Nuage de neige

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Toile de Waterhouse

Va-t-il neiger demain, ciel de corbeau tordu ?
Ciel de corbeau, s’il neige, on boira du champagne,
Et s’il ne neige pas, du cidre de Bretagne.
Va-t-il enfin neiger, ciel de cochon pendu,

Ciel de cochon, s’il neige, on verra des montagnes,
Et s’il ne neige pas, des continents perdus.
Va-t-il neiger ce soir, ciel de pluvian fondu,
Ciel de pluvian, s’il neige, on aura des lasagnes,

Et s’il ne neige pas, du pain de sarrasin.
Va-t-il bientôt neiger, ciel de jus de raisin,
Ou, s’il ne neige pas, ciel de jus de carotte ;

Va-t-il neiger un jour, ciel de sombre arrosoir,
Ciel d’arrosoir, s’il neige, il ne va point pleuvoir,
Ciel d’arrosoir, s’il pleut, nous porterons des bottes.

Cochonfucius

Scribes respectueux

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Celui dont le regard filtre convenablement les inscriptions | Celui qui fragmente les octosyllabes | Ceux dont les recueils sont prévus posthumes |

*

Celui qui voit un catoblépas mais heureusement, le catoblépas ne le voit pas | Celui qui voit une lyre et croit que c’est une cloche | Ceux qui voient un barde et un centaure en train de se marrer tous les deux | Ceux qui ne savent pas si c’est du Claude Larre ou du Cochonfucius |

*

Ceux qui ont passé du Saint-Emilion à la Leffe pression | Celle qui estime que le Pays de Neige préfigure le Pays de Poésie | Celui qui considère son jardin comme une friche (d’artiste) | Ceux qu’on dit fondus et ils en restent confondus | Celle qui inventorie les attributs du comportement, la miséricorde ou la grâce, d’un côté, la rigueur ou le jugement, de l’autre | Celui qui est séduit par la grâce et la splendeur des méduses | Celui qui trace quelques vers, à la grâce de Victor Segalen |

*** et tous les autres !

Cochonfucius

Témoignage d’admiration

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Je te lis volontiers, mon vieux François Coppée !
Une idée que ta plume a bien développée
S’orne d’un naturel et rigoureux décor ;
Que ce soit de Roland les vains appel de cor,
Ou des grands destriers la solennelle halte,
Ou d’un gars de ton temps l’errance sur l’asphalte,
Tu mijotes tout ça dans ton joli chaudron
Et l’offres, cuit à point, à ceux qui le voudront ;
Tel un bon boulanger mettant sur sa galette
Plus d’or que ne le peut d’un peintre la palette.

Cochonfucius

‘Twas but a match, juste une allumette

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Liliana Negoi and C.

‘Twas but a match that stood between our senses,
A match that shivered, waiting to be lit
And at its turn to torch the stubborn fences
Preventing our two lifelines to befit.

Voici juste une allumette
Au tremblement de ta main,
Se pourrait-il qu’elle mette
La flamme aux murs inhumains ?

“Let there be fire!”, begged silently each heartbeat,
“Let there be flames!”, was written in our eyes,
But spoken words were like the blandest dust sheet
Beshadowing the wings of butterflies.
So we behaved and played our best defences
Against ourselves, without the slightest frown,
We dressed our thoughts in all the false pretences
And let our dreams of love to slowly drown.

Nos mots furent trop légers,
Des écailles de phalènes ;
Nous ne pouvions plus songer
À partager nos haleines.

‘Twas but a match that stood between our senses.
We watched it both and then we cast it down.

Voici juste une allumette,
Que l’on rejette.

Liliana et Cochonfucius

Rimbaud à Roncevaux

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image de l’auteur

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie,
Avance vers l’Espagne avec le fier Roland.
De Sarrazins feront grandiose boucherie ;
Déjà leur pas est vif, et leur coeur est ardent.

L’empereur aime mieux la guerre qu’une orgie,
Sur un champ de bataille est plus de liberté
Qu’en une riche salle éclairée de bougies.
Tout le jour il chevauche, et n’est point éreinté.

Roland est absorbé dans sa pensée muette.
Il craint que l’avenir n’apporte du remords,
Il craint la damnation, s’il ne craint pas la mort.

Turpin marche, tenant les saintes amulettes,
Il voit passer au ciel un nuage de feu :
«Seigneurs, s’exclame-t-il, il ne faut tenter Dieu.»

Cochonfucius

Jeux de mains

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image de l’auteur

Ah, combien émouvant le contact d’une main,
Celle qui encourage ou celle qui supplie ;
À cette force douce une autre main se plie,
En elle disparaît la peur du lendemain.

Que l’on avance ou non par les mêmes chemins,
Que règne l’allégresse ou la mélancolie,
Le toucher d’une main, jamais on ne l’oublie ;
C’est l’illumination de tout le corps humain.

C’est le secret canal par où l’esprit devine
La chaleur diabolique ou la fraîcheur divine,
Et même les émois d’un vieux coeur accablé.

Je me souviens, d’ailleurs… Mais comment parler d’elle?
Même si quelque chose en moi reste fidèle,
Ma main n’écrirait pas plus d’un mot sans trembler.

Cochonfucius

Lune de la fauvette

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image de l’auteur

Dans le lointain cosmos, mille étoiles s’allument ;
Mais nul regard humain ne les vient admirer,
Nul faiseur de sonnets pour eux n’a soupiré ;
C’est à quelques oiseaux que la vie se résume.

La fauvette a posé son nid doublé de plumes
Au hasard d’une lune, en un lieu retiré ;
Par cette aridité, son coeur fut inspiré,
Ne regrettant jamais nos matinales brumes.

Au printemps, ses enfants sont nourris, grain par grain ;
On les entend jaser ainsi que des serins
Dans l’étrange atmosphère où jamais il ne neige,

Où nul être ne craint les caprices du temps.
Comment ai-je entendu ces oisillons chantants ?
Il me fallut user de puissants sortilèges.

Cochonfucius

Ambicoq de sinople

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image de l’auteur

Au poulailler du comte, il est maître d’école ;
Il instruit dans la Loi les poussins innocents,
Il leur apprend aussi à compter jusqu’à cent
Et à ne point nourrir une espérance folle.

Il leur dit le danger de l’épervier qui vole,
Aussi, que le goupil est un danger constant,
Que l’hirondelle au ciel ne fait pas le printemps,
Que sans doute leur vie est un songe frivole.

Leur père les instruit, le comte les nourrit,
Dès le lever du jour, leur mère leur sourit,
Tel est l’heureux destin de la troupe emplumée.

Ils posent des questions quand ils ont mal compris,
Car d’un noble savoir les poussins sont épris :
Leur coeur est en ce monde une lampe allumée.

Cochonfucius

D’or et de sinople

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image de l’auteur

Le boeuf étant absent, c’est le rhinocéros
De sinople qui sert au coq d’or de monture ;
Mais du gallinacé le superbe logos
N’a certes point perdu sa sonore texture.

Il dit : Je n’allais point choisir un mérinos,
Toi, rhinocéros vert, force de la nature,
Tu serais digne d’être un porteur d’albatros ;
Tu es un monument parmi les créatures.

De ce point élevé, je propage ma voix
Tout au long de la plaine et tout au long des bois
Dans le but d’édifier mes amis volatiles ;

Je suis mieux sur ton dos que sur un vieux clocher ;
Et plein de bonne humeur, quand je vois approcher,
Courant à tes côtés, le pluvian fluviatile.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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