Maître crapaud d’azur

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Il se complaît surtout dans son isolement ;
Le traiter de seigneur, ce serait un mensonge,
Légers et sans valeur sont les débris qu’il ronge,
Mais à les savourer il passe un bon moment.

Ce n’est pas un bestiau qui gambade et qui plonge,
Il va bien lentement, il marche comme en songe,
Évitant le soleil, respirant librement,
Et, s’il est amoureux, se montre prude amant.

Il n’est pas insensible à la grâce suprême
D’une dame du bois qui n’est pas sans merci ;
Il sait qu’il restera dans l’ombre, c’est ainsi.

Il vit en évitant le doute et le blasphème,
Lorsque Satan lui parle, il lui répond ceci :
Aimer ce que l’on a, c’est avoir ce qu’on aime.

Cochonfucius

Les trois arbres

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Triptyque Lisa Chakrabarti

Trois arbres se dressaient en haut d’une colline.
L’un voulait être un coffre abritant des trésors,
L’autre un vaisseau portant un monarque à son bord,
Le troisième, approcher de la grandeur divine.

Du premier on a fait, dans une humble chaumine,
La mangeoire à bestiaux. Le deuxième est dehors,
Barque pour les pêcheurs, un bien modeste sort.
Du troisième, on tira des pièces anodines.

Mais où donc a dormi le fils du charpentier,
Sinon dans la mangeoire, offerte par pitié ?
N’a-t-il pas navigué dans la barque ordinaire ?

La colonne et la planche, un sombre vendredi,
Ont accompli les mots qui aux psaumes sont dits,
Ayant porté le corps du sauveur de la terre.

Cochonfucius

 

Clé d’azur et clé de sinople

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Vous n’ouvrez point la demeure éternelle
Illuminée des immortels flambeaux,
Ni le ciel pur où les astres sont beaux,
Ni le harem où les femmes sont belles ;

Or vous, les clés de la tombe immortelle,
Aussi les clés de l’oubli, son jumeau
Et de l’olive au magique rameau,
Vous me serez des compagnes fidèles.

Celles et ceux que ma lyre émouvait,
Planteraient-ils, si faire se pouvait,
Un petit arbre en la funèbre place ?

Un compagnon des papillons heureux,
Un protecteur des oiseaux amoureux,
L’arbre vivant qui voit la mort en face.

Cochonfucius

Maître Verchon

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Maître Verchon est un sacré blagueur,
Et qui ne fit rien d’autre de sa vie ;
Il dit des mots, la foule en est ravie,
Nul ne le voit avec trop de rigueur.

Ses narrations n’ont pas trop de longueur,
Puisque sa verve en est vite assouvie ;
Il est modeste, et n’a point d’autre envie
Que de garder un semblant de vigueur.

Même en traçant les mots d’un testament,
Sa plume n’a faiblesse ni tourment,
Mais toujours montre une plaisante scène.

Maître Verchon (personne n’est parfait)
N’a pas toujours la tête à ce qu’il fait,
Mais le public s’en aperçoit à peine.

Cochonfucius

Estival Renga === Summer Renga

Summer is still young,
It is so strong already,
Let us write a song.

…………………………Pour l’été qui vient
…………………………(Et déjà si prometteur)
…………………………J’écris ce poème.

benquetos2

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Life is like a song,
A garden where people dance,
A field in summer.

…………………………Vivre est un poème,
…………………………C’est un jardin où l’on danse,
…………………………Une herbe estivale.

Summer of the heart,
What on earth could be warmer ?
What could be so sweet ?

…………………………L’été dans nos âmes,
…………………………Une chaleur sans pareille,
…………………………Un ciel de douceur.

The flames of summer
Are burning sorrow away,
Like old autumn leaves.

…………………………Flammes estivales,
…………………………La dépression se consume,
…………………………Tas de feuilles mortes.

Love is like a sun
In the summer of our life ;
Sun of warmer kind.

…………………………L’amour, un soleil
…………………………Dans l’été de notre vie,
…………………………Mais un peu plus chaud.

