Vigne prodigieuse

elge.png

image de l’auteur

Ces merveilleux raisins qui l’arc-en-ciel reflètent
Ont-ils aussi le goût des astres, qui le soir
Se contemplent en eux, ainsi qu’en un miroir,
Même s’il est porteur d’une image incomplète ?

La lune de septembre à ce vignoble prête
Une blanche lueur, pâle sur un fond noir ;
Le pampre qui frémit sous un masque d’espoir
Rêve du vin, des chants et des cris de la fête.

La vigne boit le feu du soleil jamais las,
Elle garde l’empreinte anonyme des pas
Des patients vignerons qui la veulent féconde.

Car elle est l’Avenir de nos joies, de nos pleurs,
Du printemps verdissant notre terre profonde,
Et surpasse la grâce irréelle des fleurs.

Cochonfucius

Gardien de sinople

elzn

image de l’auteur

Face à lui, nul démon ne prendra son essor ;
Il ne redoute ici ni monstre ni Méduse,
Ni les enchantements que le sorcier diffuse,
Ni l’archange pervers qui descend du ciel d’or.

Il va sur la toiture, il s’approche du bord,
Dévorant les morceaux que nul ne lui refuse ;
Son âme est fort vaillante, et nullement confuse,
Il garde le palais sur tribord et bâbord.

Les diables du lointain peuvent venir par groupes,
Ils auront toujours peur qu’il leur morde la croupe ;
Ils seront emportés par le flot vagabond ;

Ici, nul chevalier ne brandit une lame,
Nul défenseur humain ne se dresse d’un bond :
Car ils préfèrent boire, ainsi qu’ils le proclament.

Cochonfucius

Splendeur de Maître Coq

elni1.png

image de l’auteur

Pour lui, la basse-cour est une vaste plaine ;
Le Seigneur Coq médite, en son fief isolé,
De poules entouré, d’éperviers survolé,
Son esprit connaissant le plaisir et la peine.

Il ne va sur les flots parler à la sirène,
(Ces dames, cependant, savent fort bien parler),
En ses songes nocturnes, il peut la contempler,
Il a de l’affection pour sa figure humaine.

«Vieux coq, accepte à boire, et puis, raconte-moi
Si le chien de la ferme est aimable avec toi,
Si l’on ne te prend point des plumes pour écrire.»

«Rhapsode, je vis bien, tu ne verras ici
Pas le moindre animal se faisant du souci,
Et même, le cochon passe son temps à rire. »

Cochonfucius

 

Combat sans armes

demon-soumis

image de l’auteur

L’arme de la vestale est le désarmement,
C’est son armure aussi, ce sont ses armoiries ;
Mais l’arme du démon n’est que bouffonnerie,
Qui, le jour du combat, s’exerce vainement.

L’arme de la vestale est le respect des morts,
Mais l’arme du démon, c’est le goût du naufrage,
C’est le torrent qui veut fracasser le barrage ;
Cette arme à son porteur réserve un triste sort.

L’arme de la vestale est le goût de l’espoir,
Mais l’arme du démon n’est qu’un flacon d’absinthe
Dont il tire souvent des joyeusetés feintes,
Puis se soumet, bien ivre, à l’approche du soir.

Cochonfucius

Lions de Charlemagne

elfe.png

image de l’auteur

Les lions portent la fleur, symbole de l’empire,
Pour servir Charlemagne ils quittent le désert ;
Ayant sur une nef passé la vaste mer,
Ils savourent ici la fraîcheur qu’ils respirent.

Ils ne sont pas venus manger une martyre ;
Le scribe du palais leur consacre ses vers,
Mais ils doivent rester dans leur cage en hiver,
Même si la blancheur des neiges les inspire.

Un imprudent parfois les flatte de sa main ;
Le petit chat se prend pour leur cousin germain,
Tout en sachant qu’ils sont venus d’un autre monde.

Un seul petit souci : nulle lionne n’est là,
Ces deux monarques sont privés de leur smala,
Leur vie est en ce lieu purement inféconde.

