Un épilogue

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 Blason de Saint-Jean-d’Angély

Acceptant le plateau, Salomé, stupéfaite,
Dans les yeux du défunt plonge ses tristes yeux,
N’ayant jamais pensé qu’on prendrait au sérieux
La demande insensée qu’au monarque elle a faite.

D’une voix repentante, elle parle au prophète
Et tâche de lui dire un mot affectueux,
Sans employer, pourtant, d’accents voluptueux ;
Autour d’elle on entend les échos de la fête.

Entonnez un cantique, a demandé le roi,
Et puisque le prophète a péri sans effroi,
Prenez soin de son âme, auguste Providence.

Les traits du vagabond qui allait baptisant
Sont gravés, pour toujours, au marbre d’un gisant
Qui du vieux souverain orne la résidence.

Cochonfucius

 

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D’azur semé de fleurs de lys d’or, au franc-quartier cousu de gueules chargé du chef nimbé de Saint-Jean-Baptiste d’argent posé sur un plateau à pied aussi d’or.

 

Ce jour-là

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Blason de Chavanac 

Hérode, à voir la danse, eut le coeur enflammé ;
Il lui semblait capter la divine lumière
Que, par un jour d’été, l’on croit sentir derrière
Les reflets par un astre éclatant allumés.

D’incestueux amour ce monarque animé
A requis du bourreau la lame meurtrière,
L’ermite a murmuré son ultime prière,
Son visage a terni, tel du bois consumé.

On entend retentir la fête qui ne cesse ;
Salomé fait effort pour cacher sa tristesse,
Contempler son cadeau est pour elle un tourment.

Le regard du prophète a-t-il perdu sa flamme,
Ou bien, en y plongeant son amour et son âme,
Y trouve-t-elle encore une vigueur d’amant ?

Cochonfucius

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D’or à la dansarelle au naturel.

Salomé (hommage à Oscar Wilde)

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Blason de  Saint-Jeannet

Le fils du charpentier eut un cousin prophète;
Sa voix dans le désert clamait la loi de Dieu.
Trouvant que ses propos étaient bien séditieux,
Sa majesté le roi ordonna qu’on l’arrête.

La belle-sœur du roi vint sur ces entrefaites
Faire avec le monarque un couple incestueux.
Le prophète en a fait reproche vertueux,
La reine lui a dit : Un jour j’aurai ta tête.

Reine, bien que ma vie soit au pouvoir du roi,
Nous savons qu’il est noble et qu’il juge à bon droit,
Au moins c’est ce qu’on voit dans la jurisprudence.

La reine a répondu sur un ton méprisant :
Donc je te surprendrai, peut-être, en te disant
Qu’on me l’apportera pour le prix d’une danse.

Cochonfucius

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D’azur à saint Jean-Baptiste de carnation, barbé et chevelé d’argent, vêtu d’une peau de chameau d’or, nimbé du même, assis sur un tertre terrassé de sinople, tenant de sa main senestre une longue croix d’argent avec sa banderole du même, caressant de sa dextre un agneau contourné d’argent saillant sur lui.

Devise :« longo mai » (longtemps encore).

 

 

Une amphore parle

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image de l’auteur

Le bon vin que je porte a vu des soleils luire ;
Il est tout imprégné de la saveur des jours,
Buvons à nos santés, buvons à nos amours,
L’aimable vigneron l’a fait pour nous séduire.

Les convives, goûtant le pain sorti du four,
Fredonnent des chansons que je ne peux traduire ;
Je le regrette un peu, cela pourrait m’instruire,
Mais j’oublie tout cela quand je chante à mon tour.

Sachez que le raisin mûrit pour tout le monde
Dans le vignoble ancien qu’un torrent d’or inonde,
La parole de Dieu tombant sur lui du ciel.

L’amphore se souvient de la vigne première
Que vendangeait Adam sous la grande lumière,
Le vin de cette époque est doux comme le miel.

Cochonfucius

 

Rameaux du jardin

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image de l’auteur

L’aurore prend souvent la teinte de la braise ;
Les rameaux du jardin ont de vives couleurs.
L’aube sur la pelouse a versé quelques pleurs,
Le ciel du matin clair n’est point une fournaise.

Ici, la mauvaise herbe en prend bien à son aise,
Les papillons de juin volent de fleur en fleur ;
Les roses de l’été sont chères à mon coeur,
La vigne est un cadeau dont mon âme s’apaise.

