Seigneur de Rigel

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Le Seigneur de Rigel, ce n’est pas un affreux .
Il fait de bonnes lois, pesant chaque virgule,
Il n’est pas boulimique, il n’est pas somnambule,
Aussi nous admirons ce maître ténébreux.

Il avait une armée de soldats minuscules
Qui, malheureusement, se massacraient entre eux ;
Ils sont allés dormir dans l’inframonde ombreux,
Et je ne trouve pas cela si ridicule.

Ils parcourent ainsi le noir illimité,
En ce vaste sous-sol, ayant droit de cité,
Sans être tourmentés par les démons qui beuglent ;

Ils n’auront à subir aucune atrocité,
Disant avoir atteint l’ultime liberté,
Trouvant l’obscurité plaisante : ils sont aveugles.

Cochonfucius

 

Janus-Bouddha

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Le passé, l’avenir, les discerne-t-il bien ?
Peut-il encourager l’enfant qui vient de naître ?
Un dieu, bien trop souvent, veut passer pour un maître,
Mais la causalité le piège dans ses liens.

Or, un dieu sans pouvoir, peut-être, est mieux que rien.
C’est avec cet espoir qu’ont grandi nos ancêtres,
Croyant sous le regard d’un gentil berger paître;
Pleins de fidélité, comme le sont les chiens.

Avec de beaux récits, les dieux te récompensent,
Mais ne fais point pour eux d’inutiles dépenses,
Et ne t’en prends qu’à toi, si tu as des ennuis.

La nature, en effet, n’est pas à ton service ;
On ne la séduit pas au gré des sacrifices,
Mais il nous est permis d’en être un peu séduits.

Cochonfucius

Sirène Atlante

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Une sirène au fond de l’Atlantique
Songe à celui qui enchantait son coeur,
Et puis se verse un verre de liqueur,
Car il en reste une pleine barrique.

Juste au-dessus, la mer est magnifique,
J’entends le cri du goéland moqueur  ;
D’un gros poisson, il vient d’être vainqueur,
Dont les copains s’éloignent en panique.

Un peu plus loin sonnent les mots d’amour
Que vient de dire un crabe fier et lourd,
Lui, du courage incomparable emblème.

Or, la sirène a pleuré sans raison,
Quand son esprit fit la comparaison
Des mots du crabe à ceux de Polyphème.

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Vie et mort d’un poète

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Collage Cochonfucius

La vie est le brumeux chemin,
La mort, le couchant rose ;
Vieil homme, en regardant tes mains,
Tu peux rire, sans cause.

La vie est le poids des talons
Sur les sentiers de terre,
Nous conduisant vers des vallons
Dépourvus de mystère.

Ma tête s’emplit de sommeil
Et veut être posée
Dessous un feuillage vermeil,
Qu’importe la rosée.

Cochonfucius

Corbeau de légende

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Art Haida

Un corbeau magicien dévore le soleil,
Puis il le restitue, pour des raisons secrètes ;
Cet animal, loin d’être un pur anachorète,
Aime la rouge viande, aime le sang vermeil,

Et souvent s’évertue à tromper ses pareils.
Il sait sonner la charge ainsi que la retraite,
Mais il montre un humour au ras des pâquerettes.
Le sorcier du pays, dans son état d’éveil,

Lui offre la liqueur que les érables saignent,
Mêlée d’un peu de rhum (que point il ne dédaigne,
Du moment que la coupe est du plus pur cristal) ;

Qu’importe du Grand Nord la saison rigoureuse !
Le chamane et l’oiseau, libérant leur mental,
Échangent longuement des blagues savoureuses.

Cochonfucius

Cochontaure d’azur et d’or

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Il trace un court poème, et rien ne le retarde,
Il tient sur toute chose un discours assuré ;
Son humour est léger, chacun peut l’endurer,
Puis il parle toujours de ce qui le regarde.

Les multiples sonnets qu’il fait sans prendre garde
Par de nombreux détails laissent à désirer ;
Mais on y sent aussi une joie respirer,
Et parfois la verdeur d’une salle de garde.

Ce cochon dit des mots sans nulle cruauté,
Car de notre univers il aime la beauté ;
Il aime le raisin qu’on vendange en automne.

C’est un monstre charmant, ce n’est pas un trompeur,
Il est fort paresseux, que nul ne s’en étonne,
Même le mot «travail» le fait trembler de peur.

Cochonfucius

Merle de pourpre

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Ce n’est pas un oiseau de bruit et de fureur ;
Car il préfère à tout le silence et l’ombrage ;
Nos frères emplumés sont dispensés d’ouvrage,
Ne compte pas sur eux, ce serait une erreur.

Rien de plus beau, dis-tu, que le plaisant labeur ;
Mieux vaut entendre ça que d’entendre un outrage,
Mais ton propos en vain à bosser m’encourage,
Dit le merle, et pour rien tu parles, j’en ai peur.

Moi qui n’ai rien produit au temps de ma jeunesse,
Tu m’y inciterais en mes jours de vieillesse ?
Pour moi, le labeur n’a ni rime ni raison,

Hercule eut ses travaux comme talon d’Achille,
Un merle, en aucun cas, ne doit se rendre utile,
Mais profiter en paix de toutes les saisons.

Cochonfucius

Grand Bélier

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Voici le Grand Bélier, plein de sagesse antique ;
Dans l’éternelle plaine, il gambade sans frein.
La belle herbe sauvage, il la tond, brin par brin,
Même parfois, du blé, moissonneur fatidique.

Voici le Grand Bélier, un animal rustique
Qui n’a jamais rêvé d’être un monstre marin ;
Il est fidèle au sol, car la vague, il la craint,
Attaché à sa vie de façon méthodique.

Ainsi, protégé par son invisible mur,
Baignant dans le confort, de la tête à la queue,
Il broute sans souci sous une voûte bleue.

Des oiseaux familiers traversent cet azur ;
On aperçoit au loin la chaumière qui fume,
Loin de la vaste mer à la perverse écume.

Cochonfucius

Dernier sourire d’un prophète

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— Bourreau, pour un instant, je retire mes chaînes,
Et je contemple en moi l’obscurité prochaine…
Elle a fait le bon choix, la fille au regard pur,
J’en avais bien assez d’être au coeur de ces murs.

On dit qu’elle a dansé avec une indécence
Qui toujours se mêlait d’une vive élégance ;
À cause de son voeu, je revois le soleil,
Ainsi que son reflet dans ce plat de vermeil…

Disciples, quel bonheur, si vous me récitiez
Les mots de mon cousin, le fils du charpentier…
Bourreau, n’écoute pas, je ne suis plus prophète,
Tu vas trancher le chef d’un insouciant poète.

Cochonfucius

Sacrifice

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Le prophète avait pu deviner le dessein
De la reine adultère, à la saison fleurie.
Il avait vu quelqu’un frotter l’argenterie,
Surtout un grand plateau qu’ornaient de vieux dessins.

Il n’attendait aucun secours de l’Esprit-Saint ;
Comme un agneau, le soir, s’en va de sa prairie
Pour trouver le sommeil en une bergerie,
Jean désirait quitter cet univers malsain.

Sa chair, par les excès, n’était point alourdie :
Du désir, il n’avait point subi l’incendie,
Même quand Salomé le voulut pour amant.

Quand survint le bourreau avec sa grande épée,
Il caressa l’acier en disant simplement :
« Lame, dans un instant, tu seras mieux trempée. »

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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