Bouc de sable et d’argent

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Il ne réside en aucun lieu,
Mais aux dormeurs peut apparaître ;
Nul homme ne le peut connaître,
Telle est la volonté de Dieu.

Il n’est point chauffé par le feu,
Il peut surgir par les fenêtres,
L’étrange bouc sans loi ni maître
Dont je ne comprends pas le jeu.

Celui qui ce monstre contemple
Voit qu’il n’en est pas d’autre exemple :
Car jamais vous n’en trouverez.

De plus, vous n’avez pas puissance
Sur lui, aussi vous comprendrez
Qu’il est de ténébreuse essence.

Cochonfucius

Hexapodologie nébuleuse

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L’hexapode survint, dans sa barque sans voile,
Descendant le torrent parsemé de rochers.
J’offre un grand bloc de sel qu’il se plaît à lécher,
Geste de courtoisie que j’appris sur la Toile.

Je suis toujours ravi des secrets qu’il dévoile,
Quel royaume à quel autre envoya des archers,
Quel chercheur de quel Graal parvint à s’approcher,
Je reste à l’écouter longtemps, sous les étoiles.

L’hexapode, aujourd’hui, se fait bien rare, hélas !
Presque autant que le noble éléphant de l’Atlas,
Ou la licorne pure, ou le fringant Pégase.

Fort simple est le blason de l’hexapode d’or,
Aucun aigle royal n’y prenant son essor,
Nulle sainte alanguie n’y frémissant d’extase.

Cochonfucius

Pour des prunes

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image de l’auteur

Voici venir le temps des prunes ;
Voici le temps des sanglots longs.
Quand il ne pleut pas, nous allons
Voir le couchant, depuis la dune.

Le prunier danse sous la lune,
Les fruits nourrissent des frelons ;
Le feuillage qui devient blond
Semble un présage de fortune.

En ce verger, reposons-nous :
Le chat s’endort sur mes genoux,
Son lumineux regard se voile.

Le froid s’en vient, nous frémissons ;
La brise procure un frisson
À ce vieux coeur, sous les étoiles.

Cochonfucius

Portecoq

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image de l’auteur

Portecoq est seigneur des deux rives de Seine,
Il a, pour le servir, mille petits bergers
Qui doux trouvent leur sort et légères leurs chaînes,
Ayant un si bon maître, ils n’en veulent changer !

Mais lui de soumission ne se peut dégager,
Bien que noble, il connaît servitude certaine ;
Car il offensa Zeus, lequel, pour se venger,
Sur lui jeta le sort d’amour et de sa peine.

La louange d’un coq il devra réciter,
Ou la sorcière au bois nuitamment consulter,
Ne pouvant satisfaire une fatale envie.

Jalouser une poule est pire que la mort,
Or, de Seine il ne peut quitter l’aimable bord :
La ville tient son coeur, et le fleuve est sa vie.

Cochonfucius

Rubaiyat

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image de Pierrette

 

Am I a wine-bibber? What if I am?
Gueber or infidel? Suppose I am?
Each sect miscalls me, but I heed them not,
I am my own, and, what I am, I am.

Suis-je un ivrogne ? Et pourquoi non ?
Guèbre ou païen ? Rien que des noms ;
Des pieux l’opprobre est sans objet,
Je suis moi-même, et rien, sinon.

Whether at Naishapur or Babylon,
Whether the Cup with sweet or bitter run,
The Wine of Life keeps oozing drop by drop,
The Leaves of Life keep falling one by one.

À Naïshapur ou bien à Babylone,
L’amertume ou la saveur douce et bonne
Va, goutte à goutte, épuiser la bonbonne ;
Et Vie tomber comme feuilles d’automne.

Up from Earth’s Center through the Seventh Gate
I rose, and on the Throne of Saturn sate,
And many a Knot unravel’d by the Road;
But not the Master-knot of Human Fate.

Du centre de la Terre ai sept portails franchis,
Au trône saturnien m’élevant, je m’assis ;
Tout au long du chemin, bien des noeuds je défis,
Non celui du destin, c’est un trop grand défi.

With them the seed of Wisdom did I sow,
And with mine own hand wrought to make it grow;
And this was all the Harvest that I reap’d–
“I came like Water, and like Wind I go.”

De sagesse en mon champ j’ai semé la semence,
Et de ma propre main j’ai permis sa croissance.
Or, que me dit le fruit que je vais récoltant ?
“Venu comme un peu d’eau, parti avec le vent”.

Think, in this batter’d Caravanserai
Whose Portals are alternate Night and Day,
How Sultan after Sultan with his Pomp
Abode his destined Hour, and went his way.

Pense, en voyant cette auberge sur cour
Dont les portes ne sont que les nuits et les jours,
Combien ont de sultans ici, en leurs atours,
Séjourné, pour partir, à la fin, sans retour.

And David’s lips are lockt; but in divine
High-piping Pehlevi, with “Wine! Wine! Wine!
“Red Wine!”–the Nightingale cries to the Rose
That sallow cheek of hers to’ incarnadine.

De David, pas un mot, mais les accents divins
Du rossignol qui crie : Du vin, du vin, du vin,
Il nous faut du vin rouge… Et la rose à l’entendre
Fait rougir au soleil sa couleur jaune tendre.

Heaven is incomplete without a heavenly romance
Let a glass of wine be my present circumstance
Take what is here now, let go of a promised chance
A drumbeat is best heard from a distance.

Omar Khayyam/Fitzgerald

Le ciel est incomplet s’il n’est d’amours célestes ;
Je bois un coup de vin sans demander mon reste.
Plus qu’un grand bien promis, j’aime un acquis modeste,
Et les tambours, de loin, ont un son moins funeste.

