Hircusleo

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En cet être bizarre est une âme brûlante ;
Son corps est effrayant, mais inapte au combat.
Son esprit flotte au gré de sa démarche lente,
Nul n’entend les secrets de son vieux coeur qui bat.

Il aime les sonnets, plutôt que les débats :
Mais tout au long du jour, sa parole est coulante,
Où s’amuse la farce, où le rire s’ébat ;
Ses propos amusants font reverdir les plantes.

Sa petite maison, dont il aime la vue,
Est de livres, peut-être, abondamment pourvue ;
Que lui importe, alors, la quête du pouvoir ?

Il se repose ainsi dans l’abandon extrême,
La tavernière a dit qu’on a pu le voir, même,
Aller chercher de l’eau dans un vieil abreuvoir.

Cochonfucius

Fleur étrange en Eden

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Eve voit resplendir une fleur lumineuse
Et voudrait bien savoir quel en sera le fruit ;
Mais c’est un végétal que le Serpent produit,
Ainsi qu’on peut le voir à sa branche épineuse.

Un tel fruit ne sera qu’une enveloppe creuse
Par qui ne saurait être aucun humain séduit ;
Aussitôt qu’il est mûr, sa beauté se détruit,
Et la fleur serpentine est donc infructueuse.

Le fruit paradoxal, de l’arbre descendant,
Semble se consumer dans le feuillage ardent ;
C’est l’effet merveilleux d’une étrange puissance.

Le vieil Adam médite au séjour paternel,
Cet arbre lui apprend que rien n’est éternel
Sauf le constant effort de notre délivrance.

Cochonfucius

 

Isard bizarre

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Voici l’isard bizarre, il faut s’en abriter,
Car il a vite fait de franchir la clairière ;
On le trouve souvent dans une humeur guerrière,
Et son goût des combats ne l’a jamais quitté.

Voici ses commensaux, monstres de qualité.
Chacun d’eux est muni de vertus singulières ;
Plusieurs furent bénis par Saint Paul et Saint Pierre,
Monstres d’or et d’argent, nobles célébrités.

Après quelques instants, leur bruit se fait lointain,
Vers le fond du décor, leur image s’éteint,
Et plus rien ne paraît de leur foule attroupée.

L’isard est de retour, c’est sûr, le jour suivant ;
Mieux que ça, certains soirs, il chante dans le vent
Du Leconte de Lisle, et du François Coppée.

Cochonfucius

Saint Dromm

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Saint Dromm se tient dans les rochers,
C’est là qu’il dort et qu’il se cache ;
Il n’a pas l’esprit de clocher
Autant que l’avait Saint Eustache.

Dans la montagne il peut marcher,
Près de l’alpage où vont les vaches
Ainsi que les dahuts penchés,
Fameux gibier pour les potaches;

Saint Dromm est un rusé renard,
Car la tromperie est son art ;
Il est aussi un peu sauvage

Et ne partage aucun repas
Avec les gens de son village,
Bien qu’il ne les déteste pas.

Cochonfucius

Désert liquide

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Nulle île, nul récif en cette étendue d’eau ;
Mais ceux de la nef rouge ont de bonnes bouteilles
Qui viennent de Pauillac, une pure merveille.
Les vagues peuvent bien nous montrer leur vert dos,

La flotte est sous nos pieds, ce n’est pas un fardeau.
Le cri des goélands au matin nous éveille ;
Une journée à l’autre est strictement pareille,
Le dimanche à midi, on a du tournedos.

À l’ombre de la voile on boit, on se repose ;
Nous ne regrettons pas les lilas ni les roses,
L’ombre nous rafraîchit, lorsque le temps est sec.

Le brave capitaine a composé, avec
Ces marins, une élite, et bien sûr ça s’arrose,
Platon, aux temps anciens, nous le disait en grec.

Cochonfucius

Ornithosophie printanière

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Un oiseau, survolant la plaine et la cité,
Goûte la liberté qu’il eut en héritage ;
L’immensité du ciel lui revient en partage,
Pour son apaisement et sa félicité.

