Lilith la tigresse

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Je parvins au-delà des pays montagneux,
Et ce fut une friche inconnue et profonde ;
J’avançais lentement, voyageur besogneux,
Peut-être découvreur, aussi, d’un nouveau monde.

J’entendis un appel qui me rendit nerveux ;
Je vis qu’il provenait d’une tigresse blonde.
Je fus rempli de peur, sans en faire l’aveu,
Ainsi qu’un oiseau craint le tonnerre qui gronde.

Est-ce un rêve ? Mon âme est un rongeur qui fuit
Vers le seuil enchanté des steppes d’émeraude,
Et mon coeur abattu est envahi de nuit.

Autour de la tigresse, une flamme qui luit ;
Je ne m’approche pas, je la trouve trop chaude,
J’ai rencontré assez de périls aujourd’hui.

Cochonfucius

Ambidrome

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L’ambidrome en Garonne, à la saison des glaces,
Il ne craint pas d’avoir l’hiver à ses talons ;
Il connaît du cours d’eau les courants courts et longs,
Oeil toujours aux aguets, nageoire jamais lasse.

Le pêcheur, surveillant toute place où il passe,
N’a plus le temps de boire avec la Madelon ;
Il guette sa venue, car ce poisson, selon
Les meilleurs cuisiniers, tous les autres surpasse.

Il est insaisissable, il ne faut le farder,
Il peut sa liberté paisiblement garder,
Vers le grand Océan, la Garonne l’emporte.

Il ne craint du cuistot la vaine cruauté ;
Mais du fleuve éternel il goûte la beauté
De l’estuaire aussi, qu’il appelle une porte.

Cochonfucius

Dame de sinople

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La dame de sinople a tiré du soleil
Un de ses rayons d’or aux textures secrètes ;
Elle voudrait l’offrir à des anachorètes
En échange, dit-on, d’un miroir de vermeil ;

Le rayon ne va pas regretter ses pareils,
Il a depuis deux ans l’âge de la retraite ;
Plutôt que de dormir parmi les pâquerettes,
Avec la dame il peut partager son éveil.

En perdant un rayon, le soleil point ne saigne,
Et nul anachorète un tel don ne dédaigne ;
Pas plus qu’il ne refuse un anneau de cristal.

Ce trait d’or adoucit la saison rigoureuse,
Il éclaire le coeur ainsi que le mental :
C’est ce que fait aussi la dame savoureuse.

Cochonfucius

Leoromulus et Remusleo

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Ils furent en conflit pour la prise d’un lièvre ;
Était-ce dans le Var, était-ce dans la Nièvre ?
L’antagonisme ancien ne s’est jamais éteint,
Car ils se sont maudits en grec et en latin.

Or, ces deux sont des lions, pas des bestioles mièvres,
Ils se sont combattus dans l’ardeur et la fièvre,
La bataille dura du soir jusqu’au matin,
Sans qu’on en vît surgir d’avantage certain.

Le sang coulait à flots, la mort était en vue,
Leur corps était meurtri et leur âme était nue ;
Ils s’enfuirent tous deux, qui sait à quel désert.

Et depuis ce temps-là, chacun des deux se leurre,
Croyant que l’autre lion sur sa défaite pleure ;
Au mitan du jardin triomphe un serpent vert.

Cochonfucius

Adieux du pélican d’argent

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Image du blog Herald Dick Magazine

Pour la dernière fois, le pélican vint voir
Les beaux oiseaux du jour, aux chansons cadencées ;
Avec qui, si souvent, partageant des pensées,
Il mangeait des poissons dans la clarté du soir.

Oiseaux, frères oiseaux, je n’ai nul désespoir,
Mes plumes sur le sol reposent par brassées,
Les eaux de l’océan me paraissent glacées,
Le plus beau nid d’oiseau me semble un encensoir.

Dévorons ces poissons, ne soyons jamais mornes,
De cette réunion notre joie est sans bornes,
Un fier sens de la blague est entre vous et moi.

