Batrachomyocarde

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image de l’auteur

Un coeur de batracien, c’est rare qu’il se brise ;
Il n’est pas tourmenté de pénibles aveux,
Il voit sans se troubler la blondeur des cheveux
Que le matin joyeux fait voler dans la brise.

La grenouille au marais rarement s’électrise,
La flamme parcourant son système nerveux
Brûle moins, mille fois, que les plus faibles feux ;
Car ce n’est nullement un être qui se grise.

Son regard est pourtant dirigé vers les cieux,
Ce sont les moucherons qui brillent à ses yeux ;
Elle les voit de loin, même à travers la brume,

Tu ne l’entendras pas pousser un noir soupir,
Ni s’affliger non plus d’un triste souvenir :
Le coeur de la rainette est léger comme plume.

Cochonfucius

Une égratignure

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Toile de Dali

J’égratigne ma chair aux épines des roses
En marchant, tout distrait, dans mon jardin, le soir.
Jardin à l’abandon, seule la pluie l’arrose,
Certains endroits pourtant sont toujours beaux à voir.

L’herbe en se flétrissant n’est pas au désespoir,
Blonde et inanimée au sol elle repose.
Les vitres du salon deviennent des miroirs
Où un autre jardin d’autres fleurs se compose.

Le ciel de ce dimanche est un beau ciel d’été,
Un ciel pour gens heureux (et nous l’avons été
Au moins quelques instants, échangeant des paroles) ;

Soyons heureux ce soir, demain il fera jour,
L’hirondelle en allée ne revient pas toujours,
Mais soyons fous un peu, car cette vie est folle.

Cochonfucius

Rêverie de Piaf-Tonnerre

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image de l’auteur

Piaf-Tonnerre a rêvé d’une belle sultane
Qui dans sa chambre vint boire jusqu’à minuit ;
De tels rêves ne font jamais beaucoup de bruit,
N’ayant point la vigueur des rudes tramontanes.

Était-ce Madeleine, Hermeline ou Suzanne ?
Aussi, vers quel obscur destin a-t-elle fui?
Où est son beau regard qui de malice luit ?
Seigneur, pardonnez-moi ces questions bien profanes.

Sans elle, est-il moins beau, mon âme, le matin ?
Est-ce un soleil de nuit, dis-moi, qui s’est éteint ?
Regrettes-tu son rire ou bien sa fantaisie ?

Je ne regrette rien, je profite du jour :
Il est doux de souffrir, si ça vient de l’amour,
De plus, un vieil amant oublie sa jalousie.

Cochonfucius

Ambiméduse

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image de l’auteur

La rouge Ambiméduse à l’alchimie se voue ;
D’un égrégore obscur interprétant l’écrit,
Coupant la mandragore en dépit de ses cris,
Elle sait transmuter mieux que moi, je l’avoue.

Au fil des longues nuits, sa fortune se joue ;
Un bocal de graviers devient un bol de riz,
Un vieux sabot se change en vaisseau d’un grand prix,
Ce sont là des succès que nul ne désavoue.

Dès demain, surpassant ces petites victoires,
Elle accomplira l’Oeuvre, et connaîtra la gloire ;
Son génie inventif ne peut être abattu.

Son coeur est endurant, dont la sagesse est grande ;
De la pierre magique elle fera l’offrande
Au fier guerrier, jadis par elle combattu.

Cochonfucius

Quelques fruits bizarres

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image de l’auteur

Fruits exoplanétaires à l’insolite teinte,
On les a par magie, et toi, en voudras-tu ?
Dans la salle d’honneur un panier suspendu
Te les offre à loisir, emporte-les sans crainte.

Ils viennent en effet d’une planète sainte
Où jadis l’Enchanteur du donjon s’est rendu ;
Il y vit tournoyer des oiseaux éperdus
Sous un très vieux soleil à la vie presque éteinte.

