Astre et lion

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C’est l’astronome-lion, ce n’est pas un loustic ;
Sur de subtils calculs, je le vois qui se penche,
Puis il scrute la lune et sa lumière blanche,
Qui sur sa destinée lui donne un pronostic.

Un astre ne peut pas s’éprendre d’un lombric,
Mais courtiser un lion, c’est possible, en revanche,
Surtout s’il a des yeux plus bleus qu’une pervenche ;
C’est ce que dit, d’ailleurs, un proverbe tadjik.

Ah, s’ils se rejoignaient, tout serait pour le mieux ;
Mais l’astre a pour devoir de rester dans les cieux,
Et le lion n’y va pas, le grand désert le garde.

Cupidon, sachez-le, est fréquemment pervers,
Mais tous les amoureux pardonnent ce travers :
Et puis, ses coups tordus font le bonheur des bardes.

Cochonfucius

Horloge exoplanétaire

itzk

image de l’auteur

Du fil d’un temps lointain tu portes témoignage ;
D’un monde lui aussi, tournant toujours sur soi,
Qu’un jour nous atteindrons, guidés par notre foi,
Astronautes munis d’audace et de courage.

Par son vaste cadran, cette horloge est un gage
De régularité, de respect de la loi ;
Elle compte les jours, les semaines, les mois
Et rappelle à chacun que progresse son âge.

Un artisan la fit, jadis, sous d’autres cieux ;
Maintenant son éclat brille devant nos yeux
Comme le vert printemps, comme l’automne en flammes.

Quand l’univers sera contracté en un point,
Son temps de notre temps ne différera point,
Les horloges verront la fusion de leurs âmes.

Cochonfucius

Épouvantail de classe exceptionnelle

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De la méditation toujours je fus adepte ;
Car les épouvantails sont bien faits pour rêver.
Nous qui n’avons jamais de pitance à trouver,
Ne nous dispersons pas en errances ineptes.

La posture avant tout, tel est notre précepte ;
Nos pieds ne bougent pas, sans qu’ils soient entravés,
Jamais on ne nous voit glisser ou dériver,
Nous aimons le repos, car notre âme l’accepte.

Être un épouvantail, voilà de l’excellence,
De la subtilité, du savoir, du silence,
Même, une fermeté digne d’un grand lutteur.

Dans l’averse avenante et dans le vent qui chante,
Nous ne développons nulle pensée méchante,
Et nous laissons parler nos interlocuteurs.

Cochonfucius

Attention ! Chat bizarre

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Image de Todd Selby

Un grand penseur de gauche, à Saint-Germain des Prés,
Élève un chat bizarre auprès de sa cuisine ;
Et, sur le siège avant de sa bleue limousine,
A disposé pour lui un coussinet pourpré.

Ce chat n’est point cruel, car il n’est point frustré.
Si le maître est absent, le nourrit la voisine ;
Jamais une souris ce félin n’assassine,
Ni jamais un moineau par lui n’est massacré.

Se sait-il compagnon  d’un homme de savoir ?
Qu’il soupçonne la chose, on peut le concevoir :
Surtout quand le facteur apporte trois cents lettres

Qui à l’étrange humain serviront de festin ;
Alors, ce chat se fait messager du destin,
Choisit une enveloppe, et la donne à son maître.

Cochonfucius

Batelier du labyrinthe

ityk

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Il porte élégamment son gilet délavé ;
Il longe lentement la rive bucolique
Tout en se répétant des poèmes rêvés,
Traditionnels sonnets que jamais l’on n’explique.

En effet, chaque mot a des sens dérivés ;
Tu ne les sais pas tous, scribe mélancolique,
Et ton oeuvre t’échappe, on a pu l’observer ;
Comme échappait leur prose aux rédacteurs bibliques.

Qu’importe ! Un beau poème est doux comme un fruit mûr
Et vif comme un lézard qui danse sur un mur ;
Et toujours, la rivière au vogueur est ouverte.

Je vois ici la rive, et ne veux la toucher,
Aquatique je suis, comme un poisson caché
Au coeur de la fraîcheur, au profond de l’eau verte.

Cochonfucius

Noble Dame de Garonne

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image de l’auteur

La Dame de Garonne aux nefs est favorable;
Son âme est bienveillante et son coeur généreux.
Elle aime à contempler des marins vigoureux,
Nous savons les plaisirs qui lui sont agréables.

