Livre captivant

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image de l’auteur

J’ouvre ce petit livre, et la flamme en déborde.
Au labeur quotidien j’échappe sans remords ;
Mon esprit vagabond avec l’auteur s’accorde
Pour rire et pour danser, Rabelais n’est pas mort.

Je vois des marins fous qui des îles abordent,
Un fier naturaliste aux îles de Timor,
Un atoll merveilleux que de noirs récifs bordent
Où nage le requin, prends garde, s’il te mord.

Le livre reste ici sans que ma main le lâche,
J’y vois des combattants parfois forts, parfois lâches,
Et Merlin qui s’enquiert de l’immortalité.

Je me livre en pâture au sourire des filles,
Surtout celles qui sont sans tortuosité ;
J’arrête cet écrit, je sens qu’il part en vrille.

Cochonfucius

Joie crocodilienne

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image de l’auteur

Ce joyeux crocodile a parcouru la Terre ;
Il a vagabondé longtemps sous d’autres cieux,
Toujours y dévorant ce qu’on trouve de mieux.
C’est un subtil gourmet, pas un croco de guerre.

L’hippopotame a dit : Modérez-vous, compère,
Plus gros que votre ventre, on dit qu’ils sont, vos yeux,
Tant de gens vous ont vu vous goinfrer en tous lieux !
Il vaut mieux consommer des plats rudimentaires.

Le croco répondit : Vous avez bien raison,
De légumes croquants j’ai rempli ma maison,
De ces bons aliments qui du mal nous délivrent.

Conclusion de l’hippo : Si je parle avec vous,
C’est surtout dans l’espoir que nous boirons un coup,
On peut manger léger, pourvu qu’on soit bien ivre.

Cochonfucius

Chevalier à la bannière d’azur

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Image d’Herald Dick

Le beau chevalier vainquit par magie
Cent dragons qu’il a tirés du sommeil ;
Puis il a prié sur l’herbe rougie
De leur sang vermeil.

En recommandant son âme immortelle
Au puissant Merlin, vieillard plein d’entrain,
Il salue la reine et dit devant elle
Deux ou trois quatrains.

C’est un chevalier qui jamais n’offense
Ange ni démon, ni diable ni dieu,
On le voit toujours prenant la défense
Des maîtres du lieu.

Cochonfucius

Sanctuaire à l’abandon

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image de l’auteur

L’église est peu remplie, elle est déserte, même ;
Nous n’y entendons plus les psaumes en latin.
À quoi sert au curé de se lever matin,
À quoi de réciter la prière qu’il aime ?

Ce prêtre ne craint pas la solitude extrême,
Ni d’être le servant d’un culte clandestin ;
Pas besoin d’être deux pour un petit festin
(Ou le maigre repas que l’on prend en carême).

Il aime les plaisirs qui sont bien de chez nous ;
C’est remplir le calice avec un bon vin doux
Et lire les propos des Pères de l’Église.

Ce bâtiment lui sert de petite maison :
Et son ange gardien dit, en toute saison,
D’aimables oraisons dedans cette nef grise.

Cochonfucius

 

Hommage à François d’Assise

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image de l’auteur

Notre soeur Mort est plus sereine
Que nous, face à notre destin ;
Elle est là, comme une marraine,
Invitée à tous nos festins.

Si cela nous fait de la peine,
Relisons nos auteurs latins :
Ils ont su contempler, sans haine,
Cela, qui n’est que trop certain.

Et que cela nous aide à vivre,
À nous plonger dans de bons livres,
À cultiver notre savoir ;

Car, si le trépas nous désarme,
Nous n’y gagnerons que des larmes ;
Je n’ai besoin d’un tel avoir.

Cochonfucius

 

Testament d’un non-possédant

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image de l’auteur

Après ma mort, que tes jours continuent ;
Les miens n’ont pas été d’un très grand poids,
Semblant, parfois, se dérouler sans moi.
Je vois s’éteindre une flamme ténue.

Je ne dis pas : « La mort est bienvenue »,
Je tremble un peu, mais j’accepte la loi.
Nous ne vivons, tout au plus, qu’une fois,
La peine est lourde et les joies sont menues.

Après ma mort, souris au quotidien,
J’ai vu, souvent, que tu le fais si bien.
De mes défauts, ne garde point mémoire.

Calme est la nuit, calme encore est le jour,
Mon coeur est plein d’impossibles amours ;
Je n’aime pas la fin de cette histoire.

Cochonfucius

 

Les tables de la loi

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Photographie de JBB (droits réservés)

(hommage à Daniil Harms

Cette intervention parle d’un malaise dans la civilisation.

