Maître et papillon

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image de l’auteur

S’étant assis dans l’herbe rousse,
Le maître, à l’ombre d’un buisson,
S’endort presque, mais un frisson
Lui procure une pensée douce :

«Ce papillon dépourvu d’ire
Dans ce jardin, s’endort parfois ;
Est-ce lui qui rêve, est-ce moi,
Quel érudit saurait le dire ?»

Il prend une bouteille ronde,
Pleine de vin, et non de fiel,
(Quel plaisir est plus naturel ?)
Et puis s’absente de ce monde.

Cochonfucius

Trois infradieux

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image de l’auteur

Les voici, trois larrons des contrées infernales,
Le plus sombre d’entre eux, c’est le Démolisseur ;
Son cadet, cependant, n’est qu’un Affaiblisseur
Qui donne aux citoyens des maladies banales.

Et le troisième est comme Hercule aux pieds d’Omphale,
Par son art du costume, il est pervertisseur,
En matière de vice il est enchérisseur.
Ainsi vit dans l’horreur la triade fatale.

Or, en cet inframonde on peut les voir voler,
Poursuivant les pécheurs qui furent immolés
Par leur propres démons (ou leurs anges, c’est pire.)

Tu peux les soudoyer, mais ça coûte un peu cher,
Tu n’auras pas assez d’une livre de chair ;
Telle est, jusqu’à présent, la loi de cet empire.

Cochonfucius

Jardin des oliviers

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image de l’auteur

La lune éclaire mal les sentiers tortueux ;
Un figuier, au jardin, se dresse, infructueux.
Quelques bicoqs saluent le Maître qu’ils révèrent,
Mais on sent qu’il n’est pas ici pour boire un verre.

Disciples endormis juste après leur souper,
Frileusement au parc, allongés, regroupés,
Car, dans leurs rangs, n’est point de vaillant Saint Christophe
Qui les aide à veiller avant la catastrophe.

Le fils du charpentier les laisse à leur sommeil,
Il ira leur parler au lever du soleil ;
Il ne peut avec eux partager sa souffrance,
Mais ne veut pas, non plus, la passer sous silence.

Cochonfucius

Sagesse du pelgrane

pelgrane

Un érudit bien ivre aperçut un pelgrane
Qui lui dit de flouter ses manifestations.
L’érudit lui fit part de son approbation :
Le floutage est requis par la licorne et l’âne.

Le pelgrane évoqua du verbe les arcanes,
Puis les lettres d’amour et leur conservation ;
Enfin, les grands bienfaits de la divagation
Ou d’un bel aphorisme émis par un iguane.

Le pelgrane n’est point dans l’erreur populaire,
Il ne propage nul fuligineux mystère
Phénoménologique écrit en allemand.

Il traverse le ciel avec grande assurance ;
S’il trouve un érudit que sa vue met en transe,
Il lui parle sans crainte et sans emballement.

Cochonfucius

Oiseau de nulle part

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image de Pierrette

L’oiseau est doux, car ses plumes sont douces ;
Jamais Eros ne lui lança ses traits,
Jamais un mur n’arbora son portrait,
Nul ne l’a vu, c’est un oiseau de brousse.

Ce volatile un modeste chant pousse,
Bien plus souvent, d’ailleurs, il s’y soustrait.
De son cursus on n’a que des extraits,
Vers nulle part ce long chemin rebrousse.

Si l’on ne peut l’entendre ni le voir,
De ce qu’il fait, l’on ne peut rien savoir ;
Aucune trace et pas de témoignage.

Aussi, sur lui, je ne ferai leçon,
Mais tout au plus une courte chanson
Sur cet oiseau qu’on ne met pas en cage.

Cochonfucius

Fontaine de Bacchus

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image de l’auteur

Le bon vin de Bordeaux n’est pas fait pour les ânes ;
Il vient agrémenter nos manifestations.
Le maire nous fait part de son approbation,
Car, de démagogie, il n’est jamais en panne.

