Jacques le Mince

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Selon Cochonfucius, la septième comète que Jacques le Mince a visitée fut habitée par un Criquet. Bientôt, Jacques le Mince est arrivé, le criquet l’a aperçu et a replié ses antennes. Il avait l’air mystérieux.

– Bonjour, insecte. a dit Jacques le Mince. Vous avez un air de mystère.

– Bonjour. Avez-vous fragmenté les repiquages ? C’est pour notre écosystème. dit le criquet.

Jacques le Mince ne savait pas ce que le criquet avait demandé.

– Avez-vous glorifié les idylles? a dit le criquet. Les bons astronautes fractionnent les perditions. C’est pour l’avenir de la navigation spatiale.

– Qui êtes-vous ? a dit Jacques le Mince.

– Je suis un ouroboros. Je suis ton ouroboros. Je prends soin de toi, je délimite les citronnelles. C’est pour la stabilité du cosmos.

– Mais j’ai besoin de solidifier les correctrices. Je ne veux pas fragmenter les repiquages, glorifier les idylles ou fractionner les perditions.

– Tiens-toi bien. Je suis ton ouroboros. Je sais que tout cela est très ineffable. Mais c’est pour l’essor de la civilisation. Fais ce que je dis parce que je suis ton ouroboros.

– Mais… mais… Jacques le Mince s’est tu et a commencé à inventorier les pertinences.

– Je sais que cela te métamorphose. Mais cela me métamorphose encore plus, quant à moi.

«Les ouroboros sont bien étranges. Ils disent que tout est pour l’intérêt général bien compris et accepté, mais tout ce dont ils parlent n’est pas ce que Jacques le Mince a envie de calibrer.», s’est dit Jacques le Mince, en lui-même, durant son apothéose.

Cochonfucius

Un apprivoisement

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Toile de Marianne  Stokes

Quand le prince a choisi de quitter sa planète,
Il a dit à la fleur « Je pars avec amour ».
Il ne pouvait savoir quand serait son retour,
Son trajet n’était pas bien tracé dans sa tête.

Il ne savait de quoi il s’en allait en quête.
Du système solaire il n’a pas fait le tour,
Et son corps sur la terre était beaucoup plus lourd
Que sur son sol natal ou sur une comète.

Donc, lorsqu’il entendit le propos du renard,
Il a compris le sens, avec bien du retard,
De l’apprivoisement, un mutuel baptême.

La deuxième leçon fut celle du serpent,
Maître à la vraie grandeur, même s’il est rampant :
Et son souffle dernier porta les mots « Je t’aime ».

Cochonfucius

Ornithoduc

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image de l’auteur

Voici l’ornithoduc, dans sa grande noblesse.
Son pas est élégant, le jour comme la nuit,
Et même s’il a faim, jamais il n’est réduit
À prendre sur le sol ce que les autres laissent.

La forêt retentit des poèmes qu’il tresse,
Plus d’un commentateur par ses mots fut séduit ;
Il est surtout joyeux à la saison des fruits
Qui le peut soulager de la faim qui le presse.

Venez à lui, lecteurs, apportez avec vous
Des bouteilles de vin, soit du fort, soit du doux,
Car souvent l’on a pu le vaincre par cette arme.

C’est notre ornithoduc, il n’a pas de tourments;
Sa petite existence est un enchantement,
Et même, une duchesse est tombée sous son charme.

Cochonfucius

Piano sauvage

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Assemblage de Cochonfucius

La justice, des droits des papillons jalouse,
Défend de rebondir sur la moindre pelouse :
Les habitants du « N » à cette liberté
Ont renoncé, ainsi qu’un barde l’a chanté.

Mais Philémon survint, et, sans prendre la peine
De lire l’écriteau, rompit la paix sereine,
Rebondissant ainsi que fait un bateleur
Sur le gazon semé de printanières fleurs.

Au tribunal perché, un juge au crâne chauve
Sommé d’une perruque et d’une toque mauve
Examina comment pourrait être puni
Un tel contrevenant. De son code muni,

Le magistrat en lut des mots d’une voix sombre,
Pendant que l’accusé se recueillait dans l’ombre,
Peu conscient d’avoir fait à ce code un affront.
Or, le juge conclut : « De la loi nous tirons

Que tel, qui d’un rebond profana nos rivages,
Est tenu d’affronter notre piano sauvage. »

Cochonfucius

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Lions volants

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Blason de la ville d’Offlanges

C’étaient deux aigles-lions
Voletant dans la brise,
Ainsi qu’un tourbillon
Tout autour d’une église.

