Ours magicien

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image de l’auteur

L’ours d’argent dans l’azur s’avance
En plein jour comme en pleine nuit ;
Son doux regard de sable luit
Dans ce pays sans espérance.

De sinople un serpent savant
Connaît par coeur quelques volumes
Tracés par d’érudites plumes ;
Le mal, il le guérit souvent.

De serpent et d’ours, les arcanes
Surchargent les vieux parchemins
Qui, le soir, tremblent dans nos mains :
C’est l’inspiration des chamanes.

Cochonfucius

Porte Miraculeuse

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image de l’auteur

Par cette porte, on sort de la ville agitée ;
On entre en un chemin qui erre au long des flots
Sans que jamais ne l’ait suivi nul matelot,
Et l’on y peut trouver la paix tant souhaitée.

La brise est favorable et l’âme en est flattée,
Le ciel est fort clément, la marche est un repos,
L’oiseau qui passe là tient de doctes propos,
Ça ne m’étonne pas, c’est l’oiseau de Protée.

C’est une étrange joie en langueur finissant,
Rude, fière et tragique en ce chemin glissant,
En ce rêve apaisé qu’un ange nous envie.

De ne le suivre pas, c’est sûr, nous aurions tort,
Vu qu’on le doit nommer le chemin de la vie,
Même si c’est aussi le sentier de la mort.

Cochonfucius

Dynastie impériale et royale

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image de l’auteur

Servis par des milliers de chevaliers armés,
Nous tenons ce pays, conseillés par des sages
Qui ont reçu de nous leur terre en apanage ;
Nul menaçant voisin ne nous peut alarmer.

Les galériens, pour nous, ne cessent de ramer ;
Les marchands vont en mer sans craindre les orages,
Les montagnards patients bâtissent des barrages,
La Sainte Confrérie nourrit les affamés.

Les moulins vont leur train, par la grâce d’Éole,
Le rhapsode à la cour dit de belles paroles,
Le peuple vit sa vie dans la fraternité;

Mais tout ce qui et bon, le vulgaire s’en lasse ;
Qui sait si, dans dix ans, nous resterons en place ?
Sur notre impermanence, il nous faut méditer.

Cochonfucius

Loup esthète

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Composition de l’auteur

Le quatrième porc fit un logis de pierre,
Le loup se récria : « Qui trouve cela beau ?
Cette froide maison a des airs de tombeau. »

Lisses, les murs n’offraient aucune prise au lierre ;
Le cochon avait fait son travail proprement,
Ayant de bons outils et d’excellent ciment.

Le loup, de Segalen empruntant une stèle
Dite « Aux dix mille années », fit voir à l’animal
Qu’on pouvait préférer un bâti végétal.

« C’est bien, dit le cochon, votre sagesse est telle
Qu’elle s’accorde avec le plus subtil esprit ;
Mais je suis comestible, et j’aime être à l’abri ».

Cochonfucius

L’Esprit se remémore

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Toile de Emil Nolde

J’ai vu ces douze enfants privés de leur grand frère
Qui s’était envolé, transformé en corbeau,
Quarante jours après sa sortie du tombeau.
Ils sont restés neuf jours sans trop savoir quoi faire,

Ne pouvant, quant à eux, monter dans l’atmosphère,
Ou bien, il eût fallu un très grand escabeau.
Ils sont allés en ville avec leurs gros sabots,
Et se sont assemblés, proclamant cette affaire

Devant des gens venus d’un peu partout sur Terre ;
Lesquels n’ont rien compris aux étranges mystères
Que les douze narraient dans un dialecte obscur.

Alors, pour les sauver, j’ai touché de mes flammes
Le sommet de leur crâne et le fond de leur âme :
Voici qu’en toute langue ils parlent, d’un ton sûr.

Cochonfucius

Danse aquatique

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Image du blog Herald Dick Magazine

La mer d’argent jamais ne change,
Elle abrite trois dauphins d’or ;
Ils vont, tournoyant près du bord,
C’est vraiment une danse étrange.

Le premier traverse la houle,
Il sait nager comme un poisson ;
Son corps traversé de frissons
Se retourne, et bascule, et roule.

Le second pousse un cri de guerre,
Et de sa queue, il frappe l’eau ;
Quant au troisième, débonnaire,
Il fait la sieste dans les flots.

Cochonfucius

Ambiphénix

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image de l’auteur

Le bel ambiphénix s’installe en un vallon ;
Il sait que c’est la fin de sa présente gloire,
Aussi a-t-il meublé ce dernier territoire
D’un somptueux bûcher, qui ne craint l’aquilon ;

À son dernier repas, des tranches de melon,
Un petit vin rosé, bien agréable à boire,
Et les beaux souvenirs de ses nobles victoires
Pour lesquelles point n’a demandé de galons.

L’orage en ce vallon, dans la nuit, brûle et tonne,
Le bel oiseau trépasse en ce début d’automne,
La clarté de la flamme illumine ces lieux.

Le dragon, s’il est vieux, s’endort au marécage,
Le passereau, mourant, se cache en un bocage,
L’ambiphénix renaît à la face des cieux.

Cochonfucius

La bénédiction des langues

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Toile de Dali

Nous voici réunis, ce jour de Pentecôte,
Attendant que l’Esprit nous donne du talent.
Matthieu veut être juste et Marc être galant,
Luc aimerait savoir préparer l’entrecôte,

Jeannot courir sans être essoufflé dans les côtes,
Pierrot plus aisément convertir le chaland,
Jacquot voir des Romains devant lui détalant,
Venez, divin Esprit, venez, soyez notre hôte!

L’obscurité se fait dans un souffle qui gronde.
Soudain, des traits de feu, issus d’un autre monde,
Viennent toucher chacun de nos fronts de pécheurs.

Chacun gagne un lexique, un style, une grammaire,
S’ajoutant au parler qu’il tenait de sa mère :
Douze apôtres, dès lors, seront douze prêcheurs.

Cochonfucius

 

Nef du charpentier

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image de l’auteur

Ici, nous n’avons pas la nef d’un dieu solaire ;
Mais un ange discret la suit en voletant.
Même, elle est accueillie par des poissons chantants,
Celle qui tient la barre est une jeune mère.

Les délicates fleurs, en la voyant, tremblèrent
De joie pour le présent, d’inquiétude pourtant
Quant à ce que vivrait cet enfant dans trente ans ;
Les fleurs le savent bien, la vie peut être amère.

Un récit d’autrefois nous instruit sur ce point :
Vous le savez par coeur, nous n’insisterons point,
Ce témoignage écrit d’une vie nonpareille.

La nef glisse sur l’eau sans émettre aucun son ;
Le fils du charpentier murmure une chanson,
Passant près d’un jardin, pour bénir une treille.

Papillon de mai

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image de l’auteur

Il aime la prairie où ruminent les vaches,
Fières de recevoir ce brillant visiteur ;
Des elfes compagnon, des muses serviteur,
Il aime se montrer, jamais il ne se cache.

Aux ailes, des reflets, puis d’élégantes taches ;
Une chaude vaillance emplit son petit coeur.
Il accomplit, joyeux, son quotidien labeur
Et se met rarement en grève, que je sache.

Il apprécie pourtant la douce oisiveté,
Il préfère avant tout la franche liberté,
Ses amoureuses sont de magnifiques roses.

Il a mille cousins, des insectes divers ;
Quand il était chenille, il se croyait un ver,
Mais il est bien heureux de sa métamorphose.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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