Plume vieillissante

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De ce bel instrument, suis-je toujours armé ?
Ne puis-je l’oublier en ma pâle vieillesse
Et laisser s’amuser la nouvelle jeunesse ?
Car à chenu vieillard ne convient s’escrimer :

Oui, mais comment parler de ce que j’ose aimer
Si ce n’est en guidant la plume en sa finesse ?
Ces pages ne sont pas un organe de presse,
Mais j’apprécie le sens que j’y peux enfermer.

Les mots qui sont issus de cette main ridée,
Qui conjuguent l’ancienne et la nouvelle idée,
Ce sont les bons enfants que j’ai dans ma maison ;

Je ne les requiers pas pour servir ma défense,
Mais pour renouveler les plaisirs de l’enfance
Qui rit d’apprivoiser des êtres de raison.

Cochonfucius

Cet arbre se croit un phénix

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L’arbre-phénix est prêt pour son apothéose
Et son dernier oiseau ce matin s’en alla.
Le feu brûle assez fort, la flamme n’est pas rose,
C’est un bûcher d’enfer au jardin que voilà.

Qu’un arbre en use ainsi, peu fréquente est la chose ;
Il crée de la stupeur chez son frère lilas
Et chez les grands rochers qui au bois se reposent,
Lui qui cette intention jamais ne dévoila.

Le feu brûle bien fort, mais il n’est pas féroce,
L’arbre n’éprouve point de tortures atroces ;
Un certain inconfort, mais il reste de bois.

Puis son tronc s’obscurcit, comme un fantôme, au centre
Du brasier rouge et blanc qui l’avale en son ventre.
Il ne renaîtra pas, mais ça le laisse froid.

Cochonfucius

Jardin et terrain vague

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La fleur, une surprise et non pas un ouvrage ;
Quand on a ce qu’on aime, on ne voudrait pas mieux,
Aimer ce que l’on a, c’est un plaisir de vieux;
Une des rares joies qu’on a dans le grand âge.

Nous admirons la fleur pour son noble courage
Dont elle fait la preuve en d’innombrables lieux .
Et, bien plus qu’un primate, elle est proche de Dieu,
Réparant de la vie l’irréparable outrage.

Et puis nous admirons cette fleur sans labeur
Qui sait bien se passer de grâce et de faveur,
Alors, par amitié, nous l’appelons «fleurette».

C’est une vocation, ce n’est pas un métier,
Je vous le dis ce soir, et vous vous en doutiez ;
D’ailleurs, j’aime la fleur, car elle est ma soeurette.

Cochonfucius

Monstre contourné

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D’inframonde il franchit les portes,
Car il sait bien les traverser,
Les ouvrant sans les enfoncer,
Dédaignant d’avoir une escorte.

Aujourd’hui, le voilà passé
Derrière une embarcation morte
Qui dérive au fleuve glacé,
Lequel les condamnés emporte.

Ce monstre se déplace en vain :
On ne lui sert jamais de vin
Dans les tavernes souterraines.

Y trouve-t-on l’amusement ?
La tavernière, si hautaine,
Dit non, catégoriquement.

Cochonfucius

Lion de sinople

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C’est le lion de sinople, errant au long des jours
En quête de gibier dans la chaude lumière ;
Ils est l’incarnation de la cause première,
Il mange par devoir, il chasse par amour.

Il ne deviendra pas seigneur de basse-cour,
Et jamais dans un cirque il ne fera carrière ;
On ne le retient pas derrière une barrière,
On ne l’enferme pas au sommet d’une tour.

Ainsi, quand il parcourt la savane amicale,
Il peut en aborder la rive occidentale
Où la forêt diffuse un parfum sans pareil.

C’est le lion de sinople, un dieu de la nature,
C’est du grand Jupiter la vivante peinture :
Ses frère et soeur, ce sont la lune et le soleil.

