Gynécée de Monseigneur Paon-Périgouste

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Paon-Périgouste va par les bois et les prés.
Sur son beau postérieur son panache étincelle
Ainsi que le soleil reflété sur ses ailes :
En de nombreux endroits, son plumage est doré.

Les nonnes de ces lieux, bien belles à son gré,
Ne savent pas toujours ce que le paon veut d’elles;
Les anciennes, pourtant, instruisent les nouvelles
Sur les moindres désirs de l’évêque adoré.

Il ne demande pas qu’on se montre servile,
Il lui suffit qu’on ait des manières civiles
Et qu’on lui sache gré de son sens de l’humour.

Vraiment, de ce prélat, la vie n’est pas infâme :
Car, pour être une nonne, on n’en est pas moins femme,
De toutes les vertus, la plus grande est l’amour.

Cochonfucius

Vicomte escargot

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Du vicomte escargot, paisible est la nature ;
Il ne désire point transformer l’Univers,
Ni parcourir des lieux récemment découverts,
Ni bâtir un palais de noble architecture.

Il n’a jamais appris le dessin, la peinture,
Ni même la façon de s’exprimer en vers ;
Il grignote au jardin des végétaux divers,
Telle est de ce vivant la modeste aventure.

Très peu de souvenirs, et jamais de regrets,
Des siestes sur les murs, et jamais de secrets ;
Il n’a ni doctorant, ni même un secrétaire.

Vivre, c’est percevoir, plutôt qu’analyser,
Profiter des saveurs sans se les déguiser,
Préférer le silence à mille commentaires.

Cochonfucius

Barrière purement symbolique

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Qui franchit la barrière, il n’est pas dans son tort ;
Mais il faut emporter une bouteille pleine
Dont tu feras offrande à la duchesse Hélène
Qui jetterait sur toi, sinon, le mauvais sort.

Là sont quelques démons, pas méchants, pas bien forts,
Soumis au cours fatal de leur vie incertaine ;
Par de sombres chemins tout le jour ils se traînent
En chantant, qui plus est, une chanson de mort.

Ceux de l’autre côté, porteurs de maléfices,
Se cachent volontiers dans de noirs édifices
Où des corbeaux tordus ricanent sans arrêt.

Un discours négatif n’est pas dans ma nature,
Mais je t’en avertis, voyageur immature :
Ce lieu d’outre-barrière, il est sans intérêt.

Cochonfucius

Portier du cimetière

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Lui qui peut déplacer un cercueil sans effort,
Faisant croire au défunt qu’il gît sur molle couche,
Ce sont de bons conseils qui sortent de sa bouche,
Il aide une âme morte à prendre son essor.

L’occupant du caveau n’a pas de pièces d’or,
Donc il ne craint plus rien des créanciers farouches ;
S’il rencontre parfois quelques démons très louches,
Les vestales de nuit sont d’un aimable abord.

L’âme est sans illusions, et n’est pas triomphale ;
Le vieux cheval sait bien qu’il n’est pas Bucéphale,
Ne tirant nul orgueil d’un sarcophage orné.

Fosse sans envergure ou tombe colossale,
C’est comme si les morts, tous dans la même salle,
Attendaient le wagon qui doit les emmener.

Cochonfucius

Ambiphant rose

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Il a presque oublié son continent natal ;
Si son allure est noble, elle n’est pas hautaine,
Il n’est qu’un animal et pas un capitaine.
C’est un ambiphant rose, il n’a rien de brutal.

Une froide prison de verre et de métal
Lui sert de domicile en la terre lointaine,
Avec des visiteurs qui viennent par centaines,
Citoyens désoeuvrés du monde occidental.

Aurais-tu donc rêvé d’une vie plus épique,
Dans une forêt vierge, aux abords d’un tropique ?
Car tu n’étais point fait pour cet exil doré.

Peter Pan, s’il survient avec sa caravelle,
Te fera retrouver ton terroir adoré ;
La fuite dans un rêve est toujours la plus belle.