Ils ont volé sept ans
Sans même boire un verre,
Au bout de tout ce temps,
Faut qu’ils se désaltèrent ;

Auprès du vieux clocher,
Deux vignes sur des treilles :
Le prêtre a débouché
Bouteille après bouteille.

Ils en ont bu sept ans
Sans dire une parole ;
Au bout de tout ce temps,
Les voilà qui s’envolent  !

Ils sont montés aux cieux,
J’entends leurs voix qui prient ;
Qu’ai-je besoin de Dieu ?
Je suis avec ma mie.

Cochonfucius

Aigle-lion

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image de l’auteur

L’aigle-lion, m’a-t-on dit, se nourrit de lumière ;
Durant tout son repas, il est silencieux,
Savourant le délice octroyé par les cieux,
S’efforçant de ne pas y tremper sa crinière.

Nous pouvons l’admirer, assis sur son derrière ;
Ses deux visages sont d’un aspect radieux,
À les voir, j’en deviens presque religieux,
Puis, je vois l’aigle-lion rentrer dans sa tanière.

Mais au goûter, parfois, il dévore un éclair,
Draguant les pâtissiers, sans trop en avoir l’air,
Proposant un séjour sur un coin de nuage.

Si j’étais musicien, j’aurais un instrument
Pour chanter à loisir ce roi des éléments,
Ce maître des photons, ce seigneur de l’orage.

Cochonfucius

Astronomie Spéculative

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image de l’auteur

L’aspect du ciel nocturne, est-ce vaine apparence ?
Ces rouages d’horloge à l’immuable sort,
Et tous ces corps pesants qui planent sans effort,
Quel est leur contenu, quelle est leur consistance ?

Le lointain ou le proche ont peu de différence,
Mercure est-il subtil ? Jupiter est-il fort ?
Ces habitants du ciel ne craignent pas la mort,
Qui à ceux de la Terre ont peu de ressemblance.

Ils n’ont pas de chemise, ils n’ont pas de maison.
Sont-ils pourvus d’un but ? Sont-ils là sans raison ?
Nul n’a jamais compris ce qui leur fait envie.

Que retirerons-nous de ces astres sans fruit ?
Peut-être, un cousinage, une forme de vie
Qui sans être perçue nous sourit dans la nuit.

Cochonfucius

Dynastie épiscopale

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image de l’auteur

Il est évêque aux bois, comme le fut son père ;
Les animaux lui sont soumis, d’âme et de corps.
Il aide les vivants, accompagne les morts,
Il ne laisse personne au fond de la misère.

Au coeur de la forêt sont de profonds mystères
Que l’ermite analyse au prix de grands efforts,
Moins bien que lui, pourtant: cet évêque est plus fort,
Qui libre du péché mène des jours prospères.

D’ailleurs, ses quelques torts lui seront pardonnés,
Ce dont je ne suis pas jaloux, ni étonné,
Car à tant de bienfaits ce prélat s’évertue !

Il triomphe de tout, sans effort apparent,
C’est un évêque au bois, c’est un cerf, il est grand,
Tout au moins, jusqu’à tant qu’un chasseur ne le tue.

Cochonfucius

 

Le loup et le frère de l’agneau

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Gravure de Gustave Doré

Un gros agneau buvait à un tonneau de bière
Dans la cour d’une ferme. Un maigre loup survint
Qui le réprimanda de n’avoir pris du vin,
Disant, petit mouton, c’est ton heure dernière.

L’agneau se défendit. Mangez plutôt mon frère,
A vous nourrir de moi vous mâcheriez en vain,
Mon corps est plus chétif que n’est d’un alevin
La frêle silhouette errant dans la rivière.

Ton frère, dit le loup, pourtant, tu n’en as point,
Et je te trouve gras, et d’un bel embonpoint,
Digne de m’assurer, en ce jour, subsistance.

L’agneau, pour compagnons, avait chiens de berger
Qui n’ont accoutumé de laisser loups manger :
L’animal s’en alla sans la moindre pitance.

Cochonfucius

Deux univers

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image de l’auteur

En pleine nuit, le loup d’argent compose
Un chant sonore aux couplets animés ;
Une sirène, en l’entendant rimer,
Attend qu’en prince il se métamorphose.

Chanter voudrait le lapin, mais il n’ose :
Il craint, du loup, le gosier affamé.
Il veut quitter ce sable mal famé
Pour l’argent pur, où le canard se pose.

Hurle, grand loup, de toute ton haleine :
Tu prendras bien ainsi une baleine
Si jusqu’ici elle vient en nageant.

Deux univers, sans porte qui débouche
De l’un vers l’autre, on ne sait s’ils se touchent,
Argent sur sable et sable sur argent.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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