 

Cochonfucius

Quatre récits

elcr.png

image de l’auteur

Ces quatre narrateurs, qui peut les imiter ?
Ils ont vu de l’amour la secrète puissance,
Ils ont vu d’un errant la tranquille assurance ;
Ils racontent cela, dans leur simplicité.

Était-ce pour le monde une nécessité
De faire à des puissants perdre leur arrogance ?
Les écrits d’autrefois ont répondu d’avance,
Eux qui vont décrivant le monde illimité.

Quand cet arbre de mort devient arbre de vie,
L’homme voit qu’un Sauveur au jardin le convie,
Dont les quatre témoins rapportent le discours.

Le livre est un garant qui jamais ne trépasse ;
Il suffit qu’un lecteur le récite à voix basse
Pour qu’il porte avec joie la pesanteur des jours.

Cochonfucius

 

Théophile à Roncevaux

roncevaux.png

image de Pierrette

La vallée retentit d’une clameur si forte
Que Charlemagne au loin l’entendit clairement :
Vers l’Espagne il revint, chargé de son tourment,
Puisqu’au fond de son coeur l’espérance était morte.

Jamais un empereur n’a souffert de la sorte.
Ce qu’il voit devant lui, c’est son neveu Roland ;
Ce qu’il voit dans les cieux, c’est Saint Michel volant
Qui dans ses blanches mains l’âme du mort transporte.

L’empereur est courbé, il sent qu’il est bien vieux,
Le gazon est mouillé des larmes de ses yeux
Et la raison lui est plus qu’à demi ravie.

Il s’en remet à Dieu, quant à son propre sort.
Il n’a plus le vouloir de poursuivre sa vie,
Mais ce serait péché de désirer la mort.

Cochonfucius

Héron de Gironde

elti

image de l’auteur

Grand héron de Gironde, échassier fort subtil,
Nous te voyons danser dans la verte nature ;
Au bord d’un long cours d’eau, tu cherches ta pâture,
Le poisson le plus noble ou le ver le plus vil.

Tu dégustes septembre et tu goûtes avril,
Sur le clair littoral, tu pars à l’aventure,
Héron plein d’optimisme, heureuse créature
Que ne rebute point l’effort ou le péril.

Je sais que cet oiseau ne manque pas d’audace,
Ça ne me gêne pas qu’il soit un peu vorace,
Car à l’écosystème il ne fait que du bien.

Admirable est son corps et paisible est son âme ;
À l’heure où le Ponant prend des couleurs de flamme,
Il admire ce monde où ne lui manque rien.

Cochonfucius

Sagesse d’une coquille

elk

image de l’auteur

Saint-Jacques, tu écris des poèmes d’amour ;
Tu as le souvenir d’une Aphrodite nue
Que tu fis naviguer par les mers inconnues,
Dans la splendeur des nuits, sur l’écume des jours.

Le corps de la déesse a pu te sembler lourd,
Mais pour elle, aussi bien, tu atteindrais les nues
Ou même l’inframonde aux sombres avenues,
Aux charmes de Vénus ton grand coeur n’est pas sourd.

Puisse ta poésie ne pas être étouffée ;
Tu ne la produis point pour gagner des trophées,
Tu ne l’annonces point en battant le tambour.

Les muses savent bien que tu leur fais la cour,
Et comme, paraît-il, elles sont un peu fées,
Tu gagneras peut-être un corps de troubadour.

Cochonfucius

Ornithologie onirique

oiseau d'or

image de Pierrette

Quelques oiseaux, leur chant n’est entendu qu’en rêve.
Jamais l’oeil éveillé ne voit leurs plumes d’or
Qui charment nos regards, toutefois, quand on dort,
Surtout pendant l’été, lorsque les nuits sont brèves.

Chantez, oiseaux de nuit, chantez pour la licorne
Mélancoliquement foulant le macadam :
Chantez pour le routard, de retour d’Amsterdam,
Et pour l’année sans fin, et pour la nuit sans bornes.

Quelques oiseaux, leur chant n’est entendu qu’en songe,
Je dis que d’autant plus en est le ton charmeur
(Car subtil et sensible est le goût d’un dormeur !)
Mais enfin, attention ; c’est peut-être un mensonge.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.