Dame d’Armorique

 

uxpr.png

image de l’auteur

La Dame d’Armorique habite un paysage
Où le regard se perd en de sourds horizons ;
D’ardoise et de granit sont faites les maisons,
Ce pays parfois montre un austère visage.

On lit au ciel, souvent, de surprenants présages ;
Ce ciel est merveilleux, dans toutes les saisons,
Il donne du beau temps, pas plus que de raison,
Et de neige et de grêle un bien subtil dosage.

Chante, chante très bas cette dame irréelle,
La vie en son manoir ne fut jamais cruelle,
Car tous ses serviteurs sont des hommes de bien.

Au bas d’un brouillard flou se promène une ondine,
Or, de ce qu’elle chante, on n’entend presque rien,
Les voix de ce pays, souvent, sont en sourdine.

Cochonfucius

Dame de l’ermitage

uxxb.png

image de l’auteur

La Dame, renonçant à ses plaisirs charnels,
A quitté son manoir à l’heure où les gens dorment ;
Elle suit le chemin qu’ombragent de vieux ormes,
Croyant y rencontrer les dieux originels

Qui l’encourageront d’un regard paternel.
Elle écoute son coeur qui veut qu’on le réforme ;
La tâche, à son avis, ne sera pas énorme,
C’est un coeur incertain, pas un coeur criminel.

Elle n’en a rien dit, mais chacun le devine :
Son âme attend le don de la grâce divine
Par laquelle toujours au mal nous échappons.

Elle veut donc prier de l’aube au crépuscule,
Que l’oraison lui serve et de planche et de pont :
Le barde ne croit pas cela si ridicule.

Cochonfucius

Coppée voit une tulipe

doisneau_kiss.jpg

Photographie de Robert Doisneau

Ici la passion du décor
Est ambitieuse et triomphante
Comme les lèvres de l’infante
Sur le front du conquistador.

La splendeur que l’amour enfante,
Ne saurait jamais être en tort ;
Il n’est point de plus beau trésor
Au coeur de la ville étouffante.

Si quelqu’un t’aime, alors tu peux
Oublier les écrits pompeux
Et boire un coup sous les platanes.

Jadis, le vieux Mathusalem
Chantait : « Foin du vaste harem,
J’ai bien assez d’une sultane.

Cochonfucius

L’ondine s’aventure

une-ondine

Composition de Cochonfucius

L’ondine solitaire est partie à l’aurore ;
Nul ne sait avec quel mystérieux dessein
Elle quitte rivière et cascade et bassin
Pour gagner le sentier à l’étonnante flore.

Le monde des éclats du matin se colore ;
La mousse des sous-bois forme de verts coussins,
L’écorce du platane a d’étranges dessins,
Une racine au sol semble une mandragore.

De sinople et d’argent, tels sont les deux émaux
Dont les arbres, ce jour, ont orné leurs rameaux ;
Mais que leur veut, enfin, la naïade qui rôde ?

À midi, quand du ciel tombe un rayon de feu
Sorti d’on ne sait où, comme issu du ciel bleu,
Survient un jeune troll au regard d’émeraude.

Cochonfucius

Dieu des papillons

uxwb.png

image de l’auteur

Ce dieu sans importance, il se démène en vain ;
Il est devenu vieux, ses ailes sont froissées,
Son esprit est confus, son âme est émoussée,
Il ne sait plus très bien prendre son sort en main.

Il fut jeune, il le pense, il en est incertain,
Il ne retrouve plus ses anciennes pensées ;
Des prières jamais ne lui sont adressées,
Son temple est déserté, au soir comme au matin.

Mais son coeur vibre encore à la douceur des choses,
À ce qu’on lui raconte, à ce qu’on lui propose,
Allons, finalement, d’être vieux, c’est bien doux.

Il se résigne alors, tous les dieux font de même,
Il aime ce qu’il a, n’ayant pas ce qu’il aime,
Ce dieu pratique ainsi la sagesse des fous.

Cochonfucius

 

Dieu des chauves-souris

uxe.png

image de l’auteur

Ce dieu de peu de poids vole jusqu’à l’aurore ;
Il s’agite beaucoup, mais c’est sans nul dessein,
Il n’entend même pas les conseils de ses saints.
Il goûte le parfum de la nocturne flore.