                                                 Cochonfucius

 

 

 

 

Abeilles aquitaines

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Piaf-Tonnerre en a fait le sujet de sa thèse :
Il les laissa souvent se poser sur ses mains,
Il aime aussi les voir se former en essaim,
Ou, pendant tout l’hiver, vivre entre parenthèses.

Le soleil les ravit, la brise les apaise,
Je les entend chanter quand leurs greniers sont pleins;
L’abeille est un forçat qui jamais ne se plaint,
Car son labeur n’est point la source d’un malaise.

Abeilles et bourdons sont symboles d’Amour :
Ce sont signes parlants, créatures de jour
Menant avec les fleurs une danse galante.

La thèse, cependant, ne se termine pas ;
Piaf-Tonnerre a du mal à franchir un tel pas,
Il préfère observer un insecte, une plante.

Cochonfucius

 

Le disciple audacieux

cochonfucius

image de Pierrette

Cette intervention parle du voyage nocturne d’un disciple audacieux.

es-tu allé, mon disciple audacieux ? Où es-tu allé, mon disciple astucieux ?

J’ai trébuché sur le bord des caniveaux fangeux, j’ai marché, j’ai rampé dans des couloirs tordus, j’ai pénétré au coeur des latrines sinistres, je me suis introduit au lieu sacramentel, j’ai erré des semaines dans un immeuble de bureaux, et c’est pas le pied.

Mais qu’as-tu donc vu, mon disciple audacieux ? Mais qu’as-tu donc vu, mon disciple astucieux ?

J’ai vu un vieux sage entouré de la foule ignoble des buveurs, j’ai vu un chemin communal avec les traces des éléphants migrateurs, j’ai vu la branche du rosier servant au chameau pour se percher, j’ai vu la pièce d’un vêtement et un bracelet cousu dedans, j’ai vu une échelle contre un mur pour accrocher un hareng saur, j’ai vu les dix mille citadins interrogés par des hannetons, j’ai vu la bibliographie effrayer un énorme tigre, et c’est pas le pied.

Qu’as-tu donc entendu, mon disciple audacieux ? Qu’as-tu donc entendu, mon disciple astucieux ?

J’ai entendu le son de la lune bleue au bord d’une falaise, entendu le grondement d’un fleuve grimpant sur la montagne, entendu des bêtes à cornes s’éloignant à cent bornes, entendu des chanteurs que tout le monde admire et que les gens n’écoutent pas, entendu une girafe désabusée des larmes et du rire, entendu la chanson d’une colonie qui voulait écrire une page, entendu le cri d’un putois qui vendait le journal du soir, et c’est pas le pied.

Qui as-tu rencontré, mon disciple audacieux ? Qui as-tu rencontré, mon disciple astucieux ?

J’ai rencontré un enfant qui draguait sur une île, j’ai rencontré un chien sans queue qui ne pouvait dire sa joie, j’ai rencontré une femme oubliant son étendard, j’ai rencontré une jeune fille transformée en une blanche hermine, j’ai rencontré un homme faisant pleuvoir du sel, j’ai rencontré un autre homme changeant la flotte en pinard, et c’est pas le pied.

Que vas-tu faire maintenant, mon disciple audacieux ? Que vas-tu faire maintenant, mon disciple astucieux ?

Je vais sortir du dortoir pour avoir un bol-tartines, je vais marcher sur les réseaux avec le masque d’un lecteur, où les traités sont innombrables et rivalisent par la stupidité, où les pelgranes rouges ont envahi les grandes villes, où la maison offre un godet parce que c’est la coutume, où le visage dans la pierre est celui d’une girafe assise, où le désir est assez fort pour que les efforts soient inutiles, où le noir est la seule couleur, où le zéro est le seul nombre, et j’irai dans la ville pour acheter des livres et pour achever des litres, et le penseur religieux de la montagne orientale me prendra pour un monstre, et puis, je resterai sur les flots avec mes pieds à plat sur la surface, je sais qu’elle est nulle cette chanson mais c’est comme ça que j’aime chanter, et c’est pas le pied.

Quelle chanson mystérieuse ! Que ne suis-je un connaisseur des métaphores.

Cochonfucius

Licorne aux plumes de sinople

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image de l’auteur

Licorne de sinople, indulgente maîtresse,
Tu n’as nulle vision trop stricte de l’amour ;
En ton doux coeur de monstre il fait de brefs séjours,
Tu as la liberté des dieux et des déesses.

Bienheureux animal, éprouvant la tendresse,
La flamme dans les yeux, l’innocence des jours,
Alors que le jardin verdoyant à l’entour
Incite tes amants à la sainte paresse.

Compte les madrigaux et les cierges brûlés,
Les heures sans sommeil et les vins écoulés,
Compte les chevaliers que tu mis en servage.

Or, de tous tes amants le plus aventureux
Fut Pierre de Ronsard, poète d’un autre âge,
Dont ton âme est jalouse, et ton coeur amoureux.

Bibliotaure

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image de l’auteur

Taureau bibliophile, animal au coeur sombre,
Tu relis, ô penseur solitaire du seuil,
Le récit que te laisse un maître sans orgueil
Qui des terrestres biens nullement ne s’encombre.

Sans écouter Satan qui calcule un vain nombre,
L’Évangile t’exalte à ne pas fermer l’oeil,
Alors que le fermier somnole en son fauteuil ;
Un suprême tison vient éclairer ton ombre.

Qui veut vraiment aimer ce beau livre ne doit
Pas craindre que les gens ne le montrent du doigt,
Ni trop manquer d’espoir pour les âmes défuntes.

Auprès du clair foyer, nous te voyons t’asseoir,
Toujours dans ton bouquin, sauf si l’on te l’emprunte,
Le silence du Maître entendu tout un soir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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