De l’âme et du coeur

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L’âme, autant que le coeur, sourit dans les étreintes ;
Aussi, au souvenir d’une amie qui passa
Et qui dans la mémoire un long sillon traça,
Ou d’astres dont, peut-être, est la lumière éteinte.

Or, dans le souvenir, bien des choses sont peintes,
Choses qu’on observa, choses que l’on pensa ;
Les traits que Cupidon autrefois nous lança
Nous procurent toujours une douleur non feinte.

L’âme et le coeur sont là, dans le déclin du corps,
Dont le regard, parfois, se tourne vers la mort
Qui leur dit quelques mots, sans qu’ils ne lui répondent.

Et l’un pour l’autre, ils sont des plus attentionnés ;
Ils ont un peu d’humour, je veux le mentionner,
Un modeste reflet de l’ironie du monde.

Cochonfucius

 

Serpent de juillet

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De gueules, ce reptile, et de mélancolie !
Seul dans le vieux Jardin, il ne sait où il va,
À ses désirs, jamais personne ne se plie.
Quand il se souvient d’Eve, il pense qu’il rêva.

Ce sont pourtant des jeux qui jamais ne s’oublient,
Ni le goût du beau fruit qu’un Père cultiva,
Ni le goût du péché, qui au plaisir se lie
Chez l’homme que nul ange ici ne préserva.

Branche qui désormais de nouveaux fruits arbore,
Crois-tu que des pécheurs vont t’aborder encore,
Admirant ta douceur et ta docilité ?

Tu n’as plus de clients, tu ne pourras rien vendre,
Mais le vent de l’Eden te dit des choses tendres,
Comme jadis, ému de ta fragilité.

Cochonfucius

Portail hyperspatial

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Par ce portail ouvert, tu vas vers d’autres mondes
Qui sont loin de Paris, qui sont loin de Bordeaux ;
Ainsi qu’un naufragé sur son léger radeau,
Tu poursuivras fort loin ta route vagabonde.

Les poissons, bondissant de la mer peu profonde,
Regarderont ta nef vive comme un oiseau ;
Puis ils se cacheront derrière des roseaux,
Timides comme ils sont, ces habitants des ondes.

Aucun être indiscret ne marche sur tes pas ;
Lent sera ton trajet, ça ne te gêne pas,
Car tu te sens chez toi dans ces beaux paysages.

Mais pour un tel parcours, n’es-tu pas un peu vieux ?
— Jeunes gens ou vieillards, nous sommes de passage,
Des rêveurs du chemin, des errants sous les cieux.

Cochonfucius

la sérénité

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Toile de Zang Enli

C’est vrai qu’il est serein, le moral des bouddhistes,
Dans leur grand Véhicule ou bien dans le petit,
À porter leur fardeau leurs coeurs ont consenti,
Ils ne sont pas pourtant devenus fatalistes.

Ils restent souriants lorsque leur vie est triste,
Ils voient de la couleur sur un mur qui est gris.
Il peut leur arriver de se montrer épris,
Mais aux attachements de la chair, ils résistent.

Ils ont compris d’où vient l’éternelle souffrance,
L’impression de non­-sens, de peur, de déshérence,
Tout ce qui nous retient, de nos malheurs, captifs.

Ils savent qu’un aveugle, en sa grise misère,
Peut sentir que sa peau est baignée de lumière ;
Ses yeux ne la voient pas, ils ne sont pas fautifs.

Cochonfucius

Seigneur de Rigel

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Le Seigneur de Rigel, ce n’est pas un affreux .
Il fait de bonnes lois, pesant chaque virgule,
Il n’est pas boulimique, il n’est pas somnambule,
Aussi nous admirons ce maître ténébreux.

Il avait une armée de soldats minuscules
Qui, malheureusement, se massacraient entre eux ;
Ils sont allés dormir dans l’inframonde ombreux,
Et je ne trouve pas cela si ridicule.

