Verhaeren voit une taverne

taverne

image de Pierrette

Vieux comptoir de Cluny, comptoir juste assez long
Où la bière-pression déverse sa pléthore,
Où le Côtes-du-Rhône est servi par ballons
Tandis que les buveurs ont des phrases sonores !

Sur un vieux tabouret j’use mon pantalon ;
Parfois la beuverie dure jusqu’à l’aurore,
Tant nous nous complaisons dans ce dernier salon
Où l’esprit parisien fleurit et rêve encore.

Les photos des clients se montrent sur les murs.
Chacun se reconnaît, déclarant “C’est ma pomme”,
Même si le vivant est d’un âge plus mûr

Que, sur le vieux portrait, cet aimable jeune homme.
Puis, nous rentrons chez nous en longeant les ruisseaux,
Dans le petit matin qu’annoncent les oiseaux.

Cochonfucius

Voir aussi Le poète

Oiseaux de fin du monde

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image de l’auteur

Quand l’univers va perdant sa vigueur,
Quelques oiseaux subsistent au bocage ;
Sans se troubler de l’inquiétant ombrage,
Ils font leur vie dans ce monde en langueur.

Au souvenir d’anciens printemps charmeurs,
Dont le parfum en quelques lieux surnage,
Ces passereaux disent en leur ramage
Qu’ils ont gardé un peu de bonne humeur.

Peut-être un peu trop forte est la lumière
Qui ce matin fait cligner leurs paupières ;
Nos deux héros en prennent plein les yeux.

L’univers dit à leur âme ténue
Qu’une saison de flamme est advenue ;
On peut le voir, en observant les cieux.

Cochonfucius

Le pain, le vin et le pardon

Raedersheim_(68)

Blason de  Raedersheim

Le fils du charpentier, qui partageait son pain,
N’a entrepris aucune opération magique
En disant «C’est mon corps». Par cette rhétorique,
Il a juste voulu consoler ses copains.

En disant «C’est mon sang» sur la coupe de vin,
Il n’a fait qu’exalter la boisson bénéfique,
Capable d’adoucir sa condition tragique.
D’autre sens là-dedans, tu chercherais en vain.

Qu’en est-il de sa voix qui veut que l’on pardonne
À tous les offenseurs ? Est-ce qu’il nous ordonne
De faire comme si s’éteignait la douleur ?

Avant tout, le Sauveur nous préfère hommes libres.
De notre sentiment, éprouvons chaque fibre :
Puis, pardonnons, ou non, mais selon notre coeur.

Cochonfucius

Jeu de l’oie

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image de l’auteur

La grande oie prit, par jeu, l’état de sentinelle,
Pour guetter les goupils vers la cour s’avançant ;
Du palmipède c’est la coutume éternelle
Que dans Rome éprouva maint Gaulois pâlissant.

Quel air de majesté, volaille originelle !
Du domaine tu es le gardien menaçant,
Digne d’appartenir aux légions immortelles
Qui jadis ont veillé sur ce monde naissant.

Tu me donnerais presque envie d’être oie, moi-même,
Car ton état me semble un enviable sort,
Même s’il doit parfois réclamer des efforts.

Or, cette oie protesta contre mon choix de thème,
N’ayant jamais voulu ma chronique nourrir,
Encore moins donner matière à discourir.

Cochonfucius

Papillon de septembre

teroes

image de l’auteur

Papillon bicolore, aimable hôte des cieux,
On écrivit sur toi des chansons populaires ;
Car tu fus visiteur des fontaines peu claires,
De la lande bretonne et de mille autres lieux.

Et je te vois voler, ici, de mieux en mieux,
Ce qui, tu t’en doutais, ne saurait me déplaire,
Papillon sans tourment, papillon sans colère :
La plus grande douceur s’exprime dans tes yeux.

Car tu ne fus jamais un insecte rebelle,
Tu crois que l’air est pur et que la vie est belle,
Et volontiers tu dis à toutes gens merci.

