Sonnet pascal

around-easter-time.jpg

Toile de Franz Frankl

Jadis Pâques m’étaient une résurrection ;
Je le sais maintenant, les animaux, les plantes
Bien temporairement restent choses vivantes,
Bien provisoirement baignent en affection.

Admirons donc, des fleurs, la simple perfection,
L’heureuse mélodie qu’un petit oiseau chante,
D’un ancien marronnier la ramure géante
Et, de tous ces vivants, les interconnexions.

Le glissement du temps est sans le moindre son ;
Rarement du pluvian s’élève la chanson
(Car il est plus discret que le grand crocodile) ;

Sachant que par ce monde il n’est rien de nouveau,
Ma plume, près d’un parc où gambadent les veaux,
Trace, une fois de plus, un poème inutile.

Cochonfucius

Comme un buisson ardent

itlk.png

image de l’auteur

Le dieu Souche est un dieu discret ;
Ne jamais parler, il préfère,
Le monde, il n’en a rien à faire,
Qui nullement ne le distrait.

Ce dieu n’eut jamais de secret,
Car il n’aime pas les mystères ;
Jamais il ne cherche à nous plaire,
Il nous ignore, sans regrets.

Qu’un scribe sur lui veuille écrire,
Il répond «Je n’ai rien à dire» ;
Le texte saint le laisse froid.

Quel brave dieu ! Son âme est belle.
Il n’est pas de ceux qu’on appelle,
Non plus de ceux en qui l’on croit.

Cochonfucius

Fruits exotiques de gueules

itix.png

image de l’auteur

Tels fruits, dit le serpent, ne poussent pas ici ;
De l’auteur du Jardin, ils ne sont pas l’ouvrage.
La graine vint de loin, je n’en dis davantage,
À mes frères humains j’épargne un tel souci.

Adam lui répondit : «Quel miracle est ceci ?
Serpent, tu as déjà troublé notre ménage,
Devons-nous à nouveau croire ton beau langage ?
N’en as-tu pas assez de nous tromper ainsi ?»

Mes mots, dit le serpent, ne sont que poésie,
Tout ce que je vous dis vient de ma fantaisie,
C’est l’humble passe-temps d’un animal oisif.

Adam ne sait que croire. «Es-tu devenu sage,
Serais-tu bienveillant par respect pour notre âge ?»
Puis il ne dit plus rien, notre ancêtre pensif.

Cochonfucius

Roue de la Loi de Murphy

itap

image de l’auteur

Cette Roue de la Loi, malgré sa forme ronde,
Tourne bizarrement. Car son circuit fermé
D’un fort mauvais penchant paraît être animé ;
Et, sans être compris, il contrarie le monde.

Cette Roue de Murphy, en embrouilles féconde,
Semble un astre qui fait de tristes sorts germer ;
Par elle peut en vain le nautonier ramer,
La coque de sa barque en fissures abonde.

Et le Sort et la Roue de noirceur sont couverts,
Ils semblent occupés à noircir l’Univers,
L’avenir, le présent, ce n’est pas agréable.

Mais nous ne craignons point ce monstre inégalé,
Cette malédiction qui n’a point de semblable :
D’ailleurs, pour aujourd’hui, j’en ai assez parlé.

Cochonfucius

Un coin tranquille

carl-spitzweg-hermit-roasting-chicken-oil-painting.jpg

Toile de Carl Spitzweg

Deux ou trois vieux bouquins au bord d’une rivière ;
L’amphore rafraîchie au fond de l’eau qui court,
Les voix de la forêt qui chantent tour à tour.
Ni drame familial, ni souci de carrière.

L’ermite, retrouvant l’innocence première
De notre père Adam, laisse passer les jours
Qui, dans ces conditions, ne lui sont point trop lourds,
Lisant, goûtant son vin, sans faire de manières.

Son coeur n’est point chargé du soin des lendemains ;
Il planifie un peu, cependant (c’est humain) ;
Même, il fait son métier, il produit, il consomme ;

Mais ces obligations ne l’emprisonnent pas :
D’une saine lecture et d’un frugal repas,
L’ermite est plus heureux que le pape dans Rome.

