge et s’endort.

Cochonfucius

Roue de sable

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La roue que fait tourner l’énergie de la lune
Produit dans l’atelier un boucan nonpareil ;
On pourrait la brancher aussi sur le soleil,
Sur un astéroïde ou même sur Neptune.

Elle a déjà perdu sa jolie teinte brune,
Car son corps a noirci dans les nuits sans sommeil.
Nous pourrions la parer d’un enduit de vermeil,
Mais un tel goût n’est pas dans notre loi commune.

J’aime observer parfois son mouvement constant
Qui semble un leitmotiv repris à chaque instant,
Je contemple la roue et je ne sais que dire.

Peut-être la durée nous va tous consumant !
Suivre cette machine est un contentement,
Sauf, bien sûr, pour ceux qui d’autres choses désirent.

Cochonfucius

Arbre des Carnutes

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Où sont le druide et ses bonnes manières ?
Quelle est la loi de ce nouvel État
Dont les guerriers s’appellent des soldats
Et le drapeau flotte en lieu de bannière ?

Nul petit dieu ne se cache derrière
Le vaste tronc où l’écureuil s’ébat ;
Aucun héros ne vit pour les combats
Et nulle fée ne danse en la clairière.

De ce vieux temps je conserve l’honneur ;
Faute de gloire, on trouve le bonheur
Aussi longtemps qu’on a de la prudence.

Gens d’aujourd’hui, ne soyez pas jaloux
De cette époque où l’on prenait des coups,
Où les démons grouillaient en abondance.

Cochonfucius

 

Yinromulus et Remusyang

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Yinromulus a dit : «Que l’obscurité soit»,
De là surgit l’éclat de Remusyang le sage ;
Dans leur contradiction ne voyez nul outrage,
Chacun des deux est là pour faire ce qu’il doit.

Si Dieu de Lucifer se moque quelquefois,
C’est tranchant, mais ça reste en des jeux de langage;
Et Lucifer à Dieu ne porte nul dommage,
Pas plus qu’un vieux bouffon ne le ferait au roi.

D’un Yin qui s’assombrit et d’un Yang qui s’allume,
À peine pourrait-on tracer un trait de plume,
Ça n’aurait pas de sens de les montrer du doigt.

L’un peut se concentrer, l’autre se mettre à rire,
Yin va prendre sa lyre et Yang sa poêle à frire,
Ce que tu penses d’eux ne regarde que toi.

Cochonfucius

 

 

Mains de druide

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Le barde a ses secrets, le druide a ses plaisirs,
Aucun des deux ne craint les tâches rigoureuses.
La vestale, prenant des poses langoureuses,
Leur procure à tous deux l’angoisse du désir.

Si c’est sa compagnie qu’il leur plaît de choisir,
Ils voudront lui offrir des robes vaporeuses ;
Druide et barde, champions des luttes amoureuses,
Bien équitablement partagent leurs loisirs.

Eux qui sont les gardiens des mystères ultimes,
Rassurante est leur vie, car chacun les estime ;
De ce peuple gaulois, telle est l’antique foi.

Le druide, de ses mains portant la noble coupe,
Verse la force à ceux de la vaillante troupe ;
Le barde psalmodie les versets de la loi.

Cochonfucius

Dialogue des saisons

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L’été s’en alla boire un coup avec l’hiver ;
Et je les vois tous deux qui dans mon jardin fument.
Je sais que leurs propos n’auront rien de pervers,
Ils parleront du vent, de la nuit, de la brume.

Ainsi, de leurs deux voix, j’écoute le son clair ;
Car de ces dieux jumeaux la bonne humeur s’allume.
Ils ont même des mots gentils pour Lucifer,
Ils ne connaissent point l’ennui, ni l’amertume.

Leur âme, qui régit les vivants et les morts,
Accomplit sa mission sans peine et sans effort,
Et le maître de juin vaut celui de décembre.

Pouvez-vous, immortels, éprouver de l’ennui ?
Vous ne voyez passer ni les jours, ni les nuits :
Vous vivez au grand air, vous n’avez pas de chambre.

Cochonfucius

 

Dieu-Taureau

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J’aime le dieu-taureau, c’est le dieu de l’espoir ;
Les bons, les mauvais jours, son sourire est le même,
Il n’est jamais vaincu par la douleur extrême,
Et n’écrase jamais les gens de son pouvoir.

Il est doux à entendre, il est plaisant à voir,
Il sait rester serein dans l’inframonde blême
Ou parmi les tombeaux. Envers tous ceux qu’il aime,
Il s’investit beaucoup, sans jamais décevoir.

Il oublie volontiers les oeuvres qu’il a faites,
Mais nous les conservons, sans les laisser périr,
Nous sommes enchantés de leur forme parfaite.

Dans les temps de malheur, il peut nous secourir,
Inspirer des auteurs, éveiller des prophètes,
Or, comme tous les dieux, il sait qu’il doit mourir.

Cochonfucius

Saint Pliste

 

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Saint Pliste ne sait plus quel peut être son âge,
Ni comment on s’y prend pour être un séducteur
Il fréquente surtout les bienveillants docteurs,
Il ne voudra jamais toucher son héritage.

Il est satisfait d’être un obscur personnage,
Dans son petit terrain, n’ayant pas de tracteur,
Il cultive le blé, sans être un producteur,
Puis va boire une pinte au troquet du village.

La vieillesse le rend relativement sage,
Car du fleuve de l’être il perçoit l’autre bord ;
Sa nef n’a plus de voile et n’a plus d’équipage,

Plusieurs de ses sonnets apprivoisent la mort ;
Il ne fut pas seigneur, il fut un petit page,
Ce qui, selon son âme, est un plus digne sort.

Cochonfucius

Roi du nuage de grêle

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Ce grand roi nébuleux ne vit pas sur la terre ;
Il n’aime point la grêle, il en fait pour autrui,
Car il n’en a jamais aucun besoin pour lui ;
Il lance les grêlons, comme de lourdes pierres.

C’est la terreur de l’aigle aux effrayantes serres,
C’est de la destruction, c’est un horrible bruit,
Maudit soit ce monarque, un démon le conduit,
Et le roi de l’averse est bien plus débonnaire.

Quelques-uns ont voulu l’attaquer au canon
Mais sans même froisser son obscur gonfanon ;
Ce roi, sans rémission, s’acharne sur ses proies.

Montons, pour l’observer, au sommet d’une tour,
Voyons-le dévaster la campagne alentour
Et prions Jupiter afin qu’il le foudroie.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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