Il se produisit un malaise dans la civilisation et les tables de la loi sont venues à moi. Je n’ai pas compris tout de suite que les tables de la loi étaient venues à moi. Au début, j’ai pensé que c’était la civilisation qui s’était abîmée.

Mais là, j’ai vu que celle-ci continuait à se développer et obéissait selon toute vraisemblance à des valeurs nobles. Alors j’en ai conclu qu’il y avait un don de soi dans la sexualité. Et soudain, quelque chose m’a étonné : quel était donc ce phénomène dont les origines pouvaient être aussi bien la crise d’une civilisation que les aspects altruistes de notre vie sexuelle ? Je réfléchissais à cela en méditant sur la civilisation, assis sur une pierre près du chantier archéologique.

La démographie était galopante, et le taux de chômage proche du zéro. Plusieurs dizaines de girafes s’étaient regroupées pour former un orchestre philharmonique. J’avais peur de passer pour un inculte.

— Il faut trouver la voie, ai-je dit.

Près de moi, sur une souche, il y avait un jeu de cartes. J’ai tendu la main pour prendre ces cartes à jouer.

— Les cartes peuvent aider, et je me suis mis à observer leurs figures.

Alors j’ai compris que les tables de la loi étaient venues à moi, mais je ne parvenais pas à faire la différence avec les cartes à jouer. J’avais peur de poser les cartes devant moi parce que j’aurais pu offenser le législateur.

Quelle est la signification de cette crainte ? Elle ne signifie rien. On ne peut pas offenser un législateur en posant une loi sur le sol d’un chantier archéologique. Mais se peut-il que le législateur soit vraiment susceptible ? Non. Donc il n’existe aucun sujet de crainte, je peux étaler mes cartes.

Mais je n’arrivais pas à trouver un endroit propre. J’arpentais le chantier archéologique en inspectant le sol.

Mais comment distinguer une table de la loi d’une carte à jouer ? On ne peut faire la distinction, donc elles se ressemblent. Mais à quoi ressemblent-elles ? Je restais là à réfléchir.

Soudain, un rhinocéros me piétina sur son passage, et je me suis senti mieux.

–Eh bien, cela signifie que les tables de la loi sont déjà périmées, me suis-je dit, et j’ai commencé à en graver d’autres pour la route.

Cochonfucius

Métaphysicien de gueules

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image de l’auteur

Dragon, de l’univers examinant les lois,
Cherchant, dans le cosmos, à trouver des repères ;
Il voudrait déchiffrer la musique des sphères,
Trouver le presque rien, voir le je ne sais quoi.

Il s’interroge aussi sur les bases du droit,
Sur l’étrange morale inculquée par son père ;
Il voudrait retrouver le dieu de sa grand-mère,
Mais ne sait pas s’y prendre, il n’est pas très adroit.

Lui qui, dans son enfance, aimait les pénitences,
Il ne sait plus très bien tolérer les offenses,
Chose à quoi son esprit s’efforce nuit et jour.

La lecture a rempli bien des longues journées,
Or, pour ce pur plaisir, il reste peu d’années,
Il sait bien qu’il possède un ticket sans retour.

Cochonfucius

Un trésor

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Toile de Manet

Lorsqu’un sage transporte un morceau de diamant,
Il le tient enfermé dans une toile grise.
Muni de son trésor, il traverse à sa guise
La ville et le désert, sous le grand firmament.

Roi qui d’une bergère est devenu l’amant
Avec simplicité en berger se déguise
Et sur les hauts plateaux monte affronter la bise,
Gardant royale allure et fier tempérament.

Roi ni sage ne suis, mais simple bateleur,
En chemin n’ai trouvé nul objet de valeur
Et ne fus séducteur de vive pastourelle.

Dans la toile, je n’ai que de quoi grignoter
Avec quelques copains marchant à mes côtés ;
Et je souhaite à ma muse autant de bien pour elle.

Cochonfucius

Griffons d’or et de gueules

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image de l’auteur

Le griffon d’or voulait séduire une déesse.
— Je deviendrais esclave, et j’en serais heureux,
Car cela comblerait mon vieux coeur généreux,
Comme plaît aux vieux chiens d’être tenus en laisse.

Je suivrais, chaque jour, ma Dame de Sagesse
En chevalier servant, en valet amoureux,
Et mon esprit serait d’un seul but désireux,
Qui est, vous m’entendez, de plaire à ma maîtresse.

Puisque bien obéir est la grande vertu
Par qui sont, ici-bas, les démons combattus,
Je ne prendrais jamais la chose à la légère.

De gueules, son compère a crié : Non, merci !
Aimer une déesse est un trop grand souci,
Je suis bien plus tranquille aux pieds de ma bergère.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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