Balance d’inframonde

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Que mesureras-tu, balance du destin ?
Tu sais qu’un pauvre mort ne peut plaider coupable,
Que tu ne sauras pas peser un grain de sable
Qui fut doté de vie, en des temps très lointains.

Pas de blâme en ce lieu, pas de regard hautain,
Rien qui m’accuse ici, surtout, rien qui m’accable !
Si cette vie passée n’est qu’une longue fable,
Je n’ai pas de regrets du rire ou du festin.

La mort est un sujet qui me décontenance,
Mais nous n’échappons point à cette circonstance;
Je ne t’esquive pas, décès, rassure-toi.

Je ne regrette pas la voie que j’ai suivie,
Elle fut agréable, et bien faite pour moi ;
Je n’ai pas mal vécu mon ordinaire vie.

Cochonfucius

Ange-crapaud

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Il se souvient qu’il était un crapaud ;
Dont il lui reste une sagesse en tête,
Son âme est pure, et n’est jamais distraite,
Cet ange-là ne vit pas en troupeau.

Je peux le voir aux lueurs des flambeaux
Lorsque le monde arbore un air de fête,
C’est un plaisir pour un très vieux poète,
Cet ange-là fait partie des plus beaux.

Notre planète, en fait-il son séjour ?
Et s’y tient-il, la nuit comme le jour ?
De quel blason s’orne cet esprit sombre ?

Je n’ai pas vu le meuble, la couleur,
La partition, les enquerres sans nombre ;
Car l’héraldique est sa secrète fleur.

Cochonfucius

Danser avec des mégalithes

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Qui est ce fier danseur ? C’est un dolmen quadruple
Qui valse dans la plaine avant de prendre un bain ;
On le voit s’agiter ainsi jusqu’au matin,
Buvant une potion qui son ardeur décuple.

Sur la plage le soir, il jongle avec des crabes ;
Pas évident pour lui, car il n’a pas de mains,
Mais il connaît des trucs ignorés des humains,
Quelques incantations aux bizarres syllabes.

Ce n’est pas aujourd’hui n’importe quel dimanche,
Mais c’est la Pentecôte, un dolmen, un menhir
Avec nous, ce jour-là, peuvent s’entretenir ;
Ils nous disent les tours qu’ils cachent dans leur manche.

Cochonfucius

Soleil-Tétraèdre

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L’astre platonicien brille premièrement
Pour guider les esprits, pour éclairer les âmes ;
Son éclat permanent n’est qu’une sainte flamme
Comme on en voit parfois dans le coeur des amants.

Il conserve sa forme, on ne sait pas comment ;
Il est tétraédrique, et que nul ne l’en blâme !
Il réchauffe la Sainte ou la lointaine Dame,
Car il est dans leur ciel le plus riche ornement.

Dans un million d’années, brillera-t-il encore ?
Or, si d’autres soleils ce firmament décorent,
Les verra-t-on flamber tout aussi ardemment ?

J’ai voulu vous parler de ce soleil louable ;
Ce ne sont de grands vers que je vais déclamant,
À ceux du grand Jodelle ils ne sont pas semblables.

Cochonfucius

Se rencontrer sans se rencontrer

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Blason d’ Appoigny

Quand Marie-Madeleine a vu l’homme au jardin,
Inconnu, semble-t-il ; et le sépulcre vide,
Dans ces temps qui avaient cessé d’être limpides,
L’air lui parut plus froid dans le froid du matin.

Puis elle a reconnu le doux visage humain
Qu’avait défiguré le supplice homicide.
Alors qu’elle esquissait un geste fort timide,
Elle entendit ces mots : « N’approche pas ta main ».

Que répondre à cela, rien, selon l’Ecriture,
Le Christ avec douceur dit des paroles dures,
Du Père il accomplit l’auguste volonté.

Elle caresse alors, de son regard modeste,
L’homme qui appartient au royaume céleste
Où dans quarante jours il devra remonter.

