Cendres de Jeanne

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Lorraine aux vignes d’or où l’oiseau vole bas,
Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles,
Où le vin met au coeur de l’homme des merveilles,
Lorraine vient de perdre un sinistre combat.

Le sombre tribunal d’opprobre la frappa
Pour avoir remporté victoires nonpareilles.
Tant de jours d’argutie et tant de nuits de veille ;
On en vient au verdict : elle ne vivra pas.

Église, qu’as-tu fait de ton humble servante ?
Pourquoi l’as-tu plongée en mortelle épouvante ?
Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l’effaroucher ?

Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre,
Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre,
Et rêve en balayant les cendres du bûcher.

Cochonfucius

 

Renard Vieillard

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image de l’auteur

C’est vrai que le renard avait jadis tendu
Des pièges, que c’était son principal ouvrage ;
Et c’était pour tromper les oiseaux de passage,
Mais au bout d’un moment, ils s’y sont attendus.

Le goupil s’obstina pourtant, bien entendu ;
Car il voulait gruger le héron du rivage,
Mettre parfois, peur-être, une bête en servage,
Mais à de pareils jeux il a souvent perdu.

Or, ce vieillissement qui son talent efface
Fait que, dès à présent, les moineaux le surpassent,
Il ne leur en veut pas, il se dit «C’est ainsi».

Renard sur ses vieux jours a d’autres espérances,
D’autres raisons d’user de sa persévérance :
Il rêve de charmer la Dame sans Merci.

Cochonfucius

 

Hosokawa Tama === 細川 玉

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image de l’auteur

Le Japon d’autrefois produisit une sainte,
Qu’enferma son mari dans une haute enceinte ;
Priant tous les matins pour mériter les cieux,
Chantant l’après-midi pour faire ses adieux.

L’honneur de sa lignée devint chose incertaine,
Et parmi les dangers que ce malheur entraîne,
On trouve aussi l’oubli dans un logis obscur,
Où disparaît la joie de contempler l’azur.

Repose donc en paix, chercheuse de lumière,
Une brave servante a fermé tes paupières ;
Malgré le cours des ans, et le temps qui s’enfuit,
Nous allumons pour toi des cierges, chaque nuit.

Cochonfucius

Prince de gueules

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image de l’auteur

Il construit l’avenir à la force du bras ;
Il dit des mots savants, comme font les poètes ;
Il n’est pas cantonné dans la douleur muette,
Ni ne perdra son temps pour un ouvrage ingrat.

Il s’adresse à tous ceux qui l’observent d’en bas
Et dont les plus naïfs pensent qu’il est prophète ;
Il sort des arguments qui ne sont pas trop bêtes
Et son opposition ne le contredit pas.

C’est ainsi que l’on forme une nation nouvelle
Qui garde le meilleur de son âme éternelle ;
Rendant les citoyens heureux pour bien des jours.

Ce peuple un peu perdu que menaçait l’abîme
De l’histoire à présent cesse d’être victime ;
Mais ce prince excellent règnera-t-il toujours ?

Cochonfucius

 

Grande sirène

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image de l’auteur

J’aime entendre chanter cette grande sirène ;
Elle sait des couplets sur la vie et la mort,
Sur les nefs promenant des princes à leur bord
Et sur les vieux dictons des paisibles baleines.

L’Atlantique est parfois plus plaisant que la Seine,
Mais nous aimons surtout les plages et les ports
Où dansent des marins à la fois doux et forts ;
Car l’océan leur fait une vie incertaine.

Les sirènes jamais ne vont sur leurs bateaux,
Ce qui leur convient mieux, c’est de rester dans l’eau :
C’est dans cet élément qu’elles vivent et meurent.

Devenant une écume, au temps de son trépas,
Cette âme au creux des flots ne se désole pas ;
Aux lèvres des marins quelques chansons demeurent.

Cochonfucius

 

Petit page

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image de Pierrette d’après une composition de l’auteur

Son petit coeur battait très fort
(Le coeur d’un page de la reine) ;
Son petit coeur battait très fort
Quand, pour elle, il sonnait du cor.

Lorsqu’elle dormait comme un loir
(La plus paresseuse des reines),
Lorsqu’elle dormait comme un loir,
Il était gardien du boudoir.

Elle aimait dilapider l’or
(La plus dépensière des reines),
Elle aimait dilapider l’or,
Il regarnissait le trésor.

Or, Sainte Hélène aimait le roi
(Une rivale de la reine),
Oui, Sainte Hélène aimait le roi,
Mais la reine aimait Saint Eloi.