Les belles assemblées ne sont pas éternelles ;
Nous avons replié la nappe de dentelles,
C’est la fin de la fête, et la fin de l’émoi.

Cochonfucius

Messager de sinople

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Sur sa route, il entend la perdrix et la caille,
Mais jamais cet errant ne les viendra chercher ;
Il parcourt le sentier bordé de beaux rochers
Et de champs moissonnés où subsiste la paille.

Il porte des avis de guerre et de bataille,
Il veut mobiliser le duc et ses archers ;
Pour peu qu’on lui procure une armure à sa taille,
Avec l’armée ducale on le verra marcher.

Or, ce n’est pas un gars qui recherche la gloire ;
Jamais il ne s’est pris pour un futur héros,
Et dans un cimetière on lui voit le coeur gros.

S’il mourait au combat, point n’en serait mémoire,
Non plus que d’un noyé dormant au fond des eaux ;
Pas même, à sa santé, les copains ne vont boire.

Cochonfucius

Maison de ville

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image de l’auteur

Des dizaines d’hivers ont usé sa peinture ;
Dans le grand salon règne une obscure clarté,
Rares les promeneurs venant de ce côté,
Cette maison n’est pas un terrain d’aventures.

Celle qui vient après, s’appelle sépulture,
Fin de l’affairement, fin de la vanité,
Pas de quoi regretter du monde la beauté,
Il est vrai que les morts ont sereine posture.

En attendant ce jour, je profite d’un toit,
De deux ou trois bouquins, d’un chat qui fait sa loi ;
Mes jours sont de repos ou de réjouissance.

Des vieux murs, cependant, se fanent les couleurs,
Comme se sont fanés l’espoir et la douleur,
Ainsi que les regrets et la reconnaissance.

Cochonfucius

Nef oblique

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image de l’auteur

Pilotée par un de ses frères,
La nef porte un moine qui meurt ;
Leur silence est une clameur
Sur cette barque funéraire.

L’Ecriture est leur viatique,
Ce livre de leçons de mort ;
Cet ouvrage est un peu trop fort
Pour soigner des penseurs antiques.

Les moines sont sans feu ni lieu,
Au confort ils ont dit adieu ;
Leur esprit devient solitaire.

Mais ils ne sont pas sans espoir !
Même si, dans leur monastère,
On n’y danse jamais, le soir.

Cochonfucius

 

Ambisalamandre

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image de l’auteur

Sa demeure est une flamme allumée ;
Quant à son coeur, c’est un petit soleil :
Et son esprit qui n’a point de pareil
Au long du jour peut brûler sans fumée.

Voilà pourquoi son âme accoutumée
À rayonner, même dans son sommeil,
Vit au milieu du brasier de l’éveil ;
Elle a plaisir à se voir consumée.

Le quotidien, pour elle, est savoureux ;
Que lui importe un hiver rigoureux ?
D’un radiateur, elle ne peut s’éprendre.

Cet animal qui dure en son ardeur
Et qui ne peut montrer nulle froideur,
C’est mon amie, c’est l’ambisalamandre.

Cochonfucius

Houx d’azur

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image de l’auteur

C’est le houx d’azur, un buisson sauvage,
Et c’était un dieu dans l’antiquité ;
Sa tige est d’un bois qu’on ne peut sculpter,
Qui sait conjurer du vent les ravages.

On n’en tirera pas un fort breuvage,
Aucune potion de fraternité ;
C’est du houx d’azur, ce n’est pas du thé,
Ni du chocolat des lointains rivages.

D’autres font pousser du houx de turquoise,
Ou bien son cousin, porteur de framboises ;
Mais le houx d’azur plaît aux immortels.

J’en ai couronné ma Vénus en plâtre,
Celle qui jadis séduisit un pâtre,
Fils du houx d’azur, ou soi-disant tel.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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