Nef à petites pattes

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Cette nef peut affronter les tourmentes,
Mais ses marins préfèrent le temps doux ;
Ces douze gars, douze loyaux époux,
L’ont pour maîtresse, et non pas pour servante.

Le vent, parfois, peut tromper leur attente,
Mais leur humeur n’en souffre pas beaucoup ;
Car dans l’attente, on peut boire un bon coup,
Il s’agit là d’une valeur constante.

À cette nef ils consacrent leur âme,
Au long du jour, sous un soleil de flamme,
Tous ces marins sont autant de passeurs.

Mais où vont-ils ? suivre leur fantaisie ?
Leur intention, je ne l’ai pas saisie,
Cet équipage est fait de rêvasseurs.

Cochonfucius

Ambifucius

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On ne sait presque rien de ce monstre placide.
Il n’est pas serviteur, il n’est pas chevalier,
Aux règles du commerce il ne sait se plier,
Il vit près de Bordeaux, loin des milieux torrides.

Il ne laisse jamais son gosier être aride.
Il a développé l’esprit de l’escalier :
Maître des lieux communs, des propos familiers,
Il se bricole une oeuvre avec un peu de vide.

Car il n’a qu’une plume, il n’a pas de pinceau.
Quant à ses illusions, elles sont en morceaux,
Rendant à tout jamais son coeur mélancolique.

Il n’a pourtant subi aucun genre de tort,
Puisque sa vie devient quelque peu bucolique
Et que la fin du jour y déverse son or.

Cochonfucius

Seigneur taureau d’azur

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De ce taureau d’azur je veux faire un tableau,
Qui sait dire un bon mot, qui sait briser la glace,
Qui a du sens commun, qui sait sauver la face,
Celui que les auteurs déclarent le plus beau.

Je veux le faire naître au bout de mon pinceau,
Évoquer son mérite et décrire sa grâce :
Celui qui des bestiaux tient la première place
A droit d’être chanté par un sonnet nouveau.

Qu’il séduise une vache ou drague une déesse,
Il ne craindra jamais que mes vers ne le blessent,
Il estime bien mieux ses cornes que ma lyre.

Or, saura-t-il vraiment comment il est là peint?
Semblable, sur ce point, au coq et au lapin,
Ce magistral taureau n’a pas appris à lire.

Cochonfucius

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Dame Plume et Maître Encrier

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La plume et l’encrier sont, été comme hiver,
Les serviteurs du jour, les gardiens de la flamme,
Encrier, brave gars, et Plume, gente dame,
Il est ici pour vous, ce cahier grand ouvert.

De beaux feuillets qui sont noircis de mots divers,
La virgule et le point qui leur donnent une âme,
Avec votre assistance un grand recueil se trame ;
Un corpus instructif, un petit univers.

Ainsi qu’un bûcheron fait sa maison de planches,
Ainsi qu’un bel oiseau fait son château de branches,
Je bâtis un manoir de sonnets miroitants ;

Et s’il leur est donné d’égayer le printemps
Ou de redonner vie à mon coeur hésitant,
Je poursuivrai mon chant sur d’autres pages blanches.

Cochonfucius

Sagesse d’un limicole

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Il explore du bec un ruisselet courant,
Au fil de l’eau trouvant quelques modestes joies;
Il pour compagnon son reflet qui ondoie,
Ce courlis vagabond, ce limicole errant,

Du vent quand il aspire un parfum odorant,
Il perçoit, près de lui, les saisons qui tournoient :
Il lève un peu le bec, et puis il suit sa voie
Dans la douceur du sable (humide, au demeurant).

Sa sagesse est rustique, et n’est pas affectée;
Elle vient de son coeur, et n’est pas empruntée
À des rayons chargés de volumes épais.

Il a bon appétit, car il dîne à ses heures,
Sa pitance toujours lui semble la meilleure,
Ainsi que le plaisir d’une tranquille paix.

Cochonfucius

Grand cheval de sinople

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Jamais ce cheval vert ne languit en service,
Car il n’accomplit rien, que muses courtiser,
Ou danser, par feintise en âne déguisé,
Cheval sans dignité, cheval plein de malice.

Ne possédant nul bien, il vit loin d’avarice,
Ne sait si d’éleveurs il fut jadis prisé :
Ne lui mets pas de chaîne,il pourrait la briser,
Mais c’est par bonne humeur, et ce n’est point par vice.

Remplis-lui donc un seau de la bonne eau du puits,
C’est un cheval magique, il chasse les ennuis,
Son coeur est un trésor de sagesse profonde.

Ce vaillant destrier, lui faut-il voyager ?
Non, sur cette matière, il veut se ménager,
Heureux de son repos, non de courir le monde.

Cochonfucius

Nostalgie ferroviaire

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Vers le vaste Océan et son plaisant rivage,
Nous empruntions un train qu’admiraient les badauds;
Pour bagage n’ayant que de légers fardeaux,
Du pain blanc pour pitance et de l’eau pour breuvage.

La poussive loco parcourait les herbages,
Animal rutilant que guettaient les troupeaux ;
Le noble chef de gare agitait son drapeau
Et le trafic routier nous cédait le passage.

La machine pesait sur ses puissants essieux ;
Elle allait de l’avant, passant d’étranges lieux,
Comme un monstre terrestre à noire carapace.

Mais où sont-il allés, ces wagons merveilleux ?
Le TGV s’en moque, il est trop orgueilleux,
Lui qui tout véhicule en vitesse surpasse.

Cochonfucius

Serpent nostalgique

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J’entends un serpent qui soupire
Et cela me surprend beaucoup ;
C’est leur roi, que tous ils admirent
Et dont le discours est si doux.

Ce vieux roi ne veut rien me dire,
Mais vous parlera-t-il, à vous ?
Il le pourrait, dans un délire,
Si votre écoute est à son goût.

De sa royale destinée,
Rien ne lui laissent les années :
Le roi reptile est pris de court.

Ses maîtresses, jadis émues,
Se montrent froides à sa vue,
Froids aussi les grands de la Cour

Cochonfucius

Seigneur tourteau de sinople

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Il sait se contenter du simple nécessaire,
Lui pour qui l’océan prodigue ses bienfaits.
Quoi qu’il mange ou qu’il boive, il le trouve parfait,
De bons morceaux il est l’heureux destinataire.

Aux danses des poissons il aime se distraire,
De leurs vifs mouvements ne se lassant jamais.
C’est un brave seigneur, c’est un tourteau de paix,
Nul habitant des mers ne dira le contraire.

Tel est le peu de biens dont, tranquille, il jouit:
Le sable dans lequel, parfois, il s’enfouit,
Les étoiles de mer, les coquilles qu’il compte.

Suzerain sans vassaux, maître sans ambition,
Expert en ascétisme et en dépossession,
Plus heureux que ne sont les barons et les comtes

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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