Quand le bois des éclats du matin se colore,
Le coq retentissant réveille ses poussins ;
Le dieu nocturne trace un étrange dessin
Au-dessus des guérets où dort la mandragore.

La feuille et le plumage ont mêlé leurs émaux
Dans les arbres du parc aux fragiles rameaux ;
Personne, en ce matin, ne voit le dieu qui rôde.

Il craint le grand soleil et ses rayons de feu,
Il ne désire pas voler dans le ciel bleu,
Il veut baigner de nuit son âme d’émeraude.

Cochonfucius

 

Complainte du taureau vieillissant

uxambis

image de l’auteur

Cinq vaches dans l’enclos, mais parfois davantage ;
Et l’âge a déjà bien refroidi mon ardeur ;
Profiter de la vie, éviter la douleur,
C’est tout ce qui importe aux taureaux de mon âge.

D’après le paysan, j’ai vieilli sans dommage
Et sans être affecté par de trop grands malheurs ;
Mon coeur ne brûle plus des anciennes fureurs,
Faibles sont mes succès, timide est mon courage.

Je ne reconnais plus les airs que j’ai chantés ;
Je ne m’enflamme plus quand on vient me tenter,
Or, cet épuisement n’est pas sujet de plainte.

La loi de l’éleveur me rendit amoureux ;
Et je vécus ainsi, acceptant la contrainte,
Rêvant même, parfois, que j’en étais heureux.

Cochonfucius

Sa Majesté d’Azur

uxpmm.png

image de l’auteur

Du roi, l’allure est noble, et n’est jamais hautaine.
Il a l’air avenant sous sa couronne d’or,
Sa démarche, dit-on, n’est jamais incertaine ;
Son royaume s’étend jusqu’aux rives d’Armor.

Il règne sur un monde où grandissent les chênes,
Où l’aigle, son cousin, souvent prend son essor ;
Le roi est déjà vieux, mais il est toujours fort,
Et bien rouge le sang qui circule en ses veines.

Son crâne de monarque est plein de souvenirs,
Il a vu ses sujets qui dressaient des menhirs,
Ses rêves, dans la nuit, sont peuplés de légendes.

Le printemps reviendra pour son parc embaumer,
Dans la brise de l’est il ira pour humer
Le vent de liberté qui surgit de la lande.

Cochonfucius

 

Chevalier aux deux écus

uxlm3

image de l’auteur

Ce noble chevalier monte sur la colline ;
De gueules, son armure est belle comme l’or ;
C’est un homme courtois, et de plaisant abord,
Son sourire lui donne une allure divine.

Il a la nostalgie des étendues marines
Et d’un ami barbu, jurant «mille sabords» ;
Il ne le sent pas bien, ce terrestre décor,
Ce bocage imprégné de couleur anodine.

Lui, sur ses deux écus, n’arbore aucune fleur,
Mais seulement des croix d’une étrange couleur ;
En dehors de cela, rien d’extraordinaire.

Il est un peu trop lourd pour danser dans le vent,
Mais il est tout de même heureux d’être vivant
Sous le ciel traversé par deux grands luminaires

Cochonfucius

Arbre de la Terrasse de l’Est

uxgm.png

image de l’auteur

D’une bouture il vient, qui jadis fut plantée
Par le Serpent, ou non, ce n’est pas important.
Ceux du Jardin de l’Est toujours vont récoltant
Sa production du jour, fidèlement portée.

Ce fruit peut soulager les âmes tourmentées,
Le goût en est amer, agréable pourtant ;
Or, nos peines par lui nous allons surmontant,
Que la saveur magique a souvent arrêtée.

S’inquiéter pour cela, ce serait sans objet,
L’arbre d’aucune loi ne sera le sujet ;
Le bannir du jardin, quelle rigueur extrême !

Un oiseau quelquefois se pose à son sommet
Pour goûter à ce fruit, mais ne chante jamais ;
Et quand nous en prenons, nous nous taisons, nous-mêmes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.