Cochonfucius

Aigle-papegault

itig.png

image de l’auteur

Ceci est le sonnet de l’aigle-papegault.
Il adopte souvent une démarche grave ;
C’est un aigle royal, pourtant, il est bien brave,
Je le vois au jardin manger des escargots.

Or, préférerait-il dévorer du gigot ?
Devrais-je lui verser du bon vin de ma cave ?
Ou lui offrir, peut-être, un plat de betteraves ?
Viendra-t-il se chauffer au feu de mes fagots ?

Ce grand seigneur ne peut accepter des rebuts ;
Il mange sobrement, se gardant des abus,
Même s’il apprécie la saveur de l’andouille.

Un tel oiseau, c’est noble et ça n’a pas de prix ;
À la chasse du roi son ancêtre fut pris,
La messe à Notre-Dame honora sa dépouille.

Cochonfucius

Dans le manoir de pourpre

itjs

image de l’auteur

En ce manoir de pourpre est un diable frugal
Mangeant des grains de blé avec une fourchette ;
Et quand il n’en a plus, sa grand-mère en achète,
Ce blé dont les souris, souvent, font leur régal.

Il poursuit les souris pour pillage illégal,
Il envisage aussi d’en faire des brochettes.
Mais les rongeurs, prudents, restent dans leurs cachettes,
On peut les menacer, cela leur est égal.

Le démon veut manger de vaillants petits coeurs,
Les coeurs des amoureux dont les regards moqueurs
Le narguent chaque fois qu’il boit à la fontaine ;

Ces charmants tourtereaux sont amusés de voir
Un seigneur infernal user d’un abreuvoir,
Un seigneur ? pas vraiment, juste un croquemitaine.

Cochonfucius

Le sourire d’Hélène

old-man-writing

Toile de Quirijn van Brekelenkam

De ce siècle il retient le sourire d’Hélène.
Cul de plomb, il lui a tant écrit de sa main
(Au nom propre adressant ces plis de parchemin),
Ou sur poilants albums traçant des cantilènes.

Riche ni pauvre il n’est, il vit sa vie humaine
Comme un porc qui, nourri au fond d’un patelin,
Est si faible que son corps, objet de dédain,
Meurt de froid en allant s’abreuver aux fontaines.

Les ongles tout usés, le poil devenu gris,
Une vieille habitude est en place : il écrit.
De soif, de lassitude, on ne voit rien paraître .

De jeûne il fait hommage à sa Divinité.
Le Turc, heureusement, lui prépare un café ;
Sépulcre, encore un temps ! qu’il se fasse connaître.

Cochonfucius

Lenteur du scribe

itty2

image de l’auteur

Bien qu’on ne le voie pas en compagnie des filles,
Ce scribe paresseux perd du temps chaque jour ;
Négligeant ses devoirs, négligeant sa famille,
Il rêve obscurément à d’anciennes amours.

Il est contemplatif devant l’âtre qui brille ;
Les dieux trop rarement viennent à son secours.
Dans la botte de foin, s’il faut trouver l’aiguille,
Même un long jour d’été lui semblera trop court.

Sa prose ne contient pas de phrases chrétiennes,
Mais bien des mots tordus que jadis il apprit ;
Il fut toujours meilleur à l’oral qu’à l’écrit.

Du sérieux de sa part, bien peu de gens l’obtiennent ;
Il bosse encore moins à Bordeaux qu’à Paris,
Peu s’en faut, certains jours, que de lire il s’abstienne.

Cochonfucius

Aetosromulus et Remusaetos

ityo1.png

image de l’auteur

Ils sont tous deux d’une humeur rembrunie,
Car leurs griefs se sont amoncelés ;
Au noble Ciel ils en ont appelé,
Mais la réponse, il ne l’a pas fournie.

Ne pensant rien de leur peine infinie,
Le noble Ciel pour eux reste voilé ;
Car son verdict on ne peut déceler,
Même étant maître en la cosmogonie.

Sur quoi ont-ils demandé jugement ?
C’est fort ancien, on ne sait plus, vraiment.
Leur bon accord bien souvent ils regrettent,

Eux qui jadis eurent même dessein ;
D’où peut venir la querelle secrète ?
Qui peut savoir, rien peut-être, un larcin.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.