Aigle d’inframonde

uxjm1

image de l’auteur

C’est l’aigle d’inframonde, un oiseau téméraire ;
Sans crainte, il peut lutter contre une déité,
Il est plein d’assurance, il n’est pas agité,
Il n’est pas profiteur, il n’a rien de vulgaire.

Du phénix infernal on le voit solidaire,
Lui qui le feu d’en bas voit sans se démonter ;
Comme il advient souvent, cet aigle est indompté,
Pline le décrit mieux que je ne peux le faire.

Alors, je l’aime bien, passereau que je suis,
Et si des idéaux moins nobles je poursuis,
Sa grandeur, sa fierté n’ont pour moi rien d’étrange.

Or, si vous rencontrez cet aigle égal aux Dieux,
Ou si vous entendez son rire glorieux,
Faites-lui parvenir ma modeste louange.

Cochonfucius

Paon-Théon

800px-durer_revelation_four_riders.jpg

Gravure de Albrecht Dürer

Marchant jusqu’au palais qui a sept ouvertures,
J’ai demandé au roi de placer des gardiens,
Auprès de chaque porte, et qu’ils regardent bien
Ce qui entre et qui sort, en fait de créatures.

Voici donc ces bestiaux, tous, selon leur nature :
L’éléphant, le dragon, le loup, les acariens,
Le coq, le paon, le porc et quelques amphibiens,
Tels sont les animaux qui par là s’aventurent.

Puis, le paon et le coq, on les métamorphose
En aigles des sommets ; le loup, en autre chose
Qui mieux sache écouter la voix de la raison.

Le porc et l’éléphant, sous leur forme nouvelle,
Deviendront vos chevaux. Mettez-­leur une selle,
Et vous chevaucherez vers les quatre horizons.

Cochonfucius

Fleur des steppes

uxpm

image de l’auteur

Ce n’est pas la fleur d’or, ni la fleur de la loi ;
Mais cette plante-là ne craint aucune bête.
C’est un fier végétal, c’est une fleur-poète
Dont les charmants sonnets disent on ne sait quoi.

Elle est plus amusante et plus forte que moi,
Et je le reconnais : je veux, pour être honnête,
Dire cette évidence à toute la planète
Qui peut la recevoir sans peine et sans émoi.

La grâce d’un vivant, c’est d’être ce qu’il est ;
Il est beau quelque part, même s’il se croit laid,
Il nous faut admirer la fleur aux couleurs vives.

Ne me reprochez point cette chanson naïve :
Les lecteurs inconnus qui ma chronique suivent
Ont toujours pris cela pour ce que ça valait.

Cochonfucius

Sagesse bicéphale

tosha.jpg

image de l’auteur

Notre corps est un arbre, ont dit les amphisbènes,
Il faut, pour le nourrir, la plus vaste des plaines ;
Si jusqu’en inframonde il est enraciné,
Le sort de son feuillage est mal déterminé.

J’en accepte l’augure, a répondu la feuille ;
Si mon sort est précaire, allons-y, je l’accueille ;
Quand je n’y serai plus, d’autres feuilles viendront
Qui les mêmes leçons du monde retiendront.

L’esprit est un miroir, a proclamé la lyre,
Malheur aux maladroits qui, jadis, le salirent.
Ce propos, dit l’esprit, je le trouve incomplet :
Nul ne peut nettoyer l’intérieur du reflet.

Cochonfucius

Notre corps est un arbre

tanying.jpg

Toile de Tan Ying

Notre corps est un arbre, a déclaré l’ermite,
Notre esprit un miroir, il faut l’épousseter.
Ne se croyait-­il pas porteur de vérité,
Celui qui transcendait le réel et ses mythes…

Ton arbre est dans un vase, a dit le cénobite,
Et d’un endroit à l’autre il peut se transporter.
Quant au miroir, tu peux tout un jour le frotter,
Tu ne nettoieras pas les reflets qui l’habitent.

