Piaf-Tonnerre et le monde

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Toile de Dali

Piaf-Tonnerre est ici, sous le soleil qui monte,
Ses plumes respirant la force et la santé ;
Or, l’on s’attendrait presque à l’entendre chanter,
Mais sa voix est trop sourde, et lui fait un peu honte.

Ça chante dans son coeur, et c’est bien ce qui compte,
Il sourit en chantant, dans les lieux fréquentés
Qu’il peut, les yeux fermés, atteindre et arpenter,
Connaissant la plupart des écueils qu’il affronte.

Mais que dit sa chanson, quelqu’un peut-il l’entendre ?
Décrit-elle ce monde avec des phrases tendres,
De plaisantes notions, des mots pleins de douceur ?

Je crois plutôt qu’il dit l’ombrage qui perdure
Aux jours de grand beau temps, combien la vie est dure
Et que nous pardonnons, malgré tout, sa noirceur

Cochonfucius

Saint Roland Barthes Simpson

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image de l’auteur

Roland Barthes Simpson fut un saint sans souci
Dont les textes sacrés quelquefois l’on fréquente ;
Je les lisais jadis, dans le Jardin des Plantes,
Plus d’un vieux professeur les parcourait aussi.

Vous voyez dans son livre un jargon fort précis
Dont les catégories ne sont jamais errantes ;
Une plume légère est du style servante
Qui dit les prédicats en mode raccourci.

Ce puissant esprit, dont la muse fut amie,
On l’accusa de pondre une vaine alchimie
Et de la revêtir d’un discours indigent ;

Par l’injuste soupçon sa candeur consumée
Ne laissa dans son coeur qu’une noire fumée,
Alors il disparut, sans déranger les gens.

Cochonfucius

Ermite habillé de sinople

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image de l’auteur

L’ermite du bosquet rit de toutes ses dents ;
Il ne figure pas dans les livres d’Histoire,
Mais plusieurs bûcherons en garderont mémoire
Comme d’un vigoureux grand-père chargé d’ans.

Mais ce grand-père a-t-il quelques petits-enfants ?
De ces bons jouvenceaux qui aiment rire, et boire,
Ne cherchant en leur temps nulle sorte de gloire,
N’accomplissant jamais de gestes triomphants…

L’auraient-ils oublié depuis belle lurette,
Croyant qu’il dort déjà au champ de pâquerettes ?
Mais l’ermite, sans eux, n’est pas privé de vin ;

Car il a des amis, ce vieillard sobre et digne,
Qui s’en iront un jour, mais ce n’est pas demain,
Et qui savent goûter le nectar de la vigne.

Cochonfucius

Batrachomyocarde

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image de l’auteur

Un coeur de batracien, c’est rare qu’il se brise ;
Il n’est pas tourmenté de pénibles aveux,
Il voit sans se troubler la blondeur des cheveux
Que le matin joyeux fait voler dans la brise.

La grenouille au marais rarement s’électrise,
La flamme parcourant son système nerveux
Brûle moins, mille fois, que les plus faibles feux ;
Car ce n’est nullement un être qui se grise.

Son regard est pourtant dirigé vers les cieux,
Ce sont les moucherons qui brillent à ses yeux ;
Elle les voit de loin, même à travers la brume,

Tu ne l’entendras pas pousser un noir soupir,
Ni s’affliger non plus d’un triste souvenir :
Le coeur de la rainette est léger comme plume.

Cochonfucius

Une égratignure

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Toile de Dali

J’égratigne ma chair aux épines des roses
En marchant, tout distrait, dans mon jardin, le soir.
Jardin à l’abandon, seule la pluie l’arrose,
Certains endroits pourtant sont toujours beaux à voir.

L’herbe en se flétrissant n’est pas au désespoir,
Blonde et inanimée au sol elle repose.
Les vitres du salon deviennent des miroirs
Où un autre jardin d’autres fleurs se compose.