Cochonfucius

Crevette vagabonde

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La crevette navigue aux océans qu’elle aime ;
Le soleil peut brûler, les pluies peuvent tomber,
Quand on reste dans l’onde, on s’y peut dérober,
Car l’illustre Gribouille en fit un théorème.

La crevette est subtile, elle aime les poèmes,
Même ceux dont l’auteur est un peu perturbé ;
Tous ces textes anciens sont de grâce enrobés,
On les apprécie même en l’absence de thème.

Ses jours sont apaisés, son sommeil est limpide,
Si l’on scrute son coeur, on croirait qu’il est vide ;
Les sirènes, pourtant, en connaissent le fond.

Une algue des récifs, que nul fruit ne surpasse,
Se dilue dans son corps et semble un vin de glace,
Tel qu’au plus haut des cieux les archanges le font.

Cochonfucius

Loup taciturne

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C’est le loup taciturne, il cherchait aventure ;
Et je crois que la faim vers l’agneau l’attirait,
Vers l’innocent agneau qui se désaltérait :
Le loup veut de la viande, et non des confitures.

Or, parler sans raison n’est pas dans sa nature ;
La Fontaine, sur lui tu peux tirer un trait,
Il dévore l’agneau, mais en restant discret
Autant que sont les grands de la magistrature.

L’âme du malheureux s’envole dans les nues
Vers le ciel des moutons, vers des joies inconnues,
C’est en Agneau de Dieu qu’il vivra, désormais.

Tel qui propose au loup de la charcuterie
Fait ici fausse route, il oublie que jamais
Un loup n’achète rien dans une épicerie.

Cochonfucius

Octoporc de gueules

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L’octoporc rouge et rose est un être volage ;
Il ne sait gouverner ses atomes crochus,
C’est un héros perdant, c’est un prince déchu,
Un faible contenu dans un lourd emballage.

Il ne s’enflamme pas, ni d’amour, ni de rage,
Il gère quelques biens, ceux qui lui sont échus ;
Il explore la Voie par des sentiers fourchus,
Une oeuvre pour laquelle il a peu de courage.

Bien loin d’être un archange, un seigneur de l’éther,
Ressemblant davantage aux démons de l’enfer,
Il ne sait ce qu’il cherche et n’ose pas le dire.

Peu fait pour le travail, ni pour le dur combat,
Il compose du texte, il chantonne tout bas,
Il rit au vieux proverbe «Interdit d’interdire».

Cochonfucius

Saint Bollik

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L’évêque Saint Bollik fut brûlé ce printemps ;
La dernière chanson qu’il avait composée
Et qu’un noir tribunal avait analysée
Avait été jugée un blasphème éclatant.

Montant sur le bûcher, son noble coeur battant,
Il songe à des jardins tout chargés de rosée ;
Il a peu de regrets que sa vie soit brisée :
Pour le vieillard qu’il est, ce n’est pas important.

Il contemple, pensif, le bourreau qui travaille
À garnir le bûcher avec des brins de paille
Qu’il est allé cueillir dans les champs refroidis.

L’exécuteur ira dormir dans son taudis,
La cendre volera, comme aux terres brumeuses
Le bon grain se disperse aux mains d’une semeuse.

Cochonfucius

Oiseau de jadis

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Cet oiseau d’autrefois, je ne m’en souviens guère ;
Ni de mes grands-parents, qui lui offraient du grain.
Pourtant, je l’ai souvent trouvé sur mon chemin,
Cet oiseau que j’aimais, du temps de ma grand-mère.

Je n’oublie pas les mots que disait mon grand-père,
Cet homme qui vivait sans peur du lendemain ;
Il s’asseyait à table, il se versait du vin,
Il ne songeait pas trop à son heure dernière ;

J’écris ces quelques mots la nuit, quand il est tard,
De ce monde agité je me tiens à l’écart,
À peine si j’entends les cloches de l’église ;

Mais en rêve j’entends l’oiseau que j’entendis,
J’écoute mon grand-père et j’aime ce qu’il dit ;
Le rêve est coloré, si les journées sont grises.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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