Baronne Sirène

tesafar

image de l’auteur

Sirène point ne veut au naufragé complaire ;
Aussi, de « Naufrageuse », elle prend le surnom.
Voudrait-elle, aussi bien, de Dame le renom ?
Elle peut désirer l’un et l’autre contraire.

Sirène se tient seule et ne sait pas quoi faire,
Ne sachant dévorer ce qui n’a pas de nom;
Ni lâcher cependant son trésor, ou sinon,
L’hippocampe mauvais le pourra contrefaire.

Cet hybride marin ne sait pas ce qu’il veut ;
Il désire émerger, voir le sol, s’il le peut,
Mais toujours conservant ce qui fut dur à prendre.

Le rimailleur travaille à faire une oeuvre d’art,
Regrettant de ne point ressembler à Ronsard ;
À rire de ma plume, il veut bien condescendre.

Cochonfucius

Baron loup d’azur

teswoe.png

image de l’auteur

C’est un loup d’autrefois qui d’azur se colore ;
Aimant le crépuscule, aussi les feux du jour,
Ce seigneur a rêvé, ce seigneur rêve encore,
Son coeur est envahi d’éternelles amours.

Son âge ne le rend ni paresseux, ni sourd,
Il est loup de la steppe, et non pas dinosaure ;
Les sorts ne peuvent point arrêter son parcours,
Il n’est jamais craintif et toujours, il dévore

Des innocent agneaux la chair juteuse et tendre.
Ce sont des compagnons dont il ne peut s’éprendre,
Autrement leur trépas le laisserait en pleurs.

Or, ce grand prédateur n’est pas qu’indifférence,
Toujours il est ému de la même souffrance
Quand il voit le déclin des arbres et des fleurs.

Cochonfucius

Seigneur Triton Volant

temont.png

image de l’auteur

Cet animal gouverne un domaine infini,
Univers parallèle où les soleils sont roses,
Où plaident les trous noirs pour de très nobles causes;
C’est le Triton Volant, de sinople est son nid.

Ses milliards de sujets sont assez désunis ;
Inextricables sont les questions qu’ils se posent,
Nul arbitre, nul juge un verdict n’y oppose,
Et le pouvoir central est plutôt démuni.

Les nombreux insoumis siègent sur leurs gradins,
Sauf ceux qui aiment mieux s’endormir au jardin :
— Il ne fait pas mauvais, notre ciel est bien rouge !

Le triton, certains jours, aimerait être un loup,
Mais il ne sait pourquoi, le motif en est flou,
L’envie de pourchasser des animaux qui bougent.

Cochonfucius

Charles Cros voit des vaches

taureau

image de Pierrette

J’ai rêvé que j’étais un taureau dans un pré.
La rosée du matin mettait une étincelle
Sur chaque brin d’herbage, et la sombre hirondelle
Poursuivait sans répit les insectes dorés.

Mes vaches (trois ou quatre, et belles à mon gré)
Savaient pertinemment ce que je voulais d’elles.
J’étais heureux quand on m’en offrait de nouvelles,
Et je vivais ainsi, de chacune adoré.

Car nous autres taureaux, ne sommes point serviles
Et ne nous activons, comme les gens des villes,
À du travail utile, à des ouvrages lourds.

Cependant, de l’humain, la vie n’est pas infâme :
Je trouve, quant à moi, bien mignonnes ses femmes,
Elles qui, cependant, ne m’aiment pas toujours.

Cochonfucius

______

De sinople au taureau d’or

Noble chimère d’azur

tesauv

image de l’auteur

Se complaisant dans les calamités,
(Car son parcours n’est pas irréprochable),
Cette chimère, un monstre véritable,
Si tu la vois, tu dois te lamenter.

Heureux si tu n’en es point molesté !
La rencontrer n’a rien de délectable,
C’est un visa pour un sort lamentable,
Un vaillant barde, avant moi, l’a chanté.

Si ta parole à son coeur est contraire,
Tu le sais bien, c’est là qu’il faut se taire ;
Et ne va point lourdement soupirer,

Puisqu’un soupir lui paraît une plainte ;
Éloigne-toi, fuyant cette contrainte,
Rien ne peut-on de chimère espérer.