Cochonfucius

 

Trancheur de mondes

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Il frappe sans faiblesse, aussi, sans barbarie ;
Il tranche une planète et ce qui tourne autour,
Et des soleils, peut-être, ensuite auront leur tour,
Tant pis pour les vivants si ça les contrarie.

Sa force avec le temps ne sera pas tarie ;
Car il semble, plutôt, qu’elle croît jour par jour.
Des bardes ont maudit le lieu de son séjour
Et ses goûts destructeurs, qui jamais ne varient.

On prétend que jadis l’ange fut amoureux,
Mais qu’il fut abusé par des mots doucereux
Dont Cupidon parfois à tort se recommande.

Or, il a maintenant son épée à la main
Et se conduit toujours en vengeur inhumain ;
Quand s’apaisera-t-il ? Chacun se le demande.

Cochonfucius

Arbre immémorial

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L’arbre d’Eden, jamais on ne le taille ;
Aucun oiseau jamais n’y vient chanter,
Sauf le corbeau qui dit, vaille que vaille,
Les mots d’Edgar qu’il sait bien réciter.

Cet arbre-là n’est pas une antiquaille,
Ça fait longtemps, certes, qu’on l’a planté,
Siècles de paix et siècles de batailles ;
Mais son grand âge est en bonne santé.

En ce jardin ne survient plus de guerre,
Le père Adam n’est plus sur cette terre ;
Même on n’a pas gardé son cabanon.

L’arbre est magique et connaît plusieurs choses,
Il comprend mieux les effets que les causes ;
Les fils d’Adam ne savent plus son nom.

Cochonfucius

Étoile de sinople

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De cet astre étonnant les planètes s’enfuirent ,
Sauf la troisième, où vit le rhapsode Porcus
Avec son souverain, le roi Diplodocus ;
Ces deux gaillards, dit-on, sont de vieux durs à cuire.

Ils n’ont presque jamais d’affaires à conduire :
Ils retournent la terre, ils plantent des crocus,
Ils regardent tomber les feuilles d’un ficus,
Ils parlent à l’ondine afin de la séduire.

Le dieu de cette étoile est un monstre poilu
Qui déchaîne souvent son esprit farfelu ;
Quelques sorts malveillants vers la planète roulent.

Quand même, on l’aime bien, ce grand astre qui luit,
La planète en effet ne serait rien sans lui,
Ni son noble jardin où quatre fleuves coulent.

Cochonfucius

Un oiseau d’Héraldie

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Un oiseau d’Héraldie allait chercher fortune ;
Son bec, me semble-t-il, fut moins dur que l’acier,
Il n’avait pas non plus un coeur de justicier,
Ni des heures de vol pour affronter Neptune.

Mais sa vertu était toute belle et toute une,
N’ayant rien à cirer des aspects financiers,
Sans crainte du démon, sans crainte des sorciers,
Sans redouter non plus la vieillesse importune.

Il ne jalouse pas ceux de la basse-cour,
Car comment envier la volaille qui court ?
Il est sobre, c’est vrai, mais il n’est pas austère.

Il ne craint pas la mort, il vit dans le présent,
Il est accommodant sans être complaisant ;
Fréquenter cet oiseau, c’est chose salutaire.

Cochonfucius

Au Moulin Rouge

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Au Moulin Rouge un  meunier amassait
Plusieurs millions de graines vagabondes,
Et, transporté par une joie profonde,
En son grenier tout le jour les classait.

Dans le couchant, le moulin rougissait ;
L’homme parlait avec les graines blondes.
Quelques rongeurs circulaient à la ronde,
Et le moulin de grains s’enrichissait.

Loin dans les airs, comme une flèche vive,
Une hirondelle a survolé la rive
De la Garonne, au soir, en souriant.

Puis elle dort jusqu’à la fraîche aurore,
Quand le moulin de rose se colore
Comme les fruits qu’on trouve en Orient.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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