Loup taciturne

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C’est le loup taciturne, il cherchait aventure ;
Et je crois que la faim vers l’agneau l’attirait,
Vers l’innocent agneau qui se désaltérait :
Le loup veut de la viande, et non des confitures.

Or, parler sans raison n’est pas dans sa nature ;
La Fontaine, sur lui tu peux tirer un trait,
Il dévore l’agneau, mais en restant discret
Autant que sont les grands de la magistrature.

L’âme du malheureux s’envole dans les nues
Vers le ciel des moutons, vers des joies inconnues,
C’est en Agneau de Dieu qu’il vivra, désormais.

Tel qui propose au loup de la charcuterie
Fait ici fausse route, il oublie que jamais
Un loup n’achète rien dans une épicerie.

Cochonfucius

Octoporc de gueules

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L’octoporc rouge et rose est un être volage ;
Il ne sait gouverner ses atomes crochus,
C’est un héros perdant, c’est un prince déchu,
Un faible contenu dans un lourd emballage.

Il ne s’enflamme pas, ni d’amour, ni de rage,
Il gère quelques biens, ceux qui lui sont échus ;
Il explore la Voie par des sentiers fourchus,
Une oeuvre pour laquelle il a peu de courage.

Bien loin d’être un archange, un seigneur de l’éther,
Ressemblant davantage aux démons de l’enfer,
Il ne sait ce qu’il cherche et n’ose pas le dire.

Peu fait pour le travail, ni pour le dur combat,
Il compose du texte, il chantonne tout bas,
Il rit au vieux proverbe «Interdit d’interdire».

Cochonfucius

Saint Bollik

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L’évêque Saint Bollik fut brûlé ce printemps ;
La dernière chanson qu’il avait composée
Et qu’un noir tribunal avait analysée
Avait été jugée un blasphème éclatant.

Montant sur le bûcher, son noble coeur battant,
Il songe à des jardins tout chargés de rosée ;
Il a peu de regrets que sa vie soit brisée :
Pour le vieillard qu’il est, ce n’est pas important.

Il contemple, pensif, le bourreau qui travaille
À garnir le bûcher avec des brins de paille
Qu’il est allé cueillir dans les champs refroidis.

L’exécuteur ira dormir dans son taudis,
La cendre volera, comme aux terres brumeuses
Le bon grain se disperse aux mains d’une semeuse.

Cochonfucius

Oiseau de jadis

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Cet oiseau d’autrefois, je ne m’en souviens guère ;
Ni de mes grands-parents, qui lui offraient du grain.
Pourtant, je l’ai souvent trouvé sur mon chemin,
Cet oiseau que j’aimais, du temps de ma grand-mère.

Je n’oublie pas les mots que disait mon grand-père,
Cet homme qui vivait sans peur du lendemain ;
Il s’asseyait à table, il se versait du vin,
Il ne songeait pas trop à son heure dernière ;

J’écris ces quelques mots la nuit, quand il est tard,
De ce monde agité je me tiens à l’écart,
À peine si j’entends les cloches de l’église ;

Mais en rêve j’entends l’oiseau que j’entendis,
J’écoute mon grand-père et j’aime ce qu’il dit ;
Le rêve est coloré, si les journées sont grises.

Cochonfucius

Cendres de Jeanne

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Lorraine aux vignes d’or où l’oiseau vole bas,
Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles,
Où le vin met au coeur de l’homme des merveilles,
Lorraine vient de perdre un sinistre combat.

Le sombre tribunal d’opprobre la frappa
Pour avoir remporté victoires nonpareilles.
Tant de jours d’argutie et tant de nuits de veille ;
On en vient au verdict : elle ne vivra pas.

Église, qu’as-tu fait de ton humble servante ?
Pourquoi l’as-tu plongée en mortelle épouvante ?
Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l’effaroucher ?

Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre,
Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre,
Et rêve en balayant les cendres du bûcher.

Cochonfucius

 

Renard Vieillard

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C’est vrai que le renard avait jadis tendu
Des pièges, que c’était son principal ouvrage ;
Et c’était pour tromper les oiseaux de passage,
Mais au bout d’un moment, ils s’y sont attendus.