Il prend ce qui convient pour sa nécessité,
Et n’a point d’autre soin que lisser son plumage ;
Et dans cette matière, il fait un bel ouvrage,
Aussi ne craint-il point la grande adversité.

Vers l’horizon où l’air à la mer se marie,
Paisibles sont les flots, ainsi qu’une prairie ;
Le soleil d’un or pur semble les arroser.

Plus léger, cet oiseau, qu’une fine hirondelle,
Et tout au long des ans, à lui-même fidèle,
Tranquille s’il s’envole ou s’il vient se poser.

Cochonfucius

Arbre sans loi

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Je ne suis pas du bois dont vous faites vos tables ;
À mon insoumission, les dieux ne sont pas sourds.
Jamais le bûcheron, s’approchant d’un pas lourd,
Ne saura m’inspirer de crainte véritable.

Or, je méprise aussi le castor redoutable :
S’il s’approche de moi, il fait un demi-tour
Et bien rapidement, vers sa rivière il court ;
Je ne le poursuis pas, car je suis charitable.

L’humain me dit souvent que c’était mieux avant,
Lui qui va maintenant chimères poursuivant ;
Puis, il est obligé de gérer ses affaires.

Primate moins rusé cent fois que je ne suis,
Je l’écoute parfois ; l’aider, je ne le puis,
Car mon cousin le fit, mais ce fut mortifère.

Cochonfucius

Construction rustique

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Voici mon ermitage auprès d’une fontaine
Et mon petit jardin dans l’ombre d’un rocher ;
Les rumeurs du présent ne sauraient me toucher,
D’être bien informé, je ne suis pas en peine.

Des nuages d’ici la grâce est souveraine,
Et j’ai quelques flacons pour ma soif étancher ;
Je parle aux animaux que je vois s’approcher,
Je crois entendre aussi le chant de la sirène.

Les étourneaux, dans l’air, ont plané par milliers ;
Et j’aime voir passer ces oiseaux familiers,
Je contemple leur danse en buvant ma chopine.

Aux chemins forestiers, je trouve un bon accueil :
Je joue à cache-cache avec un écureuil,
Ou j’admire l’éclat du buisson d’aubépine.

Cochonfucius

Dieu dit : je ne parle pas.

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Toile de Henry Ossawa Tanner

S’il fallait des grands monts interroger la cime,
Qui peut savoir ce que répondrait le versant ?
Peu souvent, des sommets, un oracle descend ;
Et quand cela survient, il se perd dans l’abîme.

Quand le barde entreprend de consulter la plaine,
Il ne distingue point les propos des sillons
Qui semblent affirmer « Ce n’est pas mon rayon »;
Ou bien, ils ont parlé avec la bouche pleine.

Ainsi va l’univers dont la sagesse éclate,
Nul ne peut déchiffrer cette toile écarlate,
Nul ne sait ce que l’astre a déclaré par jeu.

C’est ainsi. Jusqu’au seuil des vastes sépultures,
L’homme reste ignorant de ses journées futures ;
Mais il l’aime, à la fin, ce silence de Dieu.

Cochonfucius

Hommage au vieux Ferrandon

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Photographie de JBB

C’est vrai que l’équation pour le taupin est belle.
L’examinateur dit, malgré cette beauté,
Qu’il ne la faut poser, contempler ni ôter
Avant d’avoir construit l’analyse formelle.

Si, au lieu d’équations, ce sont des demoiselles
Dont tu vas admirant les nobles qualités,
Tu ne peux rien changer, donc, tu dois respecter
Toutes celles à qui tu veux être fidèle.

Les deux cas de figure ont un côté subtil.
Thésée peut s’égarer, même muni du fil
Qu’Ariane a déroulé pour lui avec tendresse ;

Mais l’examinateur peut donner des conseils
(Et pour le taupin, c’est un honneur sans pareil,
Le premier pas pour lui vers l’état de sagesse).

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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