un dimanche auprès d’une église

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Peinture chinoise === 张辛稼

Le printemps nous invite à des amours nouvelles
Je n’ai jamais voulu t’installer en prison
Ni construire une histoire ignorant la raison
Hélas sur tes portraits comme je te vois belle

Sous mon toit dans trois jours reviendra l’hirondelle
Pour elle ce sera le temps de couvaison
J’entendrai ses enfants égayer ma maison
A toi j’aurais voulu pouvoir être fidèle

Mais au bas d’une église on s’est dit au revoir
Puisque notre aventure est vraiment sans espoir
Nous entendions la cloche annoncer un baptême

S’il est permis d’écrire un aveu laborieux
S’il est permis d’écrire ici ce mot sérieux
Princesse, je t’aimais, je t’aimerai, je t’aime

Cochonfucius

Sagesse d’un prédateur de gueules

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image de l’auteur

L’aigle dit à sa proie, que veux-tu, c’est la vie ;
Le beau serpent d’azur lui répond, c’est la mort.
L’oiseau de Jupiter s’élève sans effort,
Et sa faim, semble-t-il, n’est jamais assouvie.

La victime, aujourd’hui vers les noirs cieux ravie,
Se dit qu’elle n’est pas arrivée à bon port ;
Le rapace s’élance et prend un bel essor,
Aérien voyageur qui jamais ne dévie.

Son plumage est voyant, ça ne le gêne point,
Les oiseaux sont souvent comme lui sur ce point :
Ils aiment parader auprès de leurs semblables.

L’aigle n’est pas de ceux qui vont à petits pas,
Car il franchit cent lieues pour trouver son repas ;
Même le serpent bleu le trouve inégalable.

Cochonfucius

 

Seigneur Canard de Sinople

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image de l’auteur

Il goûte le bonheur d’une gloire inventée,
D’un étrange délire il veut suivre le cours ;
Il néglige pour ça son coeur et ses amours,
Du petit Cupidon, la flèche est rejetée.

De cet honneur fictif son âme est tourmentée,
Il n’en démordra pas, la chose est sans secours;
Il entretient l’idée, tout au long de ses jours,
Des rêves de triomphe emplissent sa nuitée.

Ce canard un peu fou, pas même chevalier,
Se présente en seigneur dans ses lieux familiers,
Aucun de ses amis n’ose le contredire.

Ne le condamnons pas avec trop de rigueur ;
Comme mégalomane, on a déjà vu pire,
Et puis, sa déraison lui vient d’un noble coeur.

Cochonfucius

Cheval rétrocéphale

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image de l’auteur

Regardant en arrière, il arpente les plaines
Sans même s’arrêter pour boire en un ruisseau ;
Il s’approche du bois où verdissent les frênes,
Non loin du marécage où chantent les roseaux.

Il va sans réfléchir, et sans reprendre haleine ;
Il va sans s’épuiser, ne portant nul fardeau.
Il marche tout le jour vers les terres lointaines
Où dort son ancien maître, en un obscur tombeau.

Il inspecte le ciel pour le mesurer mieux,
Il lit dans le cosmos avec ses nobles yeux,
Saluant au passage un astre qui se lève ;

Il longe de vieux murs, marchant sur le gazon,
Il sait qu’il doit aller plus loin que l’horizon,
Ce cheval obstiné, cet animal qui rêve !

Cochonfucius

Jean du lion

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image de l’auteur

Le prophète s’en vint pour boire à la fontaine ;
C’est là qu’il rencontra, dans la chaleur du jour,
Un lion abandonné. Jean s’emplit, pour l’amour
De ce petit félin, d’une tendresse humaine.

Tous deux ont pu gagner la bergerie prochaine ;
Le fauve était heureux de trouver du secours,
Et qu’un être à son cri ne se montre pas sourd,
Ayant mille moyens pour soulager sa peine.

Animal et prophète, un mutuel support
Pour jeter des regards sur la vie et la mort ;
Comme Antoine et son porc, ils sont toujours ensemble.

Viendra le charpentier, tu lèveras les yeux
Afin d’interroger cet envoyé des cieux,
Cet amant du désert, qui tant au lion ressemble.

