Moine de pourpre

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C’est un moine esseulé qui priait vaguement
Au fond de sa cellule étroite et bien fermée,
Et même, il évoquait sa sainte bien-aimée :
Cela lui procurait un étourdissement.

C’est un moine reclus, ce n’est pas un amant,
Jamais le grand amour dans son âme pâmée
N’a donné libre cours à sa grâce embaumée,
Son coeur se fait plus faible à chaque battement.

Il a le souvenir d’un ancien paysage,
Ou peut-être un sourire, ou peut-être un visage,
Ou la voix d’une ondine au milieu des roseaux ;

Même en allant prier le dieu de porcelaine,
D’impossibles amours est sa cervelle pleine,
Comme le Saint-Esprit qui planait sur les eaux.

Cochonfucius

Pays de Cléopâtre

dans-la-pyramide

Composition de Cochonfucius

La pyramide est refermée
Sur ses explorateurs discrets.
N’en ressens-tu pas le regret,
Reine sobrement parfumée ?

La ruse imparable tramée
Par l’adversaire, on s’y soustrait :
Un chien, malin comme un furet,
Nous délivre, en es-tu charmée ?

La reine lit, d’un air songeur,
L’admirable album en couleurs,
En dégustant les moindres bribes.

Enfin, n’en croyant pas ses yeux,
Elle a prié pour que les dieux
À pareil art forment ses scribes.

dlp

Cochonfucius

Au jardin potager

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Cette année, les jardins sont de toute beauté
Quand on aime une friche et qu’on se croit poète,
Quand on a, le matin, des chansons plein la tête ;
Aux douceurs de l’été, je ne puis résister.

J”aime tout ce qui pousse en des lieux écartés,
Loin du pesant labeur et loin des folles fêtes ;
J’observe un terrain vague et voilà, je m’arrête,
Il ne faut rien de plus à ma félicité.

Ici-bas se poursuit mon humble destinée ;
Quelques livres posés sur une cheminée
Racontent des jours gris, de beaux jours, des jours noirs.

Jamais trop de sagesse et point trop de folie,
Tâches que ce vieillard d’un jour à l’autre oublie,
Mais jamais en taverne il n’oublie de s’asseoir.

Cochonfucius

Conversation sans importance

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C’est un loup qui plaisante avec le goupil gris ;
La canicule est loin, leur coeur n’a pas de peine,
Ils bavardent, bien loin des rives de la Seine,
Un hibou dans le soir lance son léger cri.

Le loup, se souvenant des mots de Saint Denis,
Raconte au vieux renard cette époque sereine ;
Le renard, familier du château de Vincennes,
Aime entendre parler de ce monde aboli.

— Loup, que ferons-nous donc dans le bois cette nuit,
Baignant nos deux regards dans la lune qui luit ?
Ou disparaîtrons-nous au hasard de la brume,

Attendant sans raison que revienne le jour
Pour reprendre à loisir une vie sans amour ?
— Renard, rien ne te sert une telle amertume.

Cochonfucius

Voyage illusoire

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Maître Coq entreprit un voyage fictif ;
Sachez qu’en pareil cas, modeste est la dépense,
Il comptait sur la chance et sur la providence,
Lui, le globe-trotter, explorateur actif.

Or, du gallinacé partageant l’espérance,
On vit se mettre en route un éléphant massif,
Un paisible animal, nullement impulsif,
Qui put le soutenir de son intelligence,

De l’étrange périple, ont-ils le souvenir ?
Ont-ils été ravis de pouvoir revenir
Au village, accueillis par le maire en personne ?

De ce trajet d’antan le récit s’est perdu,
Comme l’on perd souvent ce que la vie nous donne,
Ou l’amour, qui jamais ne nous sera rendu.

Cochonfucius

Romulursus et Remursus

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Ces deux grands ours d’azur se partagent ces lieux ;
Ils boivent du bon vin sous les vastes tonnelles.
Quand, au fil des années, la vie se renouvelle,
Ils bénissent tous deux l’éternité des cieux.