Cochonfucius

Sagesse ducale

techal.png

image de l’auteur

De la forêt nocturne il aime les feuillages,
Les grands troncs, même ceux qui furent mutilés,
Les ermites songeurs, les bardes exilés
Et du cousin Corbeau le surprenant ramage.

Car le grand-duc n’est pas un goéland de plage,
Tu ne le verras point vers les vagues filer,
Ni prendre du poisson dans son bec affilé ;
Jamais le sel marin ne charge son plumage.

Il ne veut rien savoir du mouvement des flots,
Il préfère cent fois la danse des bouleaux
Et le reflet d’argent des feuilles sous la lune.

Tels sont les grands hiboux, selon ce que j’ai lu,
Indifférents toujours au flux et au reflux,
Et jamais ne creusant de terrier dans les dunes.

Cochonfucius

Ronde table de sinople

tespar.png

image de l’auteur

Huit oncles sont à la sous-préfecture,
Assis en rond pour boire et manger bien,
Parlant aussi, dans un calme olympien,
Car s’agiter n’est point dans leur nature.

Leurs gais propos sont sur la nourriture,
Sur la beauté du règne macronien,
Sur des sujets sans rapport et sans lien ;
Je ne saurais les mettre en écriture.

Ce souvenir, cependant, mon coeur veut
Le conserver, en fidèle neveu,
De gens plaisants et parfois un peu lestes.

Je n’ai pas su toujours vous dire adieu,
Gentils parents, aimables petits vieux,
Oncles dormant au royaume céleste.

Cochonfucius

Région de verts daims

tesyas1

image de l’auteur

Cette forêt gauloise a des senteurs d’airelles ;
Aux clairières, ce soir, les lapins sont assis.
Le feuillage d’été nous semble une aquarelle,
L’écureuil se promène, et la fauvette aussi.

Quelques daims de sinople, à la ramure frêle,
Suivent, par les sentiers, un parcours imprécis ;
Je les vois grignoter la fougère et la prêle,
J’entends la pie lancer son appel indécis.

La forêt ne produit nulle frayeur soudaine,
Ce jour est bienveillant pour les daims et les daines ;
L’eau des petits ruisseaux s’écoule en murmurant.

Un vert daim reste aveugle à tout ce qui l’entoure,
Sauf au ton délicat des plantes qu’il savoure,
C’est sa raison de vivre, et c’est son carburant.

Cochonfucius

Vaillante nef de sable

testif1

image de l’auteur

L’Océan Pacifique a des flots turbulents,
Et quand on le parcourt, on est loin de la terre ;
Ces parages lointains ont vécu plusieurs guerres,
Mais sur la nef de sable, on est fort indolent.

On y mange du crabe et du poisson volant,
Et chacun boit du rhum, comme un vaillant corsaire;
Nul ne sait où s’en va ce navire qui erre
Sur les courants profonds en la mer circulant :

Aucun souci du but, les marins sont dispos,
Ou par temps de labeur, ou par temps de repos,
Je les entend chanter quelques chansons de France.

Leur talent poétique est aussi déployé,
Et, tout au long du jour, il est bien employé,
Rhapsode et matelot sont une fine engeance.

Cochonfucius

Arbre-Chevalier

tesros.png

image de l’auteur

L’arbre porte un écu de bataille aujourd’hui,
C’est ce qu’il fait, dit-on, chaque fois qu’il est ivre ;
En été sous la feuille, en hiver sous le givre,
Ceux qui l’ont vu ainsi, pour la plupart, ont fui.

L’arbre dit que la guerre est un métier pour lui ;
Que du gris quotidien, les combats le délivrent,
Que porter une armure est sa raison de vivre
Et que c’est un moyen pour surmonter l’ennui.

Cependant la forêt n’est pas à l’agonie,
Elle se porte bien, nul arbre ne le nie,
Et se battre est souvent le fait d’un malappris.

Ce rôle de soldat qu’à lui-même il assigne,
Cet écu de métal dont il est tant épris,
De sa sénilité, sans doute, sont le signe.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.