Le goupil s’obstina pourtant, bien entendu ;
Car il voulait gruger le héron du rivage,
Mettre parfois, peur-être, une bête en servage,
Mais à de pareils jeux il a souvent perdu.

Or, ce vieillissement qui son talent efface
Fait que, dès à présent, les moineaux le surpassent,
Il ne leur en veut pas, il se dit «C’est ainsi».

Renard sur ses vieux jours a d’autres espérances,
D’autres raisons d’user de sa persévérance :
Il rêve de charmer la Dame sans Merci.

Cochonfucius

 

Hosokawa Tama === 細川 玉

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Le Japon d’autrefois produisit une sainte,
Qu’enferma son mari dans une haute enceinte ;
Priant tous les matins pour mériter les cieux,
Chantant l’après-midi pour faire ses adieux.

L’honneur de sa lignée devint chose incertaine,
Et parmi les dangers que ce malheur entraîne,
On trouve aussi l’oubli dans un logis obscur,
Où disparaît la joie de contempler l’azur.

Repose donc en paix, chercheuse de lumière,
Une brave servante a fermé tes paupières ;
Malgré le cours des ans, et le temps qui s’enfuit,
Nous allumons pour toi des cierges, chaque nuit.

Cochonfucius

Prince de gueules

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Il construit l’avenir à la force du bras ;
Il dit des mots savants, comme font les poètes ;
Il n’est pas cantonné dans la douleur muette,
Ni ne perdra son temps pour un ouvrage ingrat.

Il s’adresse à tous ceux qui l’observent d’en bas
Et dont les plus naïfs pensent qu’il est prophète ;
Il sort des arguments qui ne sont pas trop bêtes
Et son opposition ne le contredit pas.

C’est ainsi que l’on forme une nation nouvelle
Qui garde le meilleur de son âme éternelle ;
Rendant les citoyens heureux pour bien des jours.

Ce peuple un peu perdu que menaçait l’abîme
De l’histoire à présent cesse d’être victime ;
Mais ce prince excellent règnera-t-il toujours ?

Cochonfucius

 

Grande sirène

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image de l’auteur

J’aime entendre chanter cette grande sirène ;
Elle sait des couplets sur la vie et la mort,
Sur les nefs promenant des princes à leur bord
Et sur les vieux dictons des paisibles baleines.

L’Atlantique est parfois plus plaisant que la Seine,
Mais nous aimons surtout les plages et les ports
Où dansent des marins à la fois doux et forts ;
Car l’océan leur fait une vie incertaine.

Les sirènes jamais ne vont sur leurs bateaux,
Ce qui leur convient mieux, c’est de rester dans l’eau :
C’est dans cet élément qu’elles vivent et meurent.

Devenant une écume, au temps de son trépas,
Cette âme au creux des flots ne se désole pas ;
Aux lèvres des marins quelques chansons demeurent.

Cochonfucius

 

Petit page

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image de Pierrette d’après une composition de l’auteur

Son petit coeur battait très fort
(Le coeur d’un page de la reine) ;
Son petit coeur battait très fort
Quand, pour elle, il sonnait du cor.

Lorsqu’elle dormait comme un loir
(La plus paresseuse des reines),
Lorsqu’elle dormait comme un loir,
Il était gardien du boudoir.

Elle aimait dilapider l’or
(La plus dépensière des reines),
Elle aimait dilapider l’or,
Il regarnissait le trésor.

Or, Sainte Hélène aimait le roi
(Une rivale de la reine),
Oui, Sainte Hélène aimait le roi,
Mais la reine aimait Saint Eloi.

Reines et rois n’ont point de coeur,
Hélène, Eloi en ont à peine ;
Reines et rois n’ont point de coeur,
Car ce sont des êtres moqueurs.

Du page ils se riaient toujours,
Rire de roi, rire de reine,
Du page ils se riaient toujours ;

Car ses habits étaient trop courts.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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