J’ai bien assez rimé, je peux traîner un peu,
Je n’ai justement pas de sonnet sur le feu,
Et puis, cette banquette est là pour qu’on s’allonge.

À l’automne sera le feuillage embrasé,
Les arbres dormiront dans un  décor de songe ;
Ce sera jour de fête, il faudra l’arroser.

Cochonfucius

Sagesse de la baleine

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image de l’auteur

La baleine détient la sagesse éternelle ;
Elle pourrait juger les vivants et les morts ;
Cet animal est bon, cet animal est fort,
Dont le bonheur s’éveille à chaque aube nouvelle.

Elle rit quelquefois, si son humeur est telle ;
Le requin malfaisant ne lui peut faire tort.
Je l’évoque souvent dans mes mots de vieux porc
Qui disent au grand jour sa louange immortelle.

Elle n’en a souci, s’en moque infiniment,
Qui pense qu’un beau vers n’est pas un argument.
De bonne nourriture, elle aime être servie ;

Et d’un mâle gentil qui goûte sa beauté,
Sans qu’il n’y ait entre eux nulle sévérité,
Mais le plaisir commun, la douceur infinie.

Cochonfucius

Chêne-Poulpe

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image de l’auteur

Voici le chêne-poulpe, un monstre de douceur ;
Il déclame un sonnet dans sa langue charmante.
Je n’ai pas bien compris s’il parle d’une amante
Ou d’une tavernière, ou d’une bonne soeur.

Or, j’aime savourer sa parole endormante,
Sa danse ralentie et son rythme berceur.
Dans son langage obscur, il échappe aux censeurs,
Mais ne s’égare pas dans des discours qui mentent.

Amuseur des vieillards et des jeunes enfants,
Il parle de Roland et de son olifant ;
Sa voix est délicate et n’est jamais rugueuse.

Chêne-poulpe, copain, tenons-nous par la main,
Rêvons de poésie sans peur du lendemain,
Avançons sur les pas de nos muses fougueuses.

Cochonfucius

Poule impériale et royale

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image de l’auteur

La poule courtisane avance au grand soleil,
Ourdissant en son coeur des intrigues secrètes ;
Dans sa soif de pouvoir, dit-on, rien ne l’arrête,
Depuis le point du jour, jusqu’au couchant vermeil.

L’empereur est un coq n’ayant pas son pareil,
Mais son coeur se fatigue, il songe à la retraite ;
À ce grand changement la noble poule est prête,
Son oeil machiavélique est toujours en éveil.

Or, l’impériale cour dans les scandales baigne,
Ce que nul plumitif, sachez-le, ne dédaigne,
Ni le sorcier lisant sa boule de cristal.

La poule a combiné, de façon rigoureuse,
Un plan assez subtil, labyrinthe mental,
La chronique bientôt deviendra savoureuse.

Cochonfucius

Nef des utopistes

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image de l’auteur

Cet équipage-là manoeuvre avec grand soin :
Ils voudraient découvrir la Terre de Justice.
C’est une île lointaine, ils en ont des témoins,
Où jamais l’innocent n’est conduit au supplice.

Ils font plaisir à voir, ces marins sans malice,
Ils ont tant de courage, ils s’égarent si loin
Qu’il faut bien qu’à leur sort un rêveur compatisse,
Car, de tels matelots, on en a bien besoin.

Ces errants font escale où le vent les dépose,
Aux souffles éoliens, jamais ils ne s’opposent,
Accueillant avec joie le grand soleil qui luit.

Ainsi vogue la nef en son audace extrême,
Vraiment, ce bel espoir ne sera pas détruit,
Car sa sérénité se nourrit d’elle-même.

Cochonfucius

Angelusromuli et Remiangelus

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image de l’auteur

Ils ont à conseiller deux clients pleins d’orgueil ;
Deux Romains attentifs dans les cérémonies,
Recherchant le savoir, doutant de l’harmonie,
Aux vestales faisant le plus aimable accueil.

De Virgile, plus tard, est témoin le recueil :
Les jumeaux ont cherché la puissance infinie ;
La haine de leur coeur jamais ne fut bannie,
Même quand, de Rémus, le peuple prit le deuil.

Pour nous, simples lecteurs, l’histoire est toujours neuve ;
Elle conclut parfois en l’absence de preuves,
Donnant la préférence aux héros vigoureux.

Les anges ont lutté pour que nul mal n’arrive,
Éloignant Romulus des esclaves lascives ;
Mais ce fut un tueur, et pas un amoureux.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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