Summer between walls,
it can be so much warmer
Than it is, outdoors.

…………………………Un été en chambre,
…………………………Ça peut chauffer beaucoup plus
…………………………Que dans la nature.

Summer can be long,
According to our patience
With the one we love.

…………………………Que l’été soit long,
…………………………C’est suivant notre patience
…………………………Envers notre amour.

Cochonfucius

Entomographie approximative

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Insectes fabuleux sous les vieux marronniers,
Vous me donnez l’idée de la beauté suprême ;
Je vous consacrerai l’hommage d’un poème,
Même sans être sûr que vous le compreniez.

À planer dans les airs, vous fûtes les premiers ;
Le papillon le fait pour voir celle qu’il aime,
J’admire son parcours, et je dis en moi-même
Qu’il montre de l’ardeur aux plaisirs coutumiers.

L’insecte prend son vol, comme je prends ma lyre ;
Je trace cette ligne, et je la fais relire
À mes correspondants, des gens de bel esprit.

Par l’entomologie on connaît des chimères,
Fabre nous divertit tout aussi bien qu’Homère,
Un petit corps volant, quel beau texte il écrit !

Cochonfucius

Petit César deviendra Jules

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Une fine sagesse animée de folie,
Le désir de la gloire avec la soif de l’or
Et le goût du combat qui jamais ne s’endort ;
Puis, avec tout cela, des manières polies.

La reine Cléopâtre, en sa mélancolie,
Ne voit plus du palais le magique décor ;
Car du héros qui fut le maître de son corps
Sera, dans peu de temps, l’existence abolie.

À Rome conduis-moi, vaillant batelier grec,
Je vous attendrirai, sénateurs au coeur sec ;
Vous devrez honorer votre compagnon d’armes.

Or, la reine, en tenant ce discours très touchant,
Voit ses espoirs s’enfuir dans le soleil couchant ;
Et Rome en a reçu le trésor d’une larme.

Cochonfucius

Martin Soldat et Martin Troll

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Voici Martin Soldat, le guerrier le pus brave,
Qu’ont pris pour saint patron cent villages français
Et qui nomme une rue par où Robert passait ;
Et voici Martin Troll, qui longtemps fut esclave.

Saint Martin proposa, dans un geste héroïque,
Un manteau pour quiconque en aurait le besoin ;
Le troll ne voulant pas, pour le coup, faire moins,
Les badauds attendaient un échange homérique.

Pourtant, l’apaisement se fit en quelques mots,
Car nos deux cavaliers étaient las des batailles ;
Ni le saint, ni le troll son vêtement ne taille,
Les voilà bavardant, comme des gens normaux.

Cochonfucius

Trois apprentis

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L’apprenti des lointains
Se perd en rêveries;
Dans son étourderie,
Il progresse, incertain.

L’apprenti des montagnes
Est fort, il est carré,
Mais il est égaré,
Trouvant l’école un bagne.

Le disciple barbu
Est rempli de sagesse,
Mais il a ses faiblesses ;
Hier soir, il a trop bu.

Ce que le maître croit :
Rien de tout ça n’est grave,
Car ils deviennent braves,
Ensemble, tous les trois.

Cochonfucius

Astrologie béotienne

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Que nous annonce l’astre ? Est-ce mal ? Est-ce bien?
Quel rang occupe-t-il dans le céleste ensemble ?
Rien n’est bien établi, et l’astrologue tremble,
Voyant que son savoir à peu de chose tient.

L’entends-tu aboyer, notre Étoile du Chien ?
Voudrait-elle alerter un chien qui lui ressemble,
Ou des moutons du ciel que le Berger rassemble?
Tant d’objets sous nos yeux, desquels on ne sait rien…

Cette planète-ci, sur laquelle on peut vivre,
Son avenir est-il évoqué dans tes livres,
Quelle sera sa vie, quelle sera sa mort?

Ce ciel toujours changeant, il est toujours le même
L’astrologue l’observe et le poète l’aime,
Le mourant le revoit dans le temps qu’il s’endort.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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