Baronne serrurière

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image de l’auteur

Son compagnon est une fine lame,
Il est très fort, il est charmant et beau ;
Elle détient les clés du vieux château
Et le bûcher aux vigoureuses flammes.

Héphaïstos a parlé à son âme,
Lui qui menait les démons en troupeaux,
Lui qui portait d’Olympe le drapeau,
Que n’aurait-il donné à cette femme !

Quelques leçons prises chaque matin
De la serrure expliquent les rouages ;
Et comme un feu qui jamais ne s’éteint,

La connaissance, à la personne sage,
Donna pouvoir sur l’aveugle destin ;
Serrurerie devint son apanage.

Cochonfucius

La vie dans le jardin

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Toile de Kenyon Cox

Adam demande à Dieu de créer une femme.
Dieu répond : «Il me faut réfléchir, de sang froid,
Pour savoir si cela sert le bien de ton âme ;
Mais de le demander, tu en as bien le droit.»

Dieu, ayant réfléchi, dit : « Qu’est-ce que tu aimes,
Adam, chez une femme ?» Adam reste pensif,
Car il n’a pas beaucoup travaillé sur ce thème ;
Il sent qu’il ne faut pas se montrer impulsif.

Dieu dit : « La tâche n’est, certes, pas trop banale ;
Si je la réussis, ça fera des jaloux. »
Il se met au travail, il s’active, il s’emballe,
Il fait une poupée qui n’est pas mal du tout.

Et voici la plus douce entre les créatures,
À qui le serpent chante aussitôt un couplet :
« Serpent, tu viens de Dieu, dit-elle, j’en suis sûre ;
Tu viens me signaler ce qui vraiment lui plaît.»

La suite, on peut la lire en un énorme livre,
Enluminé pour les délices de nos yeux,
Et qui nous dit comment mourir, et comment vivre
(Mais parfois, on ne sait si ce livre est sérieux).

Cochonfucius

Dragon de Lugon

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image de l’auteur

— Vieux dragon de Lugon, où furent tes amours ?
— Moi, je fus amoureux à Formose en Asie,
Mais ce fut simplement un jeu qui tourna court,
Un jeu de transgression, un feu de jalousie.

— Mais qu’allais-tu donc faire en ce lointain séjour ?
— Que veux-tu, j’étais jeune, et plein de frénésie,
Je lisais du chinois, la nuit comme le jour,
J’étais plein de tendresse et plein de fantaisie.

— N’as-tu point regretté que l’on t’aimât si peu ?
Non, j’ai fait connaissance avec de nobles dames,
Puis elles m’ont largué, ce ne fut pas un drame.

— Pourquoi ne craches-tu, vieux dragon, plus de feu?
— Ce feu me sert encore à réchauffer mon âme,
Il peut même brûler pour une femme, ou deux.

Cochonfucius

Dauphin de Langoiran

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image de l’auteur

Dauphin de Langoiran, nous te voyons goûter
À beaucoup de gibier dans ton liquide espace ;
Tu guettes les poissons, tu les suis à la trace,
Aussi, non sans raison, tu en es redouté.

Tu ne t’en prives point, car ils ne t’ont coûté
Qu’un peu de natation (qui n’est pas de la brasse) ;
Tu ne crains ni le froid, ni de boire la tasse,
Le rapide courant ne te peut dérouter.

Ainsi, pour les gardons, tu es comme une Parque
Qui sur leur courte vie pose sa froide marque ;
De moyens de défense, ils sont trop dépourvus.

Or, je t’envie parfois cette aquatique errance,
Moi qui terrestrement avec lenteur avance ;
Mais que je sois dauphin, cela n’est pas prévu.

Cochonfucius

Oiseau de Salomon

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image de l’auteur

L’oiseau de Salomon, pensif et solitaire,
Est presque indifférent à la clarté du jour ;
Car il ne souffre plus de la rigueur d’Amour
Et jamais ne pencha pour les plaisirs vulgaires.

Il voit de la magie dans les mots ordinaires.
Dans sa petite tête, ils font un beau séjour,
Il parle à l’Univers qui lui parle à son tour,
Mais on les voit aussi l’un et l’autre se taire.

Tu peux lui demander s’il converse avec Dieu ;
Mais c’est une notion secondaire, à ses yeux,
Et qui n’intervient pas bien souvent dans sa vie.

Jamais il n’envie l’aigle auprès de sa clarté,
De n’être presque rien, son âme en est ravie,
Il trouve sa lumière en cette obscurité.

Cochonfucius

Sagesse des tortues

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Image du blog Herald Dick Magazine

Les tortues sont remplies de sagesse muette,
De songer hautement, leur coeur n’est jamais las .
Sur la plage, elles vont, à minuscules pas,
Heureuses d’observer le vol vif d’une mouette.

La reine britannique en leur noblesse a cru,
Leur accordant une île en loyal apanage ;
Sur ce lointain domaine, elles font bon ménage
Avec les survivants des mondes disparus.

Cochonfucius

Cabane fraternelle

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image de l’auteur

Un vin plaisant dans de simples flacons
Puis un festin des produits de la terre ;
Dans la cabane, on se rit du tonnerre,
Léger logis qui n’a pas de balcon.

De poésie jamais nous n’abdiquons,
Mais sans aller jusqu’à partir en guerre ;
Dans ce chalet, chacun se verse un verre,
Nourris de gnose, en ce lieu nous trinquons.

L’ange, l’apôtre, ils sont sans dieu ni maître,
Aucun des deux ne voudrait être un prêtre ;
Et de leurs jours, ils sont les seuls acteurs.

Ces deux frangins forment un bel ensemble ;
Et leur destin est heureux, ce me semble,
En écrivant, ils trouvent des lecteurs.

Cochonfucius

Mouchoir de sinople

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image de l’auteur

Le roi la fit dame de ses pensées ;
La reine qui s’en aperçut un jour
A réclamé la fin de cet amour
Qu’elle trouvait une chose insensée.

Comment finir cette oeuvre commencée,
Maîtresse et roi, deux différents séjours,
Séparation sans espoir de retour,
Grande pitié, ces âmes offensées !

En quelle année reviendra leur saison ?
En quel été reviendront leurs moissons ?
Pas de saison, pas de jour, pas d’année,

Même couchant pour eux quand vient le soir,
En même rêve ils peuvent se revoir ;
Mais le bonheur n’est pas chose donnée.

Cochonfucius

Un primate, une lionne, une licorne, un chien

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Toile de Dali

Allons marcher, dit-il, au long de cette plage,
Sans nos enfants, sans rien de notre quotidien,
Sans rien que ces deux coeurs, moi le mien, toi le tien,
Au ciel nous accompagne un très petit nuage.

En rêve nous serons deux animaux sauvages,
Un primate, une lionne, une licorne, un chien,
Sans pouvoir distinguer ni le mal, ni le bien.
Seulement le désir, le plaisir, le naufrage.

Ah, mais je suis trop vieux, j’ai vécu dans le vague
Pour la plupart du temps, ces jours, et je divague.
Je ferais mieux d’aller dormir dans un grenier.

Pourtant ta voix m’attire, elle m’éveille au monde,
C’est la voix d’une muse à nulle autre seconde,
Je frémis à l’entendre, et je ne puis le nier.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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