Ils parcourent ainsi le noir illimité,
En ce vaste sous-sol, ayant droit de cité,
Sans être tourmentés par les démons qui beuglent ;

Ils n’auront à subir aucune atrocité,
Disant avoir atteint l’ultime liberté,
Trouvant l’obscurité plaisante : ils sont aveugles.

Cochonfucius

 

Janus-Bouddha

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Le passé, l’avenir, les discerne-t-il bien ?
Peut-il encourager l’enfant qui vient de naître ?
Un dieu, bien trop souvent, veut passer pour un maître,
Mais la causalité le piège dans ses liens.

Or, un dieu sans pouvoir, peut-être, est mieux que rien.
C’est avec cet espoir qu’ont grandi nos ancêtres,
Croyant sous le regard d’un gentil berger paître;
Pleins de fidélité, comme le sont les chiens.

Avec de beaux récits, les dieux te récompensent,
Mais ne fais point pour eux d’inutiles dépenses,
Et ne t’en prends qu’à toi, si tu as des ennuis.

La nature, en effet, n’est pas à ton service ;
On ne la séduit pas au gré des sacrifices,
Mais il nous est permis d’en être un peu séduits.

Cochonfucius

Sirène Atlante

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Une sirène au fond de l’Atlantique
Songe à celui qui enchantait son coeur,
Et puis se verse un verre de liqueur,
Car il en reste une pleine barrique.

Juste au-dessus, la mer est magnifique,
J’entends le cri du goéland moqueur  ;
D’un gros poisson, il vient d’être vainqueur,
Dont les copains s’éloignent en panique.

Un peu plus loin sonnent les mots d’amour
Que vient de dire un crabe fier et lourd,
Lui, du courage incomparable emblème.

Or, la sirène a pleuré sans raison,
Quand son esprit fit la comparaison
Des mots du crabe à ceux de Polyphème.

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Vie et mort d’un poète

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Collage Cochonfucius

La vie est le brumeux chemin,
La mort, le couchant rose ;
Vieil homme, en regardant tes mains,
Tu peux rire, sans cause.

La vie est le poids des talons
Sur les sentiers de terre,
Nous conduisant vers des vallons
Dépourvus de mystère.

Ma tête s’emplit de sommeil
Et veut être posée
Dessous un feuillage vermeil,
Qu’importe la rosée.

Cochonfucius

Corbeau de légende

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Art Haida

Un corbeau magicien dévore le soleil,
Puis il le restitue, pour des raisons secrètes ;
Cet animal, loin d’être un pur anachorète,
Aime la rouge viande, aime le sang vermeil,

Et souvent s’évertue à tromper ses pareils.
Il sait sonner la charge ainsi que la retraite,
Mais il montre un humour au ras des pâquerettes.
Le sorcier du pays, dans son état d’éveil,

Lui offre la liqueur que les érables saignent,
Mêlée d’un peu de rhum (que point il ne dédaigne,
Du moment que la coupe est du plus pur cristal) ;

Qu’importe du Grand Nord la saison rigoureuse !
Le chamane et l’oiseau, libérant leur mental,
Échangent longuement des blagues savoureuses.

Cochonfucius

Cochontaure d’azur et d’or

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Il trace un court poème, et rien ne le retarde,
Il tient sur toute chose un discours assuré ;
Son humour est léger, chacun peut l’endurer,
Puis il parle toujours de ce qui le regarde.

Les multiples sonnets qu’il fait sans prendre garde
Par de nombreux détails laissent à désirer ;
Mais on y sent aussi une joie respirer,
Et parfois la verdeur d’une salle de garde.

Ce cochon dit des mots sans nulle cruauté,
Car de notre univers il aime la beauté ;
Il aime le raisin qu’on vendange en automne.

C’est un monstre charmant, ce n’est pas un trompeur,
Il est fort paresseux, que nul ne s’en étonne,
Même le mot «travail» le fait trembler de peur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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