Époussetons bien l’arbre, arrosons le miroir,
Car pour telle entreprise il n’est besoin d’espoir,
Ni de succès non plus pour que l’on persévère.

Les ayant accueillis dans ta méditation,
Retiens de ces deux mots la signification :
L’arbre, on en fait du bois, le miroir, c’est du verre.

Cochonfucius

Deux licornes d’azur

2-lic-az.png

image de l’auteur

Ayant apaisé leur esprit,
Les licornes sont à l’ouvrage :
Elles assemblent des images
Pour un blason, loin de Paris.

La plus jeune des deux sourit,
Ce qui embellit son visage ;
Elle choisit, c’est son usage,
Les plus aimables coloris.

Une matinée tout entière
Pour travailler dans la lumière,
Sans de leur table se lever.

Avec leur fine intelligence
Elles tracent, sans complaisance,
Le blason le plus achevé.

Cochonfucius

 

Aigle des lointains

bretzelburg.png

image de l’auteur

Au repaire de l’aigle est un péril immense,
Plus d’un intrus en fut condamné sans recours ;
On ne peut s’en tirer par d’habiles discours,
Il est moins dangereux d’observer le silence.

Si dans ce triste lieu te conduit ton errance,
Ne dis pas un seul mot, fais semblant d’être sourd ;
Tel est, depuis longtemps, l’usage de la Cour,
Nul ne s’y fait entendre, et nul seigneur n’y danse.

Vois si la Reine est là, car elle est moins méchante,
On dit que dans sa chambre, étant seule, elle chante
En souvenir du temps de son premier amour.

Si c’est toi l’amoureux visiteur de la tour,
N’oublie pas ce bonheur, même s’il fut bien court,
Le roi te laissera sourire à ton amante.

Cochonfucius

 

Armes d’Abel et de Caïn

 

ovwv.png

image de l’auteur

Armes ne sont présents qu’on vit du ciel descendre,
Jamais de tels objets l’on n’use avec amour.
Le deuil les accompagne, assombrissant le jour,
Dont je vois les méfaits aux âmes se répandre.

Pour Abel et Caïn, de leurs armes s’éprendre,
Ce fut pour emprunter un chemin sans retour ;
Le serpent, nous dit-on, leur a joué ce tour,
Lui dont le froid esprit a de sombres méandres.

En vain, près de Caïn, son bel ange insistait
Qui son mortel projet fermement contestait,
Refusant que l’Enfer eût son âme en pâture.

Auprès du tendre Abel, les anges furent trois,
Rappelant du Seigneur la pacifique loi ;
Mais ils n’ont rien pu faire, ils étaient immatures.

Cochonfucius

Baron Tournesol

ovwi.png

image de l’auteur

Le Baron Tournesol, quel érudit subtil !
Combien nous admirons son esprit qui serpente ;
Il sait faire surgir des phrases provocantes,
Il sait recondenser des concepts volatils.

« Je comprends votre idée, mes amis, nous dit-il,
Mais de la réfuter, permettez que je tente.»
À la logique, alors, son noir humour attente,
Balayant cette idée comme un décombre vil.

Tournesol, tu es noble, on va te sacrer roi,
S’il te faut un bouffon, tu peux compter sur moi :
Car nous partagerons ce rieur apanage. »

Contre la royauté ce maître est prévenu,
Malgré toute la gloire et les bons revenus :
S’il n’était point baron, il voudrait être page !

Cochonfucius

Maître des serpents

mtr-ds-sp.png

image de l’auteur

Le Maître des serpents a beaucoup lu ;
Or, tous ces vieux traités lui ont bien plu.
Il y passa du temps, et je peux dire
Que c’est un érudit qui sait bien lire.

Il a bien entraîné aussi son corps,
Il est un peu vieux, mais il est très fort.
Les chansons d’autrefois bercent son âme,
Et son coeur a gardé un peu de flamme.

Donc, je le suivrai, ce maître vaillant,
Je l’assisterai s’il va bataillant
Car j’entends de lui des paroles justes ;
Je veux, comme lui, devenir robuste.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.