Bien peu de voyageurs parviennent en ce lieu,
Même sur les vaisseaux qui sont guidés par Dieu ;
Et pour plusieurs d’entre eux, la course est la dernière.

Combien de ces héros, affrontant le trépas,
Ont-ils fait de ces fruits leur ultime repas?
L’astre mort les baigna de sa faible lumière.

Cochonfucius

Glabougnot

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Illustration de Mandryka

Un glabougnot qui s’évapore
Et se recondense en un puits
N’est point l’ami des chaussiflores,
Sa berdulance est sans appui ;

La calceclouse est une alcore
Protz-et-schniaquant (mais sans nul bruit);
Or, le lintessois d’embancore
Voit fondre un geresh dans la nuit.

Combien ceux qui prontephagorent
D’un charouve sont transconduits,
Accompagnant sur la mandore
Ce morceau de langage cuit.

Cochonfucius

Volatile de gueules

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Image du blog Herald Dick Magazine

Je l’observe qui plane, avec l’air innocent,
Porté par son plumage et ses muscles puissants :
C’est le fier volatile à la voix souveraine,
Celui qui meurt de soif auprès de la fontaine.

Quand il dit son désir, ça devient une loi ;
Son âme, semble-t-il, est celle d’un grand roi,
Il est toujours partant pour la grande aventure,
Il voudra bien guider l’humanité future.

Mais n’offrez pas à boire à ce bon potentat,
Sinon vous le verrez dans un drôle d’état ;
D’être ivre auprès des flots, s’il avait l’infortune,
Son sort serait remis au pardon de Neptune.

Cochonfucius

Fleur de Quinte Essence

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image de l’auteur
J’irai cueillir la fleur de Quinte Essence
Mais ce n’est pas pour l’offrir à mon roi ;
Puis, j’en ferai, d’ailleurs, je ne sais quoi,
De cette fleur à la sourde influence,

Fleur qui m’éveille et qui me tient en transe,
Curieux objet, plante sans foi ni loi,
Qu’il me ravit d’avoir auprès de moi,
Fleur de magie aimée depuis l’enfance.

Quand elle est là, je ne peux marcher droit,
Je suis heureux, j’aime ce que je vois,
J’en oublie d’être un randonneur volage.

Ah, d’où sort-il, ce végétal maudit
Dont nul oiseau ne veut faire son nid?
Vaine question, qui vient du fond des âges.

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Sagesse d’un berger prophète

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Blason Saint-Jean-lès-Longuyon

Je l’observe qui marche, avec l’air innocent,
Porté par sa vigueur et ses muscles puissants :
C’est le noble pasteur à la voix souveraine,
Celui qui au désert peut trouver des fontaines.

Quand il dit sa parole, il révèle une loi ;
Son âme qui pourrait servir le plus grand roi,
Préfère s’embarquer pour la grande aventure,
Il entend s’approcher l’humanité future.

Offrez-lui donc à boire, il n’est pas apostat,
Lui qui de Ciel et Terre a fait son habitat ;
Même sans être cru, il croit en son Royaume,
Pour lui c’est son honneur, et pour nous, c’est un baume.

Cochonfucius

Faucon de sinople

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image de l’auteur

Le noble faucon vert est gardien de la salle
Où siège le Conseil, la nuit comme le jour ;
Toutefois, ce n’est pas un animal de cour,
Nul ne peut le confondre avec un mignon pâle.

Il aime les seigneurs de sa terre natale,
Même s’il capte peu le sens de leurs discours ;
Et son noble plumage, armure aux tons d’opale,
Orne leur assemblée d’un reflet de velours.

Si l’on bande ses yeux d’une étoffe de soie,
Il dit que c’est un jeu qu’il accepte avec joie,
Celui qui lui fait ça n’est pas un étranger.

Ce prédateur n’a pas que des moeurs délicates :
Je le vois fréquemment, quand une crise éclate,
Servir les courtisans, les garder du danger.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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