Dieu-Taureau

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J’aime le dieu-taureau, c’est le dieu de l’espoir ;
Les bons, les mauvais jours, son sourire est le même,
Il n’est jamais vaincu par la douleur extrême,
Et n’écrase jamais les gens de son pouvoir.

Il est doux à entendre, il est plaisant à voir,
Il sait rester serein dans l’inframonde blême
Ou parmi les tombeaux. Envers tous ceux qu’il aime,
Il s’investit beaucoup, sans jamais décevoir.

Il oublie volontiers les oeuvres qu’il a faites,
Mais nous les conservons, sans les laisser périr,
Nous sommes enchantés de leur forme parfaite.

Dans les temps de malheur, il peut nous secourir,
Inspirer des auteurs, éveiller des prophètes,
Or, comme tous les dieux, il sait qu’il doit mourir.

Cochonfucius

Saint Pliste

 

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Saint Pliste ne sait plus quel peut être son âge,
Ni comment on s’y prend pour être un séducteur
Il fréquente surtout les bienveillants docteurs,
Il ne voudra jamais toucher son héritage.

Il est satisfait d’être un obscur personnage,
Dans son petit terrain, n’ayant pas de tracteur,
Il cultive le blé, sans être un producteur,
Puis va boire une pinte au troquet du village.

La vieillesse le rend relativement sage,
Car du fleuve de l’être il perçoit l’autre bord ;
Sa nef n’a plus de voile et n’a plus d’équipage,

Plusieurs de ses sonnets apprivoisent la mort ;
Il ne fut pas seigneur, il fut un petit page,
Ce qui, selon son âme, est un plus digne sort.

Cochonfucius

Roi du nuage de grêle

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Ce grand roi nébuleux ne vit pas sur la terre ;
Il n’aime point la grêle, il en fait pour autrui,
Car il n’en a jamais aucun besoin pour lui ;
Il lance les grêlons, comme de lourdes pierres.

C’est la terreur de l’aigle aux effrayantes serres,
C’est de la destruction, c’est un horrible bruit,
Maudit soit ce monarque, un démon le conduit,
Et le roi de l’averse est bien plus débonnaire.

Quelques-uns ont voulu l’attaquer au canon
Mais sans même froisser son obscur gonfanon ;
Ce roi, sans rémission, s’acharne sur ses proies.

Montons, pour l’observer, au sommet d’une tour,
Voyons-le dévaster la campagne alentour
Et prions Jupiter afin qu’il le foudroie.

Cochonfucius

Ange photophore

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Ce n’est point de l’Amour le petit ange blond ;
Il ouvre rarement son invisible bouche.
Chaque fois qu’il le fait, cependant, ça nous touche,
Ces étranges discours qui ne sont pas très longs.

Arborant deux flambeaux quand le soleil se couche,
Il salue les démons dans le ciel vermillon
(Il est vrai qu’à ses yeux, ce sont des papillons) ;
Il bénit le moustique, il dit bonsoir aux mouches.

Puis je le vois prier au temple, hardiment,
Sans pouvoir deviner quels sont ses sentiments,
Car le son de sa voix n’atteint pas mon oreille ;

Je ne sais que penser de cet ange irréel
Qui plane dans les airs en robe de pastel,
Je ressens près de lui une paix nonpareille.

Cochonfucius

Par Daniel, l’Esprit parle (2)

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Toile de Henry Ossawa Tanner

Daniel dit : « Je suis pur du geste qui profane
Ce que le Créateur fit de plus lumineux ;
Mon coeur n’est pas atteint par l’oeil libidineux
De l’épouse innocente, ou de la courtisane ;

Mais il peut être ému par les pleurs de Suzanne
Que voulait condamner un juge rigoureux.
Je la défends, non point pour être aventureux,
Mais pour que de nos lois nul diable ne ricane.

Si cette histoire, un jour, était l’objet d’un livre,
Elle dirait aux gens comment nous devons vivre
Avec les tentateurs, avec les malveillants. »

Daniel est par la suite enfermé chez les fauves,
Mais, plein d’égards pour lui, le Créateur le sauve
Comme il sauva Suzanne, en se montrant vaillant.

Cochonfucius

Par Daniel, l’Esprit parle (1)

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Toile de Giuseppe Bartolomeo Chiari

Dans son jardin, quand se baigna Suzanne,
Sont apparus deux vieillards tentateurs.
Lui parlant comme à une courtisane,
Ils ont tenté d’obtenir ses faveurs.

Elle a dit non au geste qui profane
Sans rémission l’oeuvre du Créateur ;
Et, poussés par le démon qui ricane,
Les deux vieillards se font accusateurs.

Et la voici conduite par la foule ;
Et peu s’en faut que son sang ne s’écoule
Sur le parvis du lieu sacrificiel.

Mais une voix s’élève alors, puissante,
Qui fermement la déclare innocente :
Et le démon se soumet à Daniel.

Cochonfucius

Baleine de gueules

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Cette baleine a mangé l’horloger
Au temps où nous passions les Canaries ;
S’il est vivant, que le fils de Marie
Le pose à terre (il ne sait pas nager)

Sur le rivage où pousse l’oranger ;
Près du lézard dont la couleur varie,
Près du figuier venu de Samarie,
Que le reçoive un aimable étranger.

En ex-voto, la bouteille et les verres ;
Bon charpentier, ne soyez pas sévère,
À des pécheurs, vous pardonnez beaucoup.

Sans l’horloger sera l’heure orpheline ;
Or, même si je possède un coucou,
J’aime bien mieux ma montre en cornaline.

Cochonfucius

Danse avec les gallosaures

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Gallosaure, étrange canaille,
Danseur de la morte saison,
Presque jamais tu ne travailles
Et peut-être, tu as raison.

Tu viens, les jours de funérailles,
Festoyer aux froides maisons
Dont le deuil noircit les murailles ;
Nous te voyons, nous nous taisons.

Tu vas dans les bals populaires
Où le chanteur semble en colère,
Tu te fais offrir à dîner.

Inassouvie est ta fringale,
Même si c’est Dieu qui régale
Quand sont des prêtres ordonnés.

Cochonfucius

Armorique ancestrale

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Composition de l’auteur

Les paysans bretons fredonnent un cantique
En contemplant le ciel rougeâtre du Ponant.
Les rochers autour d’eux, un décor étonnant,
La mer dans les lointains, telle une mer antique.

Non loin de leur taverne, on trouve un cimetière
Dont les murs sont de roche, et non pas de béton :
Les noms que l’on y voit sont presque tous bretons,
La mousse vénérable a recouvert les pierres.

Prévert leur offre un ours et un charmant poème !
Pour le coup, c’est la fête, et le vin coule à flots.
Chantons une chanson, mes braves matelots,
Une chanson celtique, ainsi que je les aime.

Cochonfucius

 

Château du baron Patapon

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image de l’auteur

Ce château magnifique au Ponant se dressait
Comme une île enchantée sur une mer immense ;
Ici des troubadours produisaient des romances,
La garde débonnaire au créneau surgissait.

Un vaillant cuisinier toujours se dépensait,
Tisonnant ses fourneaux, comme en pleine démence;
L’aide-cuistot buvait à son accoutumance,
Tout en haut d’une tour, l’alchimiste pensait.

Le bouffon, chaque jour, composait un poème,
L’astronome parfois trouvait un théorème ;
Un veux cartomancien consultait ses tarots.

Le noble chambellan s’en allait au bistrot,
Le maître des archers visait tout ce qui bouge,
Le baron méditait sur un litre de rouge.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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