Portail hyperspatial

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image de l’auteur

Par ce portail ouvert, tu vas vers d’autres mondes
Qui sont loin de Paris, qui sont loin de Bordeaux ;
Ainsi qu’un naufragé sur son léger radeau,
Tu poursuivras fort loin ta route vagabonde.

Les poissons, bondissant de la mer peu profonde,
Regarderont ta nef vive comme un oiseau ;
Puis ils se cacheront derrière des roseaux,
Timides comme ils sont, ces habitants des ondes.

Aucun être indiscret ne marche sur tes pas ;
Lent sera ton trajet, ça ne te gêne pas,
Car tu te sens chez toi dans ces beaux paysages.

Mais pour un tel parcours, n’es-tu pas un peu vieux ?
— Jeunes gens ou vieillards, nous sommes de passage,
Des rêveurs du chemin, des errants sous les cieux.

Cochonfucius

la sérénité

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Toile de Zang Enli

C’est vrai qu’il est serein, le moral des bouddhistes,
Dans leur grand Véhicule ou bien dans le petit,
À porter leur fardeau leurs coeurs ont consenti,
Ils ne sont pas pourtant devenus fatalistes.

Ils restent souriants lorsque leur vie est triste,
Ils voient de la couleur sur un mur qui est gris.
Il peut leur arriver de se montrer épris,
Mais aux attachements de la chair, ils résistent.

Ils ont compris d’où vient l’éternelle souffrance,
L’impression de non­-sens, de peur, de déshérence,
Tout ce qui nous retient, de nos malheurs, captifs.

Ils savent qu’un aveugle, en sa grise misère,
Peut sentir que sa peau est baignée de lumière ;
Ses yeux ne la voient pas, ils ne sont pas fautifs.

Cochonfucius

Seigneur de Rigel

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image de l’auteur

Le Seigneur de Rigel, ce n’est pas un affreux .
Il fait de bonnes lois, pesant chaque virgule,
Il n’est pas boulimique, il n’est pas somnambule,
Aussi nous admirons ce maître ténébreux.

Il avait une armée de soldats minuscules
Qui, malheureusement, se massacraient entre eux ;
Ils sont allés dormir dans l’inframonde ombreux,
Et je ne trouve pas cela si ridicule.

Ils parcourent ainsi le noir illimité,
En ce vaste sous-sol, ayant droit de cité,
Sans être tourmentés par les démons qui beuglent ;

Ils n’auront à subir aucune atrocité,
Disant avoir atteint l’ultime liberté,
Trouvant l’obscurité plaisante : ils sont aveugles.

Cochonfucius

 

Janus-Bouddha

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image de l’auteur

Le passé, l’avenir, les discerne-t-il bien ?
Peut-il encourager l’enfant qui vient de naître ?
Un dieu, bien trop souvent, veut passer pour un maître,
Mais la causalité le piège dans ses liens.

Or, un dieu sans pouvoir, peut-être, est mieux que rien.
C’est avec cet espoir qu’ont grandi nos ancêtres,
Croyant sous le regard d’un gentil berger paître;
Pleins de fidélité, comme le sont les chiens.

Avec de beaux récits, les dieux te récompensent,
Mais ne fais point pour eux d’inutiles dépenses,
Et ne t’en prends qu’à toi, si tu as des ennuis.

La nature, en effet, n’est pas à ton service ;
On ne la séduit pas au gré des sacrifices,
Mais il nous est permis d’en être un peu séduits.

Cochonfucius

Sirène Atlante

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image de l’auteur

Une sirène au fond de l’Atlantique
Songe à celui qui enchantait son coeur,
Et puis se verse un verre de liqueur,
Car il en reste une pleine barrique.

Juste au-dessus, la mer est magnifique,
J’entends le cri du goéland moqueur  ;
D’un gros poisson, il vient d’être vainqueur,
Dont les copains s’éloignent en panique.