Elle a de la fierté, mais n’est pas indomptable,
Il lui advint de rendre un capitaine heureux ;
Pour le récompenser d’être si valeureux,
Elle usa, ce jour-là, d’un charme véritable.

Même, elle peut s’asseoir avec quelques amis
Pour trinquer à loisir, pour vider un demi,
Auprès des matelots, sa place est légitime.

Nous l’aimons pour l’amour de son charmant esprit,
Pour les chants qu’elle chante, et qu’elle nous apprit ;
Mais d’autres qualités lui valent notre estime.

Cochonfucius

 

 

Marionnettes oniriques

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Je dors, je rêve : et ainsi je crois voir
Quelques pantins jouant des tragédies,
Quelques épées, quelques lances brandies,
Quelques vieux rois luttant pour le pouvoir.

Un noir criquet les rappelle au devoir ;
Un gris pluvian modère leur folie.
De leurs actions cette nuit est remplie,
Quel jeu dément, quel étrange savoir !

Comme au Guignol où je riais aux larmes
Quand le héros bâtonnait le gendarme,
Je dors, je rêve et me divertis fort.

Bien que riant, mon coeur est un peu sombre :
Il reconnaît ici son propre sort,
Lui, pauvre acteur d’un grand théâtre d’ombres.

Cochonfucius

Les sept sanctuaires

heptadogme

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La rose est au temple d’argent,
Sur le sommet d’une colline :
Elle a des prêtres exigeants,
Puis, quelques vestales câlines,
Ses dévots sont de braves gens.

Au ciel de gueules, temple atroce,
Abritant un dieu-troll joyeux,
On vient y célébrer des noces,
On vient y soigner des corps vieux,
Le desservant n’est pas féroce.

Au ciel d’azur, en un jardin,
Le coq d’or, grave comme un pape,
Tient quelques propos anodins
(Dont un éloge de Priape)
Et conte des récits badins.

La nuit de sinople est sereine,
Où vit le fils du charpentier ;
De sa mère, il fit notre reine,
Et nous enseigna la pitié
En mettant son corps à la peine.

Temple d’or, étrange tombeau
Où des passions je me dépouille,
De Bouddha, les discours sont beaux,
C’est l’épée qui jamais ne rouille,
C’est l’inaltérable flambeau.

Nul ne te voit, vrai dieu de sable,
Sans nom, sans visage, sans mains,
Ordre du monde, inconnaissable,
Tu peux suggérer un chemin ;
Mais c’est une route intraçable.

Mille dieux du temple d’hermine
Sont issus des religions mortes.
Il n’en est pas un qui culmine,
Pas un dont la voix soit plus forte ;
Mais par eux, la nuit s’illumine.

Cochonfucius

Cuisine de druide

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Le druide a des potions pour soigner la torpeur,
Dont le secret, dit-on, lui vient de sa marraine ;
Il en offrit, jadis, en Egypte, à la reine
Qui reconnut ainsi qu’il n’était pas trompeur.

Mais il cultive aussi des plantes qui réfrènent
La vaine agitation que procure la peur ;
Ainsi les fiers Gaulois ont une âme sereine,
Du magique chaudron les séduit la vapeur.

Le druide est protégé, car c’est un bon génie
Dont les yeux sont remplis de douceur infinie ;
Il ne les gave pas d’un savoir étouffant…

À l’école primaire, ils l’ont tous eu pour maître,
Et lui se souvient d’eux comme de bons enfants :
Je vois qu’il leur sourit dans sa barbe d’un mètre.

Cochonfucius

永 = «éternité»

Cardinal Lapinot

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Ses nouveaux ornements, quel luxe ; admirez-les !
Étole de renard, chasuble en peau d’ânesse,
Et crosse douce aux mains qui sans fin la caressent ;
Faut dire que son grade, il ne l’a pas volé.

Il ramène à la foi de nombreux coeurs gelés,
La foi du charbonnier, la foi de leur jeunesse ;
Il prêche à la taverne, il prêche à la kermesse,
Dans la forêt lointaine et dans les champs de blé.

Devenir cardinal, ce sont tâches accrues,
Ça lui fait moins de temps pour flâner dans les rues,
Moins d’excellents sonnets, moins de quatrains moqueurs.

Mais c’est le Vatican dans la pourpre et la gloire,
C’est, dans la compagnie du pape au noble coeur,
Sur l’éternel Serpent remporter la victoire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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