Cuisiner en musique

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Du fond de la cuisine, on se plaît à entendre
La mélodie qui semble aussi charmer le feu,
Le faisant, pour un peu, renaître de ses cendres,
Bonheur du mélomane et joie du cordon bleu.

J’ai presque vu danser le fourneau lourd et large
Qui faillit se changer en âtre migrateur ;
Son ronflement faisait comme une note en marge
Du chant inégalé d’un grand compositeur.

Valets de l’empereur, qui cuisinez dans l’ombre,
Jaloux du fier destin des chevaliers errants,
Sachez que bien souvent leur vie n’est que décombres,
Cuisiner en musique est bien plus attirant.

Cochonfucius

Sagesse du goupil de pourpre

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Le goupil demeure caché
Même si quelques souris dansent ;
Il se repose, il rêve, il pense
En écoutant le vieux clocher.

S’il est par l’odeur alléché
D’un noble camembert de France,
Il reste dans l’indifférence,
Sans parler au corbeau perché.

Il ne revendique nul titre,
Il ne veut pas porter de mitre ;
Il laisse vivre les poissons.

Il lui souvient, dans l’aube grise,
D’une chanson jadis apprise
D’un prince, un étrange garçon.

Cochonfucius

Planète Triskell

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La planète survit près d’un soleil noirci ;
On y voit des déserts et des zones humides,
Des primates malins, des acariens livides
Et des sylphes dansant sous le ciel obscurci.

Vastes sont les étangs, l’air en est adouci ;
Les poissons parcourant ces étendues liquides
Aux plongeurs tout un jour peuvent servir de guides,
Le pourboire avec eux n’est jamais un souci.

La planète Triskell n’a pas de soeur aînée,
Reine de son système elle fut couronnée,
Par ses propres vivants : il est vrai qu’à leurs yeux

On ne trouvera pas une terre plus belle,
Ils ont le plus grand soin de lui rester fidèles
Et d’orner son image à la face des cieux.

Cochonfucius

 

Trois lunes de pourpre

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Trois lunes dans les cieux, trois augustes flambeaux
Éclairent le verger aux odeurs de cannelle ;
On dirait qu’il en tire une force nouvelle,
Comme font en buvant les enfants au berceau.

Pas très loin, dans le noir, se dressent des tombeaux
Où l’on ne voit dormir aucune âme immortelle ;
Car ils ne sont pas faits pour la gloire éternelle,
Mais pour l’ombre profonde et le cri des corbeaux.

Ces morts ont-ils connu les joies de la vieillesse ?
Quelques-uns sont tombés en leur prime jeunesse,
Lequel de ces deux sorts est le plus rigoureux ?

Cette nuit, vainement, j’interroge leur cendre :
Ont-ils eu du plaisir ? Furent-ils malheureux ?
Aucun d’eux à parler ne voudra condescendre.

Cochonfucius

Portail hermétique

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Non, je n’ai pas les clés du portail de ma vie.
Je vois se succéder les hivers, les étés,
Les jours qui me défont et les jours qui m’enchantent ;
L’âme parfois morose et bien souvent ravie.

La vie, je n’en ai pas appris la mélodie ;
Je scrute l’horizon, pensif, de tous côtés.
Les nuages là-bas semblent se répéter
Quand ils ornent le ciel de leur forme alourdie.

Je ne puis retrouver mes anciennes ivresses,
Je le tente pourtant, mais non sans maladresse,
Car aux meilleurs conseils, l’esprit se montre sourd.

Mais j’aime les sentiers où ne passe personne,
Où le chant des oiseaux savoureusement sonne ;
Et puis, le souvenir étrange de l’amour.

Cochonfucius

Dame de légende

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Toile de Georges Henri Rouault 

Banville te chante, ô Dame du Ciel,
Et Villon offrant un chant à sa mère.
Tu entends prier les rois de la Terre
À qui tu dis des mots providentiels.

À l’ermite Jean, tu portas du miel,
Lui dont les criquets furent l’ordinaire;
Sur ton front, il mit trois gouttes d’eau claire,
Geste d’affection, fort confidentiel.

Comme il faisait bon chez le charpentier,
Et comme son fils avait du courage
Lorsqu’il affronta les coeurs pleins de rage
Qui de sa douceur n’ont pas eu pitié !

Tu l’avais compris, c’est un dur métier
Que de se vouloir prophète au village ;
Et ce bel enfant, qu’aimaient les Rois Mages,
Ne fut point nourri près d’un bénitier.

Cochonfucius

Chasse au trésor

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Trésor jadis perdu, peut-être par un dieu,
Mais il est enterré dans un lieu que j’ignore ;
Où sont les dieux d’antan ? Car nul ne les adore,
On ne les voit jamais se montrer à nos yeux.

Trésor, te serais-tu envolé dans les cieux ?
La magie d’autrefois fonctionne-t-elle encore ?
Celle que nous avons ici ne vaut pas mieux.
Je te cherche partout, me levant dès l’aurore,

Oubliant mon travail, oubliant mes amours,
Oubliant de manger mon pain de chaque jour,
Et creusant dans la terre et plongeant dans les ondes.

Je prie le Créateur et je prie tous les saints
Qu’ils me disent un mot, me fassent un dessin,
Me signalent un point sur la carte du monde.

Cochonfucius

 

Tiennot voit des fleurs

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Tiennot, plaignant sa pauvre destinée,
Erre au jardin où fleurit le souci,
Et la pensée, et bien d’autres aussi ;
Et tout cela, de manière ordonnée.

De sa venue ne sont pas étonnées
En ce beau jour, les quelques fleurs d’ici ;
Ça fait longtemps qu’il les vient voir ainsi,
Pour cette paix qu’elles lui ont donnée.

La Boétie devant elles s’incline,
En murmurant des mots qu’elles devinent,
Il le sait bien, ces paroles sont vaines.

Ce bel instant soulage son tourment,
Il est ainsi, ce malheureux amant,
Seul un jardin peut apaiser sa peine.

Cochonfucius

Trois plumes d’azur

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C’est la plume d’antan, plus douce qu’une femme,
Qui me tint compagnie pendant les soirs d’hiver ;
La plume du présent trace un langage clair
Qui tente, chaque jour, de refléter mon âme.

La plume du futur sera-t-elle une flamme
Brûlant bien au-delà de la mort de ma chair ?
Ces trois plumes, parlant à ceux qui me sont chers,
Ne sont que des roseaux, d’insignifiants calames.

Mais je sais qu’au printemps, sur ma table de bois,
J’aurai certainement la plume entre les doigts,
Plume qui ornemente et plume qui élague.

Ou bien, j’irai sur l’herbe, au rebord des fossés,
Brasser des illusions, trouver des idées vagues
Puis rire au souvenir d’encriers renversés.

Cochonfucius

Univers lacunaire

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Ce monde est un filet auquel manquent des mailles ;
Une ébauche, une esquisse, un travail d’amateur,
Mais le barde aime ça, il en parle en flatteur,
Charmé par cette nef allant vaille que vaille.

À mesure qu’il lit, qu’il apprend, qu’il travaille,
Il admire un peu plus ce séjour enchanteur
Où le ciel estival se hâte avec lenteur,
Pendant que le rimeur activement rimaille.

Ce jardin est plaisant, mille bouddhas sont là,
Mettant à chaque instant les problèmes à plat,
Nous rendant chaque jour d’invisibles services.

Ou bien, qui le saura, c’est un monde sans loi,
Sans amour ni raison, sans jardin et sans croix,
Mais alors, nous verrons de l’humour dans ce vice.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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