Un peu plus loin sonnent les mots d’amour
Que vient de dire un crabe fier et lourd,
Lui, du courage incomparable emblème.

Or, la sirène a pleuré sans raison,
Quand son esprit fit la comparaison
Des mots du crabe à ceux de Polyphème.

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Vie et mort d’un poète

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Collage Cochonfucius

La vie est le brumeux chemin,
La mort, le couchant rose ;
Vieil homme, en regardant tes mains,
Tu peux rire, sans cause.

La vie est le poids des talons
Sur les sentiers de terre,
Nous conduisant vers des vallons
Dépourvus de mystère.

Ma tête s’emplit de sommeil
Et veut être posée
Dessous un feuillage vermeil,
Qu’importe la rosée.

Cochonfucius

Corbeau de légende

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Art Haida

Un corbeau magicien dévore le soleil,
Puis il le restitue, pour des raisons secrètes ;
Cet animal, loin d’être un pur anachorète,
Aime la rouge viande, aime le sang vermeil,

Et souvent s’évertue à tromper ses pareils.
Il sait sonner la charge ainsi que la retraite,
Mais il montre un humour au ras des pâquerettes.
Le sorcier du pays, dans son état d’éveil,

Lui offre la liqueur que les érables saignent,
Mêlée d’un peu de rhum (que point il ne dédaigne,
Du moment que la coupe est du plus pur cristal) ;

Qu’importe du Grand Nord la saison rigoureuse !
Le chamane et l’oiseau, libérant leur mental,
Échangent longuement des blagues savoureuses.

Cochonfucius

Cochontaure d’azur et d’or

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Il trace un court poème, et rien ne le retarde,
Il tient sur toute chose un discours assuré ;
Son humour est léger, chacun peut l’endurer,
Puis il parle toujours de ce qui le regarde.

Les multiples sonnets qu’il fait sans prendre garde
Par de nombreux détails laissent à désirer ;
Mais on y sent aussi une joie respirer,
Et parfois la verdeur d’une salle de garde.

Ce cochon dit des mots sans nulle cruauté,
Car de notre univers il aime la beauté ;
Il aime le raisin qu’on vendange en automne.

C’est un monstre charmant, ce n’est pas un trompeur,
Il est fort paresseux, que nul ne s’en étonne,
Même le mot «travail» le fait trembler de peur.

Cochonfucius

Merle de pourpre

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Ce n’est pas un oiseau de bruit et de fureur ;
Car il préfère à tout le silence et l’ombrage ;
Nos frères emplumés sont dispensés d’ouvrage,
Ne compte pas sur eux, ce serait une erreur.

Rien de plus beau, dis-tu, que le plaisant labeur ;
Mieux vaut entendre ça que d’entendre un outrage,
Mais ton propos en vain à bosser m’encourage,
Dit le merle, et pour rien tu parles, j’en ai peur.

Moi qui n’ai rien produit au temps de ma jeunesse,
Tu m’y inciterais en mes jours de vieillesse ?
Pour moi, le labeur n’a ni rime ni raison,

Hercule eut ses travaux comme talon d’Achille,
Un merle, en aucun cas, ne doit se rendre utile,
Mais profiter en paix de toutes les saisons.

Cochonfucius

Grand Bélier

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Voici le Grand Bélier, plein de sagesse antique ;
Dans l’éternelle plaine, il gambade sans frein.
La belle herbe sauvage, il la tond, brin par brin,
Même parfois, du blé, moissonneur fatidique.

Voici le Grand Bélier, un animal rustique
Qui n’a jamais rêvé d’être un monstre marin ;
Il est fidèle au sol, car la vague, il la craint,
Attaché à sa vie de façon méthodique.

Ainsi, protégé par son invisible mur,
Baignant dans le confort, de la tête à la queue,
Il broute sans souci sous une voûte bleue.

Des oiseaux familiers traversent cet azur ;
On aperçoit au loin la chaumière qui fume,
Loin de la vaste mer à la perverse écume.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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