Le sphinx et le charpentier

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Composition de l’auteur

Le fils du charpentier se retire au désert.
En quelques jours de marche, il en atteint le centre
Sans s’accorder de pause et sans charger son ventre.
Un vautour trace haut son cercle dans les airs.

Au bas d’une falaise, un passage entrouvert :
De vieux textes ont dit qu’il débouche sur l’antre
Du sphinx, en précisant : « Surtout, que nul n’y entre
Car l’occupant des lieux est franchement pervers. »

Le fils du charpentier, à cet être farouche,
S’est permis d’apporter des provisions de bouche :
Il a rompu le pain face au monstre écumant.

« Crois-tu qu’un tel présent t’épargne le supplice ?
As-tu, pour te défendre, un quelconque instrument ? »
« Ne t’en fais pas pour moi, cousin, j’ai mon calice. »

Cochonfucius

Baalromulus et Remusbaal

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image de l’auteur

Les serpents ennemis se tiennent au jardin,
Et malgré leur noirceur, ils sont nobles et dignes ;
Ils dressent leur longs cols qui m’évoquent des cygnes,
J’ai de l’admiration pour leur corps méandrin.

Ils ne peuvent savoir quel sera leur destin,
Ces maîtres du désert, ces reptiles insignes :
Dans leur comportement, je ne peux lire un signe,
En herpétologie, je ne suis pas si fin.

Je ne sais d’où ils sont, ni vers où ils retournent,
Eux qui en inframonde apparemment séjournent ;
Ou bien dans un refuge, au creux du sable gris.

Même, on les voit parfois s’amuser dans la vase
Qu’ils nomment du gazon, mais c’est une antiphrase,
Rien de tel qu’un serpent pour faire de l’esprit.

Cochonfucius

Le seigneur du trou noir

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image de l’auteur

Il n’en sort jamais rien, pas même un photon rose ;
Mais, au coeur du trou noir, est un grand pavillon
Où demeure un Seigneur, maître des tourbillons
Et d’engloutissements qu’il chante en belle prose.

Puits gravitationnel que la matière arrose,
Toi qui peux moissonner sans creuser de sillons,
Vainement Cupidon te lance un aiguillon,
Au coeur de ce néant, lourdement il se pose.

L’empereur de ces lieux, chaussé de charentaises,
Inspecte le bilan de ses douze diocèses
Dont chaque évêque fut par ses soins consacré.

Tout cela n’est connu que par quelques légendes
Sur cet endroit fermé, que, dit-on, ne transcende
Pas un seul neutrino, pas un photon nacré.

Cochonfucius

Hexapode de sinople

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image de l’auteur

Cet hexapode vert au monde se dérobe ;
Il n’a plus trop de ventre, il n’est plus trop joufflu,
C’est un monstre amusant, comme l’on n’en fait plus,
Comme on en chercherait en vain sur tout le globe !

Il n’est point passéiste, il n’est pas technophobe ;
Il a pour compagnons trois démons farfelus
Qui sont, tout comme lui, vigoureux et velus,
Mais aussi fort vaillants, et paisibles, et probes.

Hélas, qui reconnaît l’hexapode aujourd’hui ?
Loin des lieux fréquentés, il traîne son ennui,
D’étranges souvenirs surgissant dans son âme.

Jadis, il séduisait, de son regard de flamme
Celles qui l’appelaient leur monstre ravissant ;
Car le sens de la drague, il l’avait dans le sang.

Cochonfucius

Pêcheur-Charpentier

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image de l’auteur

De la petite barque, il a sculpté les rames ;
Il enseigna l’amour aux hommes et aux femmes,
Ainsi qu’un grand poète, et c’est ma dette envers
Le fils du charpentier, à qui j’offre mes vers.

Il fut l’un des premiers à prier Notre Dame ;
Maître, on sait qu’il le fut, mais libre comme l’air,
Pêcheur de beaux poissons, et surtout pêcheur d’âmes,
Le fils du charpentier, qui a pour nous souffert.

Il ne s’est point logé dans un palais superbe,
Il allait aux jardins pour s’allonger dans l’herbe,
Et jamais le bon vin ne lui fut défendu.

Mon logis de vieillard abrite ses pensées,
Fleurs de sagesse antique autrefois ramassées ;
Elles ont la saveur du paradis perdu.

Cochonfucius

Hyènes

 

hyenas

Toile de Molly Segal

Après le funèbre au-revoir,
Les vautours restent sur leur faim.
Les hyènes sages, sur le soir,
Viennent s’occuper du défunt.