Le vin peut réveiller du verbe les arcanes,
Puis des propos d’amour la douce émanation ;
Il produit les bienfaits de la divagation,
Par lui, Charles Darwin a compris les iguanes.

Le vigneron n’est point dans l’erreur populaire,
Il fait du bon travail, ce n’est pas un mystère,
Son vin pour notre esprit peut servir d’aliment.

Je bois à la fontaine avec grande assurance ;
Or, ce n’est nullement pour rechercher la transe,
C’est pour mon seul plaisir, j’aime boire en rimant.

Cochonfucius

Grand dieu triple

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image de l’auteur

Il est père du sol, du ciel, de l’océan,
Et cela se répète en planètes sans nombre.
On ne voit pas son corps, on ne voit pas son ombre,
On n’entend ni sa voix, ni son coeur de géant.

Il se moque du sage, aussi du mécréant,
Ignore bâtisseurs et faiseurs de décombres,
Dieu du jour lumineux et Dieu de la nuit sombre,
Invisible soleil dans le ciel d’or béant.

Il ne regrette point le Chaos qui moutonne,
Le temps où l’Univers n’eut besoin de personne,
Pas plus que l’on ne craint de rêver, quand on dort.

L’esprit de ce dieu triple est comme une nuit calme,
Sa Paix dans le Néant flotte comme une palme ;
Peut-être, par instants, ce dieu rit un peu fort.

Cochonfucius

Fleur de la noblesse

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image de l’auteur

Dans la douce torpeur précédant le sommeil,
Un songe s’abrita derrière mes paupières.
L’univers fut baigné d’une douce lumière
Qui trempait mon esprit dans un nouvel éveil.

Une fleur délicate, à l’éclat nonpareil,
Semblait illuminer la friche printanière ;
Elle dansait aussi, de sa douce manière,
Et cette danse était un hommage au Soleil.

Or, je n’y reconnus aucune fleur du monde,
Ni aucun des coraux qui se trouvent dans l’onde,
Sans qu’elle fût pourtant étrangère à mon coeur.

Heureux sont ces instants d’une langueur extrême,
Où l’on pratique l’art de rentrer en soi-même,
C’est un temps qui souvent échappe au chroniqueur.

Cochonfucius

Licorne de sable

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image de l’auteur

La licorne de sable habite au ciel d’argent,
Elle trempe ses pieds dans l’océan de sable ;
Au fond de l’océan, combattants inlassables,
Deux chevaliers d’argent vont la mer ravageant.

Grenouille de sinople, explique-moi cela.
— Il me faudrait, vois-tu, tout d’abord, le comprendre ;
Les choses que je vois ne font que me surprendre,
On dirait que leur sens quelque part s’envola.

— Ou bien ces fantaisies sont l’oeuvre d’un rhapsode,
Ce qui pourrait produire un peu n’importe quoi.
— Un poète, en effet, tu le dis, je le crois,
Alors, ne manquons point le prochain épisode.

Cochonfucius

N.B: (Nous n’avons pas ici la grenouille végane).

Ornithologie transcendantale

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image de l’auteur

Observons les oiseaux, sauvons-les du danger ;
Rapace de montagne et passereau de plaine,
Leur plumage en hiver vaut un habit de laine,
Leurs aériens troupeaux se gardent sans berger.

De ce qu’on les observe, ils ne sont outragés ;
Jamais le vaste ciel pour eux n’est une arène,
Jamais on ne les voit, par une audace vaine,
Contre nous se défendre, ou vouloir se venger.

Oiseaux du firmament, plus sages que Nestor,
Vigilants comme Ulysse et vaillants comme Hector,
Pour nous, gens maladroits, cette terre est bien basse.

Sur de pareils sommets, de vous accompagner,
Nous pouvons, cependant, en posséder l’audace ;
L’exemple des oiseaux n’est point à dédaigner.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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