Reines et rois n’ont point de coeur,
Hélène, Eloi en ont à peine ;
Reines et rois n’ont point de coeur,
Car ce sont des êtres moqueurs.

Du page ils se riaient toujours,
Rire de roi, rire de reine,
Du page ils se riaient toujours ;

Car ses habits étaient trop courts.

Cochonfucius

Retrocurriculum

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Blason de Grille d’Estoublon

Je mourus vers le soir, à la Sainte­-Graisseuse ;
J’en eus les sacrements pour Saint­-Limonadier.
Se termina mon règne à la Saint­-Brigadier
Qui avait commencé à Sainte­-Paresseuse.

Je fus fais chevalier à la Sainte-­Poisseuse.
J’eus mon habit de cour à la Saint­-Charcutier,
Car je savais danser depuis la Saint-Luthier,
Et lire en un grand livre au jour de Sainte­-Osseuse.

J’ai reçu mon épée pour Saint­-Apollinaire.
On m’a versé du vin pour la Saint­-Mercenaire.
On m’offrit des chevaux à la Saint­-Postillon.

Je dis mes premiers mots à la Saint­-Carnivore.
J’eus ma première dent à la Saint-Ellébore.
J’étais venu au monde un jour de Saint-Grillon.

Cochonfucius

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De gueules, à la bande d’argent, chargée d’un grillon de sable.

d’après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816

 

Le seigneur de Bételgeuse

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image de l’auteur

Il règne sur l’étoile et ses douze planètes,
Il ordonne leurs jours et préside à leur sort ;
Car lui seul peut juger les vivants et les morts,
Les errants, les bandits et les sujets honnêtes.

Les vierges du couvent, priant Sainte Ginette,
Font des voeux pour ce maître et redresseur de torts ;
Écoutant leur murmure, il s’allonge et s’endort,
Bénissant de sa main ces charmantes nonnettes.

Tandis que son esprit dans le sommeil se noie
Un rêve familier lui apporte la joie ;
Alors, au coeur du songe, il aligne des vers.

Son somme n’est jamais troublé par les moustiques,
Il est protégé par des plantes fantastiques
Jusqu’à la tendre aurore et jusqu’au matin clair.

Cochonfucius

Terre de légendes

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Image de Pierrette d’après une composition de Cochonfucius

Tout au long des vieux quais chemine Piaf-Tonnerre.
Les touristes nombreux vont par petits troupeaux,
S’arrêtant à midi pour manger de l’agneau ;
Les quais vont exhibant le luxe et la misère.

L’oiseau ne vole point, il marche, solitaire,
Il admire le ciel et son reflet dans l’eau ;
Un vénérable banc, dans l’ombre d’un bouleau,
Geneviève debout sur son long pont de pierre,

Et le fleuve chargé de l’écume des jours.
Piaf-Tonnerre, en passant, embrasse la bergère,
(Du haut de sa colonne, on voit les alentours !),

Puis il va, poursuivant son errance légère,
À la Ville Lumière aimant faire la cour,
Comme en usait jadis, aux mêmes lieux, son père.

Cochonfucius

 

Les sept lunes

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image de l’auteur

Au ciel tu nais, lune d’argent.
Tu viens éclairer les collines
Comme un éclat d’hiver neigeant ;
Il avait une humeur câline,
Héphaïstos, en te forgeant.

Lune de gueules, corps féroce,
Ton reflet parfois est joyeux ;
Tu aimes éclairer la noce
Où l’on boit beaucoup de vin vieux,
Où sourit même Carabosse.

Lune d’azur, coeur féminin,
Digne compagne de Priape,
Clair sonne ton rire bénin
Quand sont les verres sur la nappe,
Pour les géants et pour les nains.

Lune de sinople, sereine
Amante du soleil doré,
D’Aphrodite la riveraine
Et de ses rayons adorés,
Lune-comète à longue traîne.

Lune d’or, bonheur des corbeaux,
Un fil précieux pour les quenouilles
Descend de toi quand il fait beau ;
De leur humble voix, les grenouilles
Te nomment de Dieu le flambeau.

Nul ne te voit, lune de sable :
Nul ne te touche de sa main,
Ta lueur est inconnaissable
Et tu n’éclaires nul chemin,
Lune-démon, lune intraçable.

Sur l’océan, lune d’hermine,
Tu suis les embarcations mortes,
Et ton disque aveuglant culmine
Près de l’Occidentale porte ;
Vers quoi maint trépassé chemine.

Cochonfucius

elliot7moons

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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