Ce sont des ours d’azur, ce ne sont pas des dieux,
Ils ne savent pas si leur âme est immortelle ;
Le demandant au ciel de lumière éternelle,
Ils en ont pour réponse un clin d’oeil, rien de mieux.

Ce terroir partagé n’est pas dans la misère,
Les écureuils du bois n’ont pas la vie amère ;
D’un climat souriant ils ont eu la faveur.

Les ours mangent des fruits, que voulez-vous qu’ils fassent,
Sans déclarer jamais que la terre est trop basse,
N’ayant ni charpentier, ni juge, ni sauveur.

Cochonfucius

Sagesse de la tavernière

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Composition de l’auteur d’après Adriaen-Janz Ostade

Que nul gosier ici ne demeure asséché !
Sachez-le, visiteurs qui franchissez ma porte,
Vous trouverez ici un choix de boissons fortes
Et je souris aussi aux clients éméchés.

J’aime ceux du comptoir, légèrement penchés,
Débitant leurs propos d’une voix un peu forte,
Pour qui mon injonction n’est jamais lettre morte ;
Ils ne sont pas pressés de partir se coucher.

Certains dans cet endroit aiment prendre racine :
Celui qui versifie et celui qui dessine,
Celle qui boit les mots du conteur inspiré ;

Quand ils ont assez bu, je leur en verse encore,
Afin qu’ils soient dispos pour saluer l’aurore ;
Dispos, ou presque tels, ou un peu déchirés.

Cochonfucius

Le sphinx et le charpentier

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Composition de l’auteur

Le fils du charpentier se retire au désert.
En quelques jours de marche, il en atteint le centre
Sans s’accorder de pause et sans charger son ventre.
Un vautour trace haut son cercle dans les airs.

Au bas d’une falaise, un passage entrouvert :
De vieux textes ont dit qu’il débouche sur l’antre
Du sphinx, en précisant : « Surtout, que nul n’y entre
Car l’occupant des lieux est franchement pervers. »

Le fils du charpentier, à cet être farouche,
S’est permis d’apporter des provisions de bouche :
Il a rompu le pain face au monstre écumant.

« Crois-tu qu’un tel présent t’épargne le supplice ?
As-tu, pour te défendre, un quelconque instrument ? »
« Ne t’en fais pas pour moi, cousin, j’ai mon calice. »

Cochonfucius

Baalromulus et Remusbaal

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image de l’auteur

Les serpents ennemis se tiennent au jardin,
Et malgré leur noirceur, ils sont nobles et dignes ;
Ils dressent leur longs cols qui m’évoquent des cygnes,
J’ai de l’admiration pour leur corps méandrin.

Ils ne peuvent savoir quel sera leur destin,
Ces maîtres du désert, ces reptiles insignes :
Dans leur comportement, je ne peux lire un signe,
En herpétologie, je ne suis pas si fin.

Je ne sais d’où ils sont, ni vers où ils retournent,
Eux qui en inframonde apparemment séjournent ;
Ou bien dans un refuge, au creux du sable gris.

Même, on les voit parfois s’amuser dans la vase
Qu’ils nomment du gazon, mais c’est une antiphrase,
Rien de tel qu’un serpent pour faire de l’esprit.

Cochonfucius

Le seigneur du trou noir

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image de l’auteur

Il n’en sort jamais rien, pas même un photon rose ;
Mais, au coeur du trou noir, est un grand pavillon
Où demeure un Seigneur, maître des tourbillons
Et d’engloutissements qu’il chante en belle prose.

Puits gravitationnel que la matière arrose,
Toi qui peux moissonner sans creuser de sillons,
Vainement Cupidon te lance un aiguillon,
Au coeur de ce néant, lourdement il se pose.

L’empereur de ces lieux, chaussé de charentaises,
Inspecte le bilan de ses douze diocèses
Dont chaque évêque fut par ses soins consacré.

Tout cela n’est connu que par quelques légendes
Sur cet endroit fermé, que, dit-on, ne transcende
Pas un seul neutrino, pas un photon nacré.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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