Peut-être, l’univers pour toi n’a pas de voile,
Tu déchiffres sans mal le jargon des étoiles,
Tu penses simplement : le cosmos est ainsi.

Cochonfucius

1891-1942

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image de l’auteur

Pour Edith, prier, c’est aimer ;
C’est en telle foi qu’elle est morte ;
Bien rares sont amours si fortes,
Qu’un orage vient allumer.

Car ce monde était enflammé
D’un combat de mauvaise sorte ;
Le feu que telle guerre porte
Venait notre honneur consumer.

Edith opposa son amour
Et combattit, jour après jour,
Auprès de ceux qui mal endurent.

C’est un exemple, son ardeur,
Son acceptation des brûlures
Qui jamais n’ont noirci son coeur.

Cochonfucius

 

Diable ovin

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image de l’auteur

Il pratique l’humour au troisième degré,
Ce grand bélier maudit, ce démon plein de ruse ;
Mais sa plume tranchante a la faveur des muses,
Ainsi que des mentors qu’il a pu rencontrer.

Ce mouton dans le camp des auteurs est entré,
Comme en un poulailler s’introduit une buse,
Ou parmi les clairons la lourde cornemuse,
Et ses vers dans leur prose ont voulu s’infiltrer.

Fantôme d’Andersen, lui aurais-tu fait signe
Que de vilain canard il est devenu cygne,
Ce qu’il ne pouvait voir avec ses propres yeux ?

Dès lors, traçant un trait qui jamais ne dévie,
Cet ovin nous décrit les choses de la vie
Et se souvient du temps qu’il fut agneau de Dieu.

Cochonfucius

 

Goupil de sable

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image de l’auteur

Ce goupil suit sa route en errance éternelle,
Mais son coeur reste jeune, et n’est pas endurci,
Il marche sans fatigue et sans nul grand souci,
Car il suit le sentier où son plaisir l’appelle.

Elle a bien refroidi, l’âme jadis rebelle,
Nul soupçon de péché dans ce goupil noirci,
Son esprit, d’un calcul, n’est jamais obscurci,
Et, s’il a des secrets, jamais ne m’en révèle.

Il multiplie ainsi ses pas, sans les compter,
La nature est pour lui d’une immense bonté
Qui s’offre chaque jour, sans qu’il ne la réclame.

Fier goupil, je voudrais prendre exemple sur toi,
Car tu as pour planer les ailes de la foi ;
Le vent tumultueux n’affecte pas ton âme.

Cochonfucius

 

Raisins au jardin du renard

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image de l’auteur

Ce sont les raisins des fêtes sauvages,
Les raisins des dieux de l’antiquité ;
Les garde un petit Priape sculpté,
Qui sait conjurer d’oiseaux les ravages.

En tirera-t-on quelque fort breuvage,
Cet aimable vin de fraternité ?
J’en connais aussi qui prennent du thé,
La Garonne en a peu sur ses rivages.

Les raisins ont pris des tons de turquoise,
L’insecte leur trouve un goût de framboise ;
En juger devra Bacchus immortel.

Il n’en boira point, ce Priape en plâtre,
Mais trinqueront bien le maître et le pâtre,
Le sommelier, même, ou soi-disant tel.

Cochonfucius

 

Loup-barde

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image de l’auteur

Il chante sous la lune pâle,
Il ne connaît que peu de mots ;
Il charme tous les animaux,
Ce barde-loup, ce fringant mâle.

Je connais d’autres loups qui râlent,
Parmi les brouillards matinaux ;
J’en connais qui font des signaux
À la confusion générale.

La vie d’un loup, c’est, ici-bas,
Bien des peines et des combats,
Des nuits glacées sur la montagne,

Des malheurs, des tourments subtils,
Mais leur chanson les accompagne :
De ceux d’antan, que reste-t-il ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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