Cochonfucius

Lion avec HDR

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Illustration d’Alice au Pays des Merveilles

Le loup dit au lapin : « Que fais-tu, ces jours-ci? »
Le lapin lui répond : « Je prépare une thèse. »
Le loup se dit alors : « Serait-ce une foutaise ?
(Mais je l’ai vu souvent sur son derrière assis). »

Or, sur ce loup, nul n’a plus rien su de précis.
De même a disparu le tigre du diocèse ;
Puis nombre de jaguars, sans la moindre exégèse.
Donc le renard s’y est intéressé aussi.

Au terrier du lapin, il fait une inspection ;
Rien de particulier n’attire l’attention,
Sauf, du tigre, les os, morceaux non comestibles,

Auprès d’un lion qui siège en un vaste fauteuil.
Que vous soyez lapin, belette ou écureuil,
Choisissez, pour la thèse, un directeur crédible.

Cochonfucius

 

Sagesse de la colombe

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image de l’auteur

La colombe d’argent consulte l’azur nu :
Elle y croit discerner la menace qui flotte ;
Déjà sévit le froid, sous lequel on grelotte :
Faudra-t-il donc voler vers des lieux inconnus ?

Le lion d’or de l’Afrique est, ce matin, venu ;
Il voyagea de nuit, aux cris de la hulotte,
Que d’ailleurs il comprend, car il est polyglotte.
Avec Dame Colombe il s’est entretenu.

L’oiseau disait, songeur, en se lissant les plumes ;
— Cet horizon paisible a des reflets d’écume,
Or, j’y vois un présage, et le crois inquiétant.

Le roi des animaux, de sa voix qui rassure,
A calmé le tourment de la colombe pure :
— Ce n’est rien ; c’est, dit-il, l’annonce du printemps.

Cochonfucius

De sable au coursier d’argent

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image de l’auteur

Cheval sans cavalier ne cherche point la gloire,
Mais le repos, comme ont les nefs dedans le port ;
Sur nul champ de bataille il ne risque son sort,
Nulle goutte de sang sur sa robe d’ivoire.

Poète sans souci au renom ne veut croire ;
Que vienne le vent d’est ou bien celui du nord,
Son esquif au chenal s’en va, tirant des bords,
Comme fait dans le ciel un oiseau sans mémoire.

C’est bien d’être cheval, lorsque l’on peut danser ;
Le chanteur trouve bon de ne pas trop penser,
La nature est farceuse et n’est pas trop méchante.

Un godet là-dessus de ce magique sang
Du fils du charpentier, un remède puissant,
Grâce auquel ce sonnet sort de ma plume, et chante.

Cochonfucius

Sagesse d’un étalon

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image de l’auteur

Le beau cheval d’argent au grand soleil s’expose,
Dans le désert de sable il marche d’un pas lourd.
Cupidon le menace avec son arc d’amour,
Et le trait acéré que d’un philtre il arrose.

La lune de sinople au goût d’apothéose
Survole cet archer, comme fait un vautour,
Le cheval risque ainsi de passer bien des jours
À souffrir d’un poison au doux parfum de rose.

Il risque d’en souffrir au cours de bien des nuits ;
Mais, ayant discerné le danger devant lui,
Il adresse au tireur un ou deux mots magiques.

Cupidon, quoique indemne, hésite cependant,
Et renonce à tirer, disant « C’est plus prudent :
Je ne supporte pas qu’on me prenne au tragique ».

Cochonfucius

Cavalier de gueules

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image de l’auteur

Le rouge cavalier parcourt sans s’émouvoir
La verte plaine au fond des régions infernales,
Chevauchant Cinq-Sabots, monture peu banale,
Qui l’arrière et l’avant de son trajet peut voir.

On ne sait si c’est l’aube ou le début du soir ;
Un souffle frais, parfois, des falaises dévale,
Ressemblant à celui d’une verte cavale,
Ou d’un rhinocéros, ou d’un petit troll noir.

Ils vont, jour après jour, sans succès, sans déboires.
Tous deux ont oublié, fâcheux trou de mémoire,
Le but et le propos de leur expédition.

À l’auberge, il advient qu’au cheval on apporte
Un seau de bonne taille, empli de boisson forte ;
Le maître boit de l’eau, car il est en mission.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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