Les faits de son heure dernière
N’ont pour elles aucune importance.
Leur museau pousse branche et pierre
Creusant toujours vers leur pitance.

Ce qu’elles veulent, c’est manger,
Que du groupe la force augmente.
En cadavre est moins de danger
Qu’en la moindre chose vivante.

(Cornes des boucs, dards des cloportes,
Même un enfant se bat parfois;
Un soldat, quand sa chair est morte,
Ne lève pas le petit doigt).

Glapissements dans la poussière.
Leurs blanches canines saisissent
Le mort par l’habit militaire,
Hors de la fosse elles le hissent.

Reparaît le pauvre visage
Un instant avant l’hallali.
Mais ne le voit nul personnage,
Seul Dieu et les démons salis

Qui de vergogne ou d’âme n’ont
Et mangent de toute charogne.
Hyènes ne tachent point le nom
Du mort : c’est humaine besogne.

Cochonfucius*

*Texte de Rudyard Kipling
tentative de traduction par Cochonfucius.

Belles mains

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Composition de l’auteur

Une sibylle aux mains d’azur
Arrive en inframonde ;
Face au démon-portier qui gronde,
Elle a le regard sûr.

— D’où viens-tu, bacchante au coeur froid,
Vers ce jardin nocturne ?
— Je reviens, Gardien de la Loi,
Du temple de Saturne.

— Or, quelle maison prendras-tu
Ici pour résidence ?
(La jouvencelle a répondu :
— J’en veux une où l’on danse.)

Cochonfucius

Une main de sinople

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image de l’auteur

Cette main ne veut pas saisir une hirondelle,
Mais bien des grains de blé, délectables et blonds,
En été, dans les champs, quand les jours sont bien longs ;
Elle en prend à foison, mais ce n’est pas pour elle.

Cette main ne veut pas cueillir les asphodèles,
Mais veut bien préparer des tranches de melon
Sur la terrasse verte où dansent les frelons ;
C’est ici que boiront quelques amis fidèles.

De ce corps déjà vieux, qui pourtant reste souple
Les deux paisibles mains forment un brave couple ;
Je contemple souvent leurs dix doigts au repos.

Elles sont au jardin, qui déjà devient sombre
Malgré le bel éclat des étoiles sans nombre ;
Les derniers invités tiennent de vains propos.

Cochonfucius

Pieuses mains

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image de l’auteur

La main d’argent parlait le langage du coeur,
Ne craignant nullement d’aller à l’abordage ;
La main de sable aimait se plonger dans l’ouvrage,
Le travail de Romain, le pénible labeur.

La main d’or préférait se trouver à l’honneur,
Montrer sa compétence et prouver son courage ;
De gueules préférait la main prendre avantage
Des trésors, pour autant qu’ils eussent de valeur.

Mais la main de sinople était la grâce même :
Elle passait son temps dans le jardin que j’aime,
Faisant toujours fleurir du nouveau sous les cieux.

Deux invisibles mains, que leur possesseur soigne,
Au soir et au matin en prière se joignent,
Même si leur chef dit qu’il n’y a pas de Dieu.

Cochonfucius

Eligius Episcopus

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image de l’auteur

Il avait, sous sa lourde mitre,
Non pas l’air d’un pitre,
Mais l’air de bon aloi :
Évêque il fut, sous la dentelle ;
Il n’aimait point la bagatelle,
Grand Saint Éloi.

Il se sépara de son père,
Il quitta sa mère,
Et, porté par sa foi,
Il s’en fut voir le roi de France
Pour s’occuper de ses finances,
Grand Saint Éloi.

Il fut maître en orfèvrerie,
Mais sans ladrerie ;
Sans tricher sur le poids,
Il mesura l’or à son aune
Et put produire un double trône,
Grand Saint Éloi.

Il fonda quelques monastères,
Mais pas bien austères ;
Les maîtresses du roi
Y vinrent chanter des cantiques
Sous la lumière monastique,
Grand Saint Éloi.

Pour mieux honorer le dieu triple,
Il eut un disciple :
Un Barbare, je crois,
Que meurtrirent les Infidèles,
Que la Vierge prit auprès d’elle,
Grand Saint Éloi.

Il rencontra, près de sa forge,
Le guerrier Saint Georges ;
Il lui offrit des noix,
Avec un peu de vin d’Alsace
Qui fait du bien par où il passe,
Grand Saint Éloi.

Pour s’en aller au cimetière,
Il fut mis en bière
Dans du très humble bois ;
Dagobert vida quelques pintes,
Tout en chantant cette complainte,
Grand Saint Éloi.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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