Cochonfucius

Dame des tavernes

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Celle-ci n’est point Dame des pagodes,
Car ce ne sont pas des lieux où l’on rit ;
Elle a son comptoir au coeur de Paris,
Un barde souvent lui consacre une ode.

Le bar est un monde, il y règne un code,
Et de gai folklore on y est nourri ;
Quand de la patronne on est le chéri,
Le sombre chagrin part aux antipodes.

Les autres clients sont mes auditeurs,
Des gens fraternels, pas des profiteurs,
Même, quelques-uns sont de jolies femmes.

On y peut parfois réciter des vers,
Car très indulgent est cet univers ;
Aussi le rhapsode y fait-il ses gammes.

Cochonfucius

Oiseau sans souci

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Du hasard de la vie cet oiseau prend secours ;
Il aime le grand parc où mûrit la verveine,
La friche qui s’étend sur les bords de la Seine
Et tout ce qu’il peut voir sur ses petits parcours.

Il connaît son domaine, aussi les alentours ;
Les trajets familiers, il s’en souvient sans peine.
Il n’est plus dans un temps d’errances incertaines,
Ni des expéditions qu’il osait par amour.

Il sait chanter un peu, quand rien ne le tourmente,
Quand un beau jour d’automne est bientôt terminé,
Quand il sait que de loin lui répond une amante.

Son coeur, finalement, ne fut pas enchaîné ;
Mais le doux souvenir d’une oiselle charmante
Réconforte son corps et le fait s’incliner.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre et le monde

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Toile de Dali

Piaf-Tonnerre est ici, sous le soleil qui monte,
Ses plumes respirant la force et la santé ;
Or, l’on s’attendrait presque à l’entendre chanter,
Mais sa voix est trop sourde, et lui fait un peu honte.

Ça chante dans son coeur, et c’est bien ce qui compte,
Il sourit en chantant, dans les lieux fréquentés
Qu’il peut, les yeux fermés, atteindre et arpenter,
Connaissant la plupart des écueils qu’il affronte.

Mais que dit sa chanson, quelqu’un peut-il l’entendre ?
Décrit-elle ce monde avec des phrases tendres,
De plaisantes notions, des mots pleins de douceur ?

Je crois plutôt qu’il dit l’ombrage qui perdure
Aux jours de grand beau temps, combien la vie est dure
Et que nous pardonnons, malgré tout, sa noirceur

Cochonfucius

Saint Roland Barthes Simpson

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Roland Barthes Simpson fut un saint sans souci
Dont les textes sacrés quelquefois l’on fréquente ;
Je les lisais jadis, dans le Jardin des Plantes,
Plus d’un vieux professeur les parcourait aussi.

Vous voyez dans son livre un jargon fort précis
Dont les catégories ne sont jamais errantes ;
Une plume légère est du style servante
Qui dit les prédicats en mode raccourci.

Ce puissant esprit, dont la muse fut amie,
On l’accusa de pondre une vaine alchimie
Et de la revêtir d’un discours indigent ;

Par l’injuste soupçon sa candeur consumée
Ne laissa dans son coeur qu’une noire fumée,
Alors il disparut, sans déranger les gens.

Cochonfucius

Ermite habillé de sinople

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L’ermite du bosquet rit de toutes ses dents ;
Il ne figure pas dans les livres d’Histoire,
Mais plusieurs bûcherons en garderont mémoire
Comme d’un vigoureux grand-père chargé d’ans.

Mais ce grand-père a-t-il quelques petits-enfants ?
De ces bons jouvenceaux qui aiment rire, et boire,
Ne cherchant en leur temps nulle sorte de gloire,
N’accomplissant jamais de gestes triomphants…

L’auraient-ils oublié depuis belle lurette,
Croyant qu’il dort déjà au champ de pâquerettes ?
Mais l’ermite, sans eux, n’est pas privé de vin ;

Car il a des amis, ce vieillard sobre et digne,
Qui s’en iront un jour, mais ce n’est pas demain,
Et qui savent goûter le nectar de la vigne.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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