Le ciel de ce dimanche est un beau ciel d’été,
Un ciel pour gens heureux (et nous l’avons été
Au moins quelques instants, échangeant des paroles) ;

Soyons heureux ce soir, demain il fera jour,
L’hirondelle en allée ne revient pas toujours,
Mais soyons fous un peu, car cette vie est folle.

Cochonfucius

Rêverie de Piaf-Tonnerre

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image de l’auteur

Piaf-Tonnerre a rêvé d’une belle sultane
Qui dans sa chambre vint boire jusqu’à minuit ;
De tels rêves ne font jamais beaucoup de bruit,
N’ayant point la vigueur des rudes tramontanes.

Était-ce Madeleine, Hermeline ou Suzanne ?
Aussi, vers quel obscur destin a-t-elle fui?
Où est son beau regard qui de malice luit ?
Seigneur, pardonnez-moi ces questions bien profanes.

Sans elle, est-il moins beau, mon âme, le matin ?
Est-ce un soleil de nuit, dis-moi, qui s’est éteint ?
Regrettes-tu son rire ou bien sa fantaisie ?

Je ne regrette rien, je profite du jour :
Il est doux de souffrir, si ça vient de l’amour,
De plus, un vieil amant oublie sa jalousie.

Cochonfucius

Ambiméduse

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image de l’auteur

La rouge Ambiméduse à l’alchimie se voue ;
D’un égrégore obscur interprétant l’écrit,
Coupant la mandragore en dépit de ses cris,
Elle sait transmuter mieux que moi, je l’avoue.

Au fil des longues nuits, sa fortune se joue ;
Un bocal de graviers devient un bol de riz,
Un vieux sabot se change en vaisseau d’un grand prix,
Ce sont là des succès que nul ne désavoue.

Dès demain, surpassant ces petites victoires,
Elle accomplira l’Oeuvre, et connaîtra la gloire ;
Son génie inventif ne peut être abattu.

Son coeur est endurant, dont la sagesse est grande ;
De la pierre magique elle fera l’offrande
Au fier guerrier, jadis par elle combattu.

Cochonfucius

Quelques fruits bizarres

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image de l’auteur

Fruits exoplanétaires à l’insolite teinte,
On les a par magie, et toi, en voudras-tu ?
Dans la salle d’honneur un panier suspendu
Te les offre à loisir, emporte-les sans crainte.

Ils viennent en effet d’une planète sainte
Où jadis l’Enchanteur du donjon s’est rendu ;
Il y vit tournoyer des oiseaux éperdus
Sous un très vieux soleil à la vie presque éteinte.

Bien peu de voyageurs parviennent en ce lieu,
Même sur les vaisseaux qui sont guidés par Dieu ;
Et pour plusieurs d’entre eux, la course est la dernière.

Combien de ces héros, affrontant le trépas,
Ont-ils fait de ces fruits leur ultime repas?
L’astre mort les baigna de sa faible lumière.

Cochonfucius

Glabougnot

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Illustration de Mandryka

Un glabougnot qui s’évapore
Et se recondense en un puits
N’est point l’ami des chaussiflores,
Sa berdulance est sans appui ;

La calceclouse est une alcore
Protz-et-schniaquant (mais sans nul bruit);
Or, le lintessois d’embancore
Voit fondre un geresh dans la nuit.

Combien ceux qui prontephagorent
D’un charouve sont transconduits,
Accompagnant sur la mandore
Ce morceau de langage cuit.

Cochonfucius

Volatile de gueules

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Image du blog Herald Dick Magazine

Je l’observe qui plane, avec l’air innocent,
Porté par son plumage et ses muscles puissants :
C’est le fier volatile à la voix souveraine,
Celui qui meurt de soif auprès de la fontaine.

Quand il dit son désir, ça devient une loi ;
Son âme, semble-t-il, est celle d’un grand roi,
Il est toujours partant pour la grande aventure,
Il voudra bien guider l’humanité future.

Mais n’offrez pas à boire à ce bon potentat,
Sinon vous le verrez dans un drôle d’état ;
D’être ivre auprès des flots, s’il avait l’infortune,
Son sort serait remis au pardon de Neptune.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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