L’oie de gueules

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De cette oie rouge on fit belle peinture,
Ce dont l’auteur vivement fut vanté ;
Car il peignit un plumage enchanté
Dont, sûrement, jalouse est la nature.

À tel écu n’est besoin de dorure,
Contentons-nous de sa sobre beauté ;
Rien ne vaudra sa parfaite clarté,
Ces quelques vers lui servent de bordure.

L’oie fut magique, à ce que l’on croyait,
Et le chagrin du monde elle noyait
D’incantations dites bien savamment.

Non, ce n’est pas une volaille lourde,
Très élégants sont tous ses mouvements ;
Quant à l’humour, elle n’y est pas sourde.

Cochonfucius

Mangeur d’aigles

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Il traverse les cieux dans les étés vibrants,
Chasseur fort exigeant, ses proies ne sont pas foule :
Au-dessus du nuage où les orages roulent,
Il traque l’aigle d’or au regard transparent.

De l’aigle, on peut entendre un appel déchirant,
Puis, de gueules, son sang brutalement s’écoule :
Comme par le goupil est emportée la poule,
Ainsi par le dragon le rapace mourant.

Mais le mange-dragons dit, avec ironie :
Pour toi, reptile, aussi, surviendra l’agonie !
Et le dragon sursaute, en entendant sa voix.

Mange-dragons, dis-moi, tu n’as pas de quoi rire,
Un pêcheur te prendra, puis il te fera frire
Afin de te servir avec des petits pois.

Cochonfucius

Chronoscopie

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J’aime le sablier, cette pure merveille,
La juste symétrie entre ses deux moitiés
Ainsi que tous ces grains qui tombent sans pitié.
(Mais qui est l’inventeur d’une chose pareille ?)

J’aime le consulter, à l’heure où je m’éveille
Pour soustraire un instant, peut-être, à mon métier ;
Et je laisse passer un sablier entier
Pendant qu’en mon jardin s’activent les abeilles.

J’ai peu d’activité dans mon humble manoir ;
Je ne suis pas pressé d’allumer l’écran noir,
Ni d’apporter du texte à la littérature.

Je ne suis pas astreint au dur travail des champs,
Sans aller au bureau, je touche un peu d’argent ;
Du cercle, ma journée n’est pas la quadrature !

Cochonfucius

Cervoise

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Il est une taverne, au coeur de la cité,
Où j’aime retrouver l’aimable compagnie
Du patron goguenard, régnant, sans tyrannie,
Sur douze vrais buveurs, fleurons d’humanité.

C’est là qu’il faut vouloir du monde s’écarter ,
Afin de retrouver la douceur infinie
D’un antre primitif où s’écoule la vie
Dans le rire et le jeu, la joie et la clarté.

Cet antique comptoir est un petit théâtre
Où dansent les acteurs, sans se laisser abattre,
Que l’homme soit prospère, ou soit peu fortuné.

Mais vous pouvez entrer, ça n’a rien d’effroyable,
Le maître du troquet n’est pas un misérable,
Dont jamais un buveur ne fut abandonné.

Cochonfucius

N’en déplaise à Louis Aragon

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Toile de Gauguin

Aimer n’est pas un tour de force
Aimer n’est pas si dur qu’on croit
Ce n’est pas un chemin de croix
Ni une épreuve qui vous broie
Ni un parcours vers le divorce

Aimer c’est se livrer sans armes
Aimer c’est choisir son destin
C’est chanter dans le clair matin
Même dans les temps incertains
C’est chanter au travers des larmes

Ne plus aimer c’est déchirure
Et c’est son propre coeur blesser
Et c’est maudire son passé
Et sa propre âme détresser
Moi j’en connais qui en moururent

D’aimer il n’est jamais trop tard
Battent deux coeurs à l’unisson
Et tremblent du même frisson
Et chantent la même chanson
Jouant sur la même guitare

Cochonfucius

Infinité de gueules

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Valeur à l’extrême agrandie,
Sa taille défie les humains ;
Sa transfinitude brandie
Semble trouer le parchemin.

C’est le nombre des lendemains,
Des embrouilles, des maladies,
C’est la mesure du chemin
Des promenades étourdies.

C’est le plus riche et le plus fort,
Celui qui transcende la mort
Et nous aide à compter les astres.

C’est un concept ébouriffant
Qui fait plaisir aux bons enfants
Et peut conjurer les désastres.

Cochonfucius

Un zodiaque

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Toile de Larry Carlson

Qu’as-tu vu dans le ciel, camarade astrologue ?
J’ai vu un gros mouton qui maudissait l’hiver,
Puis j’ai vu un taureau qui écrivait en vers,
J’ai surpris des jumeaux et capté leur dialogue,

J’ai vu un crustacé disant des apologues,
J’ai vu un lion prêchant au milieu du désert,
J’ai vu la demoiselle usant de mots pervers,
J’ai vu une balance ornée d’un décalogue ;

J’ai vu un noir scorpion dessiner sur le sable
Et j’ai vu un centaure aux flèches redoutables,
J’ai vu un capricorne au langage qui ment,

J’ai vu un échanson qui dansait sous la lune,
Et j’ai vu des poissons qui déchiffraient des runes.
Il faudra nettoyer, un soir, ton instrument.

Cochonfucius

Trois couronnes d’azur

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L’azur qui les recouvre est plus précieux que l’or,
Que les perles aussi, que le saphir ou l’ambre ;
Un magicien le fit, une nuit de novembre,
D’après une recette écrite en jargon mort.

Il ne prit nul argent après un tel effort,
Mais but un peu d’alcool en ma petite chambre,
Même, il a grignoté des sablés au gingembre
Et du poisson séché, venu des mers du Nord.

Il garda le secret de cet azur qui luit
À la clarté du jour, et même dans la nuit,
De ce bleu révélé par le Seigneur des Mondes.

Que fait-il à présent ? Il crée des univers,
Des planètes dansant autour d’un soleil vert
Et leurs clairs firmaments s’étendant sur les ondes.

Cochonfucius

Livre captivant

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J’ouvre ce petit livre, et la flamme en déborde.
Au labeur quotidien j’échappe sans remords ;
Mon esprit vagabond avec l’auteur s’accorde
Pour rire et pour danser, Rabelais n’est pas mort.

Je vois des marins fous qui des îles abordent,
Un fier naturaliste aux îles de Timor,
Un atoll merveilleux que de noirs récifs bordent
Où nage le requin, prends garde, s’il te mord.

Le livre reste ici sans que ma main le lâche,
J’y vois des combattants parfois forts, parfois lâches,
Et Merlin qui s’enquiert de l’immortalité.

Je me livre en pâture au sourire des filles,
Surtout celles qui sont sans tortuosité ;
J’arrête cet écrit, je sens qu’il part en vrille.

Cochonfucius

Joie crocodilienne

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Ce joyeux crocodile a parcouru la Terre ;
Il a vagabondé longtemps sous d’autres cieux,
Toujours y dévorant ce qu’on trouve de mieux.
C’est un subtil gourmet, pas un croco de guerre.

L’hippopotame a dit : Modérez-vous, compère,
Plus gros que votre ventre, on dit qu’ils sont, vos yeux,
Tant de gens vous ont vu vous goinfrer en tous lieux !
Il vaut mieux consommer des plats rudimentaires.

Le croco répondit : Vous avez bien raison,
De légumes croquants j’ai rempli ma maison,
De ces bons aliments qui du mal nous délivrent.

Conclusion de l’hippo : Si je parle avec vous,
C’est surtout dans l’espoir que nous boirons un coup,
On peut manger léger, pourvu qu’on soit bien ivre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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